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‘Here Is What Is’ (II)

samedi 22 septembre 2007, par Corinne/Dead

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A l’origine vous êtes tombé sur U2 en passant par Eno avec qui vous avez travaillé depuis ses toutes premières expériences sur la musique ambiante. Comment est-ce de collaborer avec lui ?

Eno est l’une des personnes possédant le plus de ressources que je connaisse, il peut maximiser des outils disponibles et il en va de même pour les personnes, ce qui fait qu’il est aussi génial. il n’est pas ce genre de collaborateur qui voudrait que quelqu’un d’autre fasse les chœurs ou remplace le batteur mais une part de lui en fait un pyromaniaque de la technologie. Lorsque tout le monde a quitté la pièce il continue de bricoler et lorsque tout le monde revient il fait écouter la chanson arrangée à sa manière et il sait qu’il peut arriver à convaincre la pièce entière. Eno vous convaincra de la façon dont vous devez approcher votre chanson car vous avez quitté la pièce. Nous sommes opposés d’une certaine façon, je suis un musicien de l’âme et il est presqu’un alchimiste, mais avec la musicalité. Il trouvera une ouverture et on peut l’entendre sur Beautiful Day – ça a toujours été une séquence cordes incroyable mais lorsque U2 est sorti de la pièce, Eno démarrait un petit feu dans son coin !

De Slane Castle à Fez, vous travaillez avec U2 depuis très longtemps - comment cette relation a-t-elle évolué ?

Tout le monde est plus à l’aise à présent, tout le monde réussit musicalement parlant, chacun essaie de s’occuper de tous les autres. Vous savez U2 sera toujours un groupe à succès, ils pourraient se pointer dans ma ville Toronto demain et remplir un stade sept soirs d’affilé - c’est ce que fait un groupe à succès et c’est ce qu’ils sont depuis des années. A ce stade, la seule chose à faire est un album qui soit un chef d’œuvre, novateur, inédit un album qui vous remplira de fierté et vous fera dire : ‘Nous y sommes encore parvenus !’ Et dans l’immédiat je veux qu’ils réalisent le plus grand chef d’œuvre possible et imaginable. C’est ce qu’il y a de génial dans le disque emmener les personnes dans un voyage sonique, les transporter jusqu’à un autre endroit. Bono m’a toujours dit que le boulot du parolier était de voir l’avenir et comme il est courant d’un grand nombre de trucs, à l’évidence, il est en mesure de voir quelque chose que les autres ne voient pas et qui devrait être présent dans la musique. Ainsi, après avoir composé un petit peu en France nous nous sommes rendus au Maroc car nous nous intéressons aux autres cultures, à la façon dont d’autres personnes pensent et pas seulement comment ils font leur musique et il y avait quelque chose de très beau dans ce que nous avons découvert là-bas. J’ai remarqué que les gens prenaient leur musique très au sérieux là-bas, ça m’a un peu fait penser à la Nouvelle Orléans.

Cela fait un bout de temps que vous-même et Eno bossez avec eux en tant que producteurs mais en tant que songwriters.

Oui, il s’avère que nous portons des chapeaux légèrement différents. Bien entendu, nous avons toujours eu plein d’idées mais je pense qu’aujourd’hui ce sera meilleur pour la musique. On n’a pas vraiment besoin de moi ou d’Eno dans la pièce pour faire fonctionner les équipements, c’est différent de la façon dont on opérait dans les années 80, et je pense que Bono a vu la sagesse de maximiser notre présence en permettant à notre musicalité d’entrer dans le tableau. D’ordinaire, Edge a quelques amorces qu’il a travaillées chez lui. J’en ai apportée une, provisoirement intitulée Two Years, un très long morceau symphonique à la guitare électrique sur lequel je bossais depuis longtemps. Eno avait quelques intros et il a débarqué avec des intros rythmiques fantastiques avec beaucoup d’atmosphère et de sentiment. On peut mettre les cordes et les infos relatives à la mélodie tout en haut, mais c’est vraiment bon pour Larry de jouer sans, car il ne s’agit pas d’une simple toile vierge.

Alors, pensez-vous que le prochain album de U2 est bien avancé ?

Avant même que nous nous rendions au Maroc, nous avons choisi onze titres qui pourraient figurer sur un album de U2 et mon conseil a été de bosser à partir d’eux, et non pas de succomber à la tentation d’en faire encore et encore d’autres... mais nous nous sommes retrouvés à faire encore plus de matière... et voilà ! Bien que j’ai travaillé sur All That You Can’t Leave Behind, je ne saurais expliquer pourquoi, Achtung Baby me donne l’impression que c’était la dernière fois où nous nous étions vraiment concentrés à un tel point. Ca a été un incroyable voyage de découverte, nous étions affamés de quelque chose de frais et nous ne nous sommes arrêtés sur rien. Il y a eu des problèmes mais nous voulions quelque chose de spécial et nous l’avons trouvé. Lorsqu’on y pense, quels sont les disques que n’importe qui a chez lui et qu’il écoute une fois passé la commercialité, une fois qu’il a dépassé ce que diffuse la radio ? Je veux que cet album de U2 soit l’un de ceux pour lequel j’ai hâte de rentrer chez moi pour l’écouter.’

En savoir plus : U2.com

Lien permanent : http://www.u2france.com/actu/article11259.html

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