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La Super ligue des Gentlemen Extraordinaires (fin)

mardi 24 mars 2009, par Corinne/Dead pour U2 France

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Pour un homme qui possède plusieurs maisons dans le monde, le Clarence Hotel à Dublin – l’établissement même où le journaliste et le guitariste sont présentement assis à déguster des sandwiches jambon formage, des chips et du Pepsi (NME) et de la Guinness (Edge) –- et un yacht de 140-pieds (45 m) du nom de Cyan, l’homme de U2 est l’une des personnes les plus humbles que l’on pourrait souhaiter rencontrer. Il peut citer ses influences six cordes comme étant les virtuoses irlandais Rory Gallagher et Thin Lizzy, mais sa philosophie musicale est plus proche de celle de Moe Tucker du Velvet Underground. "Moe a dit un jour qu’elle n’aimait pas vraiment jouer de la batterie", souligne le guitariste, "mais elle a joué les chansons de Velvet Underground. J’aime penser de même de mon jeu et des chansons de U2."

Il aime aussi les Bee Gees, préfère le disco au rock, possède 375 bonnets noirs, aime faire des films d’animation avec son fils chez lui et est décrit par Bono comme "un punk de science fiction, Zen" et pense que son classement en 24e place dans le numéro de Rolling Stone consacré aux meilleurs guitaristes de tous les temps en 2003 était "stupide." Il conduit également une Audi TT (très sensiblement ça transpire, alors qu’il prend à son bord NME plus tard pour l’emmener au studio), n’a aucun problème à nous laisser faire un épouvantable racket dans sa collection de guitares dans le studio et a un rire pareil à celui d’une souris de dessin animé qui aurait attrapé un gros rhume. Les proches du groupe disent que pour comprendre U2, il faut d’abord comprendre sa force motrice, Edge. Et il y a très peu de personnes qui comprennent l’homme que nous sommes en train d’interviewer plus que lui-même...

NME : Bono a ramassé pas mal de piques – en tant qu’ami cela vous blesse-t-il ?

Edge : "Je pense qu’il sait y faire face et qu’il s’il pouvait en éviter cela le gênerait. Mais je pense qu’il pense véritablement que nombre de ces critiques à son égard sont infondées et un peu triviales et qu’il à a se soucier de choses bien plus importantes. Je pense qu’il a traversé différentes phases qui l’ont rendu plus ou moins sensibles à celles-ci ; je crois qu’à ce stade qu’il apprécie que les gens mettent leur nez dans ses affaires car vous savez. Il y a tellement réfléchi bien plus clairement que n’importe lequel de ses critiques. "

Pourquoi s’attire-t-il autant de haine ?

"Je pense que les gens détestent que l’on sorte du rang. Aussi l’idée qu’un modeste chanteur dans un groupe puisse parcourir les couloirs du pouvoir, parler aux leaders mondiaux, les gens se disent : ’Comment ça se fait qu’il fasse cela ?’ Et vous savez qu’il porte son cœur en écharpe, il dit ce qu’il pense. Aussi trainer avec George W. Bush – ce qu’il savait pas cool du tout et profondément peu populaire dans certains quartiers – il savait que pour ses propres raisons qu’il obtiendrait des résultats. Et il a eu raison. Le montant supplémentaire d’investissement américain dans le développement africain qui est survenu durant cette administration, comparée même à celle de l’administration Clinton, a été phénoménal. En grande partie parce que Bono voulait être sur les photos, assister aux réunions et en faire un problème populaire."

Que Bono se mêle à ce genre de cercles met-il le groupe mal à l’aise parfois ?

"Bien, en tant que pote, on n’aime pas le voir se prendre des vannes de la part des journalistes du monde entier. Je veux dire, j’ai essayé de le dissuader de rencontrer George W. Bush lorsqu’il m’a dit qu’il allait prendre une photo avec eux. Et il m’a dit : ’Bien, je pense que c’est la chose à faire.’ Aussi, au bout du compte, je lui dis ce que j’ai à dire et je laisse en faire ce qu’il veut. Il faut comprendre qu’en fait cet homme veut sauver des vies ! Mais, peu importe, il avait raison. Il m’a montré que j’avais tort… une fois encore !"

Le lendemain nous sommes invités par le groupe de nouveau au studio pour le voir jouer trois chansons pour nous, l’équipe et la meilleure raison pour regarder BBC2 : Lauren Laverne. Le but de ce petit concert est de fournir du contenu en live pour le Culture Show, mais également de nous donner une occasion fascinante de voir le plus grand groupe au monde, hum !... foirer !

Tandis que Dallas et l’équipe répétent les trois chansons retenues par le groupe, les jouant mieux que le groupe lui-même en trente minutes, le bassiste playboy Adam Clayton joue avec sa ceinture ("Il apparaît que l’on peut voir mon pénis !", dit-il d’une voix piquée quelque part entre Kenneth Williams et James Bond), tandis que le batteur Larry Mullen Jr. broie littéralement les mains qu’il serre. Bono s’assoit dans une pièce condamnée pour un nouveau montage du clip video de "Get On Your Boots".

Dans la pièce live, joue trois versions et demi du titre éponyme de son album, deux du second morceau "Magnificent" et quatre du nouveau single ; Bono demandant fièrement à ce que soit ajouté l’intro musicale enregistrée pour les Grammys. C’est une performance imparfaite mais agréable. Après coup, Bono nous dit : "Vous ne nous reverrez jamais jouer aussi mal..." Quelques échanges maladroits au sujet du thé plus tard, un bref solo par Jose Feliciano de "Light My Fire" des Doors à la guitare acoustique et nous avons enfin l’occasion de parler.

NME : Edge m’a dit hier que No Line on the Horizon était le premier disque de U2 qui n’essayait pas de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit...

Bono : "Bien, certainement que nous nous sommes fondus les uns dans les autres et que c’est devenu faire de la musique pour nous quatre. Lorsque nous avons écrit ’Moment of Surrender’ nous ne l’avons joué qu’une seule fois et c’était un envoûtement et nous étions à fond dedans. Il n’y a pas eu de pensée sur son inutilité. L’un d’entre nous a dit : ’Devons-nous en faire un disque ?’ et c’est Larry, qui, je pense, a dit : ’Pourquoi ? Pourquoi ne pas simplement la jouer ?’ Cette façon de penser a affecté notre façon de la créer, car nous ne pensions pas, ’Oh m…e, il se pourrait que ayons besoin de la jouer aux Brits’."

Alors, quand vous êtes-vous enfin dit qu’il se pourrait que vous sortiez cette musique ?

"Il y a un an à peu près, et nous avions décidé de la sortir en novembre. Etrangement, nous avons, en quelque sorte, perdu le fil ; dès que nous avons senti la pression pour la sortie, nous avons trouvé très difficile de finir. Ce n’est qu’en nous rendant aux Olympic Studios à Londres que nous avons tout débrouillé. Nous allions sortir deux EP, Daylight et Darkness ; nous avions toutes ces idées mais au bout du compte nous avons seulement pris les meilleurs morceaux et en avons fait un seul disque. "

Trente trois ans de carrière, ce serait facile de renvoyer U2 en tant que dinosaure s’accrochant pour rester pertinent...

"Honnêtement, nous ne pensons pas ainsi –- le truc avec U2 est que nous nous voyons véritablement comme des contemporains de groupes tels que The Killers, Interpol et Kings of Leon. Tous ces groups ont pris la route avec nous, au départ, ils nous regardaient comme si nous avions dix têtes. Puis, après un petit moment, ils ont cessé de nous regarder comme des objets anciens et ont considéré simplement que nous étions d’autres musiciens.

Est-ce ce qui vous arrête pour sortir et faire des trucs comme les Stones, simplement gueuler au travers de tubes ?

"Bien, les Stones font encore de la musique extraordinaire malgré ce qu’on en dit. Le truc c’est que les relations dans les groupes deviennent tendues et il est clair que la relation entre Mick et Keith n’est plus ce qu’elle était. Je suis toujours reconnaissant que U2 a réussi à faire en sorte que les relations entre ses membres se poursuivent bien.

Vous semblez encore tous très proches. Comment y êtes-vous parvenu ?

"En ayant un ego de groupe. Il y a quelques gros egos dans U2, mais aucun d’entre eux n’est plus grand que celui du groupe. Par exemple, cela signifie que l’idée est plus importante que de savoir de qui elle vient. Nous avons laissés tomber ce truc quand nous avions vingt ans. Les circonstances nous ont appris à penser différemment. Il ne faut pas oublier qu’il y avait toutes ces conneries de punk rock à l’époque et c’était vraiment grave..."

Que voulez-vous dire par là ?

"Bien, le punk rock était un vrai... (pauses). NME a été un grand phare culturel dans la promotion de cette façon de voir la musique et c’était vraiment parent de l’année zéro, l’idée était que seule l’imagination pouvait vous retenir. Le problème est que la plupart des groupes punk étaient de gros bâtards qui ne croyaient en rien de tout cela ! Alors que nous quatre, nous étions les mômes dans le public et nous y croyions à 100 % et essayions en fait de devenir ces idéaux..."

Cela vous a-t-il blessé de ne pas être autorisé à faire partie du "club" ?

"Ouais, parce que nous étions irlandais et pas cool et nous n’avions pas compris à l’époque le pouvoir du fait de ne pas être cool. Nous nous sommes simplement dit : ’Nous ferions mieux de devenir cool,’ mais Dieu merci, ça n’est pas arrive car en fait cela signifiait que nous pouvions dire des choses ! Les gens cool n’ont pas le même pouvoir pour dire des choses. Ce ’On doit être cool’ a confine le punk rock, ça a handicapé ses talents. Je suis toujours reconnaissant de savoir que nous avons traversé tout cela tout en parvenant à ne pas rester relativement désabusés."

Et le truc est que peut-être Bono a simplement trouvé les mots pour nous. Peut-être que nous aurions dû utiliser le mot « non désabusé » plutôt que le mot « subtil » lorsque nous décrivions No Line on the Horizon plus tôt...

U2 n’est pas aussi cool que Nirvana, Oasis, The Clash, the Pistols, The Beatles, the Stones, the Velvets, the Roses, The Smiths, The Strokes, The Libertines et tous ces autres grands noms synonymes de grandeur. Mais il existe une raison qui fait que la moitié de Dublin est recouverte de graffiti relatifs à U2, il y a une chose qu’il fait mieux que la plupart de tous ces groupes. C’est pourquoi, il compte toujours.

C’est ce sentiment de sourir face au mépris, de faire un bruit qui résonne plus grand et plus fort que vous ayez jamais pensé possible de la part de quatre mortels, que c’est un groupe qui assume ses maladresses, ses moments empotés avec ce rock ’n’ roll qui veut sauver des vies, peu importe le nombre de fois, où il récoltera des bleus aux genoux dans ce processus. Et que son chanteur – malgré qu’il commet un péché capital en portant des lunettes de soleil à l’intérieur en permanence – a vraiment sauvé des vies. Et vous qu’avez-vous fait dernièrement ?

Allez, fait suer, c’est ce sentiment d’évocation de la passion. Et quoi qu’aient dit ces vieux types à la fin des années 1970, nous ne pouvons rien voir de plus punk rock que la passion.

Alors que Bono prépare une tasse de thé, pour de bon cette fois, pour NME, Adam flirte avec toutes les femmes présentes et Larry continue d’écraser les phalanges de chaque paume qui se tend vers lui, nous sommes les témoins d’un groupe en paix, chez lui.

Et visez un peu Dallas ! Son visage s’illumine alors qu’Edge émet un autre son venu de l’espace extra terrestre de sa guitare Gretsch Country Gentleman dans la pièce d’enregistrement. A présent, il y a un gonze qui comprend où nous essayons d’en venir...

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