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Une ’Long Walk’ avec Mandela mais un raccourci de son histoire

dimanche 1er décembre 2013 / par Corine/Dead / Tags:

Certains films essaient de souligner leur authenticité en exhibant dates, noms, lieux à l’écran. Mandela : Long Walk to Freedom propose dates et lieux mais pas grand-chose du côté des noms. Le résultat est l’histoire d’une transformation nationale qui semble ne réellement importer qu’à deux personnes.

L’une d’entre elles, bien entendu, est Nelson Mandela, dont les mémoires ont été la source majeure du script de William Nicholson. Tel qu’incarné par Idris Elba, Mandela montre une présence physique puissante. Le film nous donne à voir son protagoniste marcher, courir et faire des pompes pour la liberté. Même pendant vingt-sept ans d’incarcération, sa vigueur ne vacille que rarement.

L’autre dynamo est Winnie Mandela, la seconde épouse de Nelson et son ultime adversaire, et Naomie Harris véhicule férocement cette rage et certitude qui en font le personnage le plus intéressant de ce film. Les scènes où elle refuse de rejoindre la campagne de réconciliation raciale de son époux sont les plus fortes et complexes.

Pourtant, ailleurs, la complexité ne semble pas être la priorité du réalisateur Justin Chadwick, dont les précédents long-métrages incluent la mauvaise fiction mielleuse, The Other Boleyn Girl. Il y a beaucoup à faire à l’écran avec les 95 années de Mandela, plus quelques séquences de rêves mièvres et seulement 139 minutes pour cela.

Chadwick commence, après un aperçu de la modeste enfance rustique du grand homme, par le travail de Mandela en tant qu’homme de loi à Johannesburg dans les années 1940. Notre jeune avocat affiche une bravade érotique particulièrement mordante — et risquée — dans une Afrique du sud pieusement raciste. Mandela ne se contente pas de flirter, de caresser et de tromper des femmes noires ; il embarrasse une femme blanche pour la faire abandonner une affaire de vol en présentant des sous-vêtements contestés à la cour.

L’histoire passe ensuite de manière discordante au massacre de Sharpeville de 1960, au cours duquel la police avait ouvert le feu sur les manifestants non armés. Ce célèbre outrage est employé ici comme raccourci narratif pour montrer le tournant radical de Mandela, qui dans les faits était intervenu largement avant. Peu importe : il commence à œuvrer avec le Congrès national africain et son aile militaire, Spear of the Nation (lance du pays).

Arrêté en 1962, Mandela est jugé avec sept autres hommes. Un petit détail est tout ce qui les différencie : on distribue des shorts aux noirs tandis que le prisonnier de descendance indienne a droit à un pantalon. La plupart de ses hommes feront partie des compères de Mandela vingt-sept ans plus tard et, pourtant, ils ne nous sont jamais présentés.

Voilà qui est typique de ce film trop étroitement centré sur son homonyme. De temps en temps, les cinéastes ouvrent le récit et le remettent dans son contexte, d’ordinaire en faisant appel aux images d’époque du journal télévisé. Pourtant, la plupart du temps, ce film s’adresse à des personnes qui connaissent déjà un peu l’histoire de l’Afrique du sud de 1942 à 1994, ou à celles qui s’en fichent.

La carnage noir du début des années 1990 est invoqué mais non expliqué ; en fait cette période est décrite presque à contrecœur, comme une petite embuche ennuyeuse sur la voie du triomphe électoral de Mandela. Enfin, le président d’Afrique du sud va à la rencontre de son peuple annoncé par la guitare tintinnabulante de ... The Edge de la formation rock irlandaise U2.

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Enrôler nos pompiers irlandais pour ce final musical florissant est une note bizarre qui en dit long. Ce film a été entièrement tourné en Afrique du sud et révèle une lumière dorée sur des terres sèches jaunes. Mais cela reste un film très britannique, une vision respectueuse à distance convenable.

La performance d’Elba se fait l’écho de cette approche qui est en accord avec l’homme public et non celui de l’intimité. Mandela : Long Walk to Freedom aborde à peine histoire et psychologie, délivrant de fait son compte-rendu de la saga de l’autodétermination sud africaine aussi opaque aux yeux des érudits que des observateurs ordinaires.

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