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Paul McGuinness, 35 ans à guider ’Le plus grand groupe au monde’ (Fin)

dimanche 26 janvier 2014 / par Corine/Dead / Tags:
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par Ray Waddell

Faisons un petit bond en avant, j’aimerais revoir avec vous le contrat multidroits conclus avec Live Nation et sa stratégie.

Paul McGuinness : Le contrat avec Live Nation n’est pas vraiment multidroits puisque pour ce qui est des disques et des droits écrits, le groupe possède tous les masters et leurs copyrights depuis ses débuts et ces derniers sont actuellement sous licences Universal Music Publishing and Universal labels, Interscope en Amérique du nord et Island au Royaume-Uni et dans les autres pays de distribution. Live Nation [n’est pas] partie prenante pour ces droits. Les droits dont relève Live Nation sont ceux en rapport avec le merchandising, les concerts et l’Internet (NDLT : le site U2.com). C’est un partenariat très satisfaisant et bien intégré.

La relation avec Arthur Fogel remonte à de nombreuses années bien avant cela et il est fort intéressant de voir ce qu’il est advenu du groupe de promoteurs qu’avait rassemblé Bob Sillerman sous l’entité SFX [devenue Live Nation]. Ce réseau de promoteurs, qu’il a en gros acheté dans le monde entier et en Amérique du nord, était pratiquement présent dans le cas des promoteurs avec lesquels nous travaillions déjà. Aussi, lorsqu’ils ont acheté TNA, dont le nom est devenu Clear Channel, aujourd’hui Live Nation, nous étions déjà étroitement liés à Arthur au travers de tout ce processus. Je suis sûr que ça a dû être très douloureux lorsque Michael Cohl a quitté Live Nation [en tant que président en 2008], mais nous sommes toujours liés à Michael parce qu’il était le producteur de la version pour Broadway de “Spider-Man” [pour lequel Bono et The Edge, respectivement chanteur leader et guitariste de U2, ont composé paroles et musique]. Aussi, il existe une solide relation avec lui.

Je sais que parfois les choses ont été tendues entre l’ex-président et le nouveau régime en place chez Live Nation, mais la façon dont les choses ont évolué au bout du compte nous convenait, Live Nation est une société admirable et je ne saurais rêver de travailler avec qui que ce soit d’autre.

Eh bien, tant qu’on n’a pas essayé on ne peut pas savoir. On peut le voir dans les revenues de tournées et je ne peux que penser que le merchandising et l’e-commerce ont tout aussi bien marché. Alors que U2 se trouve aujourd’hui, en gros à mi-parcours de ce contrat, avez-vous quelque regret que ce soit ?

Paul McGuinness : Absolument aucun. C’est parfois dur pour ces gars parce que gérer un société internationale de tournées et en même temps satisfaire Wall Street n’et pas chose facile et son PDG [Michael] Rapino bosse plutôt pas mal pour que cela arrive. La plupart des gens ne se rendent pas compte combien il est complice d’Arthur — ils font vraiment la paire. Rapino, bien entendu, a débuté en travaillant pour Michael Cohl, il y a bien longtemps. Les Canadiens reprennent le monde. Arthur est très modeste mais c’est mon héros.

Lors du MIDEM en 2008, vous avez tiré à boulets rouges sur la relation existante entre la musique et le monde de la technologie. Pourquoi vous sentiez-vous aussi impliqué dans cette croisade ?

Paul McGuinness : Parce que l’industrie musicale était en déclin accéléré et que l’industrie du disque réagissait à cela de manière défensive et très improductive, en gros en essayant de maintenir le status quo, ce qui, à l’évidence, n’allait pas être possible. Il y a eu deux décennies de croissance explosive dans l’industrie du disque avant le piratage et particulièrement le partage de fichiers en ligne qui a ruiné les ventes de disques.

Je sentais, et sens toujours, que les fabricants de cette machine, les distributeurs en ligne, les Apple, Google et autres fournisseurs d’accès Internet — que l’intégralité de ce groupe d’industries multimilliardaires qui s’était en gros construit sur le dos du contenu — devait assumer plus de responsabilité pour tenter de s’assurer que les fabricants de musique, de films soient correctement payés.

L’industrie cinématographique a appris énormément sur la façon dont l’industrie musicale a été ravagée mais elle continue de souffrir terriblement. Les effets du piratage sur l’industrie cinématographique sont énormes mais n’ont rien de comparable à ce qui est arrivé à l’industrie musicale.

Mon sentiment est qu’il existe de nombreuses personnes brillantes et créatives à l’intérieur de ces compagnies, si elles avaient adopté une position plus positive et généreuse envers l’industrie du disque, ça n’aurait été que mieux. Ce que nous avons aujourd’hui est une distribution numérique légale de toute la musique et, lorsqu’on est honnête, on peut acheter n’importe quoi sur iTunes, écouter n’importe quoi sur Spotify. Ce sont là des systèmes de distribution efficaces. Bien entendu, j’aimerais que les artistes récupèrent plus. Sans le piratage, je crois qu’iTunes et Spotify seraient bien plus forts et en mesure de payer les artistes beaucoup mieux.

Votre position a été accueillie un peu négativement par ceux qui ont adopté la position de : “U2 n’a-t-il pas assez d’argent ?” Mais votre perspective était bien plus large que cela.

Paul McGuinness : Comme je l’ai découvert à l’époque, dès lors que vous levez la tête au-dessus du parapet, on vous abat. La blogosphère est une bête géniale, comme l’ont découvert les membres du Congrès lorsqu’ils ont essayé de faire passer le traité contre le piratage [Stop Online Piracy Act]. Les législateurs ont eu la peur de leur vie et la même chose est arrivé aux membres du parlement qui proposaient un projet de loi similaire. Google affichait le drapeau noir du deuil, Wikipedia a disparu pendant une journée — cette capacité à déchainer une sorte de maffia en ligne va effrayer les politiques. La relation entre les industries en ligne, les politiques et le gouvernement est remise en question dans le monde entier aujourd’hui, et il ne s’agit pas que de piratage — taxation, confidentialité, censure, toutes sortes de choses. La nervosité est dans l’air et l’industrie musicale n’est qu’une infime portion de la partie cachée de l’iceberg. Ces entreprises sont extrêmement puissantes et j’espère qu’à l’avenir, elles assumeront leurs responsabilités envers les créateurs de contenu.

Regrettez-vous d’avoir enfourché ce cheval de bataille ?

Paul McGuinness : Non, pas du tout. Parce que ce que je disais je ne le disais pas au nom de U2, et j’ai essayé de bien le faire comprendre. Non pas que j’ai eu un mandat ou quoi que ce soit du genre mais je parlais au nom de tous les auteurs, perfomers, labels et distributeurs. Ils avaient tous subi des dommages, pas seulement mes clients. Ce n’est pas une raison pour ne pas en parler simplement sous prétexte que mes clients étaient prospères.

Que cache cette décision de vous retirer de la gestion de U2, la signature du groupe avec Guy Oseary et le transfert de la division management des artistes à Live Nation ?

Paul McGuinness : J’ai soixante-deux ans et je ne me sentais pas de faire la prochaine tournée. Comme vous avez pu l’observer, je me sentais assez bien après chacun des concerts que donnait U2 et je ne voulais tout simplement pas continuer à faire ça après soixante ans. Les droits de la musique de U2, ses masters et copyrights ont été, avec difficulté et à un certain prix, complètement extraits. J’avais en cela une certaine équité de participation mais les bonnes personnes à qui céder cette équité étaient le groupe. C’est vraiment ce qui est arrivé avec cette transaction : U2 a acquis les droits restants et il possède aujourd’hui 100 % de ses masters et copyrights.

Alors, en gros, vous avez vendu votre part ?

Paul McGuinness : Oui et Live Nation y a largement contribué en finançant la transaction.

Qu’est-ce que le groupe a à gagner dans tout cela ?

Paul McGuinness : Je ne vais pas m’exprimer à la place de ses membres. Ils ont envoyé un communiqué témoignant de leur soutien et ils m’ont totalement soutenu tout au long de cette transaction. Ce sont mes meilleurs amis. Je suis enchanté qu’ils aient choisi Guy pour reprendre les rênes. Nous le connaissons depuis bien longtemps. C’est un gars intelligent et je ne leur souhaite que le meilleur. Je serais, si vous voulez, observateur silencieux, toujours prêt à aider au besoin mais je n’assure plus désormais que le rôle du passager à l’arrière.

C’est un bouleversement sismique de votre quotidien.

Paul McGuinness : Ouais, c’est vrai et que j’apprécie plutôt, je dois dire.

Qu’en est-il du rôle de vos associés chez Principle, comme Susan Hunter, Trevor Bowen et Karyn Kaplan ?

Paul McGuinness : Trevor et Susan restent avec moi car j’ai d’autres affaires à traiter. Je possède Film Studios in Ireland (NDLT : la maison de production des Tudors, entre autres) et suis partie prenante d’un certain nombre de restaurants aux États-Unis avec mon vieux pote Ken Freidman. Nous sommes amis depuis le début des années 1980 — il a été mon tout premier ami américain, vraiment. Karyn Kaplan va bosser sur la prochaine campagne avec Guy.

Il doit bien y avoir une évaluation à l’heure de votre retrait. Que diriez-vous de ce que vous avez accompli ? Avez-vous le sentiment d’avoir “fait du bon boulot” ?

Paul McGuinness : Jusqu’à un certain point, oui. Le groupe œuvre au meilleur travail qu’il ait jamais fait. J’ai écouté la plus grosse partie de son nouvel album et c’est absolument incroyable. Il est créativement ambitieux — il veut vraiment faire des tubes et qu’il marche. Ses membres savent aussi bien que n’importe qui d’autre que leur tournée va cartonner, que le disque marche ou pas, mais ils ne veulent pas glisser dans cette espèce de catégorie d’artistes à héritage. Aussi trouver un nouveau public a toujours été crucial pour U2 à chaque album.

En ce sens, il est motivé et créatif comme il l’a toujours été. Contrairement à de nombreux autres artistes de notre industrie, il n’a pas tout foutu en l’air en décrochant de mauvais contrats — il est en charge de sa propre destinée. Il a les clefs, la bagnole et projette de la conduire pour l’éternité, pour ce que je peux en dire.

Pour un groupe aussi axé sur la tournée, avoir la tournée la plus réussie de tous les temps quelle que soit sa mesure, doit être satisfaisant. [La dernière tournée de U2 représente la plus grosse recette et la plus grosse audience jamais enregistrées à ce jour, selon Billboard Boxscore.]

Paul McGuinness : Ouais, ils adorent jouer sur scène. On va être étonnés et impressionnés par cette nouvelle tournée pour laquelle ils ont bossé sur le design et concept tout au long de leur projet d’album. Une fois encore, ça va souffler tout le monde. Ils sont incandescents.

Qu’aimeriez-vous que soit votre héritage ?

Paul McGuinness : Eh bien, c’est déjà un bel honneur que de recevoir ce trophée de la part de Billboard. J’ai beaucoup d’affection pour Billboard. Cela fait quarante ans que je le lis et chaque fois que quelqu’un vient bosser pour moi, je ne manque pas de lui dire de le lire toutes les semaines car c’est là que se trouve l’information. En fait, il faut lire Billboard tous les jours.

Lire les échanges est une partie très importante du travail lorsque l’on appartient à cette industrie et j’ai toujours aimé cette industrie. Je l’ai appréciée, comme les amis que je me suis fait grâce à elle, les choses que j’ai découvert. Ce voyage au MIDEM à la fin de mois — je suis un habitué. Cela fait trente ans que j’assiste au MIDEM. J’appartiens aujourd’hui à la catégorie “vétéran” et c’est un honneur. L’an dernier, c’est Martin Mills qui s’est vu décerner ce prix, quelqu’un que j’ai énormément admiré tous au long de ces années. Avant cela, c’était Seymour Stein, un très vieux pote à moi. Alors comment aurais-je pu refuser ?

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