Réalisation artisanale - U2 France

Réalisation artisanale

dimanche 24 novembre 2013 / par Corine/Dead / Tags:
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’Une dizaine de minutes environ avant de le commencer, j’ai reçu un texto de mon cousin Mark me signalant que Rolling Stone avait qualifié ce morceau d’hommage de U2 à Mandela. Pas de pression alors !

La chanson Ordinary Love, composée pour ‘Mandela : Long Walk To Freedom’, s’accompagne d’un clip vidéo saisissant intégrant les paroles de celle-ci écrites à la main qui apparaissent et s’effacent au fur et à mesure du morceau.
Cette approche quelque peu inhabituelle est l’œuvre de deux artistes visuels, l’Irlandais illustrateur Oliver Jeffers et l’Américain animateur et auteur de collages Mac Premo. Nos deux compères, issus d’un centre artistique de Brooklyn, sont amis depuis qu’ils se sont rencontrés adolescents dans un camp de vacances estivales au nord de New York. Pour l’heure ils sont relation via skype avec Stuart Bailie pour U2.com depuis le studio d’Oliver et se souviennent de comment ils sont arrivés à leur approche pour Ordinary Love. Au cœur de ce titre, le récit des 27 années d’emprisonnement de Nelson Mandela en Afrique du sud.

 
U2.com : Pouvez-vous nous expliquer l’idée derrière ces mots qui disparaissent ?

Oliver :  "Il est question de la difficulté de l’amour permanent. La correspondance entre Nelson Mandela et Winnie (sa femme, à l’époque) fonctionnait tellement bien en milieu confiné mais lorsqu’il a été libéré, la réalité du monde a laissé ses traces et l’a faite disparaître. Aussi, il s’agissait de montrer l’absence de permanence, vraiment. C’est démoralisant mais aussi réconfortant à un certain degré lorsque cela vous inspire pour vous dépêcher un peu.
Mac : L’idée des écrits qui s’effacent peu à peu repose sur le fait que lorsque les choses disparaissent, souvent, la rupture n’est pas nette. Elles s’amenuisent sous différentes formes et manières. Ce n’est pas un processus clair. On ignore comment cela se produit exactement mais on voit bien que cela arrive. Je pense qu’Oliver et moi-même avons ensemble réagi à cette chanson de manière à ce que l’on n’ait pas l’impression d’avoir enrobé un véritable moment de l’épopée d’un homme. L’opportunité de décrire cet élément humain de quelqu’un d’aussi grand est une belle leçon d’humilité. Nous voulions faire notre meilleur travail pour rendre cela.

U2.Com : Comment a eu lieu la commande ?

Oliver : J’ai rencontré Bono grâce à une connaissance commune plusieurs fois et nous avons discuté de mon travail. Puis, on m’a demandé de faire la typographie pour le film de TED (NDLT : Technology, Entertainment, and Design… conférence sur la technologie, le divertissement et le design), j’ai vu que le nom de Bono faisait partie de la liste des orateurs de TED (‘La bonne nouvelle à propos de la pauvreté’). Je me suis dit : ‘Nous allons y être, il y sera, je lui enverrai l’un de mes livres d’art’. Et c’est ce que j’ai fait.
Il est entré en contact à l’idée de la réalisation des visueles pour son discours que je ferais - qui n’a pas marché - mais notre conversation a été suffisamment intéressante pour qu’il me demande de participer à l’atelier qu’il donnait pour TED. Mac et moi-même nous y sommes rendu, sommes tombés amoureux de la Fondation ONE et le résultat a été une invitation à la réalisation d’un film pour ONE, et pour lequel nous avons demandé à Bono d’être la voix off.
Après l’avoir vu, Bono m’a demandé si j’étais disponible pour réaliser un clip avec paroles pour ‘Ordinary Love’ (et) cela s’est poursuivi par un entretien au travers du Studio AKA (le studio d’animation londonien qui a travaillé à l’adaptation du livre d’Oliver, ‘Lost and Found’ - NDLT : perdu et trouvé). L’intention originale avait été d’animer des mots qui disparaissaient simplement mais lorsque j’ai recommencé à y travailler avec Mac nous avons pensé que plutôt qu’avoir des aspects CGI pour faire dipsaraître les écritures, il y avait moyen que cela se fasse avec la caméra.
Mac : C’est rapidement devenu une sorte de truc moins à propos de graphiques par ordinateur et plus de l’exploration artistique au moyen de la caméra, un truc fait à la main/artisanal. Et c’est vraiment un gros boulot que nous avons fait. Avec de nombreux trucs qui ont été faits avec Oliver et moi-même, il y a beaucoup de découverte dans le processus. Le processus informe sur le produit.
Oliver : C’est véritablement une réaction contre tout ce qui se professionalise. Il y a un joli rebond à partir de cela. Tout ce que l’on voit dans nos films est ce que la caméra voit. Mis à part un endroit très évident.

U2.Com : Dans ce clip, y a-t-il une réelle ou imaginée connexion avec l’une des prisons dans laquelle Mandela a été captif ?

Oliver : Nous étions au courant de ce qui avait inspirée la chanson et puis nous avons découvert qu’elle allait être loée au film ‘Mandela : Long Walk To Freedom’.
Mac : Nous avons regardé la bande annonce et il y a une impression dans les couleurs et les textures qui joue dans notre processus artisanal. mais alors que le film se déroule, il y a une décision collective d’essayer et d’incorporer les deux pour mailler le film sur Mandela et le clip texte. Aussi, avons-nous commencé à glaner des idées du film.
Oliver : il y a cette scène dans le clip avec l’ascenseur de fret et la cage au-dessus, nous avons vraiment tourné après la première phase de révision parce que cela parlait plus de la cellule dans laquelle il avait été captif pendant si longtemps. La plupart du cli a été tourné dans l’immeuble Invisible Dog où Mac et moi-même avons nos studios. Il y a une scène qui a été tournée dans Prospect Park. Tout le reste comme le côté des murs et où l’on voit le ciel est tourné sur le toit de cet immeub le.
Mac : L’Invisible Dog Arts Centre est à Brooklyn et le directeur est un homme du nom de Lucien Zayan. Il veut vraiment encourager des environnements créatifs aussi lorsque nous nous sommes adressé à lui pour lui demander si nous pouvions en gros écrire sur tout son immeuble à la craie ou à la peinture, il a répondu : ‘Yes’. Ce qui est encore choquant. C’est un bel immeuble vieux d’une centaine d’années et lorsque Lucien en a fait un centre des arts, il n’a pas fait une tonne de restauration ou caché ce à quoi il ressemblait depuis si longtemps. Aussi ce lieu a-t-il beaucoup de caractère et de passé, de nombreux beaux aspects dans ce bâtiment. Ça a été un plaisir de l’utiliser comme toile.

U2.Com : Oliver, il y a un portrait de Mandela dans la video. Est-ce que ça a été un moment de pression, de tenter de peindre un icon ?

Oliver : Mon Dieu, oui. L’une des décisions de dernière minute a été de rendre le lien beaucoup plus directement évident, d’avoir l’image de Nelson Mandela dedans. Pour être honnête, Mac et moi avons longtemps repoussé cette idée. Nous ne parvenions pas à voir comment il pourrait s’intégrer et c’est alors que le groupe s’est rassemblé pour m’appeler par téléphone sur haut parleur au cours du petit déjeuner dominical. Il a mis près d’une dizaine de minutes pour m’expliquer pourquoi c’était aussi important, sa connexion avec l’homme et le film. C’est devenu beaucoup plus clair aussi Mac et moi-même nous sommes mis ensemble pour brainstormer.
L’idée qui englobe le tout est que tout est créé et que tout est emporté. Tous les mots sont faits de manière visuelle pour être ensuite effacer en quelque sorte. Mais faire que cela arrive à Mandela semblait d’une certaine façon irrespectueux. Aussi, avons-nous eu cette idée au début du clip que le soleil se levait puis nous reviendrons vers lui et verrons le portrait créé dans ce laps de temps et à la fin du clip, le soleil serait au zénith. Ça semblait beaucoup plus respectueux.
Tout le monde était d’accord avec ça et c’est alors qu’est arrivé le laps de temps durant lequel le portrait était créé en fait et je me suis dit : ‘Oh ouais, maintenant je dois peindre un portrait de Mandela’. Une dizaine de minutes environ avant de le commencer, j’ai reçu un texto de mon cousin Mark me signalant que Rolling Stone avait qualifié ce morceau d’hommage de U2 à Mandela. Pas de pression alors !
Mac : Nous sommes montés sur le toit vers six heures moins le quart pour l’arrivée du lever du soleil. Ce qui est drole c’est que le soleil devait venir au-dessus de la cloison du toit d’où nous le filmions. Je dois dire qu’il y avait un plaisir fraternel à attendre quatre heures durant à observer Oliver se tortiller avant qu’il ne commence son portrait laps de temps. Nous voulions tourner alors que le jour pointait. Il n’avait rien que l’on pouvait faire d’avance que l’on placerait ensuite dedans. il n’avait pas une heure ou deux pour faire en sorte que cela arrive. Étant donné la nature de ce laps de temps, il y avait une pression d’enfer.

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U2.COM : Il y a également une photo de Bono dans ce clip.

Oliver : Lorsque nous avons assemblé tout cela, nous nous sommes rendu compte que ‘fight you’ convenait parfaitement pour les huit articulations des doigts. Nous nous sommes dit que s’il fallait des jointures et un visage autant que soit celui de l’un des membres du groupe. Aussi, lui avons-nous demandé et il nous a dit : ‘Venez par là’. Aussi Mac et moi-même y sommes allés.
Mac : C’était dans un bureau sans fenêtre vers onze heures du soir avec la lumière d’un halogène. Litérallement un instant où l’on utilise tout ce qui est possible aux studios Electric Lady.

U2.Com : Y a-t-il eu un moment où vous vous êtes installés dans une pièce et avez laissé le groupe le visionner ou vous êtes-vous contentés de lui envoyer ?

Mac : Il y a eu de nombreuses représentations de ce clip. La première chose a été de mettre le tout dans un storyboard et de trouver toutes ces idées et toutes les séquences qui fonctionnait métaphoriquement. Et ensuite, après les premiers jours de tournage et avoir regardé le montage nous sommes tous tombés d’accord pour dire qu’il devait être fait à partir d’une caméra plutôt que numériquement.
Nous avons tout mélangé, ajouté des jours de tournage, sommes revenus en arrière, avons construit d’autres trucs et puis tout a été balancé dans le mixeur de la créativité. Aussi, nous avons envoyé différentes versions et avons eu des retours. Il y a eu pas mal d’allers/retours en matière de collaboration créative. Et à un moment donné, nous avons envoyé au groupe une dernière version et dit : ‘Ça y est. C’est la version finale.’ Et le groupe nous a répondu : ‘Oui, c’est génial.’

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