U2 par Davis Guggenheim & Stephen Mooallem (Part. II) - U2 France

U2 par Davis Guggenheim & Stephen Mooallem (Part. II)

jeudi 15 décembre 2011 / par Corine/Dead / Tags:

’’Nous avions tous les signes d’une belle réussite. Pourtant, nous avions tous le sentiment qu’il y avait quelque chose de plus important pour nous que ce que nous venions d’accomplir.’—The Edge

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Photo : Anton Corbijn

MOOALLEM Dans quelle sorte de prison pensez-vous être à présent ?

BONO Bien, pendant 20 ans, je pense que U2 a été à la limite de la crédibilité. Je pense que nous sommes tombés et avons plongé et avons esquivé à la limite de cela. En chemin, nous avons fait du beau boulot, et à l’occasion du pas si bon, mais principalement du beau boulot, je pense. Mais cette fois, dans l’immédiat, me semble... Pourquoi tout le monde a besoin d’un nouvel album de U2 ? Tout le monde en a un, je veux dire nous en avons vendu 150 millions. Et s’il nous faut trouver un nouveau public, allons allons en Chine ou un truc du genre. Mais ce groupe devrait juste aller se faire voir et mourir. [Ils se marrent tous.] Voilà le conseil que je me donnerais, à moins que nous ne trouvions un moyen d’être crédible et que nous réussissions. Réussir à ce stade est beaucoup plus facile pour nous. Nous pouvons jouer dans des endroits immense, probablement pour le reste de notre existence. Nous pouvons faire de la grosse musique. Mais pouvons-nous faire de la petite musique ? Sommes-nous encore en mesure de faire de la musique qui passera à la radio ou sera jouée dans des boites ? C’est une grosse interrogation. Je ne suis pas sûr que nous puissions le faire... Je veux essayer. Je pense qu’Edge, Larry, Adam, et moi-même partageons ce même sentiment. Mais rien ne garantit que nous pouvons le faire. Aussi, nous nous trouvons dans une situation très semblable dans l’immédiat.

GUGGENHEIM Vous avez dit combien le groupe, à la fin des années 1980, avait besoin d’abattre le Joshua Tree pour progresser, et qu’Achtung Baby représentait le nouveau son que vous aviez créé pour y parvenir. Les fans voulaient du “With or Without You,” ou “Where the Streets Have No Name,” mais vous leur avez donné quelque chose de totalement différent.

BONO C’est le sexe. Parce que Joshua Tree était totalement ascète. Je veux dire qu’il y avait “With or Without You,” et il y avait quelques moments d’érotisme dessus, mais essentiellement, il y avait les photos d’Anton Corbijn de personnes qui ressemblaient à des pèlerins— et nous nous considérions beaucoup comme des pèlerins. Nous nous intéressions à la religion. Nous étions en quelque sorte des étudiants de la Bible– mais nous étions intéressés par toutes les religions—si ce n’est la grande idée de s’abandonner aux religions. Mais, voyez-vous, c’était les années 1980, et on sentait les coups venir, parce que ce qui s’abat sur soi lorsque les gens découvrent que vous êtes matériels, ou que vous flirtez ou que vous voulez aller en boite pour danser... Ainsi, avec Achtung Baby, il nous fallait élever les avant nous-mêmes. Nous disions, “Oui, on peut s’intéresser à la réalité tout autant qu’à l’angélisme de l’existence spirituelle.”

GUGGENHEIM Il ne s’agissait pas exclusivement de sexe. C’était aussi une manière de se laisser aller à la sincérité.

THE EDGE Bien, le sérieux plus que la sincérité. La gravité c’est le truc auquel nous sommes devenus allergiques à la fin de la tournée Lovetown derrière Rattle and Hum [1988]. Je pense que la pression d’être devenus aussi populaires pour la première fois, ce sentiment que l’on nous avait dérobé un important composant de ce que nous étions personnellement...

BONO L’importance not d’être sérieux.

THE EDGE Ouais. Tout à coup nous nous sommes sentis prisonniers... Aussi, était-ce important pour nous de se construire une liberté pour assurer les retombées—ou simplement pour être qui nous sommes. Nous sortions à peine de la période Joshua Tree où nous n’en pouvions plus. L’album cartonnait dans le monde entier. Nous jouions dans les plus grands endroits accessibles aux personnes qui font ce qsue nous faisons. Nous avions tous les signes d’une grande réussite. Pourtant, à la fin de cette tournée, nous avions tous le sentiment que plutôt qu’avoir franchi la ligne d’arrivée, il y avait quelque chose de bien plus important pour nous que ce que nous venions d’accomplir. Nous commencions seulement à comprendre que le succès que nous venions d’obtenir ne l’était pas selon nous.

GUGGENHEIM Est-ce seulement en parvenant un certain niveau de réussite que cela s’est révélé ?

THE EDGE Bien, on n’en sait rien avant d’y parvenir. Je crois que Bob Dylan a dit un jour, “C’est quand on atteind le sommet que l’on comprend qu’on touche le fond.”

GUGGENHEIM Et Berlin, c’était le fond ?.

THE EDGE La fin de la tournée Lovetown était le fond. A Berlin, nous étions dans le process où l’on repartait à zéro.

BONO Creusant encore plus. [rires]

MOOALLEM Au-delà de ce qui figure sur le disque lui-même, il semblait y avoir une conspirations d’événements et de forces qui l’entourait que ce soit lié à ce qui se passait dans l’industrie musicale, dans les media ou dans le monde de la politique qui amplifiait tout le truc et a fait que ce n’était pas nouveau mais pertinent et dans l’air du temps. Avez-vous ressenti quoi que ce soit de cela alors que ça arrivait à l’époque ?

BONO Bon, le conteste est important. Alors que nous étions en tournée avec le Zoo TV, Sarajevo était assiégée. L’Europe était devenue en quelque sorte impotente face à ce génocide qui arrivait dans sa périphérie, et les Etats-Unis écopaient les Balkans. Le disque qui a suivi Achtung Baby s’intitulait Zooropa, ce qui était vraiment ce que l’on ressentait à l’époque. Et il est très important de se souvenir qu’à ce moment-là au début des années 1990, il y avait beaucoup de personnes qui faisaient ce genre de nouveau punk-rock en culottes courtes et chemises à carreaux. Le mouvement grunge sortait à peine de terre. Nirvana venait de sortir “Smells Like Teen Spirit.” Pearl Jam perçait avec Ten [1991]. Primal Scream avait un truc de très similaire avec Screamadelica [1991]. Puis sont arrivés Radiohead, Oasis. Massive Attack. Bjork. C’était une période très fertile, le début des années 1990. Mais je pense toujours qu’Achtung Baby était assez choquant pour une sorte de public rock blanc à l’époque. Lorsque nous avons lancé la tournée, nous avons ouvert avec huit chansons d’affilée du nouvel album. Je me souviens d’avoir joué à Miami, en mars la même année, alors qu’on venait à peine de démarrer la tournée. Même si les gens avaient en leur possession l’album depuis quelques temps, voir cette tournée, et la simple implacabilité de celle-ci... Les gens étaient blancs comme des linges. Puis, plus tard, c’est en quelque sorte devenu dans l’air du temps et je pense que ce zeitgeist (NDLT : dans l’air du temps) est le mot qui convient parfaitement car c’est le mot qui définit en quelque sorte notre groupe. Ces trucs qui forgent le monde, que ce soit des artistes issus de la pop, la culture, la politique, l’économie ou la technologie, veulent seulement être présents voyez-vous. Ils veulent être là où se trouve le légendaire. Voyez-vous, certaines personnes exècrent notre groupe... Je veux dire que nous sommes détestés. Et lorsque je demande à ces personnes pourquoi elles nous détestent, ce que j’essaie de ne pas faire, elles me répondent souvent : “Bien, c’est parce que vous avez fait ceci,” ou “c’est parce que vous avez fait cel.” Mais je pense que selon nous, la curiosité intellectuelle a toujours fait partie des raisons qui font que certaines personnes deviennent artistes. Ce que j’ai toujours aimé des années 1960, c’est que les groupes s’interessaient à tout un tat de trucs, qu’ils défilaient au côté de Martin Luther King Jr., ou accepter de coucher pour la paix. The Beatles ont monté leur propre entreprise, leur propre label Apple, et s’intéressaient au commerce. Ils se sont également rendu en Inde pour étudier avec le Maharishi. Les Grateful Dead ont fait partie des premiers inventeurs de l’Internet. Aussi, est-ce là le genre de curiosité qui se répand chez les artistes que j’ai toujours trouvée intéressante.

THE EDGE C’est aussi l’époque où la télévision à commencer à explorer plein de territoires à la fois, avec tous ces câbles et chaînes et l’invention des actualités comme une forme de divertissement. Nous étions bouleversés comme tout le monde par jusqu’où les gens allaient pour programmer et par le fait que plutôt que de mettre en compétition, toutes ces chaînes devenaient une sorte de feuille de route pour une programmation de plus haute qualité, en fait rongeait tous ces sujets les uns contre les autres. History Channel s’est retrouvé en compétition avec Discovery Channel contre Sky ou CNN news, et tout devait être aussi sensationnel ou racoleur que possible. Ainsi, c’est devenu ce truc où chacun essayait de surpasse l’autre en termes de sensationnel, et nous nous sommes contentés de nous en saisir et de nous enfuir avec et l’avons retourné. L’un de ces bizarres coups du sort est lorsque nous avons essayé de diffuser les liaisons depuis Sarajevo au beau milieu des spectacles du Zoo TV. Tout à coup, nous offrions ce lien au travers de nos écrans TV de nos venues à un ami à Sarajevo fournissant cette sorte de couverture non éditorialisée de ce qui se passait à l’intérieur du siège de Sarajevo face à 30 000 ou 50 000 personnes soir après soir.

BONO Sans la musique action qui était jouée sur CNN.

THE EDGE Ouais, sans le divertissement. je dois reconnaître que parfois c’était difficile à gérer car c’était tellement brut. C’était vraiment comme un dialogue entre deux personnes, même s’il y avait 50 000 nous présents dans la place.

(à suivre)

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