U2, leur cri (fin) - U2 France

U2, leur cri (fin)

lundi 21 juillet 2003 / par Allblue

Bono : Vous savez pourquoi la musique a autant d’importance pour nous ? Depuis que la religion s’évanouit de notre culture, la musique est devenue l’un des derniers espaces mystiques.

JFB : Vous oubliez quelque chose là… Sexe, Rock ’n’ Roll et … drogues !

Bono : Les drogues ! Le fast food de la transcendance ! c’est ça !

BZ : Nous savons bien que vous n’y connaissez rien sur ce chapitre !

Bono : Je sais quelques trucs (rires) Quelques drogues, celles des indiens par exemple, peuvent être intéressantes. Dans notre culture cela reste du fast food pour décoller. Je préfère les quêtes plus longues et plus approfondies. Sexe et musique ont été très liés. Ce qui explique le succès de Madonna. Mais la musique mute en ce moment. Elle entre dans une nouvelle phase et c’est intéressant. Tout est ouvert, il n’y a rien à craindre. Je ne sais pas en quoi ça va se transformer mais ZooTV et U2 en sont certainement plus près que tout ce revival seventies. La musique mute avec les vidéos, les ordinateurs. Il n’y a pas de raisons d’avoir peur de cette technologie. C’est comme la fuzz-box de Jimi Hendrix. De nouveaux jouets et de nouveaux gadgets nourrissent notre musique !

BZ : Pour en revenir à la culture irlandaise et à Oscar Wilde, est ce que vous avez eu l’idée de The Fly en pensant à ce que Wilde disait sur le masque ?

Bono : Oscar Wilde disait « le masque révèle l’homme »

BZ : Donc dans le dernier album The Fly nous dit tout sur Bono ?

Bono : Peut être … je ne sais pas. Il y a des moments où c’est une blague et d’autres pas ! Quelques fois moi-même je ne sais pas si je comprends ! Je sais juste que j’ai ce rôle, cet alter-ego, cette star idiote qui se contemple et qui me fait marrer, et je peux lui mettre toutes les merdes sur le dos. Un bouc émissaire. La seule issue au cirque média de la fin des années 80, c’était créer un cirque encore plus grand pour retrouver un équilibre. The Fly c’est notre cirque ! Entre deux comédiens, les deux cirques se trouve peut être quelqu’un, une personne vraie !

JFB : C’est un peu lassant d’entendre parler toujours de cirque média quand on est journaliste…

Bono : Non, j’ai déjà dit et je le répète, quand je parle de média je ne pense pas aux médias écrits, ni même à la télé, je pense à l’industrie du disque et à la gestion de l’image, à la pub et à la promo. A la façon dont les idées sont communiquées, c’est ça que je veux dire… relax… vous sortirez d’ici vivants. Jusqu’à récemment on n’avait pas réalisé vraiment les forces, la puissance mise en branle !

JFB : Et maintenant vous avez décidé de les manipuler vous-même, de les mettre en scène ?

Bono : Oui et puis on peut aussi s’en amuser un peu non !

JFB : Bono il parait que si tu n’avais pas réussi dans le rock tu serais aujourd’hui pompiste…

Bono : Quoi ?!?

JFB : Tu étais pompiste ?

Bono : Vrai ! Comment vous savez ?!

BZ : Nous l’avons lu dans le journal aujourd’hui… C’est le batteur qui l’a raconté (rires) (Le batteur qui n’est pas très bavard mais qui assiste à l’entretien, pique un fard d’enfer. Même s’ils sont toujours physiques les batteurs sont au choix ou timide ou excentriques. Celui de U2 est du côté des timide)

BZ : Le batteur disait aussi que toi The Edge tu vendais des godasses (rires)

Bono : il faut ajouter que je vendais de l’essence avec une grande classe. J’étais déjà dans un groupe et mon boulot c’était d’écrire des paroles. Je le faisais entre deux voitures. Quand il y a eu la crise du pétrole vers 77/78 les voitures faisaient la queue, plus moyen de bosser, j’ai arrété.

BZ : Vous U2 vous sortez de quel milieu ? Classe moyenne ? Ouvrière ?

The Edge : Milieu intellos (rires) Non plutôt une combinaison.

JFB : Votre côté révolté, militant vient d’où ? De la rue, d’une culture rock, du travail, de votre environnement familial ?

The Edge : Notre école était une école très progressiste. C’est là où l’on s’est rencontrés.

Bono : C’était un école gratuite. Ma famille pouvait se permettre de m’y envoyer. Il y avait aussi des gosses plus riches. Dans les autres cultures être un poète ça fait pas un mec. C’est presque pédé. Vous voulez être poète on se moque de vous. En Irlande notre constitution a été écrite par des poètes, des lunatiques et des artistes . Alors même quand vous allez dans des coins prolos, les gens sont cultivés, ils connaissent la poésie, ils chantent des chansons qui ont des textes. Les mots ici ne sont pas censés appartenir à une élite, ils sont aux gens. On énerve à cause de ça nous les irlandais. Et il y a de quoi dvenir un peu susceptibles faces aux cultures qui méprisent le rock.

JFB : Poètes et physiques les irlandais ! C’est tout le rock ça !

Bono(surpris) : Exactement ! exactement !

JFB : Et une classe ouvrière cultivée.

The Edge : Nous avons rencontré Gunter Grass à un rallye anti-nazi. Il disait qu’il avait séjourné dans le conté de Cary pendant les années 60. En marchant dans la rue il avait engagé la conversation avec des ouvriers sur le chemin de l’usine. Il avait été stupéfait pas leurs connaissances des classiques de la philosophie, de la littérature. L’impression qu’il avait gardé , c’est qu’il les trouvait trop bien pour l’usine. Ca n’existe pas dans les autres pays industrialisés. La classe ouvrière irlandaise n’est pas pareille qu’ailleurs.

BZ : Et beaucoup de paysans rebelles ?

Bono : Un grand nombre s’est échappé en France. Il y a une très forte tradition de rebelles irlandais qui quittent le pays por Paris. Paris représente encore pour les irlandais un image de liberté.

The Edge : Est-ce que votre Debord, le situationniste s’est fait arrêté ?

JFB : Non il ne sortait jamais de chez lui. Un d’eux, Raoul Vaneigem va publier une histoire géniale des hérétiques depuis le XIIème siècle.

The Edge : Quelques uns de nos meilleurs amis sont hérétiques.

BZ : Vous sentez vous hérétiques ?

The Edge : J’ai beaucoup de respect pour les hérétiques. Salman Rushdie était à Dublin récemment et il a fait remarquer un point intéressant, dans l’histoire les trois grands procès de l’hérésie furent ceux de Socrate, Galilée et Jesus-Christ. Les trois ont été reconnus coupables d’hérésie.

Bono : Supprimez ces trois et vous supprimez la philosophie occidentale, la science occidentale et la religion occidentale.

On l’a compris maintenant … avec un tel background …

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