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’Si nous ne trouvons pas une raison valable pour faire un nouvel album, autant aller nous faire voir’ (Part. I)

jeudi 27 octobre 2011 / par Corine/Dead / Tags:
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Bono, le chanteur leader de la formation rock irlandaise U2, à sa sortie du Covent Garden Hotel où une soirée était organisée le 26 octobre 2011 - Photo : Bauer Griffin)

par BRIAN BOYD

’Achtung Baby’ est ce qui a créé U2. Alors que cet album s’apprête à ressortir 20 ans plus tard, accompagné d’un film documentaire, From The Sky Down, sur la formation rock irlandaise, Bono et the Edge se souviennent du tumulte qui entourait cet enregistrement et parlent de leur avenir.

C’est lorsque trois verres sont levés pour porter un toast au programme des 12 étapes (NDLT : programme des AAA). Nous sommes dans un bar à Toronto et les caipirinhas (NDLT : cocktail brésilien composé de cachaca - rhum - citron vert ou jus de citron, sucre et glace pilée) coulent à flot à l’initiative de Bono avec un The Edge prompt à payer sa tournée. "Si nous ne trouvons pas une très bonne raison pour faire un nouvel album, alors allons simplement nous faire f...", déclare Bono. "Pourquoi ont-ils besoin d’un nouvel album de U2 ?"

Pour la première fois dans sa carrière de 35 longues années, le groupe notoirement "plus rapide, plus fort et plus haut" a appuyé sur la pédale des freins et longuement regardé dans le rétroviseur. Un nouveau long métrage dont il fait l’objet, From the Sky Down, documente la manière dont son énorme succès dans les années 1980 a provoqué un accès de haine de soi et presque la fin de ce groupe alors qu’il tentait tant bien que mal de rester fidèle à la vision qu’il s’était forgé à l’époque du mouvement punk/new-wave dans la chaleur blanche de Dublin.

Pour fêter comme il se doit le 20e anniversaire de son album phare Achtung Baby, le sang est monté à la tête de U2. Il a décidé de confier ses archives et le contrôle du montage au réalisateur oscarisé Davis Guggenheim pour la réalisation d’un film ostensiblement axé sur la perturbante période de gestation d’Achtung Baby. Le résultat s’est avéré très différent de ce qui était attendu.

"Lorsque j’ai visionné From the Sky Down pour la première fois ça a été très douloureux et j’ai détesté ça", de confier Bono. "U2 ne regarde jamais en arrière. Ça n’a jamais été son motto. Edge vous dira que lorsque nous avons dû compiler les titres pour nos collections de best-of, il m’a littéralement forcé - physiquement, je veux dire - à écouter les chansons avant leur sortie. Je n’ai jamais été intéressé par ce que nous avons fait. Je ne m’intéresse qu’à ce que nous allons faire. Mais, je passe qu’il arrive un moment où ne pas se pencher sur son passé crée un dysfonctionnement et c’est pour cela que nous avons fait une exception pour l’album Achtung Baby.

Ce film ne traite pas de nous au sen strict du terme. Il traite de la façon dont fonctionne les groupes – ou, dans ce cas précis, ne fonctionne pas. Mais lorsque je l’ai vu pour la première fois, je n’ai vu que ces quatre personnes débattre intensivement de leur musique et vraiment, le monde a-t-il besoin de cela actuellement ? Davis ne nous avait pas dit qu’il allait plonger dans notre passé pour être dans le contexte de ce qui était réellement arrivé à notre groupe après le succès de The Joshua Tree et combien les choses étaient difficiles à Berlin lorsque nous nous sommes attaqués à la création de Achtung Baby. Il ne nous l’a pas dit parce que nous n’aurions pas été d’accord. A présent que j’ai vu le film plusieurs fois, je comprends qu’il s’agit en fait du processus créatif. Soyons honnêtes, si l’on s’intéresse à la musique rock et à ses groupes, l’on s’intéresse à leur dynamique interne : ce qui fait qu’un groupe de rock fonctionne, son aspect tribal, l’idée du clan. Selon moi, l’ironie aujourd’hui est que nous avons fait Achtung Baby pour mettre le feu à notre sérieux/gravité et le résultat est ce film très sérieux sur la création de cet album.

Nous n’avons rien caché à Davis. Nous lui avons ouvert nos archives et lui avons vraiment donné carte blanche. La première fois que j’ai vu le film, je me suis dit : ’Oh non, non, non’. Puis, j’ai été le voir et lui ai fait quelques suggestions pour modifier ce que je ne voulais pas voir. Il n’y a pas eu de bataille de volontés. Il ne s’est même pas disputé avec moi. Il n’a rien changé. Mais je regardais ce film et je me disais : ’Pourquoi ce film parle de Cedarwood Road [là où j’ai grandi], l’auberge de Baggot et de ma grand-mère ? Je pensais qu’on faisait un film sur l’album Achtung Baby. C’est quoi tout ça ?’ "

Tout ça, c’est pour ce film, une approche de comment un groupe qui partageait l’ADN musical de Throbbing Gristle et Cabaret Voltaire en est arrivé à s’asseoir à la haute table musicale au côté de Elton John et Dire Straits – mais ans en avoir les bonnes manières. Une génération avant que Nirvana n’entraine le rock alternatif dans le principal courant musical et médiatique, ce groupe punk théâtral finissait en une de Time magazine, en avril 1987, en tant que "Rock’s Hottest Ticket" et jouait à guichet fermé dans les salles du monde entier.

Dégoutés à l’idée d’être des idoles du rock et pleins de désillusions envers leur statut de rockeurs en stade, ils se trouvaient alors au bord de la rupture. "Nous nous trimballions avec notre culpabilité catholique – le péché de la réussite", de poursuivre Bono. "Nous avions émergés en jouant avec les [Virgin] Prunes et en trainant autour du Project Arts Centre prenant des leçons de mime avec Mannix Flynn. Et le contexte était tel que la scène musicale dont nous étions issus avait une presse très maoïste. Il existait certaines lois canoniques : platine tu ne seras, en stade ou en salle tune joueras, en Amérique tu ne te rendras, carriériste tu ne seras. Si vous n’aviez ne serait-ce que pensé à ces choses, vous aviez alors commis un péché."

Prêt à ne pas devenir un groupe de rock en stade où les fans agiteraient leur briquet en l’air, U2 embarquait à bord du dernier vol en partance pour Berlin Est juste avant la réunification de l’Allemagne en 1990. C’était l’un des hivers le plus rude que Berlin ait connu depuis longtemps, le studio d’enregistrement, Hansa, était une ancienne salle de bals nazi, l’hôtel était merdique et le groupe n’avait pas une chanson en poche. "sur une échelle de 1 à 10, nous étions à 9 pour ce qui était du baromètre du point de rupture", de souligner Bono.

Selon The Edge, U2 était fini au moment même où il pénétrait dans le studio Hansa – ou, tout au moins, le U2 de Rattle and Hum n’était plus. "Ça aurait été de la démence de notre part que de vouloir rester en mode Rattle and Hum ; ça avait été un aparté génial et merveilleux mais ça n’avait jamais été ce que nous étions véritablement", de confier le guitariste. "Ce que nous sommes vraiment n’est que futur et innovation. Nous devenions un petit peu puristes et disciples des racines de la musique, mais il nous fallait être des disciples de ce qui allait suivre. J’ai débarqué à Berlin avec des machines à batteries et loops, disant à tout le monde que c’était ça qui marchait à Manchester", poursuit-il faisant référence à la boîte de nuit l’Hacienda, aux Stone Roses, Happy Mondays, entre autres groupes. "J’étais également à fond dans la grosse musique industrielle, mais le producteur de cet album, Danny Lanois, me disait : ’Okay, tout ça est très intéressant mais montre-nous un peu où ça va musicalement parlant.’ Et je ne pouvais pas."

Les choses se sont rapidement détériorées. Comme le dit Bono, alors que le mur de Berlin s’effondrait, U2 élevait son propre mur à l’intérieur de Hansa. D’un côté les soi-disant traditionalistes : Adam, Larry et Lanois ; de l’autre, Bono et The Edge balançaient des formes de culture de club et des silhouettes de dance-rhythm. Bono avait toujours été contrarié de savoir que lorsqu’un DJ passait un morceau de U2, la piste de danse était aussitôt désertée. Il voulait rendre la musique de U2 sexy.

(à suivre)

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