mercredi 3 mars 2010, par Corinne/Dead
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par Shirley Halperin
En février dernier, l’illustre producteur Steve Lillywhite a fait une déclaration passionnée via vidéo pour être considéré comme candidat potentiel au remplacement de Simon Cowell, juge de l’émission de téléréalité américaine "American Idol", un boulot pour lequel il est sans aucun doute qualifié, ayant travaillé sur quelque trente albums qui ont changé la donne, depuis les premiers balbutiements de la New Wave avec Siouxsie and the Banshees et Talking Heads en passant par Peter Gabriel et U2 à ses tous débuts jusqu’à l’actuel groupe en tête des classements 30 Seconds to Mars (NDLT : le groupe de l’acteur Jared Leto, Requiem for a dream). Notre homme possède également l’accent britannique (Lillywhite a grandi en dehors de Londres et vit actuellement à New York), une opinion forte et des tonnes de charisme, alors pourquoi certains ont-ils pensé que cette campagne vidéo était une plaisanterie ?

Pour commencer, ce clip n’était destiné au grand public ; Lillywhite l’avait directement envoyé à 19 Entertainment, puis un ami l’avait chargé sur YouTube. ("Je n’ai pas dit : ne le fais pas", se souvient-il avec un gloussement d’autodénigrement.) En fait, Lillywhite ne saurait être plus sérieux. Et bien qu’il réplique qu’il "n’ait aucune chance en enfer" pour décrocher cette place, il a exposé son cas à Idol Tracker.
La réaction a cette vidéo a été divisée certains ont même pensé qu’il s’agissait peut-être d’une plaisanterie...
Steve Lillywhite Ce n’est pas une blague. C’est né de la réalité du moment, du fait que je sais ce que je fais et que je peux contribuer à rafraichir la marque. Je pense que je peux le faire et que je suis qualifié, c’est pourquoi je suis sérieux à ce sujet.
Pourquoi mener campagne par vidéo plutôt que contacter Simon Fuller ou quelqu’un chez 19 directement avec un pitch formel ?
Steve Lillywhite Nous l’avons également fait. Cette vidéo a été montée et envoyée à 9, puis quelqu’un la mise sur YouTube.
Alors elle n’était pas destinée à être diffusée publiquement ?
Steve Lillywhite Non. Ca ne m’embête pas que quelqu’un l’ait fait. J’ai "tweeté" pour dire que je faisais cette vidéo, puis je l’ai envoyée à un mai qui l’a mise. Je ne lui ai pas dit : "Ne le fais pas", mais c’est drôle, parfois j’oublie qui je suis et pense que personne ne sera vraiment intéressé, et puis avant même que je n’ai le temps de dire ouf ! Simon Cowell donne une conférence de presse pour savoir si oui ou non je suis séduisant ! Je vous recommande de regarder cette vidéo, de juger par vous-même et de me dire ce qu’il en est. Sinon, je retournerais produire des disques.
Vous avez votre empreinte dans l’arène du rock, mais "Idol" est très axé sur la musique pop, n’est-ce pas ?
Steve Lillywhite Ecoutez, j’ai bossé avec Jason Mraz, Matchbox Twenty et Peter Gabriel, mais le truc c’est que si vous aimez la bonne musique, vous aimez la bonne musique. Et c’est quoi la pop ? C’est de la musique populaire. Prenez U2, ce groupe est populaire, je fais de la musique populaire. Et il n’y a pas de raison pour que quelqu’un avec mes talents particuliers ne puisse apporter un nouvel angle à "American Idol". Je ne suis pas Simon Cowell ; je suis ma propre personne et j’ai un lourd passé de produire de grands disques.
Vous n’avez eu aucune discussion de quelque sorte avec Cowell ?
Steve Lillywhite Non, j’avais brièvement croisé Simon Cowell au début des années 1980s lorsqu’il était A&R (NDLT : Artist and Repertoire (music industry)) chez Sony Records à Londres et je produisais des groupes comme Simple Minds, Big Country et U2.
Qu’en avez-vous pensé alors ?
Steve Lillywhite Il faisait son truc et il a super bien bossé. Je pense que quiconque le remplacera pour "Idol" aura un travail phénoménal à accomplir pour s’assurer que la marque reste viable comme elle l’a toujours été. Simon est un gars très intelligent et le fait est que "American Idol" est une grande marque et je pense que je peux lui redonner du souffle.
Etes-vous un grand fan de cette émission ?
Steve Lillywhite J’adore cette émission. Elle rassemble les gens et de grands chanteurs talentueux sont nés grâce à elle, mais je parierai qu’il y a beaucoup d’autres talents légèrement différents qui abandonnent probablement en chemin. Aussi, j’aimerais faire en sorte que ce soit un petit plus intéressant. Je ne base pas mon opinion sur le fait que quelqu’un sache ou non chanter juste. Et reste la question de savoir si l’on pourrait trouver le prochain Bob Dylan ou Neil Young grâce à "American Idol" ? C’est un point faible de l’émission et s’il existe quelqu’un doté de ce genre de talents, je serais capable de le voir.
Mais Dylan et Neil Young sont des songwriters, et toutes les personnes de cette industrie auxquelles nous avons parlé de bosser sur un album post-"Idol" découragent presque toutes le gagnant de s’essayer à sa propre prose...
Steve Lillywhite Lorsque l’on me dit : "Steve, quelle est la première chose qui t’attire dans un projet ?" Ce ne sont pas les chansons. Ce qui me séduit c’est la voix. L’on peut entendre une chanson cinq fois et ne pas la comprendre et on l’entend une sixième fois et se dire "... J’adore cette chanson !" Pour ma part, je peux entendre la voix une fois et penser : "Oui, c’est une belle voix". J’ai le sentiment que j’ai ce talent parce que mon premier boulot de producteur de disques et de chasser la belle voix. Et bien entendu, avec cette belle voix, il y a plein d’autres choses à vérifier. Mais demandez à n’importe qui, c’est toujours d’abord la voix pour moi, c’est pourquoi je pense que je pourrais être un bon juge pour cette émission.
Existe-t-il une Idol dont la carrière vous ait marqué ?
Steve Lillywhite Kelly Clarkson est un exemple merveilleux de quelqu’un qui a parcouru un long chemin. Avec mon art, j’essaie toujours d’inculquer ce sens du chemin à parcourir. Je dis aux artistes, même lorsque j’ai fini de bosser avec eux : "Emmenez vos fans avec vous dans ce périple, ressentez-le comme un périple, pas comme si vous alliez atteindre la destination, car ce n’est jamais le cas." J’ai beaucoup appris de cela avec U2. Egalement des Beatles, car lorsque je grandissais, on se disait : "Oh bon sang, à quoi va ressembler le prochain album des Beatles ?" J’adore le mystère, j’adore l’ébullition du monde de la musique, il ne s’agit pas seulement de savoir si cette personne chante juste ! Il existe beaucoup plus de choses merveilleuses que l’on peut découvrir chez un artiste.
Quel album produit par vos soins vous qualifie le mieux pour ce boulot ?
Steve Lillywhite Vraisemblablement mon travail avec Rob Thomas et Matchbox Twenty, ils possédaient une grande sensibilité pop. Certainement que Bono fait partie des meilleurs chanteurs et tous les albums que j’ai fait avec U2 sont pop. Jared Leto est une autre grand star qui est chanteur pop. En termes de comparaison avec Daughtry, nous n’en sommes pas très loin, je pense qu’en tant que juge, je peux vraiment couvrir un large champ.
Qui figurerait sur votre liste de souhaits de mentor invité ?
Steve Lillywhite N’importe lequel des grands artistes avec lesquels j’ai travaillé, comme Dave Matthews qui pourrait être fantastique, Rob Thomas très drôle, Jason Mraz.... Bien entendu, je devrais leur demander si ça les intéresse.
Recherchez-vous une transition loin de la production, ou est-ce que ce serait plus comme quelque chose que vous pourriez faire durant cinq mois par an ?
Steve Lillywhite C’est un parcours. Si j’obtiens ce boulot, je m’y consacrerais entièrement, comme je le fais dans tout ce que j’entreprends. Je possède un grand enthousiasme pour mon boulot de producteur, mais le fait est, que je ne peux plus produire des disques à la chaîne car je me sens comme un boxeur qui a besoin de plus de temps de repos entre ses combats alors qu’il vieillit. Car j’ai toujours vouloir retenir ce merveilleux enthousiasme que j’avais lors de mon premier jour, mais cela signifie avoir du temps entre deux pour envisager d’autres choses.
Alors quelles sont vos chances, selon vous ?
Steve Lillywhite Je ne pense pas avoir la moindre chance en enfer, mais si Fuller décide qu’il veut un Britannique, il pourra reprendre Piers Morgan ou Lillywhite. C’est ainsi : si vous ne visez pas les étoiles, vous ne saurez jamais comment vous y rendre.
Lillywhite anime sa propre émission de radio sur Internet au cours de laquelle il abordera indiscutablement sa nouvelle célébrité trouvée en tant que candidat à "Idol". Branchez-vous donc sur.
En savoir plus : L.A Times
Lien permanent : http://www.u2france.com/actu/article53857.html
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