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U2 Interview : les Oscars, l’album inachevé et la crainte d’être dépassé (Part I)

vendredi 14 février 2014 / par Corine/Dead / Tags:

Le plus grand groupe au monde tacle la politique, la technologie et à présent avec un titre nommé à l’oscar, Hollywood : "Nous ne voulons jamais devenir artiste patrimonial. Ça pourrait arriver mais nous nous battrons et hurlerons contre ce modèle."

par Hal Espen

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Juste après l’ouverture du pub Finnegan’s à midi, lors d’une journée d’hiver alternativement venteuse, pluvieuse et ensoleillée à Dalkey, une banlieue en bord de mer du sud de Dublin, Bono se glisse à l’intérieur et s’installe dans un box en angle le dos appuyé contre le mur avec une vue grand angle sur l’établissement, tel un as de la gâchette méfiant qui vent voir ce qui arrive. Dans un murmure rauque, il commande un thé et une assiette de saumon fumé. Ses cheveux roux en bataille et ses yeux fatigués semblent indiquer un homme à peine sorti de son lit.

Notre chanteur leader de cinquante-trois ans du plus grand groupe de rock au monde établi est vif d’esprit et d’une éloquence prodigieuse, mais il est également l’un des êtres humains le plus interviewé de la planète, et possède donc tout un tas de discours bien rodés qu’il tend, et c’est compréhensible, à jouer en mode répétition. Une fois sa gorge éclaircie par le thé et totalement éveillé, je suis ravi de découvrir que notre homme aime parler cinéma et qu’il a des choses nouvelles à dire sur le sujet allant de Scorsese et Hitchcock à Wenders et Tarantino.

Contrairement au cinéphile moyen, bien entendu, Bono est, avec son groupe de rock irlandais U2, nommé à l’oscar de la "meilleure chanson originale" — pour "Ordinary Love", un hymne doux amer pour Mandela : Long Walk to Freedom. C’est la seconde fois que le groupe est nommé dans cette catégorie après "The Hands That Built America" pour le film Gangs of New York (NDLT : de Scorsese) en 2003, et il assistera aux Oscars le 2 mars pour interpréter Ordinary Love.

Ce cadeau d’une nomination intervient alors que la toute dernière reinvention de U2 s’intensifie avec un nouvelle album et une tournée imminents. Cette fois, les défis auxquels le groupe est confronté ne seront rien moins qu’une appropriation du futur bien au-delà de cette époque au début des années 1990 lorsque Achtung Baby et la tournée pré-techno Zoo TV ont sauvé U2 de l’inutilité et ont cimenté sa domination mondiale en tant que force culturelle. Telle une startup affamée, U2 poursuit ses alliances en affaires comme en musique, brainstormant sur les innovations en matière de packaging et de distribution comme si son existence toute entière en dépendait.

Se trouver une nouvelle identité est également un thème qui émerge de notre conversation, qui va de Mandela et du travail marathon de U2 sur son prochain album, toujours en cours avec une tentative de date de sortie à l’été, aux influences sur l’identité et la vision du monde du groupe à ses débuts.

"J’y ai beaucoup réfléchi pour notre nouvel album", confie Bono. "je suis attiré par les films qui vous façonnent et font de vous ce que vous êtes." Il a également revisité la musique qui enflammé les premières visions de nouvelles possibilités de U2 (Joy Division, Kraftwerk, the Ramones) et cet enthousiasme de fan bricoleur qui l’a fait choisir ses instruments et lancer Feedback, c’est ainsi que U2 s’est brièvement appelé au commencement.

"Je ne veux pas être surqualifié pour cela", de poursuivre Bono (dont le vrai nom est Paul David Hewson). "Nous nous considérons comme ceux qui sommes retirés du public lors de ces concerts des débuts du punk rock pour monter sur scène. Il n’existait pas d’eux ; seulement ’nous.’ En fait, nous sous sommes retirés du public pour monter sur scène avant même de savoir vraiment jouer."

"Eux n’existent pas / Nous seuls existons" — voilà une phrase talisman qui ne renvoie pas seulement à l’éthique établie de U2 mais aux implications du nom du groupe et à son engagement sur plusieurs décennies dans la lutte contre les conflits et l’injustice, d’Ireland et du Nicaragua à l’Éthiopie, la Somalie et l’Afrique du Sud. (Il s’avère que c’est également le refrain final du single "Invisible", le successeur pour U2 d’"Ordinary Love" et le premier indice de l’orientation de son album à venir.) Étant donné l’étroite relation de U2 avec le premier leader noir d’Afrique du Sud, qui a évolué de politique à très personnelle, l’on sent que remporter cet Oscar en particulier serait une justification bien au-delà de la reconnaissance d’une carrière.

Lorsque j’amène le sujet de l’académie du cinema, Bono met l’accent sur les autres nommés de la catégorie et combien la compétition va être rude, déclarant qu’il a prévenu le groupe de ne pas trop s’emballer pour ce qui est de remporter la victoire. Mais "si ce titre permet de serrer la main du petit homme à tout faire", précise-t-il, "cela donnera une toute autre adhésion à notre public, ce qui serait génial. J’adorerai que ce titre ait une autre vie hors du champ des caméras. Parce que nous avons mis tellement de notre existence dans ce titre et j’espère, sa vie, la vie de Mandela."

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U2 étant U2, et Bono ce qu’il est, ces interludes de saison des récompenses doivent être considérés avec une succession flou d’activités très rapides et publiques de ces derniers mois. En juin dernier, par exemple, notre chanteur et son épouse avaient invité à déjeuner Michelle Obama et ses filles dans ce même pub tandis que le Président Obama assistait au sommet du G8 à Belfast. En novembre, Bono présidait après sa collaboration avec le designer d’Apple Jony Ive et le collègue de ce dernier Marc Newson des enchères exceptionnelles chez Sotheby’s à New York, d’objets de consommation faits sur mesure qui ont permises de lever 26 millions de dollars au profit du Fonds global de la lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria. En décembre, Bono assistait à la journée à la mémoire de Nelson Mandela à Johannesburg. Au début du mois de janvier, U2 était en Californie pour tourner une pub pour le Super Bowl et un clip pour "Invisible" qui a levé trois millions de dollars supplémentaires (de la part de la Bank of America) pour la campagne (RED) de Bono et donné un concert de charité au Montage hotel de Beverly Hills au profit d’un récolteur de fonds pour l’organisation caritative de Sean Penn, Help Haiti Home avant d’assister aux Golden Globes, cérémonie au cours de laquelle U2 a remporté le Globe de la meilleure chanson.

Une semaine plus tard, l’on annonçait que U2 serait l’invité musical de du premier Tonight Show de Jimmy Fallon diffusé à New York le 17 février et que Bono était à Davos, en Suisse, taclant les avancées sur la lutte contre l’extrême pauvreté avec le Premier ministre britannique David Cameron et prévenant les maîtres de l’univers qu’"il y avait une avalanche de cynicisme sur notre simple présence ici, que le capitalisme était sur le banc des accusés et que le jury allait se décider en se basant sur la manière dont nous gérons ces problèmes, non pas de façon abstraite mais bel et bien concrète."

Clairement, n’importe quelle observation de U2, dont les membres zigzaguent le monde tels des quarks, demeure un problème de physique complexe. Choper Bono à son troquet local a presque relevé de la course poursuite, et lorsque je suis enfin parvenu à traquer le groupe dans son ensemble, nous sommes quelques jours après que je me sois incrusté à une séance photo dans l’ouest de Londres dans un studio converti en une vieille usine auto de Sunbeam.

Assis avec les membres de U2 entre les préparatifs photo, bientôt il émergera que composer et enregistrer "Ordinary Love" a été une perturbation majeure dans le flux U2 et que cela a encore des répercussions fatales. Le labeur acharné au treizième album studio du groupe, le premier depuis No Line on the Horizon sorti en 2009, était en cours à l’été avec une date de sortie projetée en décembre 2013 lorsque Harvey Weinstein, coprésident de The Weinstein Co., ami de longue date de Bono et de son groupe, a appelé de la part du producteur sud-africain de Mandela, Anant Singh, et du réalisateur Justin Chadwick pour solliciter une chanson pour le film pratiquement achevé.

© Photos by Joe Pugliese

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