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Deux vécus de fans pour une même passion : Partie 1, avant l’ère Internet

mardi 15 novembre 2011 / par Lionel / Tags:

S’il y a bien une chose dont U2 peut se vanter, c’est d’avoir un panel de fans de tous âges. Il y a ceux qui suivent le groupe depuis plus de dix ans, qui sont passés progressivement à la version de « fan-Internet », et ceux qui sont arrivés plus fraichement dans les rangs pour ne connaître que la version Internet. Mais qu’est-ce qui a réellement changé entre ces deux époques ? Pour le savoir, nous avons comparé le vécu de fan avant et après la révolution Internet. D’un côté Lionel, fan de la première heure qui suit U2 depuis le milieu des années 80’ ; et de l’autre côté Pauline, dont le vécu U2esque a commencé à l’ère d’Internet. Première partie aujourd’hui avec Lionel...

Auteur : Lionel

Avant la création d’Internet, le fan de U2 est motivé. Il faut bien comprendre que l’information ne venait évidemment pas aussi facilement qu’aujourd’hui, il fallait aller la chercher...

La quête de l’information : un fan se devait de savoir avant les autres

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Pour trouver des informations sur U2 avant Internet, il fallait acheter des choses en papier glacé en couverture et en papier ordinaire à l’intérieur. Ça s’appelait des revues, et leur feuilletage avait quelque chose de sensuel. D’autant que sauf exception elles ne parlaient pas que de U2, et qu’il fallait encore chercher l’information, même une fois la précieuse acquisition en main. Les exceptions, en papier encore plus ordinaire, et généralement en anglais, s’appelaient des fanzines, magasines faits par des fans. Celui de U2 s’appelait Propaganda pour le fan club officiel, et tout un tas d’autres existaient un peu partout, parfois confidentiels. Les revues que nous lisions, généralement, sortaient tous les mois (la plus connue était le magazine Best,et sa disparition me navre car je ne crois pas qu’elle ait été remplacée un jour, du moins à ce niveau de qualité). Point d’information quotidienne, ou horaire, donc. Point non plus de rumeurs en série… Ou alors si une rumeur était lancée dans la presse, sa confirmation ou son démenti devait attendre un mois !

Autre source d’information, et là dessus les temps n’ont guère changé, les radios. Les radios rock de préférence. A cette époque, en France, le must de l’info sur U2, c’était RTL, France Inter et... NRJ. Et oui ! Et cette dernière avait même souvent la primauté de l’annonce des concerts, puisque c’était elle qui les sponsorisait le plus souvent.

Les places de concert : « struggle for life »

Rapidement, après 1985, U2 a rempli les stades en quelques heures et les salles en quelques minutes. Or il n’existait qu’un seul endroit pour acheter les billets de concert : les billetteries des grandes surfaces culturelles, de type Fnac. Et le stress était donc maximal. Celui qui se disait qu’il allait arriver dès l’ouverture des portes pour être sûr avait tout faux... puisque bien plus nombreux encore étaient ceux qui venaient à l’aube. Et même, ce qui fut souvent mon cas, en prenant en banlieue le premier RER, vers 5h30, on arrivait devant la Fnac entre 6 et 7 heures, et on trouvait déjà des campeurs présents depuis la veille. La sécurité du magasin mettait des barrières sur le trottoir pour canaliser la file d’attente et la police rôdait. Donc à l’ouverture des portes, cohue générale, personne d’autre n’était là pour autre chose que U2 (de toute façon vu le monde, personne d’autre ne pouvait approcher du guichet spectacles). Vers midi il n’y avait plus de places. Et certains venaient de loin, dans cette seule attente qui pouvait s’avérer perdante si l’on arrivait un peu trop tard.

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Un ticket de concert du Joshua Tree Tour, pour le concert parisien du 15 juin 1987. Photo : Batman pour U2France.

Le bootleg, un véritable Graal

Une fois le concert passé, on voulait en garder un souvenir, évidemment. Et c’est souvent comme ça, en cherchant un enregistrement, que de véritables carrières de « bootlegeurs » ont commencé. Les sources étaient connues, et pas bien difficiles à trouver, bien que l’exercice fut purement et simplement illégal. Les magasines rock avaient des parties réservées dans leurs petites annonces. On écrivait à l’adresse qui paraissait la plus alléchante, et quelques jours après, on recevait un « catalogue » de titres. Certains vendeurs étaient spécialisés dans U2. Ceux-là avaient souvent une collection très étendue (mais avec les autres, on finissait par pouvoir faire des échanges)… et les prix montaient parfois assez haut en fonction de la qualité des enregistrements.

Les cassettes pirates, c’est une drogue… et une drogue lente. Tu achètes une cassettes, la reçois quelques jours après par la poste. Tu l’écoutes, la ré-écoutes, et finalement tu retournes dans le catalogue, tu en choisis une autre, ou deux, et tout recommence. J’en connais un qui y a laissé une partie fort conséquente de son argent de poche. Il faut dire c’était d’une telle sensualité, toute cette attente, et puis la prise en main de l’objet, le déchirement du scotch, l’éviction du papier-bulle, la lecture du petit billet de remerciement, la découverte de la photocopie de mauvaise qualité d’une photo qui servait de jaquette... et le plaisir de tenir un objet inconnu et pourtant déjà si familier.

Le collectionneur, plus proche de l’amasseur du 19e siècle que du ebayeur…

Dernier élément qui a disparu, me semble-t-il, chez les fans avec l’émergence d’Internet : la façon de collectionner les objets « U2 ». La rareté des choses en faisait le caractère précieux. Les photos n’étaient pas reproduites à l’infini, et les photos volées en concert encore moins que les autres. Il ne fallait surtout pas perdre celles qu’on avait la chance de trouver. De même pour les disques rares, ou les premiers coffrets CD de concerts pirates : si on en voulait, il fallait marcher avec nos pieds, arpenter les Puces et les disquaires spécialisés, trouver la perle rare au milieu d’un amoncellement de disques loupés et sans intérêt… pas de moteur de recherche, pas d’alertes ; juste les jambes, les yeux, et la patience.

Mais le collectionneur avait également d’autres sources. Combien de magazines ont terminé soulagés de leurs photos pour aller alimenter mon « book U2 », combien de posters insérés dans les revues, ou achetés à la sauvette après les concerts ont décoré mes murs de chambre, combien de papiers ont été noircis de dates, de noms de villes, de salles de concert, de titres de chansons, puis enrichis de photos ou de dessins, pour finalement former les jaquettes personnalisées de mes cassettes !

Et oui, la vie de fan de U2 était, à tout prendre, une formidable école de la patience et un appel à l’amour des belles choses, qu’on avait la fierté de ne partager avec personne, sinon avec quelques fêlés de la même espèce que nous… et ceux-là me comprendront ;-)

(Partie 2, "la version 3.0", à suivre...)

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