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U2360° : ’Jamais je ne l’oublierai...’

dimanche 15 janvier 2012 / par Corinne/Dead / Tags:
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’Je n’oublierai jamais arriver sur scène au son de ’Space Oddity’ par David Bowie, soir après soir et dans notre propre vaisseau spatial... pour ensuite décoller ! ’

Bono et Edge abordent l’évolution et les changements du paysage musicale, ce qui se passe en studio pour leur groupe, reviennent émerveillés sur la tournée à 360° et enfin sur leur participation au festival de Glastonbury.

2011 a également été l’année du décès de Steve Jobs, qui n’était pas un musicien mais quelqu’un qui a contribué à transformer la musique pour tout le monde.

EDGE Ce qui est merveilleux dans ce qu’a accompli Steve c’est qu’à l’époque où les autres médias, des jeux vidéo à YouTube, commençaient à monopoliser tout le temps et l’attention, l’arrivée d’iTunes et de l’iPod s’est signifié que l’ordinateur est devenu une bibliothèque musicale. Le phénomène était omniprésent, de nouveau la musique était partout. Il était tellement important que la musique ne soit pas devenue un truc des années 1960, 1970 et 1980 ce qui aurait pu être la fin d’une force culturelle importante des années 1990. Aujourd’hui, la musique se porte aussi bien que jamais - c’est réellement l’économie qui a pris une sacrée raclée et nous espérons que cette donnée sera rectifiée à un certain stade.

BONO Et Apple continuera à être une lumière qui guide par respect de son cœur de métier. Par respect du design, créer des choses de beauté à une époque où cela se raréfie, et par respect envers la musique, comme le respect pour les Beatles lorsqu’on regarde leur page d’accueil. Cela restera avec eux.
Je pense que nous assisterons à une véritable révolution en matière d’œuvre d’art, photographie et textes en tant que métamorphise d’albums sous la forme d’applis. L’expérience de l’écoute de la musique deviendra une expérience audiovisuelle, comme c’était le cas dans les années 1970 avec les pochettes de 33 tours sauf qu’aujourd’hui ces dernières seront numérisées pour ipad et autre écran plasma. Je suis enthousiaste pour ce qui est de cet avenir mais attristé par le fait que Steve ne sera pas là pour le voir.

Les bouleversements du paysage musical numérique, d’iTunes en passant par Spotify et Facebook, donnent-ils une information sur la façon dont les artistes envisagent leurs futures sorties ?

EDGE La tendance est une pression très forte pour initier la réflexion ne serait-ce que pour une seule chanson. Même lorsqu’il s’agit de gros disques, les gens ont tendance à n’acheter qu’une seule chanson. Cela nous renvoie à l’époque qui a précédé le 33 tours où tout n’était que 45 tours. Nous avons en quelque sorte résisté contre ce phénomène parce que nous aimons le format album, c’est ce avec quoi nous avons grandi, aussi pour nous ce sera encore une réflexion en termes d’album pour un petit moment.

BONO Mais ils ont intérêt à être bons, nous n’en sortirons pas à moins de penser de penser que chaque chanson sur celui-ci est primordiale.

EDGE Et nous sommes avides ! Nous vouons avoir un impact sur de nombreux niveaux. Nous voulons avoir l’impact d’une compilation de chansons qui accompagnera les gens tout au long de leur existence, qu’ils auront dans la peau, mais nous voulons également bénéficier de l’impact démultiplié du 45 tours, le single génial qui atteint des lieux et des personnes en très grand nombre ce que ne peut faire un album. Nous avons parlé d’‘England Shakes’ de PJ Harvey le qualifiant de l’un des plus importants enregistrements de l’année ce qui prouve qu’il est encore possible de faire de grands albums, de permettre à des chansons de s’émanciper et de lutter pour leur propre place dans cette culture. L’objectif ultime étant d’obtenir un album d’airs tellement fascinants qui non seulement conviendront à ce que les gens aiment mais en fait bouleverseront également ce qu’ils aiment – c’est là notre ambition.

En gros, les derniers albums de U2 en studio sont sortis tous les quatre ans… un indice sur la sortie potentielle du prochain ?

BONO Nous ne le savons pas encore mais nous avons trois albums sur lesquels nous travaillons sur trois. Notre bon ami Chris Martin nous a dit : ‘Pourquoi ne pas les rassembler et les sortir maintenant ?’ Ce qu’il dit est très pertinent mais ça n’est tout simplement pas notre façon de travailler. J’aimerais croire que les choses vont continuer à se dérouler aussi bien que jusqu’à maintenant avec Brian Burton - c’est-à-dire Danger Mouse – puis nous allons pratiquer une sorte d’électrochoc sur certaines personnes au moyen des nouveaux sons et chansons que nous possédons.

Quelques mois se sont écoulés, avez-vous eu le temps de prendre un peu de recul et de réfléchir au phénomène U2360 ?

EDGE Ça a été une expérience incroyable du début à la fin. J’ai encore en mémoire la première fois que j’ai vu cette scène sur laquelle nous allions jouer, c’était à s’en décrocher la mâchoire de la voir là plantée au beau milieu du stade à Barcelone. Ça a également été un vrai rêve de travailler avec cette infrastructure parce que le son en stade était bien meilleur que ce à quoi nous étions parvenus par le passé. Nous avons réussi à faire quelque chose de différent en présentant un groupe en direct et c’est une sensation géniale.

BONO je me souviens également que le soir d’ouverture et même lorsque la scène ou l’un des musiciens nous faisait défaut, les chansons elles s’écrasaient sur le sol juste en face de nous, des erreurs de partout, je ne parvenais tout simplement pas à effacer ce sourire de mon visage. Je savais que ça marchait ! nous avons mis notre public au centre de notre spectacle, c’est ce qui est arrivé à 360°, le public était la production. Au bout d’un moment cette mégastructure s’effaçait, il ne subsistait que quatre musiciens dans cette gigantesque marée avec des vagues et vagues nous entourant et aspirant dans une spirale d’émotions. Je n’oublierai jamais arriver sur scène au son de ’Space Oddity’ par David Bowie, soir après soir et dans notre propre vaisseau spatial... pour ensuite décoller ! Je ne sais pas comment nous allons surpasser cela, je pense qu’il nous faut aller en salles, faire quelque chose de plus petit.
J’aimerais que les gens comprennent – et je pense que c’est le cas – que la majeure partie de l’argent provenant des caisses a été dépensé pour la production et les personnes qui nous l’ont fournie mais que nous nous en sommes sortis tellement gâtés et super récompensés. Mais j’ai entendu des conversations avec des fans d’autres groupes et qui disaient : ‘Je suis allée voir cet autre groupe et bien entendu, il n’avait pas besoin de toutes ces astuces, ils n’avaient pas besoin de ces éclairages ou de quoi que ce soit de cette production...’ Mais, j’ai essayé de leur dire que le prix de la place était le même…
Les gens comprennent l’équipe, la technologie et la passion qui ont été nécessaires pour monter et démonter cette tournée soir après soir, et la troupe U2 a véritablement brillé comme elle ne l’avait jamais fait auparavant. Mais ces sept millions de personnes qui ont assisté à ces spectacles, ce sont vraiment elles pour qui nous travaillons et comme je l’ai déjà dit - et je le pense sincèrement chaque fois que je le dis – elles nous ont offert cette vie incroyable. A un stade où beaucoup de personnes ne sont pas à la fête en raison du climat économique environnant, on nous donne cette incroyable tournée couronnée de succès. C’est à nous de les remercier.

Et votre groupe a enfin pu jouer à Glastonbury ?

BONO Lors d’une journée de repos durant notre tournée nord américaine, c’est dingue ! Mais ça a vraiment été un public qui nous a accueillis alors que l’endroit ressemblait à quelque chose qui allait être emporté par les flots. Les gens ont été vraiment généreux envers nous, y compris ceux qui manifestaient. J’admire les gens qui s’organisent et qui sont des agitateurs bien que dans le cas présent, je ne suis pas sûr qu’ils aient compris les sujets dans lesquels ils s’étaient engagés : vous savez ce truc selon lequel U2 est abrité dans un paradis fiscal, ce qui bien entendu n’est pas le cas. L’un des éléments clefs de l’économie irlandaise et sa compétitivité en matière d’impôts et les Irlandais se battent pour la conserver, de sorte aucun Irlandais bien pensant refusera à une entreprise irlandaise la chose même que nous offrons aux entreprises internationales mais, vous savez les gens ne considèrent ça qu’en surface.
Glastonbury n’était pas un spectacle ordinaire de U2, c’était bien plus boueux et énervant et la scène ressemblait à une patinoire aussi n’avais-je pas vraiment la possibilité de me déplacer. Mais c’était une déclaration d’intention de notre part qui est que nous vouons toujours aller à la rencontre d’un nouveau public et que ça ne nous dérange pas si pour ce faire nous devons nous rendre dans un champ boueux sous la pluie pour les y retrouver. Nous vouons conserver de la fraîcheur pour notre public de la première heure en en trouvant de tous nouveaux. La set spéciale d’une heure pour la BBC c’est quelque chose dont nous sommes particulièrement fiers.

Combien de temps faut-il pour pénétrer à nouveau dans l’orbite terrestre après deux années à bord d’une station spatiale ?

EDGE Pas la moindre idée ! Seuls nos amis et nos familles sauraient vous dire ça. A la minute même où je suis rentré chez moi, je pensais que j’étais complètement normal mais tout le monde autour de moi pourrait vous raconter toute autre chose…

BONO Lorsque Edge est retourné à la ruche, j’ai pensé alors que tout allait bien se passer pour lui !

De merveilleux groupes vous ont accompagné sur la route au cours des ans et parfois les plus jeunes vont allusion au ‘U2 chat’. Quels conseils donneriez-vous aux groupes qui débuteraient aujourd’hui ?

EDGE Ce qui nous importait à nos débuts en tant que groupe était de tenter de décrocher des dates de concert et ensuite signer un contrat avec une maison de disques. Aujourd’hui les gens sortent leurs propres disques, aussi l’insistance sur l’importance de la maison de disques n’est plus la mêmes, c’est un univers totalement différent. Mais au bout du compte, les gens existeront toujours bien longtemps après notre disparition.

BONO Une chanson. Jimmy Iovine m’a dit un jour un truc génial : ‘Les gens veulent plonger dans les années 19970 sans ambages alors qu’ils n’ont pas encore traversé les années 1960.’ Dans les années 1960, le songwriting en œuvre relevait véritablement de l’art - The Beatles, The Beach Boys, The Hollies… - avec un tel focus sur la chanson. Ainsi, dans les années 1970, lorsque les groupes de hard rock et punk rock ont déboulé, ils ont été informés par la discipline des grandes chansons. Mais si l’on oublie les années 1960 et que l’on démarre par les années 1970, on perd alors cette dimension. Aussi mon conseil serait qu’une chanson peut changer votre monde, qu’une chanson peut changer le monde.

Hors sujet musique, en terme d’Histoire 2011 a été une année remarquable…

BONO Une année capitale, ce millénaire a véritablement commencé en 2011 sur la place Tahrir. Le modèle du pouvoir passé qui consistait en une pyramide avec à son sommet le pouvoir et le peuple à sa base a été inversé. Il a été renversé, ironiquement au pays des pyramides. A présent, le truc le plus puissant est que la base et le sommet doivent écouter ou n’être pas crédibles. Cette connectivité entre les gens que les médias sociaux ont rendu possible doit en être le moteur : à l’ère de l’information il est très difficile de se planquer lorsqu’on est dictateur ou despote essayant d’arnaquer son peuple. Tout est exposé, la transparence est le maître mot de l’année de l’activisme.

Et l’activisme et les changements sociaux sont toujours au cœur des préoccupations de U2, on l’a vu tout récemment avec la zone (RED) tout au long de la tournée à 360°. Qu’en a-t-il résulté ?

EDGE Oui, au début de cette tournée nous avons décidé pour la première fois de nous engager dans le marché secondaire de la vente de places avec les billets en zone (RED). Tous les soirs, nous avons permis la mise aux enchères d’une petite quantité de places dont les profits iraient à la campagne (RED). Au final, cela a généré douze millions de dollars pour le Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis and Malaria (Fonds global pour la lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria). C’est quelque chose dont nous nous enorgueillissons.

BONO C’est vrai - et cet argent permettra de soutenir des systèmes de santé vitaux dans les pays en voie de développement. Cela maintiendra de nombreuses personnes en vie.


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