Bono, Joe Cocker et ... Herbert Grönemeyer - U2 France
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Bono, Joe Cocker et ... Herbert Grönemeyer

lundi 25 février 2013 / par Corine/Dead / Tags:

Chanteur, songwriter et acteur Herbert Grönemeyer est très connu en Allemagne. Réussira-t-il à conquérir la Grande-Bretagne… Demandez donc à Neil McCormick .

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’Il y a toujours plus dans les chansons de Herbert qu’à la première écoute’, explique Bono, qui interprète un duo avec Herbert Grönemeyer pour ’I Walk’

par Neil McCormick

Herbert Grönemeyer est la plus grande star musicale d’Allemagne. Pas de ricanement à l’arrière. Dans notre culture anglo-américaine, l’Allemagne occupe sa propre niche dans le cercle infernal le plus profond de la pop, où l’on trouve des exportations allemandes aussi rares que Boney M, Nena, Milli Vanilli ou Scooter.

Mais Grönemeyer est un chanteur songwriter de grande valeur, grand parolier et compositeur de mélodies riches à la voix affirmée et rauque et une vigoureuse présence sur scène, dont les jolies chansons traitent du quotidien. À 56 ans, il remplit régulièrement les stades, commandant son public dévoué avec une belle somme d’énergie et d’humour, et émaillant ses propres chansons intenses et sombres de reprises impertinentes et très expressives. Il enregistre des albums depuis 1979, a battu les ventes du Thriller de Michael Jackson en 1984, et a décroché le record historique des ventes d’albums en Allemagne en 2002 avec Mensch.

Il est également acteur, il a joué au côté de Burt Lancaster et Natassja Kinski, et interprétait un rôle clef dans le classique film consacré à un sous-marin de 1981, Das Boot (NDLT : Le Bateau). Il a été aperçu pour la dernière fois à l’écran dans le biopic d’Anton Corbijn consacré au groupe mythique des années 1980, Joy Division, Control et a composé le thème toujours pour Corbijn du thriller The American, il a également financé ces deux films.

Voilà un CV bien impressionnant, mais Grönemeyer le balaie de la main, avec un sourire. “En Allemagne, en tant qu’artiste savoir qui je suis n’a absolument aucune importance. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis comparable à un total novice.”

Son statut de superstar allemande ne l’a surement pas aidé lorsque Joe Cocker l’a invité sur scène lors d’un festival en 1985. “J’étais flatté, il a toujours été mon héros. Je suis monté sur scène pour chanter du blues avec lui puis les roadies sont arrivés et m’ont sorti. Ils m’avaient pris pour un fan ivre qui avait envahi la scène. Ça m’a vraiment choqué. C’est peut-être pourquoi il m’a fallu vingt-sept ans pour réessayer !”

Cette semaine (NDLT : le 26 février), Grönemeyer sort un album en anglais, I Walk (sous son propre label, Grönland). Il est puissant, philosophique, c’est une compilation de chansons adultes sur l’amour, la perte, le deuil et le rétablissement, qui inclut des duos avec Bono, le chanteur leader de la formation rock irlandaise U2, et Antony Hegarty, et une collaboration à la guitare de James Dean Bradfield des Manic Street Preacher. Il a été enregistré à Londres, où Grönemeyer vit depuis 1998. “Je suis un homme complètement du Belsize Park”, sourit-il.

Grönemeyer a déménagé au Royaume-Uni, à la demande express de son épouse, la star du cinéma allemand Anna Henkel, atteinte d’un cancer. “J’étais très anxieux de devoir emménager avec toute ma famille, deux enfants, de nouvelles écoles et une nouvelle maison. Puis, ma femme est décédée trois mois plus tard. Au début, je me suis dit : ’Qu’est-ce que je fais ici ?’, puis, j’ai compris que ça avait dû être son idée, pour mettre à l’abri nos enfants, de façon à ce qu’ils puissent vivre leur deuil dans un monde où on ne les connaît pas, comme des enfants normaux qui ont perdu leur mère et pas des mômes de célébrités. Ça été adorable, j’ai reçu tellement de soutien à cette époque très difficile. J’aime la mentalité anglaise, ils n’aiment pas parler des sentiments, mais il existe une grand loyauté, ils se soucient de vous, mêmes les étrangers, la rue toute entière a été là pour nous.”

C’est là le thème de ses chansons. Will I Ever Learn, une ballade qui vous donne des frissons dans le dos, est la première chanson qu’il ait écrite après la mort de Henkel (“Would it be so bad for my heart to break in two ?” - NDLT : serait-ce tellement mauvais pour mon cœur que de se briser en deux). All That I Need est un extravagant hymne à son amour pour Henkel (“You’re in every direction, my compass and guide” - NDLT : Tu es dans toutes les directions, mon compas et mon guide). L’exultant et inspirant Mensch est une célébration de la vie et de l’amitié au travers des temps durs (“A man’s called man / Because we forgive and understand / We forget and we deny / We lose and still we try / Cause we love, cause we live, I miss you” - NDLT : Un homme s’appelle un homme parce que nous pardonnons et comprenons, nous oublions et nous nous nions, nous perdons et nous essayons toujours, parce que nous aimons, parce que nous vivons, tu me manques).

“Je pense que c’est la vie”, de confier Grönemeyer dans un long soupir. “Nous avons tous perdu un être cher. Il est difficile d’écrire sur ce sujet sans être un peu ringard, c’est le danger, comment peut-on gérer cela avec respect ? Je n’ai pas choisi ce rôle, mais pourtant, on accorde de la valeur à la vie encore plus après cela, c’est ça le truc. un grand nombre de personnes vivent des drames et traumatismes terribles et la question est comment continue-t-on avec ce film ? C’était ma plus grosse crainte lorsque mon épouse est morte, que si je perdais aussi la musique, alors ce serait difficile.” Grönemeyer est calme, posé, rassurant, il possède un adorable sourire et rit facilement. “J’ai essayé de parler de la perte d’un être cher et dit : ’Qu’est-ce que c’est ? Je dois rester, prendre une nouvelle direction, mais tu es avec moi profondément ancré en mon âme.’ Cette personne est toujours en vous, mais si elle vous a aimé, elle veut que vous ayez une belle vie après son départ. J’essaie de chanter la tristesse mais en même temps, la vie continue.”

Grönemeyer attribue ce stoïcisme optimiste à son père, vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui a perdu un bras au cours de la bataille de Stalingrad. “Il a toujours été mon héros, la personne la plus joyeuse que je connaisse, il a aimé la vie jusqu’à la dernière seconde.” Sa relation avec sa mère est plus compliquée, elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer, le thème de l’une de ses nouvelles chansons, Before the Morning. La majeure partie de cet album comprend des reprises allemandes de ses préférées mais celle-ci est écrite originellement en anglais. “Je ne pouvais l’écrire en allemand. C’est bizarre mais cela traite de la distance entre nous. Lorsque je grandissais, elle me disait toujours : ’Je ne voulais pas de toi’. J’étais le dernier garçon et elle voulait une fille. Aujourd’hui, elle me traite comme j’ai toujours voulu qu’elle le fasse, lorsqu’elle me voit elle hoche la tête, sourit mais elle n’est pas vraiment là. C’est compliqué.”

Voilà un sujet ardu pour la pop musique, mais le public allemand de Grönemeyer l’a lapé, frappant du pied et rugissant sur des chansons entraînantes, silencieux et ravi lorsqu’il s’assoit au piano pour jouer une ballade. Lors d’un concert dans l’intimité à Berlin, il a interprété un duo avec Bono, dont la super célébrité est internationale comparée à celle locale de Grönemeyer. Nos deux hommes sont amis depuis 2005, lorsque Grönemeyer a installé la partie berlinoise du Live 8. En coulisses, Bono confie qu’il s’est fredonné Mensch tout l’été, avant de se porter volontaire pour l’interpréter. “Il y a toujours plus dans les chansons de Herbert que ce l’on entend à la première écoute”, d’expliquer Bono. “Mensch est une chanson très profonde sur la froideur et l’immobilité dont l’amitié et l’amour ont parfois besoin pour survivre, le plus non romantique hymne à l’idylle. Je trouve cela séduisant. Herbert possède une présence à la fois macho et mâle, sa voix est rauque et une atitude légèrement rauque dans sa manière de traiter les problèmes. Cette chanson est pleine de "remets t’en" et de "fais toi y", et j’ai essayé de fournir un subtile contrepoint à cela.”

Grönemeyer rit lorsque je lui rapporte ce commentaire. “Je possède une sorte d’atitude qui dit marches comme tu parles”, reconnaît-il, qu’il attribue à la manière dure mais positive dont il a été élevé dans la communauté de la classe ouvrière des mineurs. “Je ne peux faire que ce que j’estime juste, et même si les gens pensent qu’on est stupide, tout ce que l’on peut faire c’est avancer à sa façon et voir ce qui arrive.”

Il dit n’avoir aucune attente de succès dans le monde où l’on parle anglais. “Je pense que j’ai passé l’âge d’être une pop star. C’est un peu comme une lettre d’amour à ce pays qui a été mon chez moi depuis quatorze ans et m’a protégé et fait. C’est excitant de partir de rien, là où personne n’a la moindre idée de qui l’on est. Cela apporte de la fraîcheur à ma manière de penser et d’écrire. C’est un peu comme convaincre une nouvelle fille de nous aimer. Même à mon âge, j’aime flirter.”

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