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U2 Interview : les Oscars, l’album inachevé et la crainte d’être dépassé (Fin)

dimanche 16 février 2014 / par Corine/Dead / Tags:

Le plus grand groupe au monde tacle la politique, la technologie et à présent avec un titre nommé à l’oscar, Hollywood : "Nous ne voulons jamais devenir artiste patrimonial. Ça pourrait arriver mais nous nous battrons et hurlerons contre ce modèle."

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par Hal Espen

Regarder U2 en termes de discographie, de billets et de ventes d’albums, c’est quelque part, ne pas regarder du bon côté, U2 est dans les starting blocks pour se reconquérir ainsi que le monde une fois de plus. L’une des plus belles histoires de l’industrie de la pop est la façon dont U2 ne s’est jamais laissé avoir par l’industrie du disque, conservant la propriété de ses droits de publication et les masters de ses enregistrements, montant une tournée spectaculaire sans précédent technologiquement parlant, gagnant une base de fans dans le monde entier et négociant aujourd’hui avec les plus grosses compagnie du spectacle comme pair et non quémandeur.

(Les tentatives laissant le plus de traces et les plus traumatisantes pour U2 semblent être ses projets audacieux en dehors du groupe, tel Spiderman : Turn Off the Dark, le chaos qui s’est abattu sur ce spectacle pour Broadway en 2011 avec Bono et The Edge en charge des paroles et musique ; clos en janvier après des pertes à hauteur de plus de soixante millions de dollars et un nombre considérable de contretemps légaux des plus embarrassants incluant entre autres de virer la metteur en scène Julie Taymor. Il y a également la saga Elevation Partners, le fonds privé co-fondé par Bono en 2004 qui s’est lamentablement planté à ses débuts bien que sa prise de participation majeure dans Facebook aujourd’hui soit en hausse.)

Tout ceci a été accompli grâce à un seul homme, Paul McGuinness, dont le job a été manager du groupe depuis la naissance de U2 jusqu’en novembre 2013, lorsque Principle Management Ltd., sa société montée en 1984, a été rachetée par Live Nation sous la forme d’un accord que l’on estime à trente millions de dollars intégrant également Maverick, avec à sa tête le manager de Madonna, Guy Oseary, au département des artistes de Live Nation. Dans cette affaire, McGuinness, 64 ans, a joué un rôle émérite dans l’organisation U2 et Oseary a été nommé manager du groupe.

McGuinness est un personnage exceptionnel qui suscite l’admiration d’une profession dans laquelle la continuité est extrêmement rare, les coups bas font partie du quotidien et la sagesse n’est pas ce qui fait la réputation de ses pratiquants. Il était, selon le dicton, "le cinquième membre de U2" et a rendu le groupe et lui-même très riche (bonne chance pour ce qui est de savoir jusqu’à quel point — mais The Sunday Times estime la valeur nette de U2 à 852 millions de dollars). Parfaitement conscient que les groupes se séparent souvent pour des histoires de revenus de songwriting inégalement répartis, il a persuadé U2 de partir sur la base d’un partage en quatre parts égales dès le départ. La philosophie et les valeurs qu’ils a conçues en collaboration avec U2 a systématiquement supprimé les tensions souvent à l’origine des séparations et du ralentissement d’une croissance émotionnellement intelligente.

"Nous sommes faits pour survivre au succès", déclarait Edge dans un récent hommage à McGuinness, une affirmation surprenante lorsque l’on considère que c’est une force inhabituelle dans l’industrie musicale. "Nous n’avons jamais eu cette attitude qu’adoptaient de nombreux groupes à cette époque", me confiait Edge, "qui était que l’industrie du disque était cette grande Babylon et qu’y collaborer revenait à compromettre nos valeurs. Nous avons toujours voulu connaître les personnes du label, ces personnes qui représentent ce que nous faisons."

McGuinness semble également avoir accompli à un rare exploit dans le racket du management : un paisible transfert de pouvoir. Aussi dramatiques qu’étaient les gros titres, la substance est un changement doux et intégré. McGuinness et Bono connaissent Oseary, 41 ans, depuis deux décennies et Oseary parlent de nos deux hommes comme des mentors et amis, qualifiant cette transition de "passage du témoin affectueux".
"Je me sens très humble d’être invité dans la famille U2", affirme Oseary. "C’est vraiment une affaire de famille, une famille qui repose sur la fraternité."

Si Oseary, installé à Los Angeles, représente un important changement, cela pourrait signifier un déplacement du centre de gravité vers la Côte est. "Cette côte est en train de venir l’endroit où tout commence et se passe", poursuit Edge. "Toutes les entreprises de nouvelles technologies, Guy est en complète immersion dans ce domaine. Nous sommes bien placés pour commencer à intégrer de nouvelles opportunités pour rejoindre nos fans et faire des trucs sympas."

Oseary : "L.A. est bien plus proche de la Silicon Vallée que New York, Dublin ou Londres. Nous avons lancé la musique Mandela en utilisant notre relation Facebook. Nous bossons avec YouTube pour le prochain clip. Nous bossons avec un grand nombre de sociétés sur la fonctionnalité et l’innovation. Cela étant dit, l’innovation est présente en d’autres endroits. SoundCloud est à Berlin et Spotify vient de Stockholm."

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De retour au pub Finnegan, Bono avait des vues sur les mêmes cibles, aussi bien pour son groupe que pour sa campagne ONE et sa branche (RED) qui a levé plus de deux cent quinze millions de dollars au profit de la lutte contre le sida en Afrique. "Nous avons discuté avec Bob Iger" — le président et PDG de la Walt Disney Co."et nous n’avons pas encore trouvé de solution, mais pour moi ce sera l’ultime entreprise à faire monter à bord de notre navire (RED). C’est un peu le président de la Californie, pas vrai ?"

Bono a également cogité pendant plusieurs années au défi de rajeunir sa reproduction retenue, l’album, et localise le nœud du problème dans la perte de l’union "écoute et regard" que produisait le vinyle autrefois. Il s’est entretenu avec des sociétés de tech, dont BlackBerry, et a bossé avec le photographe de U2 (aujourd’hui cinéaste) Anton Corbijn pour produire Linear, un road movie sans dialogue noir et blanc dont la bande sonore était une version alternative avant la sortie de No Line on the Horizon.

Le secret, croit-il, est de ne pas mettre l’affichage technologique au service de l’expérience musicale. "C’est la reproduction de l’album. Pas des videos, parce que les videos exigent de l’attention. On doit penser que c’est sensé être en arrière-plan quand on écoute la musique — une expérience bien plus ambiante. Les gens peuvent regarder en écoutant — comme nous le faisions lorsqu’on découvrait Sandinista des Clash ! et se perdait dans les paroles. ’Où sont-ils ? C’est où le Nicaragua ?’
"Ce format est en route — le relancement de la reproduction de l’album. L’écran plasma, poof ! Le téléphone, boom ! Lorsque l’on écoute. Parce que la musique était un medium immersif, pas seulement sonore, il a toujours été question de visuels, aussi. Elvis est un phénomène audiovisuel. Les Beatles l’étaient. Il est de plus en plus dur de faire payer des gens pour un fichier MP3, mais ce sera plus facile lorsqu’on aura quelque chose de plus interactif."

Je pose la question de la popularité de U2 à Los Angeles, le premier endroit des États-unis où le groupe a explosé en tant qu’artiste rock majeur.

Il hoche la tête en acquiesçant. "Lorsque les punks et les fainéants des environs roulaient des yeux en disant ’Hollywood ?’ J’avais l’habitude de leur rappeler que la plupart des gens de cette ville vivent de leur imagination plus que dans n’importe quel autre endroit du monde et que je trouve que les personnes là-bas sont incroyablement optimistes sur les possibilités de la vie créative. Même lorsqu’ils étaient très cyniques — ce qui pour moi est un soulagement — je n’ai jamais l’impression que l’on me fait les poches. Je respecte le fait que U2 n’ait pas été pris à la gorge comme l’ont été d’autres artistes de l’industrie musicale, aussi se pourrait-il que je vois un peu les choses en rose. Je pense que c’est une communauté qui a été une alliée et non pas l’ennemi depuis des années."

À présent, Bono commence à être à la bourre, il doit se rendre à l’aéroport de Dublin pour y chercher le réalisateur Richard Curtis, l’un de ses co-conspirateurs dans l’art et l’activisme. Et ensuite, murir de nouvelles intrigues et manigancer ses machinations, il est parti !

© Photos by Joe Pugliese

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