U2 veut conquérir les ondes radio - U2 France

U2 veut conquérir les ondes radio

dimanche 21 novembre 2010 / par Corine/Dead / Tags:

U2 reste le plus grand groupe de rock au monde mais Bono confie à Andrew Murfett qu’il veut simplement revenir sur les ondes.

par Andrew Murfett

La formation rock irlandaise U2 veut revenir à la radio. Bien qu’elle n’ait pas à rougir des 5 millions d’exemplaires vendus par son dernier opus No Line on the Horizon, sorti l’an dernier, et qu’il lui ait valu d’excellentes critiques, il a échoué à générer ce que son lumineux chanteur leader Bono qualifie d’élément clef en matière de pop — un single tube.

Le mois prochain, son groupe déboulera avec sa tournée à 360° ridiculement ambitieuse — le plus grand spectacle de rock de tous les temps— en Australie.

Les chiffres derrière ce spectacle sont à couper le souffle. Le coût à la journée de cette tournée frôle les 750.000 dollars ; sa scène d’un poids de 390 tonnes, nécessite deux grues de 50 tonnes, 180 camions et six 747 charters cargo pour la transporter.

L’objectif du spectacle — créer une relation intime entre le groupe et 70 à 90.000 personnes par soirée — est régulièrement atteint.
U2 n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Même s’il se trouve à mi-chemin de sa tournée mondiale qui incontestablement sera la plus grosse recette de cette industrie à ce jour lorsqu’elle s’achèvera l’an prochain, il a hâte de passer à la suite.

Ses membres ont passé la majeure partie de l’année en studio à travailler à un album produit par Danger Mouse, le pseudo de l’as de la production américaine Brian Burton (Gnarls Barkley, Gorillaz).

Prévu pour le début de l’année prochaine, il sera précédé par un single en décembre.

"Nous avons près d’une douzaine de chansons avec Danger Mouse", d’expliquer Bono. "C’est probablement le prochain album que nous sortirons parce qu’il s’est fait si facilement."

Le chanteur ajoute que, dans un courant de créativité, U2 travaille à deux autres projets.

Le premier est un album d’inspiration club avec le rappeur des Black Eyed Peas, will.i.am, la super star DJ français David Guetta et le collaborateur de Lady Gaga, RedOne. Bono et le guitariste The Edge tentent de vendre à leurs camarades de jeu, le bassiste Adam Clayton et le batteur Larry Mullen Jr., le concept d’un album de U2 qui s’appuierait sur la vingtaine de chansons que nos deux compères ont écrit pour l’adaptation sous forme d’un musical de Spider-man qui tissera sa toile sur Broadway en janvier 2011.

"Nous expérimentons pour nous découvrir de nouvelles facettes", d’assurer Bono. "Et je pense que nous nous trouvons à l’un de ces points. Nous combattons pour la pertinence. Avoir du succès est bien plus facile qu’être pertinent.

"Il se peut que nous soyons sur le point de sortir le meilleur album jamais fait ou que nous soyons sur le point d’être impertinents."

Il fait une pause pour mieux mesurer la portée de cette déclaration plutôt lourde.

"C’est avec ce sentiment que je me suis réveillé ce matin", poursuit-il.

Fait révélateur, pour la première fois de sa longue carrière, le groupe a canalisé cette productivité dans son spectacle live, incorporant régulièrement six morceaux inédits dans la set de celui-ci.

Le spectacle lui-même est à ne manquer sous aucun prétexte. La griffe dont on a tellement parlé, 50 m de haut, quatre pattes colossales qui surplombent une scène circulaire, un podium, deux passerelles, le sound system, les éclairages et un écran vidéo futuriste comme jamais, miniaturise le plus grands stades du monde.

Elle parvient également à amplifier l’énergie du public. La griffe nous balance la perspective du stade. L’échelle brute et la proportion signifient qu’il n’y a rien entre le groupe et son public ; isl sont encerclés.

Elle dépasse adroitement les bornes entre le spectacle de rock et un match de foot.

Parmi les instants les plus jubilatoires, nous retenons l’arrivée sur scène de ces quatre meilleurs potes dont l’amitié a survécu a plus de trente ans à jouer ensemble.

Avec des lumières blafardes et au son de "Space Oddity" par David Bowie, notre quartet traverse sans être accompagné le public jusqu’à la scène (NDLT : une zone sans public tout de même !). C’est un geste de gratitude envers ses fans, une reconnaissance tue qui fait qu’il a tenu aussi longtemps.

"C’est bien connu que lorsque les quatre membres de U2 montent sur scène en même temps, cela déclenche une réaction involontaire de chair de poule", d’admettre Bono. "Ce qui l’est moins c’est que cela nous arrive également. Les quatre membres du groupe montant sur la scène ensemble signifier que les molécules comment à vibrer à un taux différent. C’est vraiment bizarre."

Nous nous tenons dans les entrailles de l’Olympic Stadium de Rome. Le groupe y arrive trois heures plus tôt à bord d’une espèce de véhicule présidentiel qui traverse la ville — imaginer les sirènes et gyrophares d’hélico de la police — après que son avion de tournée ait atterri en retard à l’aéroport de Rome.

Pas vraiment du genre échalas, en personne l’homme né Paul Hewson n’est pas aussi petit que l’on pourrait croire (1 m 78, pour être exact... Note mesquine de la traductrice avec ses talonnettes, je suppose) et bien qu’il ait gardé ses lunettes, son visage plein de tâches de rousseur sans ride contredit ses 50 ans.

La voix est râpeuse et bien qu’extrêmement polie trahit l’énergie nerveuse de l’homme à quelques minutes d’affronter quelque 80.000 Italiens.

Rome est la dernière étape de la partie européenne de la tournée à 360° pour le groupe avant qu’il ne s’envole pour Auckland le 26 novembre (NDLT : et le 25 avant ça) avant de poursuivre par l’Australie le 1er décembre. Bono est à l’évidence soulagé d’achever une tournée européenne exténuante (NDLT : ce qui est particulièrement compréhensible étant donné le grave accident qu’il a eu en mai dernier).

"l faut un montant considérable de concentration d’énergie pour faire ces spectacles", reconnait-il. "L’on pensait que j’y laisserai ma forme physique. Mais je ne pense pas que ça ait été le cas."

Oui, Bono se sait mortel, vulnérable. D’ordinaire il laisse voir de manière discrète si un proche disparait. Là, c’était différent.

Ses problèmes ont comment le 11 mai, le lendemain de son anniversaire à New York. Alors qu’il répétait pour les 16 concerts nord américains prévus et un tournant de la carrière de son groupe : sa toute première participation au mythique festival de Glastonbury, un disque de son dos a glissé et endommagé un ligament qui s’est déchiré en deux.

"Je déambulais en prétendant que ce n’était rien mais il s’est avéré que j’étais en grave danger", déclare-t-il. "Ces petits bouts qui s’étaient rompus commencer à endommager les nerfs du canal de l’épine dorsale. Je perdais la capacité de marcher."

Il a dû marcher plusieurs jours durant à l’aide d’une canne avant qu’une IRM révèle l’"étendue des dommages. Il s’est alors envolé pour Munich où un médecin lui a dit qu’il avait des chances que sa démarche soit affectée à tout jamais. Au même moment, l’équipement de la tournée du groupe déboulait aux Etats Unis pour la tournée. Rapidement, il est devenu évident que Bono ne serait pas en mesure de jouer. C’est le manager du groupe depuis trois décennies, Paul McGuinness, qui a pris la décision.

Les dates américaines et le précieux Glastonbury ont dû être annulés.

"Nous avons essayé d’éviter le mot ’annulé’", de souligner McGuinness. "Ca a été reporté. Et c’était très inquiétant. Il était paralysé en partie de la jambe droite et souffrait considérablement. J’étais très inquiet."

Le report de la partie nord américaine de la tournée a couté 15 millions de dollars sont la moitié a été couverte par les assurances.

"La tournée avait repris la route, les camions étaient en mouvement, des centaines de personnes venaient des quatre coins du monde. C’était extrêmement stressant et cher d’y mettre un terme, de renvoyer tout le monde chez soi en attendant de savoir combien de temps il lui faudrait pour se remettre — si, effectivement il se remettrait. Nous étions très inquiets pour notre ami", de conclure McGuinness.

Remarquablement, le 6 août après une intensive rééducation, Bono remontait sur scène à Turin, Italie, pensant aux 22 autres dates en stade à couvrir en Europe sur deux mois.

Jour après jour, en tournée, Bono travaillait avec un docteur allemand, "le docteur d’Hitler", qui le faisait "souffrir durant 45 minutes"et un praticien finlandais, "le caresseur finlandais" qui "me travaillait et essayait de dérouiller mon corps".

Sur scène à Rome, les traces de sa grave blessure sont à peine visible lorsqu’il bondit, saute et s’agite en tous sens sur une set endiablée.

Le spectacle s’achève après deux rappels par un morceau de 7 minutes extrait du dernier album sorti l’an passé, "Moment of Surrender".

Malgré sa longueur et le fait que ce ne soit pas un tube, ils sont peu nombreux à quitter la place. Le public attend patiemment que le groupe quitte la scène comme à son arrivée, ensemble, quatre potes de la même équipe après un match exténuant.

"Les promoteurs trouvent ça bizarre. peu importe que ce soit Madonna, Bruce Springsteen, Rolling Stones — lorsqu’arrive la dernière chanson, ils sont près de 20.000 à partir. Et ’Moment’ n’est pas une chanson que tout le monde connait vraiment. Mais elle prouve qu’il se passe quelque chose. Ils veulent que nous repartions tous les quatre ensemble", de préciser Bono.

Une semaine plus tard, lorsque Bono appelle de sa maison avec vue sur la baie de Killiney, près de Dublin, il confesse quelques faits après concert.

"Je me suis autorisé une bouteille de champagne et même quelques coups de poing imaginaires dans le vide."

Nous revenons au sujet de la longévité et je lui suggère que la réaction du public à l’arrivée du groupe sur scène ensemble pourrait aussi simple que de fêter le fait d’être ensemble, que cette relation soit de nature personnelle, de travail ou sportive, c’est tellement inhabituel en 2010 que les gens veulent la voir de très près.

"C’est un truc étrange que d’être toujours avec les personnes avec lesquelles l’on a grandi à l’adolescence", souligne-t-il.

"Non seulement je suis dans le groupe avec mes trois meilleurs amis, j’ai épousé une fille [mon épouse Ali] de mon école qui était dans la classe de The Edge et qui était la seule plus intelligente que lui à cette époque."

McGuinness ajoute : "Au début, tout n’était que question de survie. Il était très difficile de décrocher un contrat avec une maison de disques."

Bono, de son côté, attribue les débuts lents de son groupe à un spectacle live incohérent.

"Lorsque nous tentions de décrocher un contrat, les gens se faisaient virer pour avoir proposé notre nom, parce qu’ils faisaient venir leur boss et que nous étions nuls", renchérit-il. "Et le lendemain, nous étions géniaux. Il semble bien que nous n’avions aucun contrôle sur le résultat. A présent, nous sommes plus cohérents."

Mais cela comporte aussi son lot de défis. "Ce qui m’inquiète avec U2 aujourd’hui c’est que comme le groupe joue si bien, nous pouvons faire en sorte qu’une chanson moyenne paraisse géniale", de raisonnerBono.

Ce qui en partie expliquerait pourquoi le groupe s’est éloigné de sa "famille dysfonctionnelle" de producteurs : Brian Eno, Steve Lillywhite et Daniel Lanois.

"Tous les soirs de cette tournée, nous nous sommes envolés pour entrer directement en studio", de confier Bono au sujet des sessions avec Danger Mouse. "Parce que lorsqu’on entre en studio avec le grondement de la foule dans les oreilles, l’on sait ce qui fonctionne. Lorsque l’on éloigne les musiciens de la scène un peu trop, ils deviennent complètement abstraits dans leur tête. Ils commencent à employer des mots comme ’intéressant’. mais les gens ne veulent nous voir faire quelque chose d’intéressant. Ils veulent quelque chose de passionné et de déjanté.

" ’Intéressant c’est le moment où les musiciens se grattent le menton. Ca ruine tout ce qui est grand et dramatique dans la musique. Ecoutez les Sex Pistols ou Nirvana ou bien le tout premier album de MGMT et vous ne vous grattez pas le menton. Vous dites : ’Wow, c’est extraordinaire’".

De rudes leçons ont été retirées de No Line on the Horizon.

"C’est du sacré boulot", dit-il. "C’est original. mais l’on sent un peu l’engagement sur cet album. Il n’est pas léger. [Le premier single d’Horizon] ’Get on Your Boots’ est une chanson énorme tous les soirs. Le public en devient dingue. Mais elle ne sonnait pas comme ça à la radio.

"Nous n’avions pas de single pour Horizon. Ayant prêché l’évangile de la tolérance zéro contre le rock progressif, j’ai compris que cela commençait à nous arriver. C’est une maladie dangereuse."

Le propos de U2 pour cette tournée est de créer l’intimité à grande échelle, ce qui semble impossible et pourtant arrive soir après soir. L’an prochain, il est fort probable que la formation rock irlandaise occupe sa case de Glastonbury et conclut sa tournée à 360° comme la plus grosse de toute l’histoire du rock.

Pourtant, Bono a des préoccupations plus immédiates. "A présent, notre plus gros défi sera d’avoir une chanson qui passe à la radio. C’est là notre drogue de choix aujourd’hui. J’ignore si nous y parviendrons. Il faut être un sacré programmateur de radio pour dire : ’Je veux cette sensation sur ma station.’ Et peut-être qu’ils ne le voudront pas. Ca va être très dur pour U2 de dominer les ondes radio après No Line on the Horizon. Mais nous allons essayer."

U2 jouera à l’Etihad Stadium avec Jay-Z les 1er et 3 décembre 2009.

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