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Gavin Friday parle de la reprise d’un titre de U2...

dimanche 25 décembre 2011 / par Corine/Dead / Tags:

par Ed Power

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Gavin Friday a été quelque peu surpris d’apprendre que Lady Gaga voulait faire partie des personnalités participant au concert orchestré pour fêter son cinquantenaire et sa carrière au Carnegie Hall de New York en 2009. Pourquoi diable la pop star blonde platine voudrait-elle traîner avec une bande de rockeurs endimanchés, suffisamment âgés pour être son père, s’était-il demandé alors.

Peu importe la façon dont on le présente, l’avant-pop dense et cinématographique avant-pop de Gavin Friday et les chansons telle Poker Face peuplent complètement des univers musicaux différents. Puis, il a tilté. Elle n’était pas là pour lui mais pour Gaga.

"J’ai été surpris d’apprendre qu’elle voulait en être", confie-t-il. "Mais quand on y pense — c’est une femme d’affaires. Il y avait une distribution de rêve : Courtney Love, U2, Rufus Wainwright, Lou Reed. Elle n’est pas stupide et elle s’est dit : ’oh je trainerais avec ces gens, c’est bon pour ma crédibilité’.

"Et vous savez quoi ? Elle est montée sur scène, a joué du piano et a chanté. Et elle a été fichtrement bonne. Elle a de la voix. Elle possède le sens musical. J’ai été étonné par ce qu’elle a fait. Vous voyez ça du côté politique et c’est tout à fait logique."

Carnegie Hall a été une rare opportunité pour Friday de faire de l’ombre à ses amis de U2. Il est pote avec Bono depuis toujours (le chanteur leader de U2 est probablement plus proche de Friday que de n’importe lequel des membres de son groupe). Ils ont grandi ensemble dans le même quartier du nord de Dublin et sont venus à la musique à la même époque, Friday à la tête du groupe informel, expérimental Virgin Prunes tandis que U2 s’occupait à devenir le plus grand groupe au monde.

Depuis, Friday, qui n’est rien si ce n’est immaculé dans ses goûts, a occupé le poste non officiel de consultant pour ce qui est de l’image du groupe (on ne peut s’empêcher de soupçonner que sa critique désarmante envers l’ironie des années 1990, a forcément quelque chose à voir avec lui).

Friday n’a jamais renié ses liens avec U2. Ceci dit, il n’a jamais reconnu sa relation avec U2 sur disque jusqu’à ce qu’on lui demande de reprendre The Fly d’Achtung Baby pour un CD marquant le 20e anniversaire de ce dernier. A-t-il fallu beaucoup insister pour le convaincre ?

"C’est bizarre", explique-t-il, "de porter les fringues de mon voisin. J’ai essayé de m’approprier la chanson, c’est ce qu’on fait quand on reprend un morceau. Je me suis débarrassé des guitares, ai accentué le côté funky et contemporain — on est en 2011, plus en 1991. J’ai transformé le falsetto du choeur en chant principal."

Lorsqu’il a approché à propos du projet de reprises d’Achtung Baby — les autres contributeurs dont Jack White et Trent Reznor de Nine Inch NailU2 s’est retrouvé coincé quand au choix de celui ou celle qui percerait le secret de l’interprétation de The Fly. La majure partie des musiciens impliqués se méfiaient de l’interprétation de ce qui est, une fois passée le riff infernal de The Edge, un morceau bizarre et étourdissant. Tout à coup, Bono a eu une révélation : Gav était l’homme de la situation.

"Ils ne laissent pas beaucoup de latitude sur des trucs du genre. Ils m’ont convoqué et dit : ’personne ne fera The Fly. Nous avons décidé que tu serais le seul à essayer’. Et ils ont adoré le résultat."

Etait-il anxieux de savoir si le groupe approuverait sa façon de traiter ce matériel ? Friday explose littéralement de rire. "je ne l’ai pas rejoué pour eux !", précise-t-il. "Je me trouvais plus dans une situation du genre : "soit tu aimes, soit tu laisses tomber et tu vas te faire voir ailleurs !’, vous voyez, ça joue sur les nerfs de faire un truc dont on se soucie autant.

"On est nerveux, on fait les 100 pas aller/retour pour arriver à ce qu’on veut. Au bout du compte, bien que ce soit ma reprise. C’est ce que l’on pense que la chanson mérite."

En personne, Friday tient un peu du coquin. C’est également l’un des hommes qui a le plus de liens dans le domaine de la pop. Au Carnegie Hall, il a partagé la lumière des projecteurs avec d’authentiques lumières telles que Scarlett Johansson, Laurie Anderson et Antony Hegarty (ce concert fêtait ses 50 ans). Il y a de cela quelques semaines, il chaperonnait Courtney Love de passage en ville pour intervenir au Trinity College. Après coup, ils sont partis ensemble boire un verre. L’incontournable question : est-ce qu’un verre est juste un verre lorsque la première Dame du grunge est impliquée ?

"Elle se comporte parfaitement bien, de nos jours", rétorque-t-il. "Nous avons dîné ensemble, c’était très agréable. Courtney est à des années lumières aujourd’hui de ses années d’enfer. Nombre de personnes ne voient pas combien elle est intelligente et drôle. Elle est intervenue pendant une bonne heure et demie [au Trinity]. Elle était divertissante et tout à fait cohérente. Elle a tendance à avoir quatre phrases en même temps à l’esprit, mais chacune sort au moment opportun. Les gens ne lui donnent pas le crédit qu’elle mérite, c’est une fille intelligente."

Au risque de faire virer cette interview entière à une longue causette axée sur U2, il semble juste de connaître l’opinion de Friday sur les spéculations selon lesquelles le groupe considérait de mettre un terme à sa carrière (dixit Bono dans une interview accordée à un magazine à propos du succès plus que mitigé de No Line On The Horizon, et du retour de l’absence de crédibilité).

"Je crois que Bono nous a déjà fait le coup il y a 20 ans, juste avant Achtung Baby. Il avait dit : ’nous arrêterons si nous ne faisons pas [un bon album]’. Si le nouvel album n’est pas à la hauteur de nos espérances, nous ne le sortirons pas. Ça a toujours était la position de Bono. Il a toujours parlé ainsi."

Où Bono voulait en venir, c’est qu’il a le sentiment que U2 n’a jamais pris pour acquis qu’il allait rester la propriété d’une personne qui se soucie de lui. C’est pourquoi le groupe dure alors que certains groupes — disons même tous les groupes — qui font partie de ses contemporains n’ont pas tenu la distance. "Il ne faut jamais rien prendre pour acquis, il faut constamment se défier. le groupe exige de lui-même de se bonifier. Un grand nombre de personnes face au succès devient parresseux."

Voilà un truc dont Friday n’a jamais eu à se préoccuper. Bien que les critiques considèrent les Virgin Prunes comme un important groupe new-wave, il n’a jamais percé au delà de l’underground. La carrière solo de Friday semblait avoir décollé au milieu des années 1990 avec son album Shag Tobacco, supervisé par le super producteur en vogue de l’époque Tim Simenon.

Mais il a le sentiment que cet opus a échoué à recevoir le soutien légitime d’une maison de disques alors que son single Angel figurait au générique de la bande sonore du film de Baz Luhrmann, Romeo + Juliet (au côté de ce qui aujourd’hui semble complètement surréaliste Mundy). ce titre ne lui a pas permis, malgré tous ces bénéfices, de faire évoluer sa carrière au niveau supérieur.

Il n’est pas du genre à en vouloir aux autres, mais si on le pousse un petit peu, Friday pourrait s’aventurer à dire que la faute incombe à Blur et Oasis. "J’ai toujours fait les choses hors du moule. je ne suis pas la mêlée. Shag Tobacco est sorti en 1995, 1996, quand tout ce truc de la Britpop était à son apogée. J’étais un OVNI. La réaction a été c’est quoi ce fichu truc ?’ Je ne fais pas de la musique avec en tête avec une date de mise en vente."

Friday insiste sur le fait qu’il n’est pas amer. Pourtant, ne lui arrive-t-il pas de regarder dans le lointain de Killiney vers l’impiosante demeure de Bono en éprouvant un petit sentiment d’envie ? Il sourit : "Je suis bien plus lunatique que U2. Si j’avais vendu deux millions de disques, on ne saurait pas où me trouver en ce moment. Peut-être qu’il est bon que je sois un esthète qui lutte. Peut-être que c’est une bonne chose pour ma santé. Autrement, je pourrais tout aussi bien être mort. On ne sait jamais."

catholic, le dernier album de Gavin Friday est sorti dans les bacs depuis le 9 mai 2011 au Royaume-Uni.

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