’Mission Accomplie, Capitaine’ (fin) - U2 France

’Mission Accomplie, Capitaine’ (fin)

samedi 27 août 2011 / par Corine/Dead / Tags:
JPEG - 47.4 ko

Je n’allais pas tarder à apprendre que presque simultanément, deux événements menaçant le concert avaient eu lieu. En coulisse, la BBC avait toute sa diffusion en live prête et dans un autre van Smasher (notre réalisateur vidéo de tournée) avait tout fin prêt pour lancer l’écran, les caméras et contrôler le matériel vidéo playback. Au moment même où Larry assénait le premier coup sur sa batterie au point d’orgue de Real Thing, le générateur alimentant en électricité du van de Smasher rendait l’âme, plongeant le système tout entier dans les ténèbres. Il me dirait plus tard qu’il pensait qu’il allait avoir un arrêt cardiaque (sans doute, tout comme moi qui avait fantasmé sur les pires scenarii). Il avait vraiment pensé que U2 était sur scène et jouait face à sept écrans vidéo montrant absolument que dalle, puis il avait qu’il avait une petit système de secours qui s’était lancé pour prendre le relai et qui possédait sa propre batterie. Il avait sorti la tête du van et avait pu voir que les lumières aveuglantes des écrans et que tout se passait bien. Le MacBook de Smasher gérait la pièce de Damien Hirst tout seul et la journée était sauve.

Pendant ce temps, sur scène, une catastrophe d’amplitude similaire était évitée d’un cheveu. Terry, qui sur la tournée à 360° joue du clavier et opère sur l’informatique en "souterrain" sous la scène, était installé sur la scène à droite. Il n’existe pas de monde souterrain à Glastonbury et plus tôt, je l’avais charrié sur le fait qu’il verrait enfin U2 jouer en live, plutôt qu’au travers du circuit vidéo interne complexe installé pour la tournée à 360°. Il était installé sur le côté de la scène occupé par Edge, derrière l’un des écrans vidéo que nous avions apporté. Entre Terry et le bord avant de la scène, le DJ de Glastonbury avait une petite installation pour divertir le public durant les intermèdes. Ledit DJ avait décidé de ne pas bouger pour voir U2 et, dans l’esprit de ce festival, personne n’avait trouvé à y redire. Et ce jusqu’à ce que U2 se lance dans Real Thing et c’est alors que le gars s’est mis à sauté dans tous les sens comme un fou furieux, renversant le rack ordi de Terry dans la foulée. De nombreux morceaux sont joués “off the grid”, c’est-à-dire que nos 4 paddies jouent suivant le tempo imposé par Larry mais des morceaux qui se jouent en boucles ou avec des effets tels With or Without You ou I’ll Go Crazy, ou quio ont des vidéo au contenu synchronisé doivent être complètement raccord et sont ainsi joués en même temps qu’un système appelé click track (que le public n’entend pas). Tout cela vient de l’installation informatique de Terry qui déclenche automatiquement le contenu visuel au bon moment. Il n’est pas difficile de comprendre que c’est quelque chose de fort complexe et je suis certain que Terry a dû voir tout cela au ralenti alors que tout son système s’écroulait sur le sol.

Remercions l’univers, car juste avant de tomber, la machine de Terry avait envoyé le signal pour lancer la vidéo de Damien Hirst sur le système de secours de Smasher. En quelques secondes le matos de Terry et de Smasher étaient HS mais c’est alors que le concert avait débuté et tout se passait bien grâce au portable de secours. En écoutant attentivement la diffusion de la BBC, on constate que durant le premier couplet de Real Thing, le “weedly-weedly” du clavier de Terry est manquant puisqu’il ne pouvait pas jouer et ramasser les morceaux en même temps.

Sur scène, bien évidemment, le groupe ne se doutait absolument pas de ce qui se passait mais était confronté à ses propres défis, le plus persistant étant que la pluie avait viré au cauchemar transformant la surface de la scène en patinoire. Non seulement les musiciens étaient en territoire physique inconnu mais aussi en situation de ne pas savoir ce qui se passerait si jamais ils tentaient un geste soudain. Nous étions tous dans un sacré bourbier mais la fusée transportant l’énergie du moment était bel et bien en orbite. Cela se transforma en concert phénoménal et le public resta énergique malgré l’inconfort qui incombait à la pluie. A un moment, je n’ai pu m’empêcher de me marrer. ’Elevation’ permet de jauger l’énergie du public et alors que j’observais le public, je vis beaucoup de bras faisant des vagues mais pas tant de sauts que ça. Je compris que la raison était la boue et 80.000 paires de pieds trempés jusqu’aux os, la vague de mains ferait l’affaire.

On s’en sortait jusqu’à Moment of Surrender et le petit traitement de faveur Out of Control (bizarrement mes deux morceaux préférés de cette soirée), avant de battre en retraite en coulisse. Je jetais un oeil à mon téléphone pour voir que 21 personnes m’avaient envoyé un texto pour me dire combien elles avaient adoré ce qu’elles avaient vu à la TV, c’est alors que je m’autorisais un moment de détente. Mission accomplie, capitaine. Pour une fois, on ne se barrait pas en 4e vitesse mais restait pour se joindre à la fête. Un cochon avait été mis à rôtir sous une tente en raison de la pluie et nous avons tous bu et mangé joyeusement. Nous nous sommes marré en survolant la pièce car vui d’en haut, on aurait dit qu’il y avait tout le gratin de présent alors que d’en bas, nous ressemblions tous à une bande fermiers crottés assistant à une convention.

A Dieu seul sait quelle heure, nous sommes enfin partis pour la ville de Bath où nous avons passé le restant de la nuit. On m’avait prévenu à l’avance qu’on me virerait de l’hôtel fabuleux pour me mettre au B&B de Mrs. Miggins en bas de la route en raison d’un afflux de dernière minute d’invités et de famille. Ça ne me gênait pas car il s’agissait d’un cours séjour et je pouvais parfaitement comprendre que c’était exceptionnel (sans compter qu’à présent le Tour Management me doit une fière chandelle, ce qui ne peut pas faire de mal - je sens bien une super suite à New York à l’horizon.) Cependant, à mon arrivée à 4 heures du mat, je découvrais que la réservation de ma chambre chez Mrs Miggins avait été annulée. J’étais face à face avec le portier de nuit qui faisait semblant de comprendre la situation tout en affirmant ne rien pouvoir faire pour me venir en aide. Je finis par lui dire : “Écoutez je vais m’asseoir dans le coin là et quand vous aurez une clef, venez me voir et donnez-la moi.” Ce qu"il fit un peu plus tard et je montais jusqu’au 5e étage. Ca n’était pas la bonne clef !

Notez cet article (de 1 à 5)

Partagez cet article


Voir en ligne : U2.com

Toutes les versions de cet article : [English] [français] [français]


Nous Contacter

Le site de la communauté francophone U2. Depuis 1997 avec U2France accédez à l'actualité de U2, des tonnes de ressources, du contenu multimédia en tout genre et une communauté de fans via le forum. Vous trouverez toutes les actualités (news, revues, vintage, divers), les derniers ajouts de notre partie ressources, les discussion du moment sur le forum, ainsi que des extras tels que le son de U2 pour bien commencer la semaine, des albums photos et des fonds d'écran.

  • Adresse: Paris
  • Email: contact [@] u2france.com
  • Facebook: facebook.com/U2France
  • Twitter: twitter.com/u2france
  • Google+: https://plus.google.com/+u2france
  • Visiteurs sur le site : 41

Derniers posts

Instagram widget

go-top