Les vagabonds (Fin)

dimanche 5 avril 2009 / par Corine/Dead / Tags:

Du Maroc à Dublin, entre quelques rencontres avec présidents et autres têtes couronnées, la réalisation du nouvel album de U2 a vu la formation rock irlandaise confrontée à un monde en perpétuel mouvement et affronter ses propres faiblesses. Pendant 18 mois, Sean O’Hagan a suivi nos quatre diables d’Irlandais. Récit.

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SOH Pas autant qu’avant...

Bono [rires] : "Non, mais j’en ai un peu. Les gens comme moi, tous les militants, peuvent être coupables de penser ainsi, car ce sont des sujets de vie et de mort, nous avons une excuse pour être fanatiques. Il faut savoir quand s’arrêter. Au moins, moi je le sais. C’est la raison pour laquelle tant de militants contre la misère sont aussi ennuyeux. [rires]. Y compris moi. C’est pourquoi quand les gens me voient, ils disent : ’Ce foutu Bono, ôtez-le moi de ma vue.’"

La semaine suivante Bono et moi-même avons notre dernière conversation ensemble et je l’interroge sur ces lignes extraites de l’album : "Choose you enemies carefully, ’cause they will define you/ Make then interesting, because in some ways they will mind you/ They’re not there in the beginning, but when your story ends/ Gonna last longer with you than your friends."

Bono : "Ouais. Ouais. Ils vont vous être plus proches que vos amis. Ils vont vous modeler."

SOH Chantez-vous par expérience ici ?

Bono : "D’une certaine façon, je suppose. Je pense que l’une des choses qui a mis notre groupe de côté est le fait que nous choisissons des ennemis intéressants. Nous n’avons pas choisi les ennemis évidents - l’homme, l’establishment. Nous ne sommes pas tombés dans le panneau. Notre credo était : pas eux, il n’y a que nous. Pensez-y. Tous les autres groupes étaient nous et eux. Les Clash, nos super héros. Puis U2 est arrivé et il n’y avait plus d’eux, seulement nous.

"Ce que cela signifie est que nous avons choisi des ennemis qui nous étaient propres - notre propre hypocrisie. Le principal obstacle en travers de notre groupe est que nous avons toujours considéré nous-mêmes et nos limites. Nous n’avons jamais blâmé la maison de disques. Nous n’avons jamais blâmé la radio [rires]. On ne nous a jamais entendus parler de ça au cours de ces 25 années. Ca a toujours été : pouvons-nous faire mieux ! Pouvons-nous améliorer ce morceau, ce concert ? C’est ça qu’il faut vraiment gérer lorsqu’il y a des obstacles pour parvenir à votre véritable potentiel. Ils sont presque toujours de nature psychologique pour ne pas dire spirituelle. Les spectres qui vous retiennent, ceux-là étaient nos ennemis. Ca a toujours été : ’On est sensé appartenir à un groupe de rock. On est sensé être rebelle, mais on ne se rebelle pas contre ce qui est l’évidence.’ Et on disait : ’Non, on ne le fait pas. C’est un fait.’"

SOH Dans cette optique, votre réussite va à contre courant du rock’n’roll. Vous chantez la joie en opposition à la colère.

Bono : "Ouais, je veux dire la marque de la réussite selon nous est... humm, laissez-moi le dire comme il faut car c’est important. La joie (l’allégresse), selon moi, est ce qui déborde d’une vie bien remplie."

"Mais pour en revenir aux dernières lignes de ce disque. Nous parlions de vision périphérique au début de cette conversation. C’est le thème de ce disque. Et dans un sens, c’est un thème ardu pour l’esprit, certains ont même dit sombre, froid, mais je ne le pense pas."

SOH Attendez, pouvez-vous positionner ce thème pour moi, le décomposer ?

Bono : "C’est un peu comme, bien, on pense à la déchirure que représente l’invasion de l’Irak, ou au chagrin de prendre de l’héroïne, que nous avons connu par des amis qui ont pris cette drogue, et on pense à l’énergie perdue en vie perdue seulement pour avoir choisi le mauvais combat. Ca pourrait être avec son amoureux(se). C’était là et vous avez tout gâché. On ne réalisait pas ce qu’on avait. C’est pourquoi j’aime le titre d’ouverture de cet album - No Line on the Horizon. Il n’y a pas de fin en vue. C’est l’infini, c’est optimiste. [Il chante] ’I know a girl who’s like the sea.’ La mer et le ciel se fondent en une seule et même couleur et on perd la ligne d’horizon alors qu’elle disparaît dans l’infini. L’infini est un endroit génial pour commencer.

"Vous savez, c’est comme ce truc que les gens disaient à propos de U2, que la plupart des groupes commencent par écrire sur les filles et finissent par écrire sur Dieu, mais nous avons commencé par écrire sur Dieu et avons fini par les filles. Mais nous avons trouvé Dieu dans ces filles, ce serait ma riposte."

SOH OK. J’ai besoin de digérer tout ça.

Bono : "N’importe comment, cette image est très optimiste - pas de ligne d’horizon, que ce soit pour un groupe, une fille, le futur. La vie elle-même. C’est comme je le dis : the future needs a big kiss."

Le futur est un autre sujet pour une autre interview. Combien de temps U2 peut-il conserver sa pertinence ? Où s’achèvera la plus grande aventure du rock ?

Pour l’heure, il reste suffisamment de matériel des sessions d’enregistrement pour un album dont Bono dit qu’il sortira en fin d’année. ce sera "un album plus méditatif sur le thème du pèlerinage". Malgré le dur labeur, il retient son sens de l’humour.

SOH Le texte le plus drôle de ce album est peut-être extrait de Stand Up Comedy : "Beware of small men with big ideas." Est-ce à vous que vous faites référence ?

Bono : "Ouais, assurément. C’est la phrase la plus drôle. Bien sûr. Elle dit : mesurez-vous aux rock stars. Il s’agit de choisir ses ennemis aussi. Qu’allez-vous défendre et à quoi allez-vous vous mesurer ? J’aime cette notion de se mesurer aux rock stars. Car c’est une bande de foutus mégalomaniaques [rires]. Si on ne rit pas à la fin de cette phrase, il n’y a plus d’espoir. Lorsque je l’ai écrite, j’ai explosé de rire."

Le répertoire des numéros abrégés de Bono.

Bill Gates devenu pote de Bono au cours de la campagne contre la misère en Afrique. En 2005, le milliardaire de Microsoft et son épouse étaient nommés par Time Magazine, "Personnalités de l’année", avec - qui d’autre ? - le chanteur de U2.

Jeffrey Sachs un autre allié dans sa mission pour venir en aide à l’Afrique, le gourou économiste Sachs a écrit The End of Poverty, qui argumente-t-il peut être éradiquée. Bono l’a résumée dans sa préface.

Oprah Winfrey la reine de tous les Media est l’un des acteurs de l’œuvre de bienfaisance de Bono, Product (Red) qui combat le sida et la séropositivité. En 2006, notre duo a commercialisé cette œuvre en se rendant ensemble à Chicago pour y faire du shopping.

Tony Blair En 2004, lors de son discours au cours de la conférence du parti travailliste, Bono évoqua les Beatles, qualifiant Blair et Gordon Brown de "John et Paul" du développement mondial.

George Bush Une amitié très controversée, bien que les vannes incessantes contre le président le moins populaire de mémoire d’homme ait produit 9 milliards de dollars récoltés pour venir à bout en toute urgence contre le sida en Afrique et dans les Caraïbes.

Barack Obama Le 44e président des Etats Unis a utilisé City of Blinding Lights de U2 durant sa campagne, et bien qu’il n’ait aucune célébrité préférée pour l’heure, l’invitation du groupe a venir jouer lors de son investiture suggère que Bono reste très bienvenu à la Maison Blanche.

U2 : une vie à se réinventer

1981 : La quête de Dieu
Le premier soupçon est qu’ils étaient plus qu’un autre groupe post-punk - les thèmes religieux d’October furent le résultat de la période du groupe passé dans une confrérie chrétienne du nom de Shalom.
Morceau clef : Gloria

1983 : Un peu de politique
L’étape suivante dans leur désir d’utiliser le rock pour faire le bien avec le morceau extrait de War, Sunday Bloody Sunday pataugeant dans les troubles de l’Irlande du nord.
Morceau clef : Sunday Bloody Sunday

1987 : La découverte de l’Amérique
Au cours de l’ère Reagan, U2 enquête sur l’identité nationale complexe des Etats Unis avec The Joshua Tree (à l’origine : The Two Americas).
Titre clef : Bullet the Blue Sky

1991 : L’ironie
Même Bono décide qu’il en a marre de lui-même. Signaux : lunettes aux verres fumés, alter egos, The Fly et MacPhisto, plus le meilleur album de U2, Achtung Baby.
Titre clef : The Fly

2004 : Retour aux sources
Après les White Stripes, le rock’n’roll est de nouveau à l’honneur. U2 veut en être sur How to Dismantle an Atomic Bomb, non seulement pour compenser le second boulot de Bono d’homme international.
Titre phare : Vertigo

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