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Bono et l’Afrique : ’Ce qui m’enthousiasme c’est de penser à son avenir’

jeudi 24 février 2011 / par Corine/Dead / Tags:

Le chanteur de U2 explique au rédacteur en chef de l’Observer pourquoi ce continent est à deux doigts de devenir une puissance économique

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par John Mulholland

Dimanche dernier lors du symposium ONE à Johannesburg, vous avez dit : "C’est comme si c’était l’avenir." Que vouliez-vous dire exactement ?

Bono Nous sommes tous conscients de notre passé ancien et ce continent possède une extraordinaire tradition. Mais ce qui m’enthousiasme le plus c’est de penser au futur de l’Afrique – en tant que continent de ce 21e siècle. C’est l’un des continents les plus riches de la terre en termes de ressources naturelles. Si ces ressources sont autorisées à profiter aux personnes vivant au dessus du sol, elles peuvent payer pour l’avenir de l’Afrique.

L’Afrique est également riche en termes de ressources humaines, avec sa population jeune et vibrante. Nous avons cette image des Africains comme étant les plus pauvres de la terre, mais l’Afrique est tellement riche. Ce qui rend cet affront de la pauvreté encore plus âpre. Et parfois, nous sonnons l’alarme et appelons la brigade incendie, comme lorsque le sida dépouille l’Afrique, mais c’est mieux de prévenir le feu dès le départ et de bâtir sur du positif.

Vous avez écouté différents intervenants parler de leurs idées et de l’inspiration qui les motivaient. Puis vous avez déclaré : "Nous devons changer l’histoire de l’Afrique – ou tout au moins nous extraire de des vraies histoires venues d’Afrique." Qu’est-ce que cela signifie ?

Bono Il s’agit d’équilibrer la balance... Il existe une nouvelle classe d’entrepreneurs ici en Afrique qui peut trouver les gens tels que moi irritants parce qu’ils ont tendance à dramatiser ce qui ne va pas sur ce continent pour faire bouger les choses. Mais les choses bougent et ils écrivent une nouvelle page de l’histoire de l’Afrique. Les investissements et l’actionnariat privé sont en plein boom en Afrique. Ils sont excités. Je suis excité. Les choses changent. Ory Okolloh, qui intervenait lors de cette conférence, a souligné qu’il y avait un nouveau train qui quittait la gare en Afrique – et que les occidentaux feraient bien de monter à son bord ou ils rateraient une opportunité. C’est ça l’histoire, ce train qui part d’Afrique. Il nous faut raconter cette histoire.

En termes d’histoire de l’Afrique pour le 21e siècle, il nous faut rester conscients de l’équilibre entre la croissance et le besoin restant d’une aide plus intelligente.

La plupart des gens disent que le 21e siècle appartiendra à la Chine. Vous, vous dites qu’il appartiendra à l’Afrique. Pourquoi ?

Bono Bien, allez donc parler chinois. Pourquoi pompent-ils autant d’investissements en Afrique ? Pourquoi créent-ils une présence aussi énorme en Afrique ? Ils savent que c’est là qu’est l’avenir. Demandez leur.

Vous savez ces lions africains vont être un défi pour ces tigres asiatiques. Si les bons plans économiques sont faits et que la société civique peut garder une vision honnête, cela rendra notre intérêt impertinent. Je ne me suis jamais senti aussi bien de me sentir inutile. Ces lions africains vont nous mettre au chômage.

Je regarde Mo Ibrahim et, bien qu’il soit un homme d’État plus âgé, je le considère comme la voix de l’Afrique. Les gens comme lui, ils noient nos voix et c’est ce qu’ils doivent faire.

Et alors qu’en est-il de l’avenir de l’aide en Afrique ?

Bono Nous ne devons pas oublier qu’en général les budgets d’aides sont menacés, bien que heureusement, ce ne soit pas le cas au Royaume Uni. Et nous ne devons pas oublier que la vie de personnes en dépend à court terme. Et une aide intelligente donne de beaux résultats. Une alliance mondiale pour des vaccins a empêché plus de 5 millions de morts au cours de la dernière décennie et le Fonds global de la lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria permet de sauver 4.000 vies au quotidien. Il s’agit simplement d’équilibrer la balance pour l’avenir et de s’assurer que l’aide d’aujourd’hui contribue à bâtir des systèmes durables pour l’avenir.

Et en termes d’aides, souvenons-nous des bonnes histoires qui sont nées de l’annulation de la dette et des promesses de Gleneagles. N’oublions pas ces histoires de réussite. Dans la plupart des cas, comme vérifié par la Banque mondiale, les gouvernements d’Afrique ont dépensé intelligemment l’argent et ont sorti des millions de personnes de la misère et du désespoir. Et cela a contribué à détruire le mythe de l’argent gaspillé.

Mais nous ne devons pas oublier que des choses concrètes peuvent être faites pour accélérer la voie de l’Afrique vers le futur, des choses qui n’impliquent pas d’argent. Dans le cadre de la base populaire mondiale, la coalition Publish What You Pay, ONE s’est dernièrement concentré sur les industries d’extractions. Nous avons vu la précipitation pour extraire le pétrole, le gaz et les minerais dans les pays les plus pauvres du monde. Notre préoccupation est de savoir comment protéger au mieux ces pays et s’assurer que leurs citoyens en profitent. Comment les empêcher de suivre la chute des autres pays subissant la malédiction des ressources. Comment peut-on faire cela ?

Ainsi ce mouvement auquel nous appartenons fait du lobbyisme pour un amendement à la loi de finances américaine de 2010, pour s’assurer que les entreprises qui extraient les ressources de l’Afrique ont signé une clause les enjoignant à montrer au grand jour ce qu’ils versent aux gouvernements pour exercer ce droit d’extraction.

À présent nous voyons les leaders européens rattraper le retard, avec Sarkozy qui m’affirme qu’il mettre ce sujet en avant dans l’Union européenne. Nous recherchons également le leadership britannique sur ce même sujet. Notre mission est de faire de ce thème une obligation internationale. Ainsi, au bout du compte, il n’y aura plus nulle part où se cacher et les groupes de sociétés civiles seront en mesure de défier leur gouvernement si l’argent qu’ils se font à partir des ressources du pays n’est utilisé de manière juste. Mo Ibrahim a déclaré que ce deal était bien plus grand que l’annulation de la dette pour l’Afrique. Je suis très fier de soutenir la campagne "publish what you pay" qui a mis à sa tête ce thème depuis des années.

Il y a eu beaucoup de discussions lors du symposium ONE au sujet de la transparence et de la technologie contribuant à changer l’Afrique. Y contribuent-elles vraiment ?

Bono Vous savez, je pense que le mot transparence est seulement une façon différente d’exprimer la justice. Et la technologie c‘est ce qui permet aux personnes d’accéder à cette justice. C’est ce pour quoi nous nous battons depuis toujours. ONE n’est pas une association caritative qui donne de l’aide, l’aide n’est pas vraiment sa motivation – sa motivation est avant tout la justice. Il s’est toujours agi d’obtenir la justice – sa a toujours été sa force motrice.

Et en observant ce qui s’est passé au Caire, il est clair que dans cette ère de nouvelle information, les gens veulent la justice. Ils ne veulent pas seulement être entendus, mais ils veulent aussi être en mesure d’écouter. Ils veulent savoir ce qui a été fait en leur nom. L’orientation de la technologie de l’information est de plus en plus vers l’ouverture, c’est bon pour tout le monde.

Vous êtes venu en Afrique et y avez travaillé au cours de ces 20 dernières années. Vous n’aviez plus donné de concert en Afrique du sud depuis 1998. Quel effet cela vous a-t-il fait ?

Bono Bien, j’ai dit que c’était un peu comme le futur. Ça représentait beaucoup pour moi que d’être sur scène dimanche soir après avoir travaillé ici par intermittence pendant 20 ans. C’est un endroit incroyable. De nombreuses cultures africaines ont des traits communs avec la culture irlandaise – ils apprécient et profitent du chaos créatif lorsqu’il est lâché. La flexibilité de l’Afrique est un bonus pour les sortes d’entrepreneurs et gamins logiciels qui créent l’avenir. Mais, ne m’écoutez pas, écoutez donc leurs histoires.

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