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Bono témoin de la situation du sida et de la séropositivité à Oakland

dimanche 4 mars 2007, par Corinne/Dead

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Auteur : Joshua Richman

La rock star et militant Bono a qualifié la communauté afro-américaine d’Oakland (Californie) d’épicentre à la fois de l’épidémie du sida et de la séropositivité mais aussi d’épicentre de la résistance à cette même épidémie après avoir rencontré vendredi des patients, des fournisseurs de services et des membres du clergé.

"Je suis une rock star pourrie gâtée, je le sais, mais j’ai une grande gueule et je vais m’en servir", a déclaré le chanteur leader de U2 aux journalistes lors de la conférence de presse suivant une rencontre de deux heures derrière portes closes à l’Allen Temple Baptist Church. "Je suis ici en tant qu’étudiant, réellement."

Le musicien irlandais âgé de 46 ans — réputé pour son œuvre sur l’annulation de la dette et la séropositivité, particulièrement en Afrique — était de passage à Oakland sur invitation de la représentante au congrès Barbara Lee, du district d’Oakland. Elle a déclaré vendredi que cette manifestation était "une autre tentative pour rompre le silence en rapport avec la pandémie internationale de la séropositivité" qui dans ce pays affecte disproportionnellement les Afro-américains.

Elle a loué Bono, le qualifiant de "grand homme du spectacle mais également merveilleux artiste visionnaire et de grand humanitaire" qui "continue de battre le tambour contre la misère dans le monde." Elle a précisé que Bono s’envolerait plus tard ce même vendredi pour Los Angeles afin d’y recevoir son prix de "Chairman’s Award" décerné dans le cadre de la 38e édition annuelle de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) Image Awards.

Louanges mutuelles

"Quelle femme... Bonté divine"... "Je marche sur les traces qu’elle et d’autres, tels que vous estimé maire, avez laissé... C’est une lionne."

Le maire Ron Dellums présent, ne tarissait pas non plus d’éloges à l’égard de Bono pour son travail international ni de Lee soulignant sa manière de penser internationale et son action au niveau locale. Dellums a affirmé que les libérés sur parole de la prison d’Oakland revenaient "telles des balles dans notre communauté" séropositifs. "Il s’agit désormais d’un problème dont il faut parler qui a besoin d’être confronté au contexte de la santé publique."

Le pasteur de l’Allen Temple, J. Alfred Smith a souligné que son église avait 17 de ses membres dépêchés au Zimbabwe, travaillant dans un foyer pour des orphelins du sida, tandis qu’ici à Oakland, les infrastructures de l’Allen Temple Manor abritaient des résidents séropositifs.

"Les églises doivent briser le silence qu’elles ont instauré sur le problème de la séropositivité", d’affirmer Smith. "Mr. Bono : continuer d’avancer. Congressiste Lee : continuer à être la conscience du congrès américain. Maire Dellums : continuer à nous encourager à défendre de justes causes."

Bono a déclaré que bien qu’il ne soit "qu’au commencement d’un débat" sur la communauté afro-américaine atteinte du sida ou séropositive, il croit que la misère et l’"émasculation" qu’ils provoquent — des hommes ayant des relations sexuelles non protégées et abusant de drogues pour contrer leurs sentiments d’impuissance socio-économique — sont l’une des raisons clefs de la propagation de cette maladie.

"Ce sont des réactions parfaitement humaines", a-t-il poursuivi ajoutant que les communautés religieuses seraient vitales pour contrecarrer ceci tout comme elles l’étaient en Afrique, aussi longtemps qu’elles apprendraient à embrasser les porteurs de cette maladie sans les stigmatiser. "Il est difficile pour l’église de parler de la sexualité mais c’est crucial... Nous avons besoin de personnes intelligentes pour en parler."

Interrogé sur la suite, il a confirmé qu’il n’était venu que pour "écouter et apprendre", mais qu’il connaissait des musiciens et des athlètes afro-américains qu’il aimerait faire venir à Oakland pour témoigner de la situation comme lui le faisait.

Il a également encouragé les personnes à se rendre sur le site de la campagne One et d’y adhérer. Des douzaines d’associations luttant contre la misère et lui-même l’ont lancée en 2004. "Nous voulons être la NRA des plus démunis au monde", a-t-il déclaré, prenant le nombre de membres de la National Rifle Association, comme exemple de base de pouvoir.

Lee portait vendredi un t-shirt "InspiRED", vendu dans le cadre de la campagne Product(RED) que Bono et Bobby Shriver ont lancée l’an passé avec leurs partenaires commerciaux American Express, Converse, Gap, Giorgio Armani, Motorola et Apple pour tirer la sonnette d’alarme et récolter des fonds pour le Global Fund afin de lutter contre la séropositivité et le sida en Afrique.

U2 a vendu 130 millions d’albums dans le monde entier et a reçu de nombreux prix pour sa musique, au nombre desquels figurent 22 Grammys. La croisade de Bono l’a fait chevalier honoraire de l’empire britannique, il y a deux mois, il a également été élu l’une des trois personnalités de l’année 2005 par l’illustrissime Time magazine et décoré chevalier de Légion D’Honneur par la France en 2003.

Il est arrivé avec près de 20 minutes de retard vendredi matin à bord d’une SUV noir et a étrient Lee à son arrivée. "J’irais n’importe où pour Barbara Lee, j’irais sur la lune", a-t-il déclaré enthousiaste, ne tarissant pas d’éloges pour son leadership de l’assurance de plus de 1.3 milliard de dollars en fonds fédéraux pour lutter contre la propagation mondiale du sida et de la séropositivité — de l’argent qui avait été menacé par une mesure visant à endiguer le trou du budget dont la plupart des dépenses étaient gelées ou supprimées.

Après cette rencontre et la conférence de presse, Bono a quitté le bâtiment et a rencontré en se jetant sur lui à bras ouverts, le percussionniste de Bay Area, Ron Tse, plus connu pour son travail au début des années 1990 avec The Disposable Heroes of Hiphoprisy ; le groupe qui assurait la première partie des concerts de la tournée Zoo TV de U2 en 1992 et 93. Puis, Bono a signé des autographes et a posé devant l’objectif d’un petit groupe de fans qui s’était rassemblé devant le portail du parking de l’église.

Michele Baker, 56 ans, a déclaré être venu d’Oakley afin de faire dédicacer la pochette de son CD par sa rock star préférée. "Lorsque j’ai su qu’il allait venir, je me suis dit : tu dois y aller", a-t-elle dit quelques instants après son départ, ajoutant qu’elle trouvait ça "génial" qu’il soit venu pour parler des problèmes du sida et de la séropositivité.

En savoir plus : Inside bayarea

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