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Interview de The Edge (U2) pour DAZED & CONFUSED Magazine

dimanche 27 juin 2010 / par Corine/Dead / Tags:

Extrait de Daze & Confused Magazine, May 1997. Merci mille fois à MacPhisto.net pour cette archive.




Alors, Edge, le concept tout entier de Pop a-t-il débuté par cette moustache ?

The Edge Ha Ha ! Non, voyez-vous, ce sont les chaussures. Ce sont toujours les chaussures, je trouve. Je pense qu’elles sont très impirtantes. Une fois les bonnes chaussures trouvées, le reste se met très vite en place.

Mais y a-t-il eu un moment où vous vous êtes tous assis ensemble et vous êtes dit : ok, nous allons faire un album qui ressemblera et sonnera comme ca ?

The Edge Non, le titre nous est venu très tard dans l’enregistrement. Ce qui est arrivé c’est qu’il a fini par nous faire prendre comprendre que nous faisions un disque très contemporain, un de ceux influencé par beaucoup de musique qui nous entourait et c’était la toute première fois que cela nous arrivai. Mais nous voulions faire un disque vital, avec une sorte d’énergie. Ca aurait été facile pour nous d’écrire un album avec 12 ballades parce nous les écrivons très facilement. Mais nous voulions vraiment faire un album plus haut. Pour nous, il ne s’agit pas de décider quoi faire et de poursuivre méticuleusement, il s’agit plus d’avoir une vague idée de quoi faire et simplement faire ce qui nous tombe dessus et ce qui nous souffle littéralement et après coup essayer de comprendre ce que nous avons.

Je sais que ’Pop’ n’est sorti que depuis deux ou trois semaines mais avez-vous eu le temps de commencer à regretter quoi que ce soit à son sujet pour l’instant ?

The Edge Ouais. J’aimerais remixer ’Last Night On Earth’, pour être honnête, car il a été mixé en à peu près une demi heure le dernier jour avant que nous ayons à amener les bandes à New York, et nous bossions encore sur le texcte la veille. Bono et moi-même nous les chantions à 4 heures de mat. et c’était mixé à 6 heures et tout le monde était complètement à plat, aussi je pense qu’il y a probablement un meilleur mix quelque part dans tout ça. Je veux dire que la première chose que nous ayons fini, en fait, était ’Discotheque’ et je pense que d’une manière bizarre c’est pourquoi nous l’avons sorti sous la forme d’un single. Mais ça n’est pas vraiment représentatif. Si j’avais eu l’occasion de me poser pendant deux ou trois semaines, je pense que je l’aurais également remixé que je l’aurais fait un peu plus vide. C’est un peu trop plein, vous voyez ce qui est ce que j’aime, il possède de laz vitalité, et un beau texte, un bel air il faudrait simplement que je le fasse sonner un petit peu moins dense.



Ca faisait longtemps que U2 n’avait pas sorti un album "studio" à proprement parler. Etiez-vous déterminés à ne pas faire de déclaration artistique avec Pop ?

The Edge Bien, nous étions conscients qu’il s’agissait d’un disque de U2 qui n’allait pas être un disque expérimental. Ca a été plutôt comme : ’OK, cela va définir où nous allons être dans les prochaines années’, ce qui était un truc que nous n’avons pas dû affronter avec Zooropa ou Passengers. Avec Zooropa nous avons ressenti que nous pouvions faire un peu moins attention et prendre plus de risques que nous ne l’avions fait pendant un bon bout de temps. C’est ce qui était différent cette fois, parce que c’est le premier disque sérieux de U2 depuis Achtung Baby. Nous avions conscience de cela mais nous avons essayé de ne pas y penser. Si nous l’avions fait nous aurions pu commencer à devenir vraiment paranoïaques. Le truc c’est que nous avons raté notre première deadline pour achever l’album et ça ne nous était jamais arrivé auparavant. Achtung Baby a pris neuf mois en studio et trois mois de démo et pour Joshua Tree ca a été pareil, mais ça n’était pas comme ça cette fois, et il y a eu un moment où nous avons pensé : ’Mon Dieu, et si nous ne finissons pas à temps pour une sortie en début d’année 1997 et qu’il nous faille annuler la tournée ?’ Les choses ne semblaient pas bonnes pendant un temps mais, voyez-vous ça n’a été qu’un moment.

Les cours de cuisine que vous preniez vous ont-ils aidé à relâcher la pression de l’enregistrement ?

The Edge Ha, ha ! C’était une blague ! C’était seulement le truc le plus drôle. Ce qui s’est passé c’est que Flood et Howie B. sont revenus d’une interview avec Spin magazine et ils ont dit qu’ils s’étaient bien amusés, insistant lourdement et déclarant à l’interviewer que je prenais des cours de cuisine et lorsque le magazine est sorti, il s’avéra qu’elle avait pris ça pour argent comptant ce qui était bizarre.

Etes-vous très conscient d’être revenu sur un marché commercial après deux albums, où les seules restrictions que vous aviez vous étaient imposées par vous mêmes ?

The Edge Un peu. Passengers était un disque où nous pouvions nous essayer à quelque chose de différent, où nous n’avions pas à nous soucier de ce que nous faisions. L’idée ensuite était de retourner le compliment à Brian (Eno) de faire un disque à sa manière, après des années où nous l’avons utilisé pour faire un disque à notre façon. Nous voulions que ce soit un disque conjoint. Nous étions grands fans du disque qu’il avait fait avec Harold Budd et nous voulions atteindre la même sorte de vibration. Plus voilà une opportunité pour laquelle nous n’avions même pas à écrire les chansons. Et je suis un grand fan des chansons mais c’était comme, bien s’il y en a quelques unes en chemin alors tant mieux, et ’Miss Sarajevo’ est arrivée née d’une improvisation, et nous avons compris que ça pouvait devenir une grande chanson, mais tout ça est arrivé de manière très naturel. Et avoir ce luxe était un soulagement complet après Achtung Baby et, rétrospectivement après Pop, où nous avions vraiment sué sang et eau pour que les chansons sonnent comme nous le voulions. C’était également tendu, la joie de Passengers était que c’était amusant jusqu’à la fin : on se marrait tout simplement.



Un contraste total avec Pop, alors ?

The Edge Ouais, Pop est un disque très discipliné. Les structures et arrangements des chansons sont très classiques : c’est seulement les sons et les mixes qui paraissent bizarres, et je pense que cette combinaison est tout ce qu’est la grande musique pop. Tous mes disques préférés sont comme ça : on ne peut tout simplement pas dire comment ils ont été assemblés. ’Strawberry Fields Forever’, par exemple, c’est l’une de mes préférées depuis toujours, mais ça parait tellement bizarre, même si c’est un grand classique. C’est ce qui m’intéresse, ce sentiment quand on ne sait par ou commencer pour savoir d’où est venue cette chanson.

Certaines personnes considèrent vos illusions visuelles comme étant moins charmantes d’un album à l’autre, comme relevant d’un dispositif ?

The Edge Vous voyez, il est difficile de savoir comment les gens vont réagir à ce que nous voyons à un moment donné. Mais, vous savez. Nous essayons d’avoir l’air okay et faisons des vidéos décentes [Rires]

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le méga sincère U2 des années 1980 ?

The Edge Je pense que nous sommes meilleurs en tant que groupe aujourd’hui. Je ne pense pas que nous ayons tellement changé après toutes ces années. Les thèmes de nos chansons sur notre nouveau disque sont les mêmes, on ne se les prend pas en pleine figure c’est tout, elles sont un peu plus subtiles. Je pense qu’avant les gens aimaient la musique pour son côté brut et sa sincérité et sa naïveté, mais plus récemment je pense qu’ils l’aiment parce que nous sommes meilleurs à la camoufler. [Rires] Mais parfois, je pense : ’Tain, vous savez, disons le comme ça.’ Lorsque j’écoute ces vieux disques, je me dis parfois, nous étions tellement dans la figure des gens, et je respecte ça. Mais, en même temps, je me dis que je ne veux plus refaire ça.

Pourquoi, pensez-vous, en tant que groupe, que vous étiez aussi durs envers vous-mêmes ?

The Edge Bien, sortir de Dublin, vous voyez, à une époque où il n’y avait rien là-bas, seuls deux ou trois groupes ont vraiment réussi. Ca nous a mis un peu sur la défense, un peu tendus, et un peu intenses. A présent c’est comme si ça ne nous importait plus autant, vous voyez ? [Rires]

A sa sonorité, ’Pop-Mart’ va être plutôt une affaire OTT. (NDLT : OTT - over the top : excessive)

The Edge Nous voyons cette tournée comme une opportunité pour faire quelque chose qui n’a jamais été fait par le passé. En termes de spectacles en stades, au moins. Je pense que si l’on ne peut pas penser à une manière originale de les faire, alors il ne faut pas les faire du tout, pour être honnête. Ce sont des manifestations étranges et j’en ai assisté à quelques unes qui n’étaient pas très intéressantes. Mais j’ai été voir les Stones et ça marchait, et quand quelqu’un en fait un, alors ce genre de spectacle peut être assez inaccessible. Il en va de même pour nous : quand tout fonctionne alors, vous voyez, ça peut être étonnant. Et si ça échoue, ça restera un échec héroïque, et si ça foire, ce ne sera pas par manque d’effort ce sera un échec spectaculaire !

Comment approcherez-vous les vieilles chansons ?

The Edge Nous essayons de trouver de nouvelles façons pour les reprendre. Nous allons presque les approcher comme si nous les reprenions.

Pensez-vous, qu’une fois la tournée sur les rails, vous deviendrez votre alter-ego ? Adoptez-vous une personnalité différente alors que la tournée approche de plus en plus ?

The Edge Non, j’essaie toujours désespérément éviter ça. C’est difficile quand il y a 600 devant l’hôtel ou l’entrée de la venue, alors on ne peut pas vraiment parler aux gens, mais lorsque l’on est en tête-en-tête avec eux on peut toujours avoir une conversation. Je détesterais être considéré par qui que ce soit comme étant sur une sorte de piédestal.

Vous avez plus ou moins écrit le plan de la célébrité rock star. Existe-t-il encore quelqu’un là dehors qui vous appelle encore Dave ?

The Edge [Rires] No ! Pas même ma maman à ce stade : nous pouvons seulement l’appeler Mme Edge.

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