’Qu’ai-je fait pour mériter ça ?’ - U2 France

’Qu’ai-je fait pour mériter ça ?’

dimanche 7 août 2011 / par Corine/Dead
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2 décembre 2010 - Melbourne. Repos

J’ai décidé de traverser le hall en me bouchant les oreilles, tout en fredonnant fort quelques notes de Ravel. L’alternative serait de faire face à ce que l’on pourrait appeler risiblement la ’réalité’ d’étals de Noël psychotiques et des tonnes de parieurs ayant la fièvre de l’or. Au moins ici les chambres sont fabuleuses mais le voyage pour s’y rendre et les quitter est à la limite traumatisant pour une âme sensible telle que la mienne.

Bien que ce soit mon jour de repos, je décidais de me rendre sur place avec Dec et Luke pour profiter de l’occasion et travailler sur le contenu du spectacle dans une quiétude et un silence relatifs. Une fois que nous n’avons plus de répétitions de production, ça devient extrêmement difficile de passer du temps de qualité sur ce genre de choses – soit l’équipement dont on a besoin est dans le camion quelque part ou bien ce sont les personnes dont on a besoin qui sont envoyées dans plusieurs directions à la fois, ou bien encore c’est tellement bruyant que l’on ne s’entend même pas penser.

L’un des objectifs de la journée était de revoir la séquence audio visuelle des ‘Questions’. Les lecteurs réguliers pourraient avoir l’impression que j’ai travaillé à cela depuis la nuit des temps et il se pourrait bien qu’ils ne soient pas si loin de la réalité, cependant, pour les raisons énoncées plus haut, trouver du temps pour affiner ces choses est difficile et je reconnais que le perfectionniste qui sommeille en moi m’y fait revenir à l’infini.

Cette séquence consiste en un babillage de questions orales et écrites auxquelles le public de U2 a contribué au travers de son propre site Internet. L’idée de base était là depuis le début mais j’ai bataillé avec ça depuis la toute première apparition, sans compter les 1
3 autres versions (comptez-les !) pour intégrer les divers langues et dialectes sur lesquels nous sommes tombés en Europe.

Être de retour dans ce qui est soit-disant un pays où l’on parle anglais me donne l’occasion de conclure la version définitive anglaise. Pour la question orale, il y a quelques facteurs entrant en jeu qui font que ce n’est pas gagné pour produire un résultat satisfaisant. Ce sont les questions elles-mêmes, qui vont du banal au profond, et ensuite l’intonation de celui qui parle qui peut faire ou défaire n’importe quelle question. Si quelqu’un pose une très bonne question mais dont la voix ressemble à celle d’un repris de justice, vraisemblablement qu’elle ne fera pas partie du spectacle.

Il s’agissait aujourd’hui d’expérimenter en utilisant de vraies voix humaines pour graduellement les faire reprendre par des voix de synthèse posant les mêmes questions. Il s’est avéré que la résonance était très intéressante. Entendre un ordi poser une question telle que : ’Qu’ai-je fait pour mériter ça ?’ ou ’Pourras-tu jamais me refaire confiance un jour ?’ nous place sur un tout nouveau territoire. Certaines des questions répétées par l’ordi et posées par des humains ajoutent une note de moquerie si jamais elles vous parviennent à l’oreille d’une certaine façon. A cela s’ajoute quelque chose de très puissant et j’avoue être ravi du résultat, aussi j’ai de grands espoirs que ce soit là la version finale.

Nous avons bossé jusqu’à la tombée de la nuit, avec une température dans l’immeuble sans air du stade croissante, rafraichie uniquement par un énorme et super bruyant ventilateur. Nous sommes partis chacun de notre côté et je me suis retrouvé à devoir honorer trois invitations différentes au cours de la soirée. La dernière de celles-ci était au bar de l’hôtel. Le terme générique pour celui où notre troupe reste le salon des losers, et celui-là ne mentait pas. Pourtant la grâce est venue du groupe du bar. Au premier abord, je n’avais pas compris que la musique était live mais graduellement j’ai remarqué que les airs étaient chantés par un duo dans un coin. Un jeune couple homme/femme qui chantait des reprises soft de pop et rock de manière charmante mais complètement gothiques. Honnêtement, ils chantaient comme les Carpenters mais ressemblaient à Green Day. Je les adorais - le premier d’humanité dans ce complexe de casinos sans âme. Ils ne collaient absolument pas au décor mais c’était génial de voir au moins un petit signe de révolte quelque part dans ce lieu gigantesque stérile.

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