Deux étoiles explorent l’Afrique - U2 France

Deux étoiles explorent l’Afrique

samedi 25 mai 2002 / par Corine/Dead

Merci à David de l’egroup U2 espagnol conduit par notre ami Mikel.

Bono et le secrétaire d’Etat au budget US, survivent dans la misère.

de TAMALE au Ghana par l’envoyé spécial de « El Pais »

Paul Hewson ouvre la boite rectangulaire, en extrait une cuillère en plastique et commence à déguster, lentement, les "pâtes aux légumes et à la sauce tomate" de sa ration de combat. Hewson, plus connu comme Bono - profession : chanteur du groupe U2, vocation : activiste pour les pays pauvres - et demande à la ronde s’il faudra passer la nuit ici. Personne n’est en mesure de lui répondre.

Son compagnon, Paul O’Neill, secrétaire d’Etat au budget US, empereur de l’économie mondiale, observe la piste déserte et le ciel qui la recouvre à perte de vue et s’essuie les gouttes de sueur qui lui perlent au front. "Il va se mettre à pleuvoir" dit quelqu’un en la couverture nuageuse. "Ce n’est pas la pluie, ce sont les ailes des chauve-souris" explique Imoro, un des soldats de l’armée du Ghana stationnés à l’ancien aéroport de Tamale, au nord du pays, sur le territoire aride qui s’étend jusqu’au Burkina Fasso.

O’Neill et Bono, le couple anachronique en tournée en Afrique, sont arrivés mercredi dernier après quatre heures d’attente suffocante dans la petite enclave militaire. Les membres des services secrets et le corps diplomatique américain ont parcouru la région avec pour mission : trouver des bières et de la glace. "On apprend de tout" déclare O’Neill, déboutonnant un autre bouton de sa chemise.

La journée a été intense. Elle a débuté par le marché ambulant de Makola, à Accra, à cinq heure du mat. 3il n’y a rien de mieux qu’un marché pour connaître l’économie d’un pays" affirme O’Neill. Le secrétaire au trésor US était convaincu que l’aide apportée à l’Afrique ces dix dernières années était vaine. "Le continent est pire, en règle générale, qu’en 1970. C’est tout le système actuel qu’il faut changer, et tout recommencer à zéro, ou bien donner des fonds une bonne fois pour toute." Paul O’Neill est naïf, optimiste et incroyablement sincère, sans aucun doute le personnage le plus atypique du gouvernement Bush. A Wall Street on a même tendance à le faire passer pour un imbécile. Bono le considère comme "un homme bien". "Il m’est facile de convaincre les gens, pourtant, je dois avouer que je trouve tout bonnement incroyable qu’un secrétaire d’Etat d’un gouvernement aussi conservateur que celui de Bush ait accepté de m’accompagner en Afrique, dix jours durant, pour juger sur place la situation", affirme Bono. "Ces tomates, par exemple, elles sont plutôt petites, elles n’ont pas la forme adéquate et on ne peut les exporter. La solution est facile : améliorer les semis" opine O’Neill. "Quelqu’un doit leur expliquer que le rachitisme végétal est dû au manque d’eau" murmure l’un des membres de la commission.

Après une réunion avec les organisations non gouvernementales et avoir visité un villages de huttes, une salaison de poisson et une école de formation professionnelle, l’étrange duo et ses suivants, une vingtaine de personnes environ, entreprirent de faire le voyage jusqu’à Tamale, à bord d’un vieux bimoteur de l’Air force de Ghana. Le vol fut agité et ponctué de nombreux "haut le coeur" ;-)) A l’arrivée à Tamale, O’Neill et Bono visitent un hôpital. "Nous manquons de moyens mais au moins l’assistance est gratuite, selon ce que m’ont dit les médecins" commente le secrétaire d’Etat. Un professeur explique le prix à payer pour une consultation médicale ou chirurgicale.
Bono, qui s’est déjà rendu une dizaine de fois en Afrique, ces trois dernières années, porte ses mains à son visage : "Comment ça gratuite ! Je lui dirais la vérité un peu plus loin !"

A l’heure du retour pour Accra, une tourmente se déchaîne. "L’appareil ne peut voler dans ces conditions" signale le pilote. L’un des participants semble convaincu qu’il va falloir passer la nuit à l’abri dans l’aéroport, on leur a apporté des litres de bière et ils semblent insouciants dans ce coin. Et alors commence la longue attente sous une chaleur étouffante. "Tout secrétaire d’Etat au budget devrait rester coincer dans un trou comme celui-là : il vaut le voir pour le croire", murmure un garde du corps.

Après une attente interminable de plus de sept heures d’immobilité, à minuit passé, le président de l’Ouganda est localisé et on peut envoyer son jet officiel, capable de voler en pleine tempête. "Vous voyez, comme quoi, il existe une solution à tout", dit en souriant l’optimiste O’Neill, lorsque, enfin, on entend le bruit du moteur du jet présidentiel.

Photo : Thabo Mbeki, le président sud africain (à droite), rencontre Paul O’Neill (2e à droite), le rockeur irlandais Bono (2a à gauche) et Trevor Manuel, ministre des Finances, photographiés dans l’Union Building à Pretoria, le 23 mai 2002. O’Neil et Bono sont en visite officielle pour trois jours en Afrique du Sud. © REUTERS/Juda Ngwenya

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