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Pop par U2 : la fièvre du dimanche matin (Part I)

mardi 9 mars 2010 / par Corinne/Dead / Tags:

Merci à @u2.com pour cette archive

1er mars 1997

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par Mat Snow

U2 possède un sens affiné de l’événement et de la façon de le tordre. Précédé par une publicité avancée suggérant plus que suffisamment l’innovation stylistique du groupe pour maintenir sa réputation de prise de risque, une carte d’appel single intitulée "Discotheque" et pire pour les fans de la première heure qui préfèrent l’aspect monumental de leur U2, portant le titre anxieusement poids léger de Pop, le nouvel opus de la formation rock irlandaise U2 est le 1er album incontournable de l’année 1997. Dix ans plus tard après son zénith commercial The Joshua Tree et 17 ans après son premier album, nous sommes toujours dans le cas No U2, No Comment (pas U2, pas de commentaire).

Il se trouve que Pop ne représente rien de comparable au saut dans l’inconnu relatif dans lesquels se trouvaient The Unforgettable Fire et Achtung Baby à leur époque respective. Si vous avez aimé ce dernier, vous aimerez Pop qui, dans la foulée l’inégalement excellent Zooropa, marque le 3e album de U2 à stimuler la dissonance musicale pour conjurer cette tension pré-millénaire que nous sommes supposés éprouver. Même si l’on croit que les années 1990 ont été presque détendues après les années 1980, l’on ne peut qu’être impressionné par la foi de U2 dans le pouvoir du rock pour réfléchir, interroger et défier le temps. Et que l’on se soucie ou non d’où nous irons spirituellement parlant à l’approche de l’année 2000, ça reste encore un super enregistrement.

Suivant le désinvolte et en partie bouillonnant Zooropa, U2 assure la mise en scène, les éclairages, réalise et monte les éléments de Pop avec un talent cinématographique naturel qui proclame la Major Statement. Démarrant par trois poussées dérangeantes d’adrénaline — "Discotheque", "Do You Feel Loved" et "Mofo" — l’on doit choisir entre monter le son ou l’éteindre. Cependant l’attention est retenue, le niveau d’énergie stroboscopique se calme pour que l’on puisse trouver nos marques dans cet univers musical bien plus subtilement obscur et brulant lentement.

Dans l’interview qui suit the Edge se demande comment un album pensé pour être une célébration de tout ce qui est rapide, moderne et cosmopolite peut finir aussi brisé avec la langueur spirituelle. Pourquoi ce mystère ? Bien sûr, il est évident aujourd’hui que U2 pourrait faire un album de teinté de jazz doublé de métal, avec des duels de banjos, "oompah" hip hop ou de reggae ambiant avec flute à bec, et le tout adresserait toujours les hosannas au très haut. Né d’un groupe d’adolescents non religieux à Dublin, la dévotion est profondément ancré dans son système ; l’angoisse existentielle et le rock ’n’ roll est ce qui en ressort naturellement. Que cela puisse fonctionner un tant soit peu est une mesure du plus profond paradoxe de Pop : que la montée chargée d’endorphine et sans produit chimique de l’abandon imprudent provoqué par ce gros beat sera le plus proche de ce que la plupart d’entre nous aurons de ces instants transcendants d’épiphanie connus par ceux touchés par la grâce divine. En résumé, Dieu est dans le solo de guitare et l’a toujours été. U2 le sait d’instinct et saisit l’opportunité d’aborder les grands quand tout le monde est d’humeur.

Dieu mis à part — non pas que l’on puisse l’extraire de quoi que ce soit que chante U2 — les grands ici sont ce nouveau monde de débordement d’information et le fun de l’argent à peine ajouté (U2 nous y a déjà fait goûter par le passé), le sexe et la mère (tous deux, je pense, nouveaux). Voilà donc les thèmes soulevés respectivement dans ces trois premiers morceaux mais qui sont développés à une vitesse de croisière sur de meilleures chansons plus loin sur cet album. La mère de Bono est décédée alors qu’il avait 14 ans et deux chansons sur cet opus touchent à cette perte. "Mofo" et coléreuse et ardente, les paroles enfilant une association libre comme pour exprimer la complexité des sentiments de Bono ; cette technique est affinée sur le bien plus excentriquement travaillé mais émotionnellement impliquant "Miami", où son besoin d’amour d’une mère fait surface à l’intérieur d’une rumination sur la station de Floride simplement au travers d’accident d’assonance — "Miami, my mammy" (Miami, ma maman).

"Miami" fait partie des performances vocales de Bono les plus performantes et la moins théâtrale. Sur Pop, sa voix explore un peu plus le territoire large comme un continent qui git entre ses deux pôles familiers de déclamation héroïque et de somnolence amorphe pour qui c’est bien trop. Pour toute la sincérité évidente de son chant, Bono semble rarement entièrement habiter la chanson comme le fait, disons, Lennon dans sa période cri primal choc pour "Mother" (une comparaison qui n’est pas injuste dans ce contexte) ; au pire Bono l’extériorise avec la gêne de quelqu’un balançant des formes dans le miroir de sa chambre. Ce fossé de crédibilité bée impossible à combler pour certains, mais c’est là une mesure du talent du groupe pour l’épique que ce pur élan de sa musique nous balaie vers notre connexion.

Comme Adam Clayton le suggère, le rôle d’Howie B. et de Nellee Hooper était moins de fournir de nouveaux sons branchés pour U2 à visser au châssis de sa guitare rock, mais de l’introduire à de nouvelles façons d’écoute et ainsi de fabrication de musique. Autre grand moment de Pop, "If You Wear That Velvet Dress", qui se caractérisera somme un trip hop de U2, frôlant l’érotisme intensément romantique sorti d’un peu plus qu’un ricochet ambiant de guitare et d’un chausson navette mentholé des gars du rythmé. Classez-le à côté des Stones et leur "Moonlight Mile" et du "Nightswimming" de R.E.M. comme le genre de joyau intime que l’on trouve à des années lumières du chemin ordinaire du groupe. Effectivement, comme Automatic for the People, Pop s’inspire d’un enivrant ton d’invention énergique malgré l’humeur de quête irrésolue et troublée qui le parcourt tout au long. Ou peut-être, qu’elle en est la raison. Peut-être que pour U2 il ne s’agit toujours pas de trouver mais de chercher.

(à suivre)


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