Plus que de la nostalgie, la tournée ’Joshua Tree’ de U2… - U2 France

Plus que de la nostalgie, la tournée ’Joshua Tree’ de U2…

dimanche 15 janvier 2017 / par Corine/Dead / Tags:

par Kenneth Partridge

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Bono, le chanteur leader de la formation rock irlandaise, U2, au De Kuip stadium durant la tournée Joshua Tree.

Il y a trois décennies de cela, U2 avait des choses importantes à dire à propos de la guerre par procuration américaine, la détresse des mineurs britanniques et les constructions sociétales qui empêchaient les gens de toute part de reconnaître leur humanité partagée. Plutôt que de le déclarer de manière explicite, comme leurs héros punk de première date l’auraient fait, Bono et ses acolytes ont canalisé leurs sentiments dans le Joshua Tree, album rock héroïque sorti en 1987, écrit dans la poésie franche mystique de l’ancien testament. Et c’était bien.

Né des intrépides producteurs Daniel Lanois et Brian Eno, The Joshua Tree serait le 5e album studio de nos diables d’Irlandais et le premier à se classer au sommet des charts américains. En mars, ce classique fêtera ses 30 ans, et pour célébrer ça dignement, Bono et sa bande le joueront dans son intégralité lors de concerts uniques donnés en Amérique du nord et en Europe. Voilà une bien belle façon d’honorer cet opus à l’origine de la carrière monumentale du groupe, et, étant donné l’état du monde, c’est parfaitement compréhensible.

Lorsque The Joshua Tree est tombé dans les bacs, l’Amérique était proche de la fin d’un règne de huit ans sous la présidence de Reagan. Les actions militaires secrètes de Ronnie en Amérique centrale ont inspiré directement deux de ses titres — le grondant “Bullet the Blue Sky” et le mélancolique “Mothers of the Disappeared” — et l’impact diviseur de sa politique se ressent sur “In God’s Country” et, peut-être même sur le titre idéaliste d’ouverture de l’album, “Where the Streets Have No Name.” Sur ce dernier Bono imagine un monde désagrégé dans lequel l’adresse d’une personne n’indique pas forcément sa race, classe ou religion.

Aujourd’hui, l’Amérique s’apprête à investir Donald Trump, un nationaliste intolérant qui a fait fortune en placardant son nom sur toutes les propriétés servant la richesse, The Joshua Tree s’avère pertinent en de bien nouvelles façons. (Bono a même préfacé “Bullet the Blue Sky” avec un discours anti-Trump, en octobre dernier.) Et il ne s’agit pas uniquement de la fragmentation de l’Amérique — l’Europe et le Moyen Orient sont également profondément divisés. Pour la première fois, depuis la Guerre froide, les gens parlent de l’apocalypse comme si c’était une simple méthode de malentendu. Les périodes difficiles exigent de la “Big Music”, comme un sous-genre entier du rock des années 1980 était défini, et il n’est plus grande musique que celle de The Joshua Tree.

L’importance avait beaucoup à voir avec l’intégralité. Cet album n’a pas décroché deux tubes classés n°1 et une tournée mondiale en stades en séduisant seulement les libéraux. Il ne s’agit même pas d’un album politique du premier au dernier morceau. “Running to Stand Still” traite de l’addiction à l’héroïne. “Trip Through Your Wires” est une chanson d’amour blues à la manière d’un récit biblique. “One Tree Hill” est un hommage gospel en salles à la mémoire d’un ami décédé et à sa terre natale, la Nouvelle Zélande et au poète chilien Victor Jara. Le battement lugubre de “Exit” pousse Bono dans l’esprit d’un tueur en série. Mais, étant donné le style lyrique abstrait du chanteur, les fans de l’avant ère Internet de 1987 n’auraient pas pu se mettre en scène dans ses paroles ; tout particulièrement en live où elles sont véritablement explosives.

Sur Joshua Tree, alors que les racines de la musique américaine entrent en collision avec le précédent album atmosphérique de U2, The Unforgettable Fire, chaque chanson est un film d’aventure — la peinture d’un paysage à laquelle l’auditeur ajoute la couleur. Peu importe ce que chante Bono, on y est dans une veste de cuir, escaladant une montagne alors que le vent fouette notre queue de cheval. Si les amoureux de Trump et de Bernie Bros ne veulent pas les mêmes choses, ils veulent tous deux quelque chose. Et pour quiconque encore en mesure d’écraser leur cynisme suffisamment longtemps pour se perdre dans quelque chose comme un concert de rock, une soirée avec The Joshua Tree pourrait mettre ce quelque chose en perspective. Il sera là, à l’horizon, chatoyant comme la guitare d’Edge, à jamais, hors d’atteinte et sublime, à la fois.

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