jeudi 15 février 2007, par Corinne/Dead
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Par Sophie Hares
Des pulls tricotés à la main, des pantalons délavés ou des chemises tissées grossièrement dans un éventail de couleurs tristes nous venaient immédiatement à l’esprit lorsque l’on mentionnait les vêtements équitables.
Aujourd’hui, cette image du mal fagoté disparaît alors que les marques inondent les podiums de la semaine de la mode de Londres avec des vêtements soyeux et des détaillants faisant des affaires en or grâce à la conscience sociale accrue des consommateurs en matière de commerce équitable et d’une palette de coton organique.
"C’est la traduction très logique pour le consommateur de sa façon de penser en matière de nourriture qu’il donne à son corps et des vêtements dont il le revêt", de préciser Chris Sanderson de The Future Laboratory, un consultant de tendances à venir.
Les acheteurs britanniques ont dépensé 43 millions de livres Sterling (soit 83.45 millions de dollars) en vêtements équitables en 2004, 30 % de plus que l’année précédente et près de 340 millions de livres Sterling en vêtements de friperie « motivés par l’équité » selon la Co-operative Bank.
Avec une demande pour des vêtements à la mode de haute « traçabilité » que l’on s’attend à partir en fusée, les détaillants parient sur une tendance lucrative avérée.
"La majeure partie des affaires commencent à comprendre qu’elles peuvent se faire de l’argent grâce aux consommateurs équitables", de poursuivre Sanderson.
Le Britannique Marks & Spencer saisit au passage jusqu’à près de 30 % des fournitures en coton équitable du monde entier pour sa gamme qui grimpera jusqu’au 12 millions d’articles tells que t-shirts et jeans.
Le Suédois Hennes & Mauritz (H et M) va sortir une petite collection de printemps en coton organique, tandis que la chaîne de mode Topshop augmentera sa ligne éthique en collaboration avec People Tree, qui soutient les fabricants de la communauté dans 20 pays en voie de développement.
La marque de luxe Noir a contribué à réinventer les vêtements équitables grâce à ses composants soyeux et ses modèles sexy qui ont reçu des critiques enthousiastes lors de ses présentations au cours de défilés et une grosse part des ses revenus va aux médicaments et à de micro prêts en faveur des communautés africaines faisant pousser le coton.
"Lorsqu’on m’a donné l’occasion de lancer ma propre marque je me suis demandé pourquoi ne pas le faire de manière socialement responsable", d’affirmer Peter Ingwersen, de Noir. "Mais je n’ai pas été très impressionné par ce que j’ai vu des matériaux si épais que vous auriez pu les fumer."
Edun, la marque dirigée par Ali Hewson, l’épouse du chanteur leader de U2, Bono, s’est également créé une image de mode à la conscience sociale dans le but de booster "des emplois durables à long terme" dans des pays tels que le Lesotho qui produits des hauts et des vestes.
EXPLOITATION
Malgré une vague martelée en faveur des vêtements équitables, les critiques déclarent qu’il se pourrait qu’il y ait d’autres problèmes moraux qui rodent pour les consommateurs qui achètent ces vêtements.
Tandis que les géants de la vente au détail promeuvent avec fougue leurs produits en coton issu du commerce équitable, certains militants du droit du travail affirment que ces vêtements proviennent souvent de fabriques situées dans des pays tels que la Chine, le Bangladesh et le Cambodge où les salaires sont bas et les droits des travailleurs difficiles à surveiller.
"Il y a un si grand nombre de problèmes divers issus de l’équité. Acheter quelque chose fabriqué en coton organique ne signifie pas qu’il n’y a pas eu d’exploitation tout au long de la chaîne de production," de souligner Sam Maher, une porte parole de la campagne Labour behind the Label (le labeur derrière l’étiquette).
"Il n’est pas une société dont nous sommes en mesure de dire que nous pensons que vous pouvez acheter les produits car nous ne savons pas avec certitude si leurs produits n’ont pas été fabriqués dans les conditions d’ateliers clandestins."
Même le lancement de toutes petites lignes étiques peuvent aider les grands détaillants à obtenir un "green halo" (halo vert), alors que cela ne peut concerner qu’une fraction des millions de vêtements qu’ils vendent chaque année.
"Il s’agit d’assembler la rhétorique et la réalité et de s’assurer que les consommateurs ne sont pas détournés par les entourloupes marketing de ces compagnies qui se déclarent aujourd’hui vertes (équitables ou écologiques)", affirme Luke Upchurch, porte parole de Consumers International.
Marks & Spencer met en avant son appartenance à l’Ethical Trading Initiative et affirme que toutes les usines qu’il emploie opèrent selon le credo de la compagnie "core standards" (noyau des standards), sans tenir compte des lignes produites.
"Nous sommes vraiment transparents sur le fait que le commerce équitable ne doit pas être une grosse feuille pour les autres choses dans la ligne d’approvisionnement", de préciser Katie Stafford, manager du développement durable de M&S.
"Nous plaçons le commerce équitable au sommet en tant que message indiquant qu’à présent vous pouvez aider n’importe quel commerçant de coton, ce qui représente 6 ou 7 étapes dans la chaîne de production."
Safia Minney, fondatrice de People Tree qui fait équipe avec Topshop, affirme que la plupart des détaillants ont encore à mettre en avant la conformité sociale avant le coût et le temps en mesurant la satisfaction de la demande du consommateur pour une mode changeante et peu cher.
"Il n’existe pas encore ce genre de truc", de souligner Minney, dont la compagnie utilise du coton organique et finance un nombre de projets sociaux et environnementaux.
"Fabriquer selon les standards étiques devrait absolument être la norme, ce que nous observons aujourd’hui est bien plus de l’avertissement au consommateur et de la pression pour faire la différence."
En savoir plus : Reuters
Lien permanent : http://www.u2france.com/actu/article10038.html
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