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Les 100 jours qui ont changé la musique (5)

jeudi 8 mai 2008, par Corinne/Dead

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Soustrayez les 2.400 heures suivantes de l’histoire et vous obtenez pas de mp3s, ni de LSD, de hip–hop, ou de soul–sucking corporate rock — en fait, pouvons-nous effacer ce dernier ? Blender vous présente les jours les plus importants de tous les temps de la musique qui ont fait trembler la terre.

20. 20 novembre 1969 Clyde Stubblefield joue sur “Funky Drummer” En commençant avec le premier single de Stubblefield avec James Brown, en 1967 avec “Cold Sweat”, le Parrain a fait de la place pour son batteur à l’esprit malléable pour des solos aussi souvent que possible. 5 minutes et 22 secondes sur le tube final enregistré par le groupe classique des années 1960 de Brown, lors d’une session chez King Records à Cincinnati, Stubblefield a eu son heure de gloire : une chanson toute entière autour de son "eight–bar break". Lorsque les DJs découvrirent une décennie plus tard qu’ils pouvaient passer en boucle deux exemplaires de ce morceau, le tempo de Stubblefield devint sans conteste le rythme le plus « samplé » de l’histoire du hip–hop, présent sur plus de 150 disques. Conséquence inattendue : les « nerds » jouant sur des cagettes.

19. 14 septembre 1984 Madonna chante “Like a Virgin” lors des VMAs (NDLT : video music awards) Avant l’ouvrage Sex, les croix enflammées, le ménage à trois avec Britney et Christina et les adoptions africaines, Madge n’était qu’une fille de 26 ans dans une robe de mariée. Elle a interprété son premier tube lors de la première édition des VMAs de MTV, perchée sur une pièce montée vêtue d’un voile, en jarretières et avec une ceinture devenue célèbre sur laquelle était écrit “Boy Toy” (homme objet), puis elle est descendue sur la scène où elle a simulé une scène de masturbation. La tempête de feu qui s’en est suivie chez les médias lui a assurée une carrière de valeur définie par des enseignements : le sexe est vendeur, et la controverse est synonyme d’amusement. Cela a également contribué à cimenter ses relations avec MTV et instauré des moments scandaleux pour les VMAs par la suite - dont très peu n’impliquaient pas Madonna. Conséquence inattendue : le sein de Diana Ross s’agitant sous le nez de Lil’ Kim

18. 21 août 1993 Descente de police au Neverland Ranch En quêtant sur des suppositions d’actes pédophiles, la police de Los Angeles fouille la demeure de Michael Jackson dans la vallée de Santa Ynez en Californie, précipitant dans l’abîme le statut de superstar de roi de la pop pour en faire Wacko Jacko.

17. 16 avril 1956 Chuck Berry impose le son de sa guitare Avec le barrage de cordes qui ouvre “Roll Over Beethoven”, recordé aux Chess Studios de Chicago, Berry perfectionne le son de la guitare du rock & roll.

16. 16 août 1977 mort d’Elvis Presley Le King est retrouvé affalé dans sa salle de bains de Graceland, donnant le coup d’envoi à une industrie multimillionnaire en dollars toujours grandissante et une vague d’improbables légendes et d’"observations" posthumes.

15. 25 juillet 1965 Bob Dylan la joue électrique à Newport Soutenu par les membres du Blues Band de Paul Butterfield, il n’interprètera que trois chansons électriques avant de quitter la scène sous les huées du public du festival de folk ; mais cela a suffit à claquer la porte sur la renaissance du folk des années 60. Les guitares acoustiques ne permettront plus jamais à personne de coucher.

14. 8 octobre 1980 Prince pose en sous-vêtements noirs Jusque là, Prince n’était qu’un autre simple chanteur débutant de R&B. Avec la pochette de son troisième album, Dirty Mind — une photo noir et blanc le montrant simplement vêtu d’un slip, d’une veste et d’un bandana et rien d’autre, debout devant un truc abstrait ressemblant à un lit défait — il devient quelque chose de tout autre. Ca ressemblait (et l’album sonnait comme) à un disque de new–wave et il délivrait deux messages. Le premier était : “Je ne rentre dans aucune catégorie que l’on veut m’imposer.” Le suivant étant : “Je vais vous b... tout de suite.” Cette combinaison a bien marché pour Prince pendant la majeure partie de 20 ans. Conséquence inattendue : la carrière de Carmen Electra

13. 25 mars 2002 Justin et Britney se séparent Lorsqu’ils ont rompu Britney Spears reignait en princesse de la pop et Justin Timberlake était le chanteur d’un boys band à la crédibilité minime et aux prospects commerciaux plombés. Peut-être que Brit faisait de l’ombre à JT ? Depuis, il a sorti deux albums en solo qui ont fait un tabac, s’imposant comme une superstar crédible croisement du rappeur et du chanteur de pop. Elle a sorti un seul album — plutôt un flop — et son temps à se marier (deux fois), à avoir des gosses (deux fois), entrant et abandonnant les cliniques de réhab., à se raser la tête et, pendant un temps, a soutenu une campagne contre le port de sous-vêtements. Conséquence inattendue : “Popozão !” (paparazzi pour pop stars)

12. 2 février 1976 Les Ramones font un disque C’est une histoire racontée par quatre idiots, pleine de bruit et de fureur, enregistrée pour 6.000 dollars. “Ca a été fait dans l’urgence”, raconte Tommy (Ramone) Erdelyi de l’enregistrement dans les studios du Radio City Music Hall. “Tout petit budget et vitesse grand V.” Il n’y a eu qu’une prise par chanson : le guitariste Johnny a joué dans le gymnase où les Rockettes répétaient leur chorégraphie ; le bassiste Dee Dee dans la salle de contrôle ; et une autre pièce dédiée à la batterie, Tommy — un guitariste qui ne s’était jamais assis de sa vie derrière une batterie.

Non pas qu’Erdelyi et ce groupe du Queens, à New York, mené par le chanteur Jeffrey Hyman (“Joey Ramone”) furent idiots. mais ’il y avait bien quelqu’un en relation avec leur idiotie intérieure, c’étaient les auteurs de “Blitzkrieg Bop,” “Beat on the Brat” et des autres mini morceaux qu’ils mirent sur le vinyle.

Leurs concerts au CBGB se composaient de sets de 20 minutes de titres de 2 minutes jouées à la va-vite comme s’ils essayaient de quitter le plus vite possible la scène. Après avoir signé avec Sire Records, ils chargèrent leur matos au Radio City, où “le gardien ne nous a jeté qu’un œil avant de décrocher son téléphone pour vérifier que nous étions bien prévus”, se souvient Erdelyi. Résultat ? 14 morceaux et 29 minutes de sons trois cordes quasi identiques et de comptines sur la CIA, les Nazis et l’Ice Capades chantés avec un faux accent britannique. Pur génie ou pure connerie ? La plupart des Américains optèrent pour le second par la suite. Mais nombre de Londoniens - en dehors d’un ou deux titres nuls - y virent un album montrant une réelle intention artistique — un manifeste de l’atavisme du rock réduit à sa plus simple expression — et commencèrent à monter des groupes : les Sex Pistols, les Clash et d’autres qui donneraient ses formes au rock des 20 prochaines années. Budget d’enregistrement : six mille dollars. Lancement du punk : valeur inestimable. “Le premier album des Ramones est le brouillon du punk rock”, a dit un jour Joe Strummer des Clash. “Aussi, n’importe quel autre groupe depuis la sortie de cet album doit vraiment faire avec les Ramones.” Chris Norris

11. 12 octobre 1995 Suge Knight dépanne Tupac Tupac Shakur et Notorious B.I.G. ont commencé par être amis mais leur relation s’est détériorée lorsque Shakur se fait tirer dessus à la fin de l’année 1994. Un jour plus tôt, Shakur était déclaré coupable d’une attaque sexuelle et emprisonné à la prison Clinton Correctional Facility à New York. Là, il y a entendu des rumeurs selon lesquelles Biggie avait arrangé la fusillade. Suge Night de Death Row, qui avait une rivalité depuis longtemps avec le mentor de Biggie, P. Diddy, canalisa la rage de Tupac contre B.I.G. — en échange d’un contrat signé avec Death Row — et versa la caution de ’Pac : 1.4 million de dollars. Ce qui s’avéra un échange diabolique (faustien) : Shakur sous l’aile de Knight, le conflit Death Row/Bad Boy ne fit que s’amplifier menant à des combats jusqu’à l’assassinat en 1997 de Pac et Biggie — commandité selon des sources ayant eu accès au dossier, par Knight lui-même. Conséquence inattendue : 1 376 albums posthumes de tuPac albums (et on continue de les compter)

(à suivre)

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