Que se passe-t-il au juste avec U2 Inc ? - U2 France

Que se passe-t-il au juste avec U2 Inc ?

vendredi 29 novembre 2013 / par Corine/Dead / Tags:

Ceux qui surveillent la formation rock irlandaise U2 de longue date reconnaîtront les signes. Lorsqu’un nouvel album est annoncé dans un futur probable, la campagne rengaine du groupe se met lentement en marche. C’est alors que l’on entend des histoires telles que les CDs ont disparu ou que quelqu’un passe près de la baraque de Bono et en profite pour enregistrer la musique que le chanteur joue dans son petit salon. Ce petit potin fait le tour du monde et, voilà, la campagne U2 démarre ferme. C’est un petit tour de passe passe qu’il refait encore et encore depuis ses quelques derniers albums pour attiser l’intérêt avant la sortie.

Les théoriciens de la conspiration, pourront alors pointer du doigt l’histoire de Paul McGuinness comme quelque chose sorti tout droit de ce manuel de stratégies bien feuilleté. Ils pourraient même envisager la vidéo virale de Bono et The Edge interprétant “Get Lucky” avec Nile Rodgers à New York du même tonneau. Ça aurait probablement aidé si Bono avait vraiment écouté et appris les paroles de l’un des plus gros tubes de l’année avant. Comme le souligne Spin la maladresse de Bono marque mal lorsqu’on la compare et en expose les différences avec les nombreuses meilleures reprises existantes. Effectivement, on dirait que c’est la premier fois qu’il l’entend.

Mais il y a comme un problème avec cette théorie. Pour commencer l’histoire McGuinness, Principle Management et Live Nation est loin d’être conclue. Lorsqu’on fouille un petit peu plus profond dans ce que l’on sait à ce jour, on ne peut que se demander ce qu’exactement achète Live Nation au-delà d’un simple commerce. Comme nous l’avons souligné, il y a peu, Principle n’est pas une grosse entreprise de management comparée aux mammouths que sont Quest ou Q Prime aussi n’y a t-il pas de gros client à attraper, d’autant moins que Live Nation a déjà en portefeuille les grosses pointures pieds et mains étroitement liés. La seule autre cliente importante récente à manager, PJ Harvey, est partie il y a quelques mois et est à présent managée par Brian Message et Sumit Bothra de ATC Management. Si j’étais actionnaire de Live Nation regardant une grosse quantité d’encre rouge, je me demanderais bien ce qu’on fait là. Mais, une fois de plus, que sont trente millions de dollars en comparaison de 41,5 autres de perte ?

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The lads when they weren’t worrying about tax

L’omerta de U2 sur le sujet en dit long. Mise à part l’absence de communiqué louant son ancien manager ou souhaitant la bienvenue à Guy Oseary dans la bande, il y a également très peu de baratin communiqué via des sources dignes de confiance. Regardez donc ces personnalités et organes de presse qui se considèrent comme étant dans la place et qui font tourner en continu la même histoire comme tout le monde. Même ces noms de confiance n’ont rien d’autre à avancer. Toutes ces histoires et analyses des potes de U2 disent la même chose que celle des non potes de U2. C’est très bizarre.

Ensuite, il y a le fait, qui a émergé via Billboard, que Guy Oseary ait géré les affaires du groupe depuis des lustres. Alors que d’autres sources indiquent que McGuinness pensait s’en aller il y a quelque temps et qu’une combine pour recruter un successeur se mettait en route, il est frappant que pas un mot à propos de ce nouveau manager n’ait fuité au cours de ces derniers mois lorsqu’il passait des appels et assistait à des réunions pour le compte du groupe. À une époque où tout fuite d’une manière ou d’une autre, surtout avec autant de réunions et de personnes incapables de tenir leur langue, cette sécurité est meilleure que celle de la NSA (NDLT : national security agency -> agence nationale de la sécurité). Mais une fois encore, manager un groupe comme U2 à ce stade de sa carrière ne relève-t-il pas plus de l’administration que quoi que ce soit d’autre ?

Tous ces détails à régler qui existaient lorsque la nouvelle a été annoncée sont toujours là. Et ça vaut la peine de noter que tous les autres trucs qui ont fait partie et été découpés de l’histoire U2 au cours de ces derniers temps n’ont pas disparu non plus. Nous parlons, bien entendu, d’impôts. L’éléphant que personne ne voit dans la pièce et que l’on remet sur le tapis chaque fois que l’on tend un micro à Bono – que ce soit au pays ou en dehors – et c’est le sujet à aborder qui semble l’exaspérer de plus en plus. Le fait qu’il ait inclus “la compétitivité fiscale” de l’Irlande dans ces interviews montre ce qui est dans ses anti-sèches sur la manière d’éviter ces questions.

Notre chanteur peut y voir un bâton pour battre son groupe mais reste que cela fait tâche avec les entreprises sociales qu’il a défendues ces dernières années. Cela signifie également que le groupe, qui a toujours accordé de la valeur à sa position envers les mouvements et organisations politiquement corrects, est aujourd’hui considéré comme demeurant de l’autre côté de la barrière. Bien entendu, en tant que membre du 1 pour cent, U2 a toujours été de ce côté de la barricade, mais a bien joué le jeu en prétendant tout autrement.

Dans cette interview avec Gay Byrne (retranscription des passages pertinents ici), le chanteur parle d’une voix assurée plutôt que de manière évasive pour montrer la différence entre Bono l’homme d’affaires et Bono l’artiste. Reste que cela ne se dissipera pas ainsi, une chose fera toujours de l’ombre à l’autre. Aussi longtemps que l’on écrira, parlera ou commentera ce que fait U2, les impôts le suivront comme l’un des bonnets de the Edge. C’est inévitable. Qu’un chanteur prenne les armes pour défendre le bon combat pour le compte des autres n’arrange pas les choses si la fiscalité de ses affaires est des plus opaques.

Pourtant, il essaiera de son mieux. Attendez-vous à encore plus d’annonces sur le nouvel album et la tournée à venir (et à la bonne vieille rengaine : “sa dernière tournée à jamais”) alors que le moteur commence à rugir. Il sera intéressant de voir si Oseary fera entrer en jeu ses propres hommes et femmes ou s’il se joindra aux vieux loyalistes/traditionalistes de l’autre côté de la table. Il sera également des plus intéressant de voir si U2 ne déplacera plus ses intérêts à l’étranger – après tout, il a commencé, il pourrait tout aussi bien finir – et ce que cela signifiera pour lui au pays. Mais une fois encore, si l’on en juge par le ton de Bono dans l’interview plus haut, il se peut qu’il ait atteint le point de non retour du côté de ses spectateurs au pays.

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Voir en ligne : Irish Times

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