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Paul McGuinness, 35 ans à guider ’Le plus grand groupe au monde’ (Part I)

dimanche 19 janvier 2014 / par Corine/Dead / Tags:
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par Ray Waddell

Peu de managers sont aussi étroitement associés avec un artiste comme l’a été Paul McGuinness avec la formation rock irlandaise U2, un groupe qu’il a pris sous son aile alors qu’il était totalement inexpérimenté et qu’il jouait dans des bars de Dublin pour en faire celui qui est considéré aujourd’hui comme le plus grand au monde.

La nouvelle est tombée en fin d’année dernière que McGuinness se retirait de ses obligations quotidiennes vers U2 après plus de trente-cinq ans de service, remettant les rennes au manager de Madonna, Guy Oseary, alors que le management du groupe par la société de McGuinness, Principle Management passait dans les mains de la division de Live Nation, avec laquelle U2 avait signé un accord all inclusive (tournée/produits dérivés/e-commerce) de douze ans en 2008.

Dans un communiqué, U2 expliquait en partie que “Paul nous a sauvé de nous-mêmes en de très nombreuses occasions et nous ne serions pas U2 sans lui”, qualifiant son rôle de “mentor en chef”.

Cette action représente un changement phénoménal pour McGuinness, qui a consacré plus de la moitié de son existence à guider U2. Bien qu’il ait dirigé un nombre considérable significatif d’autres carrières en chemin, peut-être que la chose la plus visionnaire a été de deviner le potentiel d’un groupe qu’il se rappelle “pas bon du tout” lorsqu’il l’a présenté pour la première fois à l’influent auteur compositeur irlandais Bill Graham — bien que McGuinness ajoute que sa propre absence de sophistication musicale n’ait pas été un problème confrontée au total manque de technique du groupe.

Mais McGuinness avait suffisamment de discernement pour admettre l’alchimie sur scène de U2 — un lien intense entre le groupe et son public — et un potentiel illimité. L’ardente ambition et la créativité à la fois du groupe et de son manager conduiraient à une carrière à nulle autre comparable dans l’histoire de la pop.

En reconnaissance de sa carrière et de sa vue sur la façon de faire aller de l’avant l’industrie de la musique McGuinness recevra le Billboard Industry Icon Award 2014. Il recevra ce trophée lors de la prochaine édition du MIDEM à Cannes, le 2 février. C’est la 3e année d’existence de ce prix qui a été décerné auparavant au fondateur et PDG de Sire Records, Seymour Stein en 2012 et au fondateur et président du Beggars Group, Martin Mills l’an dernier.

Né en Allemagne après-guerre en 1951, le père de McGuinness était officier dans l’armée de l’air britannique à Liverpool et sa mère maîtresse d’école dans le comté de Kerry en Irlande. La vision globale de l’évolution de U2 est venue naturellement à McGuinness, qui a grandi dans les bases de l’armée de l’air britannique du monde telles que Malte, le Yemen et différents endroits de l’Angleterre avant d’atterrir en pensionnat en Irlande en 1961.

Élevé dans un foyer non musical, McGuinness a toujours été attiré par une carrière dans le milieu des arts. Il a mis en scène des pièces et s’est essayé au journalisme au Trinity College de Dublin. Après une brève carrière dans la production cinématographique (incluant une période de travail sur le classique culte “Zardoz” avec Sean Connery), McGuinness changeait son fusil d’épaule pour l’industrie musicale, travaillant avec d’obscures groupes irlandais tels que Spud avant sa fatidique rencontre en 1978 avec U2.

Dans cette longue interview, Billboard reprend le récit de sa carrière au début de cette relation qui allait changer la face de la musique.

Billboard : Quelle a été votre première impression de U2 ?

Paul McGuinness : Ses membres étaient très intelligents — c’était très clair dès le départ.Pleins d’ambition, ils s’intéressaient à ce qui se passait dans les autres groupes et étaient résolus à jouer. Bono tout particulièrement occupait la scène à lui tout seul, cherchant à entrer en contact avec le public face à face. Même très jeune, c’était déjà un leader charismatique.

Quelles ont été les premières victoires décrochés en manageant U2 ?

Paul McGuinness : Il était très difficile de décrocher un contrat avec une maison de disques. Je les trouvais si bons et il était évident qu’ils allaient évoluer, que ça m’a grandement surpris de voir qu’aucune grande maison de Londres ne voulait d’eux. Nous sommes parvenus à avoir des rendez-vous avec des représentants de ces maisons pour les voir jouer, mais nous n’avons pas eu de chance car soit les concerts n’étaient pas bons soit les gars en question ne se déplaçaient pas. Ç a pris étonnamment longtemps pour décrocher un contrat, et au bout du compte le seul que nous avons eu a été la seule offre qui nous avait été faite par Island.

En fait, nous avons eu beaucoup de chance de signer avec Island parce que leur culture nous convenait parfaitement. Leur politique semblait être de laisser les artistes se prendre en charge eux-mêmes. Je suis sûr que ce n’était pas aussi simple que cela mais il y avait du respect pour l’artiste. Ce que je n’ai pas tout de suite compris à l’époque c’est combien il était important d’avoir [le fondateur d’Island] Chris Blackwell impliqué. Il ne s’impliquait pas trop dans la signature des artistes. Par la suite, il est devenu un grand supporter, mais ceux qui ont véritablement signé le groupe chez Island Records ont été [représentant d’Island A&R] Nick Stewart, le responsable relations presse Rob Partridge et [la découvreuse de talents] Annie Rosebury.

À ce stade aviez-vous ne serait-ce qu’en tête des superlatifs tels que “le plus grand groupe au monde” ?

Paul McGuinness : La seule raison pour laquelle je voulais manager un groupe était que je voulais que ce soit un très grand groupe. Je le faisais certainement pas par philanthropie.

Les trois premiers albums de U2 ont été salués unanimement par la critique mais moins que des bestsellers, et c’est à cette époque que le groupe a réellement développé sa technique de jeu. Avez-vous toujours considéré la partie live comme essentielle dans la carrière d’un groupe ?

Paul McGuinness : Nous avons toujours compris qu’il y avait deux carrières parallèles - celle de la scène et celle du disque. Dès les débuts, nous avons instinctivement senti qu’il était important d’être une bête de scène pour ne pas dépendre des succès des disques. Le premier album ["Boy", 1980] a été, comme vous dites, bien accueilli par la critique mais ne contenait aucun tube. Les tubes de cet album sont arrivés bien plus tard. Le second album ["October", 1981] a été enregistré à la va vite et rétrospectivement, il était plutôt faiblard. Le troisième album ["War", 1983] s’est classé No. 1 au Royaume-Uni, et à peu près à la même époque l’album live à Red Rocks [dans le Colorado, "Under a Blood Red Sky"] et le film qui l’accompagnait [“Live at Red Rocks”] ont énormément joué en la faveur du groupe pour le faire connaître dans tous les pays. "Unforgettable Fire" en 1985 s’est classé No. 1 dans la plupart des pays européens et a bien marché aux États-Unis.

C’est alors que nous avons commencé à jouer dans les salles de États-Unis. Nous nous avions posé de solides bases live en Amérique. Je croyais que c’était très important et au début des années 1980, nous passions trois mois chaque année aux États-Unis.

L’une de nos plus importantes connections que nous ayons jamais eue avec [des agents] Frank Barsalona et Barbara Skydel de Premier Talent, [qui] croyaient véritablement dans le groupe. Ils voyaient que c’étaient des bêtes de scène. J’ai appris énormément simplement en écoutant Frank. Je restais avec lui dans son bureau tard le soir alors que tout le monde était rentré chez lui et Barbara était notre agent responsable. Ils ont tous deux étaient des forces majeures de la réussite du groupe.

En Europe et dans d’autres territoires que l’Amérique du nord, nous avions un agent tout aussi talentueux en la personne de Ian Flooks et de sa maison Wasted Talent — l’agence à la mode quand nous avons débuté. Il a choisi U2 dès le commencement et nous avons fait toutes les dates d’Europe pour lui ou un agent en Irlande du nom de Dave Kavanagh. Et nous avons bossé avec des promoteurs tels que Leon Ramakers et Thomas Johanssen en Europe depuis le tout premier jour ainsi qu’avec Michael Coppel en Australie.

Travailler avec des agents a été fondamental pour la réussite initiale de U2. Le groupe voulait être bon sur scène et était prêt à consacrer beaucoup de temps et de travail pour tournée et c’était également mon cas. Nous n’étions pas préparés à cette espèce de routine des groupes punk anglais de passage. J’ai assisté à presque tous les concerts qu’ils ont donné.

Quels sont les concerts qui ont été les plus marquants ?

Paul McGuinness : Un grand nombre de nos grands concerts ont eu lieu au Madison Square Garden. C’est un endroit très spécial à nos yeux et New York a toujours un marché très important pour nous car c’est un tel marché du live. Nous donnions plusieurs concerts au Ritz [aujourd’hui Webster Hall], et la recette de ces concerts suffisait à financer le reste de la tournée.

Les stations de radio au début des années 1980 à New York avaient peu d’impact. Les stations rock étaient WNEW et WPLJ, et aucune des deux ne diffusait U2. Nous étions supportés par une station de Long Island du nom de WLIR. C’est vraiment la scène qui nous a permis de dompter New York.

À L.A. ça a été plus facile parce que KROQ a choisi U2 dès le début et le premier concert qu’a donné le groupe à L.A. a été au Country Club, une salle de mille deux cents places dans la Vallée. La salle était comble car nous avions déjà le soutien de la radio. Effectivement, Robert Hilburn écrivait dans le L.A. Times à propos de U2 avant même notre arrivée. Aussi chaque fois que je rencontrais quelqu’un à L.A. qui me disait : “Ah, ouais, je me souviens les avoir vu jouer au Whiskey ou au Troubadour”, je lui répondais, “Ben, en fait, non. Nous n’avons jamais joué dans ces salles.” La première salle a été le Country Club et la seconde le Santa Monica Civic, et c’était au cours de la première tournée. L.A. a toujours été un marché très fort pour nous, tout comme Chicago, une fois encore en raison de bons promoteurs. Je ne me souviens pas où nous avons joué en premier mais je suis presque certain que c’était pour [Jam Productions] Arny [Granat] et Jerry [Mickelson].

Boston était un terrain de jeu naturel pour nous car c’est une ville irlandaise et une fois de plus elle avait un grand promoteur. Le premier concert que nous avons donné à Boston était pour Don Law [aujourd’hui chez Live Nation] au Paradise. Il y avait une station de radio géniale à WBCN.

Paul McGuinness, 35 ans à guider ’Le plus grand groupe au monde’ (Part II)

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