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U2 potentielle tête d’affiche (Part. I)

lundi 8 février 2010, par Corinne/Dead

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U2 déclare ses intentions à Bill Graham

8 mars 1979 (NDLT : merci à Matt McGee de @u2.com d’avoir mis en ligne ce papier)

Ca a commencé par un coup de fil — pour être plus précis, un barrage de pareilles communications — du bassiste de la formation rock irlandaise U2, Adam Clayton, faisant partie de la campagne prolongée qui a fini par me sortir de la maison et de chez moi de l’autre côté du fleuve pour rencontrer les membres de ce groupe. Je ne les avais jamais vus jouer mais j’étais au courant qu’ils avaient remporté un concours à Limerick, une reconnaissance suffisante pour m’inciter à négocier la circulation en ville mais à peine justifiée pour sceller l’ultime approbation étant donné les mérites douteux des concours de musique irlandais.

C’est là que tout a commencé. Franchement, ceci ne peut être du journalisme judicaire impartial. Il se trouve que je suis fan de U2, je crois que c’est un groupe aux talents uniques. Mais en essayant de maintenir un certain sentiment de semi-détachement, il me faut reconnaître la possibilité que je me suis fait avoir par mon propre auto matraquage. Qui plus est, dans le petit monde du rock irlandais, les rôles sont dupliqués. En dehors d’être fan, on finit comme certaines espèces d’ami et conseiller avec toute l’auto implication que cela comporte — dans mon cas au point d’établir la connexion qui a lié le groupe à son manager, Paul McGuinness. L’on peut comprendre que mon crédit soit remis en cause.

Comme je le répète, je ne les ai pas entendus jouer. Mais cette première rencontre m’a mis face à face avec un quartet qui possédait précocité, ouverture d’esprit et volonté d’apprendre ce qui était inhabituel parmi les groupes irlandais que j’avais rencontré jusqu’alors, une attitude qui impliquait que si ses capacités musicales étaient de quelque façon comparable à sa personnalité, U2 était un groupe qui méritait que l’on garde une ligne ouverte pour lui.

Les premières impressions de jeu était favorables mais pas immédiatement suffisantes pour l’élever incontestablement au dessus de la mêlée des groupes dans les parages l’été dernier. Ca n’a pas été avant l’automne que U2 a commencé à s’implanter de manière indélébile dans ma conscience.

Les six derniers mois de l’année 1978 avaient été déprimants. Très peu d’énergie avait été générée, la première vague de Dublin — les Vipers, Sacre Bleu, Revolver, Fit Kilkenny et les Remoulds — passant tous par une phase de réévaluation et observation de leur conscience rock dans une certaine mesure. La satisfaction n’était chose facilement trouvable.

De plus en plus U2 arrivait pour combler ce fossé. En partie en raison de son exubérance — U2 un optimisme sans tâche démesuré unique — une vertu plus que bienvenue étant donné le climat misanthrope qui nous venait de Londres, une humeur à laquelle je n’avais pas réagi de manière égale. Pourtant, mis à part aucune similarité de tempérament, U2 était un groupe dont la direction basique était en cours, dont la capacité de jeu évoluait constamment et dont les chansons fournissaient à la fois de nouvelles vues à chaque écoute et ne faisaient pas cas des modes sous ou au dessus de lui. Il les produisit lorsque j’en avais besoin et je ne peux en dire plus.

Le groupe a été formé à Mount Temple, un cinq pièces qui comprenait également le frère de Dave Edge, Dik (en seconde guitare), qui allait le laisser tomber pour les Virgin Prunes quand ils optèrent pour un quartet. Ils ne s’appelaient pas alors U2 mais the Hype, un titre qu’ils allaient abandonner le trouvant inadéquat par rapport à la période. Personne n’avait jamais fait partie d’un groupe si ce n’est le bassiste Adam Clayton, dans le Max Quad, une agrégation qui incluait alors George Sweeney, le guitariste actuel des Vipers.

Ce n’était pas comme s’ils avaient commencé programmés avec l’intention de conquérir le monde. C’était plutôt un concert et un contact qui menait à un autre, leur victoire lors du concours de groupes à Limerick attirant l’attention sur eux de Jackie Hayden de CBS, juge, et qui par conséquent allait les emmener au Keystone Studios pour une session démo. Une course précipitée, qui n’était pas de leur goût et malgré tout le crédit de découvreur de talents d’Hayden, cette rencontre était alors prématurée étant donné le développement du groupe depuis.

Un contrat fut vaguement discuté mais U2 ne prenait aucune option et passa les neuf mois qui ont suivi Limerick à affiner ses talents, suivre un atelier d’apprentissage qui en chemin allait lui permettre de partager une partie de l’affiche des Stranglers et des Greedy Bastards. Mais ses performances les plus convaincantes s’étaient déroulées à McGonagles — le groupe y donna une date au début de l’automne avec Revolver qui lui valut l’estime de Johnny Fingers et Phil Chevron. Je choisis la date pour la fête d’Hot Press et le manager Paul McGuinness celle d’une performance en début janvier — pourtant chaque concert comprenait la participation d’un jeune groupe déployant et exerçant ses ailes avant de prendre son envolée hors du nid. Mais il se peut que ce soit Adam Clayton qui soit le plus sage lorsqu’il affirme : "Ce n’est qu’à présent que nous comprenons le sentiment d’identité."

Certainement que U2 est prêt, au bord d’un contrat d’enregistrement. Une seconde et plus subtile démo fut supervisée en décembre par Barry Devlin aux résultats supérieurs et pour une fois l’impatience pleine d’assurance du groupe équivalait à ses prouesses. Si son émergence a été plus lente que celles des autres groupes de Dublin d’un âge équivalent, c’est en partie dû à la circonspection de McGuinness, dont la philosophie de management minimise l’importance du statut irlandais au cours de l’adolescence d’un groupe — c’est-à-dire, en mettant l’accent sur la capacité d’un groupe à être jugé par son potentiel international et non par sa place parmi ses pairs locaux.

L’idée est d’être satisfait par rien moins que le meilleur et les valeurs de U2 virent vers ce même perfectionnisme. Ainsi, ils avaient décidé de remodeler la set qu’ils colportaient depuis ces six derniers mois, une courageuse entreprise étant donnée son indéniable qualité. Le chanteur du groupe Bono explique : "Nous travaillons à présent sur une nouvelle set plus visuelle. Nous emploierons un projecteur et des K7 et réarrangerons et réécrirons certaines des chansons et en inclurons de nouvelles."

Ils reconnaissent que cette décision est en partie due à l’interaction avec leurs alliés, les Virgin Prunes, Bono croyant qu’il y a un besoin d’inversion des rôles en ce que "Les Prunes se concentrent sur le visuel, des trucs non musicaux et à présent ils doivent en venir à appréhender la musique, bien qu’il nous faille apprendre de leurs trucs de scène, maintenant que nous avons confiance en notre musique."

Cette relation entre mentors et fans a essuyé un renversement partiel, les Prunes ne sont plus des débutants depuis peu et ont tendance à éclipser U2, un revers de fortune que les deux parties admettent a conduit à certaines pressions, quoi qu’aujourd’hui guéries. Ma propre intuition est que leurs fonctions et avenir sont destinés à diverger, parcourir un cercle avant de se retrouver à nouveau.

(à suivre)

En savoir plus : Hot Press

Lien permanent : http://www.u2france.com/actu/article53771.html

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