Accueil / Industrie / Daniel Lanois au Hall of Fame… (Part. 2)

Daniel Lanois au Hall of Fame… (Part. 2)

lundi 26 mars 2012 / par Corine/Dead / Tags:

Parlez-nous un peu de la scène musicale à Hamilton dans les années 1980, et de votre contribution.

Daniel Lanois Je pense d’une certaine façon aux scènes musicales en termes de chapitres. J’ai vécu au travers de quelques scènes musicales que j’ai aimées mais qui ne durent jamais. Elles sont comparables aux vagues de l’océan à la grande puissance mais qui ensuite partent toujours. Nous l’avons vu à Toronto, la scène complète des boites de nuit qui existait alors que j’étais gamin. C’était de beaux endroits pour y jouer mais elles n’existent plus elles ont été démolies et remplacées par des galeries marchandes, etc.

Je pense que nous avons réellement besoin d’honorer le fait que nous sommes émus par une certaine direction ou vision à un moment donné. Ensuite vient la responsabilité de faire en sorte que l’on se concentre sur cette vision et que l’on en fasse quelque chose. Créer une œuvre quand le fer est chaud. C’est alors que l’on frappe.

A l’évidence, vous avez frappé lorsque le fer était chaud en vous associant avec Brian Eno pour produire l’album phare de U2 en 1984, The Unforgettable Fire. Comment était-ce d’enregistrer avec U2 ?

Daniel Lanois C’était un groupe très spontané en studio, puis nous avons sorti ces chansons. Ils se contentaient de balancer des idées et avant même que l’on s’en rende compte on se retrouve sur une barge à grande vitesse sur un fleuve et où l’on fait de son mieux pour s’accrocher. On fait tout ce qu’on peut pour en faire quelque chose. C’est un peu comme une bande de chevaux sauvages. Le début de leurs morceaux sont souvent assez rebelle, à sa manière cet opus de Bob Dylan, Time Out of Mindest un album rebelle.

De nombreux fans acharnés de Dylan considèrent Time Out of Mind comme son meilleur opus depuis Blood on the Tracks. Que s’est-il passé dans ce studio de Miami où vous produisiez cet album ?

Daniel Lanois Il semblait qu’il y avait beaucoup d’émotion qui suintait de cette pièce, et je savais que nous tenions quelque chose avec Bob pour Time Out of Mind. Nous avions un très gros groupe qui comprenait deux des meilleurs batteurs de la planète (Brian Blade et Jim Keltner). C’était un moment très important pour nus tous, car on prend un risque lorsqu’on a un très gros groupe. Nous étions onze personnes sur le pont aussi était-ce assez dur dans le corral. Mais une fois que nous avons mis la bête dans le corral, notre boulot était vraiment de s’assurer que les instants magiques avaient été remarqués et continuions d’avancer et d’enregistrer. Il y a eu beaucoup de préparation dans ces enregistrements de Miami et je savais que quelque chose résonnait là-bas.

Produire le dernier album de Neil Young, Le Noise (2010) a dû être une expérience totalement différente, puisqu’en gros il n’y avait que lui, sa guitare électrique et une batterie d’effets d’échos et de sons ambiants. Comment était-ce ?

Daniel Lanois Travailler avec Neil Young est une expérience puissante, parce qu’en lorsque j’étais un gamin canadien, il faisait partie de mes héros. Il y a une génération d’écart entre nous. Aussi, l’ai-je toujours considéré comme une sorte de pionnier. Et nous en avions besoin lorsque nous arrivions. Nous avions besoin de savoir que quelqu’un d’autre avait frappé le palet avant d’arriver à lui. Et Le Noise était l’occasion pour moi de bosser avec l’un de mes héros. C’était un peu mystique.

Voir Bob Dylan et Neil Young en concert, ils ne semblent jamais flatter leur public et ne disent que très rarement quelques mots. Ca ajoute à la mystique.

Daniel Lanois Ces deux artistes sont très intelligents et parlent avec beaucoup d’éloquence. La somme de connaissances qu’il ont en eux est incroyable. Pour eux, le fait de choisir le silence quoi qu’il se passe durant leur concerts musicaux est très courageux. C’est courageux de leur part de ne pas contaminer la soirée avec trop de plaisanteries ou de baratin, car la musique est vraiment le résumé du paradigme — les émotions qui l’accompagnent — aussi ont-ils beaucoup de pouvoir dans ces moments sur scène, dans ces notes et dans les messages que portent leurs chansons. En tant que public, si nous entendons ne serait-ce qu’un proverbe que nous aimons lors d’une soirée, alors ça mérite le prix de la place payée. Et il appartient au troubadour de fournir cela.

Qui y a-t-il d’autre qui vous mystifie dans la musique ?

Daniel Lanois Combien le processus d’enregistrement peut être mystérieux et combien il vit au-delà de nos idées préconçues. Je trouve cela fascinant. On ne peut pas beaucoup parler de ce que nous faisons car c’est au-delà de nos compétences, équipement et du savoir faire. Ça tient un peu de la narration à une table lors d’un dîner. On peut être en présence de compagnie et s’élever pour saluer cette présence, peut-être en proposant le meilleur toast ou ne racontant la meilleure histoire dans la chaleur de cet instant, comme on ne l’avait jamais fait auparavant ou peut-être comme on ne le fera plus jamais. Quelque chose se passe dans la chaleur de cet instant qu’on ne pourra pas recréer. C’est cet instant qui fait de nous un grand narrateur. Aussi recherchons-nous ces moments lorsque nous enregistrons et ils continuent de me mustifier à ce jour.

Ne pensez-vous pas que Peter Gabriel est en quelque sorte mythique ?

Daniel Lanois LOrsque j’ai rencontré Peter pour la première fois, j’ai cru qu’il faisait partie de ma famille, aussi ai-je une part de mysticisme en moi.

Vous arrive-t-il d’écouter So de Peter Gabriel ? Votre expérimentation et vos sensibilités rock brillent vraiment dans ces pistes rock grandiloquentes que sont Sledgehammer et Big Time.

Daniel Lanois En fait, j’ai un peu écouté So ces derniers temps et ce à quoi je pense quand j’écoute ces titres c’est le temps passé avec Peter. Nous avons fait cet album en un an. J’étais un peu comme un moine vivant en reclus au sommet d’un donjon et je ne sortais pas vraiment. Je me levais tous les matins et retournais en studio et ce que l’on entend sur cet enregistrement c’est un labeur d’amour. Plus, je prenais vraiment soin de Peter.

Quelles qualités ces artistes que vous avez produit apprécient-ils le plus en vous ? Votre étique de travail ? Votre intégrité ?

Daniel Lanois Je suppose que ce doit être mon sens de l’engagement et que je prends soin d’un projet. Je pense que c’est ce qui attire les gens et que ce truc déteint sur eux.

(à suivre)

Notez cet article (de 1 à 5)

Partagez cet article


Voir en ligne : Rock Cellar Magazine

Toutes les versions de cet article : [English] [français] [français] [français]


Portfolio


Nous Contacter

Le site de la communauté francophone U2. Depuis 1997 avec U2France accédez à l'actualité de U2, des tonnes de ressources, du contenu multimédia en tout genre et une communauté de fans via le forum. Vous trouverez toutes les actualités (news, revues, vintage, divers), les derniers ajouts de notre partie ressources, les discussion du moment sur le forum, ainsi que des extras tels que le son de U2 pour bien commencer la semaine, des albums photos et des fonds d'écran.

  • Adresse: Paris
  • Email: contact [@] u2france.com
  • Facebook: facebook.com/U2France
  • Twitter: twitter.com/u2france
  • Google+: https://plus.google.com/+u2france

Derniers posts

Instagram widget

  • #Bono #BandAid
  • Adam en dit un peu plus. 
#U2 #U2Tour
http://u2.pm/cwndm
  • Nous ne les avons jamais considéré comme des rivaux, ils étaient tellement géniaux.
#U2 #MichaelHutchence #Bono
http://u2.pm/fq53j
  • Photo #U2 #RS www.u2france.com
  • #U2 #U2auLGJ #Canal+ #bono  par Maxime Bruno
  • #U2 #U2auLGJ #Canal+ #theedge  par Maxime Bruno
  • #U2 au The Graham Norton Show www.u2france.com
  • #U2 au The Graham Norton Show www.u2france.com
  • #U2 @ #LGJ #Canal+ www.u2france.com
go-top