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Steve Lillywhite, producteur de U2, alchimiste faiseur de tubes

lundi 6 février 2012 / par Corine/Dead / Tags:

Le producteur auréolé d’une nouvelle récompense évoque son travail avec les giga stars irlandaises.

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par Graeme Thomson

Le producteur de musique Steve Lillywhite a été récompensé par un CBE sur la liste honoraire du nouvel an 2012. Né en 1955, Lillywhite a débuté sa carrière à la fin des années 1970 travaillant avec des groupes new wave et post-punk tels que XTC et Siouxsie & The Banshees. Il l’a poursuivie en produisant tout le monde de Peter Gabriel et Talking Heads en passant par Morrissey et Kirsty MacColl, à laquelle il a été marié (NDLT : la chanteuse a disparu en mer dans des conditions tragiques en 2000). Sa relation la plus durable cependant est celle qu’il connait aujourd’hui encore avec la formation rock irlandaise U2. Elle a débuté en 1980 lorsque Lillywhite a produit le premier album de la bande à Bono, Boy. Dans cette interview, il se souvient de l’année 2004, lorsque “Vertigo” a été créée pour devenir le tube que l’on connait.

Lorsque l’on a fait appel à moi pour produire How to Dismantle an Atomic Bomb, le moral des troupes n’était pas au beau fixe. Le groupe avait enregistré pas mal de matière avec un autre producteur [Chris Thomas] et décidé qu’il était temps de changer son fusil d’épaule. Je suis allé à Dublin et le groupe m’a joué ce qu’il avait fait, qui comprenait un morceau intitulé "Native Son" retenu pour être le premier single. J’aimais bien cette chanson mais j’avais le sentiment qu’elle pouvait être enregistrée avec un peu plus d’énergie aussi lui ai-je demandé de la ré-enregister. J’ai revu complètement la structure en mettant la batterie à un autre endroit et ai totalement retravaillé le son. C’était toujours la même chanson mais j’avais sorti le groupe de sa zone de confort. Il sait où est placée la barre et ne partira pas avant d’avoir tout essayé. Il écrit toujours le texte, une fois le morceau mixé !

Le groupe a tapé le bœuf et le morceau a commencé à prendre forme, et sonnait super bien. C’est alors que j’ai dit à Bono, assis derrière moi dans la salle de contrôle : "Pourquoi n’irais-tu pas placer ta voix en direct ? De manière à ce que l’on puisse vraiment voir comment ça avance." Il s’est levé, on l’a préparé et le groupe a commencé à jouer. Il a démarré en chantant "Native Son", et dès le premier refrain, il a posé le micro et a dit : "Nan, je ne peux pas chanter ça, c’est pas assez bon."

En gros, dès qu’il a entamé la chanson avec le groupe, Bono s’est projeté un an plus loin dans le futur sur la scène du Madison Square Garden, et il a soudain compris qu’il ne pouvait pas la chanter en y mettant la passion qu’il voulait. Bono possède le knack, ce que je n’ai jamais vu chez quelqu’un d’autre, qui consiste à mettre la chanson en place alors qu’il l’écrit. Il se dit : ‘Ooh, ce truc pourrait remplacer celui-ci ou celui-là ; ou ça pourrait être génial en ouverture.’ Il visualise l’album et la tournée qui en découlera, et le dernier truc dont le groupe veuille c’est une tournée qui les ridiculisera lorsqu’il jouera son nouvel album. Pour la majeure partie des groupe de son époque, c’est la réalité : le public est tout simplement dingue des tubes. U2 parvient toujours a jouer une demi-douzaine de chansons de son nouvel album à chaque fois et ça marche vraiment.

Aussi, décidait-il de réécrire les paroles et la mélodie. Nous avons coupé la piste originale et ça sonnait vraiment super bien, mais nous avons dû passer des jours et des jours et des jours à travailler le refrain. Bono possédait le rythme du refrain mais pas les paroles, et il essayait encore et encore. Puis, un jour, l’une des nombreuses choses qu’il faisait a été de chanter "Hello, Hello". Et, bien évidemment, on a tous dit : "Oh, pour être honnête, je ne suis pas certain." Ça n’a pas été tout simple. Mais, c’est alors que je me suis dit que peut-être il était possible d’en faire quelque chose. J’ai double pisté sa voix, un truc que U2 n’avait jamais fait jusque là – avoir deux Bonos – mais pour une raison que j’ignore ça a renforcé ce très simple riff d’"Hello, Hello". Ça paraît ridicule mais c’est ce genre de petites choses qui font avancer une idée.

Petit à petit, les gens déboulaient et écoutaient. Le truc génial avec U2 c’est qu’il implique toujours une équipe de personnes en charge de l’écoute – amis et famille. Il ne s’isole pas dans sa bulle, il y a beaucoup d’écoutes et de ré-écoutes et de discussions, et les gens disaient : "C’est vraiment bien !" Et nous leur répondions : "Vraiment ?"

Finalement, après avoir revu le refrain, modifié les paroles, la version définitive de "Vertigo" a en quelque sorte pris vie. La musique est la même que pour "Native Son", bien que personnellement je pense que le jeu de ma version est un peu plus hardi, mais le texte et la mélodie sont complètement différents. À l’exception de la partie "To be free-ee" en fin de refrain. Elle est identique sur les deux morceaux.

"Native Son" était une bonne chanson mais elle n’avait pas le "truc U2" viscéral. C’est ce qui en fait un groupe aussi grand : pour lui, le mot "bon" est la pire chose que l’on puisse dire. Lorsqu’il sort un nouveau disque, il faut impérativement qu’il ait le facteur wow. "Beautiful Day" le possédait de même que "Vertigo". Elle appartient au Top 5 de ses chansons. Elle fait partie de l’une de ces chansons qui, s’il se trouve à jouer le pire concert au monde, il sait qu’il suffira de l’interpréter pour regagner les faveurs du public.

Le groupe sait où la barre est placée et ne laissera aucun détail de côté. Il écrira la chanson après son mixage ! Il a pu se permettre le luxe de faire une musique unique. Il prend la tangente, s’essaie à tout et bonne chance à lui - peu importe combien de temps il faut pour faire un disque, aussi longtemps que l’on n’a pas l’impression qu’il lui a fallu autant de temps. Il faut absolument que l’on ait l’impression que ça n’a pas été trop dur.

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