lundi 15 février 2010, par Corinne/Dead
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(NDLT : J’ai désespérément cherché hier, le papier auquel Francis Zegut faisait référence dans son blog intitulé "U2 recycle". Ce que j’ai trouvé de plus approchant est ce que j’ai traduit ci-dessous, qui date d’avril 2009 et qui n’a pas été recueilli par Sean O’Hagan... Ce qui m’amène à m’interroger sur l’identité de celui qui recycle dans cette affaire !)
par Brian Hiatt
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Bono a bossé dur comme il l’a toujours fait sur les textes de cet album, frappant brouillon après brouillon. Lorsqu’ils ne sont pas pleins de phrases satiriques — "Stand up to rock stars/Napoleon is in high heels/Josephine, be careful/Of small men with big ideas" — ils sont entrelacés d’allusions : à James Joyce, au documentaire Man on Wire et particulièrement à la Bible. Unknown Caller renvoie à Jeremiah 33:3 (Jérémie, chapitre 3, verset 33) — "Call unto me, and I will answer" (appelle-moi et je te répondrai) ; Breathe se passe le 16 juin, le même jour que celui de l’Ulysse de Joyce ; et Magnificent s’inspire du magnificat, un passage de l’évangile selon Luc dans la voix de la Vierge Marie qui avait déjà été illustré en musique par Bach. "Il y a ce thème tout au long de l’album celui de la capitulation et de la dévotion et toutes ces choses que je trouve vraiment difficiles", d’expliquer Bono. "Toute musique selon moi est vénération d’une façon ou d’une autre."
Cette idée sera au premier plan du prochain opus de U2 — la petite sœur de No Line on the Horizon, comme Zooropa pour Achtung Baby, que le groupe prévoit de sortir l’an prochain. Bono en connait déjà le titre — Songs of Ascent — et son premier single sera un hymne émergeant du nom de Every Breaking Wave qui n’avait pas été retenu pour No Line à la dernière minute.
Songs of Ascent sera plus posé que No Line ; en de nombreuses façons, il s’agit d’un album fantôme d’hymnes et de chants Sufi. "Nous faisons une sorte de crève-cœur, une œuvre méditative et réfléchie, mais pas complaisante", de poursuivre Bono. "Il sera complètement d’humeur claire, comme Kind of Blue. Ou A Love Supreme sera un point de référence, pour la place qu’il tiendra dans la vie des gens, c’est-à-dire qu’avec cet album, j’ai presque enlevé mes chaussures pour l’écouter."
Dans le sous-sol de l’Olympic Studios de Londres, armé seulement d’un MacBook et d’un clavier Nord, Brian Eno mène l’insurrection maudite d’un seul homme. Nous sommes au début du mois de décembre (NDLT : 2008) et U2 emballe ses sessions pour No Line, la liste des morceaux est presque finalisée mais Eno pousse encore à des chansons appelant à la prière, moroses abandonnées depuis longtemps. Celle qui suscite le plus de passion en lui est Winter, qui ne ressemble à aucune autre chanson de U2. Elle commence à la guitare sèche accompagnée de chœurs falsetto et la voix de Bono qui prononce une phrase clef — "Summer sings in me no more" — les accords dramatiques d’Eno déboulent. "Listening to the silence, the deaf and dumb roar of white noise/Your voice", chante Bono à un moment, suivi par une chorale. "C’est beau pas vrai ? Ils sont dingues de la laisser de côté", soupire Eno avec une véritable tristesse dans la voix alors que l’air s’élève avec ses cordes dissonantes — elles sont de synthèse, jouées sur son petit clavier là en bas dans le sous-sol.
Bien avant que Barack Obama l’ait pensé, U2 embrassait l’idée d’Abraham Lincoln d’une équipe de rivaux. "En gros, le boulot de Brian consiste à tout prendre et à tout détruire", précise Lillywhite. "Et je suppose que j’interviens après qu’il ait tout détruit, que j’écoute ce qu’il a fait et ce qu’il y avait avant ça et que je suis en quelque sorte sur un terrain de médiateur et que j’essaie de ramener le tout dans un lieu ou l’art et le commerce vivent côte à côte."
Et Edge d’ajouter : "Cette tension est importante pour le processus. Mais je pense que nous avons presque toujours raison."
Eno, dont la vision artistique a forgé une part du meilleur rock de ses trente dernières années — de Roxy Music à ses albums expérimentaux en solo, en passant par Bowie à Berlin jusqu’au dernier Coldplay, Viva la Vida or Death and All His Friends — est chauve, professoral et de manière inattendue génial, avec ses lunettes Prada suspendues à un cordon autour du cou. "C’est trop long, ça a besoin d’être un peu travaillé", dit-il de Winter. "Mais vous savez, ils n’y passeront pas de temps. Ils ont passé des mois à bosser sur celles qui sont sensés êytre des singles pour les radios. Des mois ! Celle-là : jouée et mise de côté."
Winter n’a donc pas été retenue mais une autre ballade, White as Snow, a surgi à la dernière minute. Et Eno est présent partout sur cet album — les minuscules sons de synthé sont les siens, et nombre des chansons ont trouvé leur origine dans ces boucles ambiantes qu’il enregistre en faisant appel au programme Logic Studio, leur donnant des titres tels que Grunge Beatstorm Gate. "L’on peut entendre Brian dans cette sorte de de rock allemand du titre éponyme", souligne Clayton. "C’est son cerveau que l’on entend."
Eno et Daniel Lanois ont tous deux élu l’hypnotique morceau de plus de sept minutes Moment of Surrender comme leur préféré et le plus près du concept original de cet album. Il est arrivé comme ce que le groupe et ses producteurs décrivent comme un petit miracle : ils étaient tous ensemble un jour et ont improvisé sa structure complète à partir de rien, d’un coup. Ce morceau de réserve figure sur la version finale de l’album, complété par une ligne de basse trance-y (NDLT : désolée mais la basse n’est pas vraiment mon fort :(() trouvée par Clayton alors qu’il la jouait — l’on peut l’entendre imiter la partie "basse" de White Lines de Grandmaster Flash puis basculer ensemble vers une nouvelle idée et le boulot de Mullen à qui l’on tire son chapeau grâce à son kit batterie électronique cassé. "Adam est la star du spectacle sur cet album", déclare Bono. "Personne ne savait qu’il pouvait passer de son pouls rock ’n’ roll à cette partie de basse à s’en décrocher la mâchoire sur Moment ni à cette sorte de basse néo-Motown pour Magnificent."
Eno a lutté dur pour empêcher le groupe de trop jouer avec le morceau original. "Ces foutus gars", dit-il avec un sourire, "ils sont sensés être tellement spirituels — ils ne voient même pas un miracle lorsqu’il leur arrive sous le nez. Rien de tel ne m’était jamais arrivé en studio dans toute mon existence."
En savoir plus : The Irish Independent
Lien permanent : http://www.u2france.com/actu/article53790.html
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