HOT PRESS rencontre ADAM CLAYTON de U2 (Part I) - U2 France
Accueil / Industrie / HOT PRESS rencontre ADAM CLAYTON de U2 (Part I)

HOT PRESS rencontre ADAM CLAYTON de U2 (Part I)

lundi 1er avril 2013 / par Corine/Dead / Tags:

Dans une rare interview accordée à Hot Press, Adam Clayton, bassiste de la formation rock irlandaise U2, explique comment sa lutte contre ses propres démons l’a conduit à aider les jeunes aux problèmes de santé mentale – et aborde également le prochain album de U2...

JPEG - 56.1 ko

par Stuart Clark

Les têtes ne se tournent pas autant à 360° que dans l’Exorciste, alors qu’Adam Clayton entre au Four Seasons Hotel. Cet hôtel cinq étoiles de Ballsbridge accueille des superstars – Metallica, Bon Jovi, Slash, Justin Timberlake et Cameron Diaz entre autres – mais en termes de reconnaissance et d’adoration dans leur ville de résidence, les membres de U2 se trouvent dans une autre stratosphère. Une chose que nous aborderons également plus tard et qui apporte avec elle sa propre dose de pression.

La dernière fois que nous avions entraperçu Mr. C pour Noël, il avait une coupe presque afro, mais aujourd’hui elle est presque aussi nette et de la longueur que l’on lui connaît en tant que bassiste de U2.

Nous sommes ici pour discuter du parrainage d’Adam pour Walk In My Shoes, dont la journée d’action pour la santé mentale a été fixée au 12 avril, mais avant d’en arriver aux choses sérieuses, il veut aborder son travail quotidien.

“Nous voulons vraiment sortir un disque d’ici à la fin de l’année”, m’informe-t-il. “Septembre, octobre ou novembre, à cette période de l’année. Nous travaillons avec Dangermouse qui est un gars intelligent. Il est à l’œuvre et excité. Nous formons une belle équipe et cela semble très libérateur pour l’instant – dans tout ce qui se passe.

“Nous avons une abondance de richesses”, poursuit Adam. “Nous pourrions faire trois ou quatre albums différents et ne rendre des comptes qu’à nous-mêmes, mais pour faire le meilleur album possible, il faut s’éloigner de ceux que l’on peut facilement faire. Nous essayons vraiment de pénétrer dans des territoires hors de notre zone de confort. Si vous voyez ce que je veux dire…”

Je vois. Au cours de sa carrière de cinq décennies (NDLT : plus de trois mais pas cinq, ils ont a peine plus de 50 ans… il ne faut pas abuser non plus !) U2 n’a jamais fait deux fois le même album et a pris de sérieux risques avec Achtung Baby, Zooropa et Pop. J’ai trouvé très révélateur le fait que, quelques années plus tôt, lorsque j’ai demandé à Bono qui étaient ses concurrents, et qu’au lieu de citer ses collègues du Hall of Fame tels les Who ou les Stones il m’ait répondu : “Arcade Fire, The Killers, Franz Ferdinand, Arctic Monkeys.”

“Et bien, c’est la musique qui nous excite”, déclare Clayton. “On peut toujours écouter Van Morrison, les Stones ou autre – mais c’est différent. J’aime entendre les choses exprimées d’une nouvelle façon. un peu, comme si aujourd’hui j’étais un groupe émergeant, je ne pense pas que j’écouterais beaucoup U2. Il faut quelque chose contre quoi se battre.”

Alors qu’est-ce qui flotte à bord de son bateau musical ces derniers temps ?

“L’album des Tribes, Baby, c’est celui vers lequel je ne cesse de revenir. J’ai hâte d’entendre le dernier Nick Cave – il y a quelque chose de différent et de rafraichissant dans le single. Les Vaccines ont cette touche garage à la Ramones, que j’adore. L’album des Villagers est génial – Conor J. O’Brien est un gars incroyablement talentueux. Je fais une sorte de lien aujourd’hui pour le lancement de Walk In My Shoes avec les Original Rudeboys – ils ont énormément d’énergie. Un groupe que j’aime beaucoup et que j’ai été voir jouer dernièrement à Londres, les Maccabees. Ils sonnent assez durs en disque mais en live ils sont un peu… pas froussards, sensibles !”

Alors ça fait cinq nouveaux artistes plus ce bon vieux Nick, qui devra espérer un appel de U2 la prochaine fois que le groupe prendra la route.

“Qui sait ?”, il rit. “Il faut toujours garder ses oreilles ouvertes. Un peu comme lorsque les Kings Of Leon ont commencé à percer – je crois que nous avions fait Top Of The Pops avec eux et que nous nous étions dit : ‘Ces gars seraient parfaits pour notre tournée Vertigo’. Ce qui s’est avéré. Les gens pensent que c’est nous qui leur faisons une fleur, mais en vérité c’est tout le contraire. Il n’y rien de mieux pour se maintenir dans la compétition que d’avoir une super groupe en première partie !”

Adam est-il toujours un inconditionnel de reggae ?

“C’était il y a longtemps à l’époque où j’aimais le reggae vert ; ma perspective a un peu changé lorsque j’ai laissé tomber”, sourit-il. “Les chansons sont toujours géniales. Si Bob Marley avait été blanc, il aurait été plus grand que les Beatles. Si l’on dissèque comment cela fonctionne, au niveau de la rythmique et de tout, lui et les Wailers étaient à fond dedans. Ça n’a rien à voir avec le fait d’être stone ou drogué ou quoi que ce soit d’autre.”

Ce qui nous amène exactement à la principale raison de notre présence – le rôle d’ambassadeur d’Adam pour la campagne Walk In My Shoes, un projet de l’université de l’hôpital dublinois St. Patrick pour attirer l’attention et alerter les gens sur les problèmes de santé mentale auxquels sont confrontés les jeunes Irlandais. Comment en est-il arrivé à s’impliquer ?

“C’est une combinaison de trois ou quatre facteurs”, explique-t-il. “Ma mère – décédée l’an dernier – qui travaillait dans les années 1980 pour le comité de collecteurs de fonds à St. Patrick m’avait présenté à ce grand homme, le Dr. John Clooney. Il avait dit à maman : ‘Si Adam veut savoir où investir son argent, il devrait envisager de le faire dans l’art’. Il savait vraiment ce dont il parlait et m’a guidé alors que je montais ma collection. Nous avions également parlé du taux de suicide parmi les jeunes garçons irlandais qui était le plus élevé d’Europe – pourtant la dépression, la schizophrénie et autres sont des maladies que l’on traite.”

Être adolescent est doublement difficile lorsqu’il n’y a pas de travail.

“J’en suis très conscient et ce que nous traversons est une période de récession comparable à celle dont nous sommes sortis dans les années 1970”, reconnait Adam. “Pour moi, le reste de mon groupe et de nombreux de la ’génération sans espoir’, la musique a été salvatrice. J’ai aimé cette idée que, d’une toute petite façon, je poursuivais l’œuvre de ma mère avec St. Patrick et, bien entendu, j’ai ma propre histoire avec les drogues et l’alcool.”

Quand cela a-t-il commencé ?

“J’ai commencé à fumer et à boire vers quinze ans. Chaque fois que je ne me sentais pas bien ou que j’avais un problème, au lieu d’essayer de trouver une solution, je m’auto médicamentais. Les cigarettes et la bière c’est ainsi que je gérais ce niveau bas de dépression que l’on ressent adolescent et qui peut se développer et devenir quelque chose de beaucoup plus noir lorsqu’il n’est pas géré comme il faut.”

Notre perception du suicide adolescent étant principalement axé sur le genre masculin a été bouleversée l’an dernier lorsque Ciara Pugsley et les sœurs Gallagher, Erin et Shannon, ont mis fin à leurs jours après avoir été persécutées via Internet. En s’identifiant sur le site Ask.fm dont elles faisaient, dit-on, toutes partie, l’un des tous premiers messages que j’ai lu était le suivant : “Okay, il est grand temps qu’elle se foute en l’air. SVP envoyez-lui des messages et des insultes au point qu’elle se taille les veines si profondément qu’elle en meure, SVP x.”

L’exemple parfait de ce que l’on pourrait décrire de manière juste comme un media antisocial.

“Wow… c’est à l’évidence anxiogène”, de confier le musicien visiblement choqué. “Il y a beaucoup d’activité déplaisante sur ce support et l’on s’en prend aux plus faibles. C’est un niveau complètement différent d’intrusion dans la vie des autres.”

Adam a-t-il abordé avec ses jeunes utilisateurs de l’internet les dangers du cyber-harcèlement ?

“Je ne suis plus avec la mère – il s’agissait d’une courte relation – et il vit en Suisse. Je le vois aussi souvent que possible. Mais c’est une question intéressante… Personnellement, je n’utilise pas beaucoup l’informatique – il y a tant d’autres choses que je préfère faire plutôt qu’être en ligne – aussi n’ai-je pas entièrement connaissance de toutes les possibilités. Je suppose que je devrais vraiment l’être.

“J’ai eu ma part de harcèlement enfant”, ajoute-t-il. “Je portais des lunettes et j’étais un peu grassouillet. je me suis dit que le meilleur moyen pour qu’on ne me fasse pas des histoires était de faire rire les autres. C’était en quelque sorte ma technique – plus tard, j’ai minci et me suis débarrassé de mes lunettes (rires) !”

(à suivre)

Notez cet article (de 1 à 5)

Partagez cet article


Voir en ligne : Hotpress

Toutes les versions de cet article : [English] [français]


Nous Contacter

Le site de la communauté francophone U2. Depuis 1997 avec U2France accédez à l'actualité de U2, des tonnes de ressources, du contenu multimédia en tout genre et une communauté de fans via le forum. Vous trouverez toutes les actualités (news, revues, vintage, divers), les derniers ajouts de notre partie ressources, les discussion du moment sur le forum, ainsi que des extras tels que le son de U2 pour bien commencer la semaine, des albums photos et des fonds d'écran.

  • Adresse: Paris
  • Email: contact [@] u2france.com
  • Facebook: facebook.com/U2France
  • Twitter: twitter.com/u2france
  • Google+: https://plus.google.com/+u2france
  • Visiteurs sur le site : 42

Derniers posts

Instagram widget

go-top