Road movie post apocalyptique - U2 France

Road movie post apocalyptique

vendredi 13 juin 2014 / par Corine/Dead / Tags:

The Rover, balade sauvage Down Under

par Corinne/Dead

D’une violence inouïe et d’une beauté rare (musique et photographie), le magnifique, brutal et effarant road movie post apocalyptique de David Michod (Animal Kingdom – 2010), nous entraîne dans l’outback australien dont toute humanité semble avoir disparu. Deux voyageurs que tout semble séparer traversent les paysages désolés de l’Australie qui semble avoir été ravagée par un cataclysme, dont on ignorera tout du début à la fin du récit, pour en faire une sorte de no man’s land mercenaire. Hommage non déguisé à la trilogie de George Miller, Mad Max, en beaucoup plus sombre et d’une désolante beauté.

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Au générique de ce long-métrage fascinant, l’excellent Guy Pearce (pas celui de la production Besson, Securité maximale, non, non celui de LA Confidential, Memento, Des Hommes Sans Loi, Ravenous !) et même moi, j’ai du mal à l’écrire, l’étonnant Robert Pattinson. Mais si ! Le bellâtre de la saga Twilight en a fini avec les regards langoureux qui font se pâmer les midinettes et livre une performance époustouflante, une incroyable palette toute en profondeur, de sensibilité et de sentiment. Un mélange détonnant de violence exécrable et de naïveté attachante.

Le scénario a été coécrit par David Michod et l’acteur Joel Edgerton (Animal Kingdom, Zero dark Thirty, Warrior).

Que s’est-il vraiment passé ? Ça n’est jamais clairement explicité dans le film pas plus que les motivations de son personnage central, le taciturne Eric (Guy Pearce) avant l’ultime scène aussi inattendue, à la limite de l’absurde, qu’émouvante. Eric s’est arrêté sur la route et son véhicule lui a été volé. Les voleurs, trois hommes dont un blessé, ont planté leur camion après une course poursuite effrénée pour fuir le lieu de leur larcin. Dès lors, Eric n’a de cesse que de poursuivre les voleurs avec acharnement et détermination. Sa route croisera celle d’une étrange mama les yeux fixés sur un cirque itinérant, avant de le mener à Rey (Robert Pattinson) abandonné blessé par notre trio de voleurs (dont l’un est son frère), uniquement motivé par le désir de les rejoindre. Monnaie d’échange, Rey blessé est conduit par Eric jusqu’à une maison où exerce celle qui semble être le dernier docteur vivant de ce paysage désertique et ravagé.

Saluons la qualité de la photo qui écrase littéralement les acteurs sur un paysage de dévastation qui semble s’étendre pour ne jamais disparaître sur une route à l’horizon sans fin, la nuit y est d’encre, le soleil de plomb et le ciel d’un bleu limpide.

L’on peut comprendre que les ravages aient été économiques puisque seuls les dollars américains sont acceptés comme monnaie d’échange. La loi martiale semble également instaurée avec des soldats à la poursuite de Rey mais également d’Eric. C’est alors que l’on apprend qu’Eric a commis un crime pour lequel il n’a jamais comparu devant la justice érodant plus encore sa fragile foi envers l’humanité. Rey lui est venu en Australie avec son frère pour travailler dans les mines, à l’évidence la seule industrie qui subsisterait dans ce décor apocalyptique. Petit à petit la méfiance instaurée entre les deux hommes laisse place à une sorte de confiance dont le ciment sera l’attaque militaire du motel dans lequel ils ont fait étape. La menace commune les contraignant à joindre leurs forces.

Guy Pearce est férocement impressionnant en homme qui a définitivement renoncé à la race humaine bien longtemps avant de nombreuses calamités. Parfois, l’on surprend un soupçon de l’homme plus gentil et attentionné qu’il semble avoir été il y a fort longtemps, mais toujours la sauvagerie et son instinct de survie reprennent le dessus dévoilant malgré tout ce reste d’humanité et de foi dans l’homme surtout à l’égard de Rey.

Rey, un Robert Pattinson hallucinant de justesse dans ce paumé à l’accent du sud que l’on pourrait croire attardé s’il ne se révélait tout simplement régressif socialement parlant. Jamais, il ne surjoue ni n’en fait des caisses, construisant image après image et parole après parole une sorte d’empathie pour ce personnage totalement méritée. Cette combinaison de douceur dans ses expressions (regards et sourires), d’innocence et d’une naïveté confondante à la limite de l’enfance distillées dans des explosions d’une rare violence le rendent attachant au point d’en faire une source d’humanité sur cette terre aride abandonnée de Dieu.

Que ceux qui s’attendent à des effets spéciaux dignes des plus grands Bruckeihmer, Emerich, Lucas et autres passent leur chemin. The Rover est une combinaison de La Balade Sauvage de Terrence Malick, Mad Max, the road warrior de George Miller et Take Shelter de Jack Nichols, mâtinée d’un soupçon de I Come With The Rain de Tran Anh Hung… La tension est palpable et sublimée par une soundtrack composée de main de maître par Antony Partos (Animal Kingdom) jetée sur une toile obscure, flamboyante et parfois même divinement paisible sur laquelle s’écrasent ou s’échouent cris stridents, coup de feu, tambours tribaux, gémissements et fugaces mélodies amplifiés par le bourdonnement des néons, le chant des grillons et le vrombissement des moteurs, compensant de rares dialogues livrés avec soin.

La caméra est littéralement happée par la noirceur, la cruauté mais aussi la résignation, l’abandon et le désespoir de ces acteurs sans foi ni loi qui ne semblent animés que par la survie sans s’embarrasser de sentiments. Cette atmosphère oppressante est parfaitement rendue par une image qui plombe tout ce qui pourrait engendrer compassion, générosité et bonté. Sang, poussière, sueur sont omniprésents et le film ne s’offre que deux brefs instants de répit avant de sombrer à nouveau vers l’inévitable et infinie désolation. Ce répit intervient grâce à deux femmes que tout oppose, la mama qui semble vouloir apaiser Eric sans que l’on comprenne vraiment ses motifs si ce n’est peut-être une lassitude ou la surprise face à cet homme qui n’a rien de résigné et lui semble étranger dans cet univers qui l’entoure. L’autre est résolument le personnage le plus attachant, fascinant et ovni de cette œuvre sombre. Pour y parvenir Eric et Rey prendront la route dans une nuit d’encre seulement percée par la lumière des phares de leur break… Le docteur n’est pas d’une beauté particulière mais plutôt calme et paisible, elle irradie littéralement la pellicule et déverse son empathie durant quelqus dix minutes. Une tentative que l’on n’hésiterait pas à qualifier d’apprivoisement des deux fugitifs comme envers ces chiens qu’elle recueille et cache pour ne pas qu’ils soient dévorés par la population !

De nouveau la caméra bascule vers le chaos laissant volontairement le champ ouvert les grands espaces que l’on devine à l’infini très loin comme hors d’atteinte pour se river sur ces hommes qui ne semblent mus que par l’avidité proche de la folie nous livrant une image poisseuse qui ne fera que valider le renoncement d’Eric jusqu’à une conclusion inattendue justifiant son rejet de toute foi envers l’homme

The Rover - de David Michod - Avec Guy Pearce, Robert Pattinson et Scoot McNairy - 102 minutes - En salles depuis le 4 juin

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