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It’s All We Can Do : à la croisée du politique et du personnel (Fin)

dimanche 8 avril 2012 / par Corinne/Dead / Tags:

par PAUL DE REVERE





Et Bono équilibre tout cela d’une certaine façon – précairement, délicatement. Il n’est pas parfait. Il existe un nombre de raisons qui expliquerait pourquoi il pourrait échouer. La première fois que j’ai vu U2 en live à Atlanta (une ville encore très dans l’ombre du Dr. King et de l’ère des droits civiques) en 2006, il a été hué pour avoir cité le nom de la National Rifle Association (association nationale de la défense des armes à feu), soulignant combien son classement était moindre en nombre que la campagne ONE. Au royaume du personnel/politique, l’amour peut s’enfuir aussi rapidement que les jugements rapides du commun des mortels. Il peut passer d’aimé, de rock star messianique agitatrice en un éclair parce qu’il transcende une culture de la célébrité folle, obsessive et une culture politique qui est bavarde et omniprésente, que certains trouvent pourtant aliénée par son processus. Cependant dans son rôle primaire de rock star, Bono adopte une tactique politique classique : celle du guerrier heureux. Ce personnage se frotte à des personnes plus engagées dans la vénération de la rock-star/célébrité que dans la projection d’espoirs ; de rêves et d’attentes sur de faux prophètes politiques. Comme s’il existait une différence réellement fondamentale entre les deux. de nouveau, c’est là que le personnel et le politique ne font qu’un et qu’il n’est nul besoin de les séparer parce qu’on ne le peut. Mais, malgré cette dualité, Bono, la rock star, équilibre sincérité et spectacle dans les causes qu’il défend. Ce sont ces causes que renferme “Where the Streets Have No Name”.

“Voici une histoire intéressante que l’on m’a racontée un jour”, de confier Bono à Propaganda (No. 5) en 1987 : “À Belfast, le nom de la rue où l’on habite permet non seulement de connaître la religion de quelqu’un mais également combien d’argent, il gagne – littéralement selon le trottoir de la rue où l’on habite et le numéro, parce que plus l’on se situe vers le haut de la côte, plus les logements sont chers. On peut presque connaître le revenu de quelqu’un par le nom de la rue qu’il habite et le numéro où se situe son logement. Cela m’a parlé et c’est ainsi que j’ai commencé à écrire sur ce lieu où les rues n’ont pas de nom…”

Aussi, si en 1987, “Streets” traitait des revenus, des inégalités et de la lutte des classes, alors 25 ans plus tard, elle peut symboliser une lutte et une langueur à l’échelle internationale. Des personnes sans électricité ou de vraies rues, connaissent les paroles en anglais (tout au moins phonétiquement) de “Where the Streets Have No Name”. J’en sais quelque chose. J’en ai été le témoin. L’an dernier, à l’Estadio Azteca de Mexico City, j’ai assisté à deux concerts dans le cadre de la tournée à 360° de U2, et les deux fois, l’énorme public majoritairement de langue espagnole a perdu la tête sur cette hymne.

Nous parlons d’une sérieuse célébrité internationale et qui contribue à oublier facilement que Bono était et est toujours : Paul David Hewson. Hewson est issu d’une famille modeste, gamin à Dublin il allait dans une école paroissiale avec ses camarades du groupe U2. Il vivait près des council housing (ou “housing projects” aux États-Unis - NDLT : ce qu’on l’a traduirait chez nous par des logements sociaux) des immeubles de Ballymun alors qu’il était gosse, qui l’ont inspiré pour écrire “Running to Stand Still”. “I see seven towers” (je vois sept tours), chante-t-il tel le narrateur omniscient de la chanson, faisant référence aux sept structures de Ballymun. “But I only see one way out” (mais ne vois qu’une seule issue).

“C’est à travers les immeubles de Ballymun que Bono a pris conscience pour la première fois de la vie de ceux sans espoir”, écrit le London Independent en 1991, “une préoccupation qui allait plus tard le conduire dans les camps de réfugiés d’Éthiopie et au Salvador déchiré par la guerre”.

Il s’avère que c’est en Éthiopie, que Bono a écrit les paroles de “Where the Streets Have No Name”. Selon Neil McCormick, auteur de U2 by U2, les paroles de cette chanson sont nées lors de l’un de ses séjours humanitaire avec son épouse, Ali Hewson. Bono aurait jeté les paroles sur un sac pour vomir récupéré dans l’avion alors qu’il séjournait dans un village, vraisemblablement au sol en terre battu et, à nouveau, sans électricité ou, puisqu’on en parle, rues.

Ce qui me fait m’interroger sur le fait que lorsque l’on a une chanson vraiment grande, merveilleuse qui donne la vie telle que “Streets”, l’on doit commencer par une début humble – un désert nu, un village misérable accablé par la pauvreté – tel un séquoia né d’un minuscule gland.

Considérez en écoutant “Where the Streets Have No Name”, U2, et les soit-disant gestes qui ne signifient rien des artistes activistes. Considérez le milieu de l’artiste et ce qu’il a traversé – ce qu’il a vu. Considérez la guerre religieuse entre les catholiques irlandais et les protestants anglais au cours de laquelle les membres de U2 ont grandi, telle que référencée dans “Sunday Bloody Sunday”, une supplique humaniste pour la paix provenant du massacre du dimanche sanglant de 1972 en Irlande du nord.

“Lorsque l’on a grandi dans la classe ouvrière, cette merde ne nous quitte jamais”, de confier Isaac Brock de Modest Mouse à Spin en 2004, à propos de Michael Moore. “Cette approche d’une éthique de travail ne vous quitte pas et cette vision du monde ne vous quitte pas.” À moins que l’on ait l’intention d’oublier, ou de supprimer de manière traumatisante cette sorte de souvenir, l’on n’oublie pas.

“Where the Streets Have No Name” a eu un tel impact sur mon existence qu’elle reste à jamais ma chanson préférée. Je ne peux l’oublier. Je veux dire que chaque fois que je l’écoute, ça m’arrache la tête. Je pourrais l’écouter vingt-deux fois d’affilée, ce que j’ai justement fait alors que j’écrivais ce papier, et trouverais un nouvel instant de cette chanson pour la réécouter.

Les arpèges carillonnant de la guitare montent progressivement, et je commence à pleurer comme si l’un des membres de ma famille venait de mourir. “Qu’est-ce qui ne va pas ?”, me demande-t-on lorsque l’on me voit réagir de la sorte à cette chanson. Je ne suis pas triste. Je n’ai pas le cœur brisé. Je n’ai nul besoin de votre pitié, simplement de votre compréhension. “Comprenez-vous cette chanson ? Pigez-vous ce que cela signifie pour le monde à l’intérieur et à l’extérieur de vous ? Ne Ressentez-vous rien lorsque vous l’écoutez ?” J’ai l’impression d’être comme le comédien Paul F. Tompkins lorsqu’il raconte à nouveau sa diatribe You Should Have Told Me dans le spécial stand-up du “You Needed Me” d’Ann Margaret. “Tu ne comprends même pas !”, hurle-t-il, puisse baisse la voix jusqu’à murmurer. “J’ai été au cœur de cette chanson.”

Ne vous y trompez pas, je me suis ensevelis sous “Streets” de nombreuses fois, et j’ai toujours accordé de la valeur à cette sorte de passion sans retenue dans la musique. Toute musique, je pense, devrait posséder en elle une sorte de passion personnelle. Mais aussi motivée qu’elle devrait l’être par cette passion, ça aide lorsque la musique s’adresse à quelque chose de plus grand que soi-même en même temps.

Il y a tant de choses à prendre en compte lorsque l’on contemple une chanson. Subtexte, contexte, contenu et intention sont tous tellement importants ; l’ossature de la chanson (sa structure, son ton, sa production, etc.) et ainsi de suite. Mais je juge la qualité d’ensemble d’une œuvre d’art selon sa qualité primordiale : jusqu’à quel point elle évoque quelque chose chez moi. cela ne me rend pas terriblement objectif, mais ça a le mérite d’être honnête ce que je souhaiterais voir plus souvent dans les critiques.

Évoquer l’empathie, l’empathie brutale et implacable est une truc de puissant qui consume. Et cela peut vous faire paraître idiot. Mais nous avons tous besoin d’être un peu plus sincère et ridicule. Dire ce que l’on ressent même si c’est embarrassant. Surtout si c’est embarrassant. “The right to be ridiculous is something I hold dear” (le droit d’être ridicule est quelque chose que je chéris), chante Bono dans “I’ll Go Crazy If I Don’t Go Crazy Tonight”. C’est bon pour l’âme.

C’est tout ce que nous pouvons faire.


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Voir en ligne : Consequence of sound

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