Sociétés en capitaux propres, la nouvelle fourmilière (I) - U2 France
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Sociétés en capitaux propres, la nouvelle fourmilière (I)

dimanche 22 octobre 2006 / par Elsa

Source : Sydney Morning Herald

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Photo : AP Photo/Natacha Pisarenko

C’est une belle journée... pour le rachat d’une société en capitaux propres. Bono prend ses responsabilités avec la sienne, Elevation Partners.

21 octobre 2006

Ils chassent en bande et ils viennent vers nous. Kate Askew écrit sur le développement des sociétés en capitaux propres.

Warren Buffett aime les qualifier de "spéculateurs". Les Sud Coréens les appellent "moktui", ce qui signifie manger puis se sauver. Et, l’année dernière, le gouvernement allemand les a surnommés "heuschrecken", c’est-à-dire les criquets.

Il y a 20 ans, on les appelait des entreprises d’acquisition par emprunts. De nos jours, on utilise le terme plus correct et moins abrasif de "société en capitaux propres".

Et elles sont à notre porte. Avec leurs poches bien remplies, bien équipés pour lever des capitaux sans aucune limite, ils sont après Coles Myer et viennent juste de faire main basse sur James Packer, ce qui garantit une inévitable levée de boucliers dans les média.

Ils sont affamés et ils veulent à tout pris remporter des affaires, ils ont des connexions de premier plan et ils chassent en meute.

Les dirigeants de Coles Myer ont eu la chance d’attirer cinq des plus importants acteurs du secteur : Carlyle, Kohlberg Kravis Roberts, Texas Pacific Group, Blackstone et la branche locale de CVC, CVC Asie-Pacifique.

Le groupe Carlyle, créé par David Rubenstein, un ancien collaborateur de Jimmy Carter à la Maison Blanche, réunit des présidents et des premiers ministres. L’ancien patron de la commission de la sécurité et des échanges, Arthur Levitt, travaille pour la branche de Washington, tout comme l’ancien président américain George Bush, l’ancien ministre du budget américain James Baker et l’ancien premier ministre britannique John Major, qui dirige la branche européenne.

À la tête de l’assaut Coles Myer se trouve George Roberts, de Kohlberg Kravis Roberts. KKR est le leader mondial des sociétés en capitaux propres et l’organisateur du plus important de tous les rachats – celui de RJR Nabisco, pour la modique somme de 30,6 milliards de dollars en 1989, ce qui a rapporté à ses fondateurs la réputation peu flatteuse d’hommes avec des goûts et un ego démesurés.

David Bonderman, décrit par le Wall Street Journal comme péripatétique et dur en affaire, est l’un des cofondateurs du Texas Pacific Group, dont le front local est Newbridge Capital, le nouveau propriétaire des Yer Stores. Bonderman a fait venir les Rolling Stones et Robin Williams pour son 60ème anniversaire – pour 10 millions de dollars – ce qui a fait les gros titres internationaux en 2002.

Le quatrième partenaire, le Blackstone Group de New York, était en tête des sociétés en capitaux propres sur les neuf premiers mois de l’année, selon les derniers rapports de Dealogic. Le PDG et cofondateur de Blackstone, Peter Peterson, a dirigé Lehman Brothers après avoir été ministre du commerce sous Nixon.

Le seul partenaire européen impliqué dans l’assaut sur Coles Myer est CVC Capital Partners – via sa joint-venture avec Citigroup, CVC Asia Pacific – un groupe particulièrement actif en Australie. Andrew Cummins, originaire de Melbourne, un ancien dirigeant de Elders Investments et partenaire de McKinsey, est le patron du groupe de conseil CVC Capital Partners. La joint-venture asiatique de CVC a battu tous les autres groupes sur cette affaire, mais en y mettant le prix.

La réputation d’avarice occasionnelle des sociétés en capitaux propres est appuyée par le style clandestin des groupes – qui n’ont que peu de relations avec la presse.

"Ils testent invariablement les entreprises et cherchent des acheteurs stratégiques," a expliqué Warren Buffett à la réunion annuelle de Berkshire Hathaway le 6 mai. "Un acheteur stratégique n’est jamais que quelqu’un qui paye trop cher."

"Il y a tant de joueurs dans cette histoire qu’ils vont finir par se marcher sur les pieds," explique Charlie Munger, de Buffett. "Comment ces entreprises peuvent-elles continuer à gagner de l’argent en se contentant de jouer ?"

"Ils se rattrapent sur les frais et rien d’autre," répond Warren Buffett.

Le gestionnaire de fonds New York Donald Gimbel de Carret Asset Management l’a expliqué après la première offre de Coles Myer : il considère que ces entreprises allaient payer 14 dollars par action pour Coles Myer sachant qu’elles pourraient les revendre plus tard à 20 dollars.

Tous les investisseurs se demandent comment les sociétés en capitaux propres peuvent financer ces achats coûteux ? Le prix d’entrée de CVC chez PBL Media équivalait à 11 fois ses gains.

Le Crédit Suisse First Boston l’a expliqué dans un rapport publié le mois dernier. "Les sociétés en capitaux propres capitalisent sur l’énorme écart entre les profits et les possibilités de financement d’une part et les capacités d’endettement de l’autre."

Pour faire simple, les grandes sociétés dépensent beaucoup d’argent. Et les taux d’intérêts n’ont jamais été aussi bas.

"Nous recherchons des entreprises de premier plan dans lesquelles nous pouvons utiliser notre expertise opérationnelle et stratégique pour créer de la valeur à long terme," explique Steve Zide, un des dirigeant de Bain Capital aux États-Unis, cette semaine dans le journal Herald. "Un des avantages de ces entreprises, c’est que nous pouvons être très patients et nous concentrer sur le long terme. Nous n’avons pas à nous soucier d’avoir à obtenir rapidement des liquidités en sortie, contrairement au marché public de capitaux dont les perspectives sont à plus court terme." Créée par Mitt Romney, aujourd’hui gouverneur du Massachusetts, Bain Capital est tout aussi célèbre, bien que plus cérébrale ; elle recrute chez sa société sœur Bain Consulting. Bain Capital s’est retirée du consortium Coles Myer.

Les sociétés en capitaux propres sont de plus en plus à la mode.

Même les rock stars s’y intéressent. Bono, le leader de U2, est l’un des six partenaires – avec l’ancien directeur financier de Apple Fred Anderson et le PDG de Blackstone Bret Pearlman – de Elevation Partners, une start-up de la Silicon Valley, en Californie, qui a racheté le Forbes Magazine au mois d’août. Les banques Goldman Sachs et Merrill Lynch y jouent également un rôle central.

Après avoir travaillé localement avec deux sociétés du Top 20 – Coles Myer et PBL – ils viennent de passer à des affaires de plus grande envergure, avec des marques à profil élevé. Aux États-Unis, quelques entreprises ont déjà sauté le pas, dont Burger King, Domino’s Pizza, Dunkin’ Donuts et Toys R Us. En juillet de cette année a eu lieu la plus grande opération de l’histoire – une opération de 32,7 milliards de dollars qui concernait l’opérateur hospitalier américain HCA.

(À suivre)

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