The Edge et Bono sur RAI3 pour Che tempo che fa - U2 France

The Edge et Bono sur RAI3 pour Che tempo che fa

lundi 13 octobre 2014 / par Corine/Dead / Tags:


Un petit transcript de ce qui a été dit au cours de cette émission.

Fabio Fazio : Depuis votre arrivée, cet après-midi, vous avez fait entre 300 et 400 photos !

Bono : "Je suis amoureux de l’Italie".

Edge : "C’est tellement bien de sortir du studio pour venir ici jouer devant autant de monde. Ça fait du bien de retourner à la vraie vie. »

Bono : « Nous sommes d’accord avec Edge pour dire que cet homme qui nous reçoit aujourd’hui est le plus calme et le plus stoïque de la planète que nous ayons jamais rencontré. Ce soir, on devrait changer son nom et l’appeler Monsieur Valium. »

Fabio Fazio : C’est vrai que vous m’avez dit mais à quelle heure enregistre-t-on et j’ai répondu, ce sera du direct. Aujourd’hui est un jour spécial car nous nous sommes connus il y a exactement 14 ans grâce à un ami, et j’emploie ce mot à bon escient, Luciano Pavarotti pour le festival de San Remo. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Luciano, aussi je tenais à le dire.

Bono : « Mon père me disait, tu es un baryton qui pense être un ténor et lorsque nous avons rencontré le maître (NDLT : Luciano Pavarotti), c’était très important pour mon père. Et après, Luciano m’a dit, alors t’as rencontré un vrai chanteur, quelle impression ça fait ? Plus sérieusement, je me suis énormément rapproché de mon père avant sa mort au point que ma voix a changé et elle semble s’être améliorée un cran au-dessus et j’ai l’impression que c’est le cadeau qu’il m’a fait en mourant et maintenant, je crois que je suis devenu un ténor ! »

Fabio Fazio : Oui, ton père était un amoureux de la musique. Je crois qu’il écoutait de l’opéra tous les jours à la maison.

The Edge : « Mon père également. Il allait avec le père de Bono quand nous étions en tournée ».

Bono : « Edge a eu la frayeur de sa vie lorsque nous avons rencontré il maestro. »

Edge : « Oui, il nous avait invités à manger, un repas absolument délicieux, et juste après je me ne me suis pas senti très bien. Il l’a vu et m’a dit, Edge, je vois que ça ne va pas très bien, tu as besoin d’un docteur. Et moi, je lui ai dit non, non tout va bien. Lui a continué, laisse-moi voir, allez chercher mon équipement. Il a ouvert sa sacoche et m’a ausculté. »

Bono : « Il lui a même écrit une ordonnance. »

Fabio Fazio : Si vous êtes d’accord, on va parler de votre disque. Vous avez dit qu’il vous a fallu cinq ans pour le réaliser car ce n’est pas facile de repartir d’où l’on vient et qu’à la fin de cette longue tournée à 360°, vous êtes retournés à vos racines. Pourquoi avoir choisi ce moment pour ce retour aux sources ?

Bono : « Nous nous sommes demandés pourquoi le public voudrait d’un nouvel album de U2, alors que nous en avons sorti déjà tellement ? Et donc, nous nous sommes posés la question existentielle de savoir pourquoi nous avons voulions en tout premier lieu monter un groupe, faire partie d’un groupe, quelle en était la raison ? Nous nous sommes alors mis à écouter la musique des années 1970, le punk rock, l’electro, etc. Toute la musique de cette époque et à l’écouter avec une toute autre oreille, comme une nouvelle, en prenant en considération l’influence des Ramones sur nous. Nous étions allés voir ce groupe incroyable. Un ami nous avait fait entrer en douce. Et lorsqu’ils ont déboulé, nous étions absolument dingues tellement les mélodies de leurs chansons étaient belles. Et de fait, j’ai aussitôt eu le sentiment que moi aussi je pouvais être chanteur de rock, en y ajoutant ma personnalité, le fait que je sois irlandais, machiste. J’avais l’impression de chanter comme une fille et puis j’ai vu Joey Ramone et je me suis dit mais il chante comme moi, il chante comme ça et ils l’ont pris dans un groupe punk. Et je crois que pour Edge, c’est vraiment lui qui t’a touché, non ? »

Edge : « Ça a tout changé. Le punk rock était quelque chose de tout à fait nouveau et qui nous a fait croire que nous pourrions nous aussi faire de la musique. Sans cet artiste, nous ne serions pas là ce soir. »

Fabio Fazio : Edge, tu dis que ce disque est votre Quadrophonia (l’album des Who qui est leur biographie musicale) qu’il raconte votre adolescence. Quelque part, c’est ce qui s’approche le plus de la biographie, en matière de musique.

Edge : « Oui, je pense qu’avec le temps que nous lui avons consacré, c’est une vraie introspection mais avec, quand même, une dose d’objectivité. À cette époque, nous voulions venir en Italie, aux États-Unis, voyager, aller en France, donner des concerts. Notre perspective était de quitter l’Irlande. Aujourd’hui, nous apprécions vraiment la chance d’avoir pu faire tout cela. »

Fabio Fazio : La façon dont vous avez choisi d’écrire le titre Son gs (comme avec le mot "fils") un peu comme si aujourd’hui, adultes, vous vous adressiez à vous-mêmes, à cette même époque, ces fils que vous étiez adolescents. Aujourd’hui vous êtes pères, avez des garçons, mais on a vraiment l’impression que c’est à vous, à ces jeunes que vous étiez alors, que vous parlez. Qu’avez-vous à répondre à cela ?

Bono : « Je dirais au jeune Edge et au jeune Bono, ne t’en fais pas, c’est plus facile de ne pas penser trop, ne sois pas effrayé par le vaste monde, car ce n’est pas important. La valeur spirituelle, c’est un peu embarrassant si jeunes d’admettre politiquement, je suis gêné de chanter avec cette voix de fille mais encore plus difficile, je me dirais mais que va me dire ce mec du groupe de U2, ça c’est un peu effrayant. »

Fabio Fazio : "Sur cet album, il y a une session acoustique que nous allons recréer sur le plateau maintenant. Bono et The Edge, "The Miracle (of Joey Ramone)"



Fabio Fazio : Wow, je me dis, mais t’as vu un peu la chance que tu as, ces deux-là chantent à peine à un mètre de toi, et ça a l’air tellement facile pour eux. C’est extraordinaire.

Bono : « Mais tu rends les choses très faciles. T’es très gentil, merci, c’est bien plus difficile ce que toi tu fais. »

Fabio Fazio : Tout est parti de ce moment précis où Larry a mis son annonce à Mount Temple. Il y a des centaines, des milliards de groupe dans le monde et vous, vous êtes devenus U2… tout ça pour dire que vous avez compris ce qu’est le talent. Qu’à ce moment particulier, vous avez compris qu’il se passait quelque chose de spécial.

Bono : « Pour être honnête, il faut répondre par la vérité et, la vérité est la suivante. La mégalomanie a commencé très tôt mais nous savions exactement ce qui nous rendait spéciaux, les uns, les autres, ce qui faisait que nous étions uniques parmi les autres. Bien sûr, il y a avait des talents individuels en chacun de nous, plus avancés pour certains, selon moi Larry et Edge, Adam faisait semblant de jouer de la basse et moi de chanter. Mais, nous avions cette alchimie qui opérait lorsque nous étions ensemble. Je pense que nous savions déjà que quelque chose d’unique se passait lorsque nous étions ensemble. »

Fabio Fazio : Edge, qu’as-tu pensé quand il a dit qu’il serait le chanteur du groupe ?

Edge : « Dès le début, c’était évident qu’il serait le chanteur. Non seulement parce qu’il commandait tout le monde mais aussi parce qu’il avait une belle voix, mais à l’époque, pas aussi belle qu’aujourd’hui. »

Fabio Fazio : À l’adolescence, bien sûr, il y a la dimension du rêve mais aussi celle de la colère et même de la peur. Ça n’était pas facile. Par exemple, la chanson "Raised by Wolves" qui parle des bombes à Dublin, le 7 mai 1974, vous souvenez-vous d’une colère intérieure à cette époque ?

Bono : « Me poser cette question revient à me demander pourquoi j’ai voulu faire partie d’un groupe en tout premier lieu. Tu sais, les artistes écrivent sur ce qui leur manque, l’insécurité et la confiance grandit. C’étaient des temps d’incertitude, l’Irlande était très proche de la guerre civile, il y avait beaucoup de violence dans les rues mais la violence la plus terrifiante était celle derrière les portes : les relations père fils, le mari et l’épouse… tout cela arrive en Irlande, en Italie, partout dans le monde et, j’ai cette espèce de rage en moi, et j’ai trouvé l’endroit où la mettre, dans la musique, un peu comme le coureur qui remporte le Tour de France, je suppose qu’il devait avoir la rage en lui. Le fait que nous écrivions des chansons sur la violence politique peut se retrouver dans ce vendredi soir de 1974 à Dublin. Trois véhicules piégés ont explosé simultanément pour faire le plus de dommage possible au beau milieu de la ville et ils ont tué trente personnes. Depuis ce jour, où j’aurais dû me trouver à cet endroit, près du magasin de disques où j’allais tout le temps après l’école. Mais j’ai eu de la chance car ce jour-là j’étais à bicyclette et n’ai donc pas emprunté le chemin habituel. C’est ce qui m’a sauvé la vie. Mais, le thème de la chanson est quelqu’un qui vivait près de moi, qui lui aussi a été épargné mais a souffert de ce qui s’est passé et dont il a été témoin. Cette chanson lui est donc vraiment dédiée. »

Fabio Fazio : Bono, avec toutes les campagnes que tu mènes, comme celle pour laquelle je t’avais reçu il y a quatorze ans, en côtoyant tous ces personnages politiques importants, as-tu compris ce qu’est le pouvoir ?

Bono : « Tu veux dire à l’époque ou aujourd’hui ? »

Fabio Fazio : Aujourd’hui.

Bono : « Je vais te dire ce qu’est le pouvoir. C’est ce gars qui travaille chez Google au Caire au début du printemps… Celui qui a le pouvoir doit craindre… Je vais reformuler, le peuple est celui qui doit avoir le pouvoir et non les politiques et ils devraient craindre le peuple.

Fabio Fazio : Le titre du disque s’inspire d’un poème de William Blake. Je trouve ironique que Blake ait vendu une vingtaine d’exemplaires de son ouvrage alors que votre disque a eu droit à une distribution phénoménale dans le monde entier… tout le contraire de Blake. Grâce à iTunes vous êtes parvenu à toucher le plus grand nombre.

Bono : « Si on parle de poésie, je veux dire que le pouvoir du peuple est véritablement plus fort que celui des politiques ! (rires) Alors, nous avons fait toutes ces chansons dans lesquelles nous avons mis beaucoup de nous, de notre vie et de notre temps. Nous sommes parfaitement conscients que les temps sont très durs pour les musiciens car nombre de personnes ne paient pas la musique. Et, par conséquent, les songwriters, Cole Porter serait mendiant aujourd’hui, vivent des moments très difficiles car si l’on paie les musiciens, il est normal de payer également les auteurs. De fait, nous nous sommes dit, pourquoi ne pas faire un cadeau à tous ceux qui paient la musique (NDLT : via les téléchargements payants sur iTunes) puis, mais quel genre de cadeau ? Une chanson ? Non, allez l’album en entier ! C’est une belle chose, un geste merveilleux que nous avons fait là, bien sûr nous avons été payés, peut-être pas autant, mais nous sommes parvenus à déposer le carton de lait gratuit sur le perron de cinq cents millions de personnes, à mettre au réfrigérateur et on se sert titre par titre. »

Fabio Fazio : Sur Songs of Innocence, il y a un moment qui parle de la perte de l’innocence. Quand cela a-t-il lieu ? Par l’expérience comme le dira le prochain disque, ou quoi ?

Edge : « En tant que groupe, nous avons eu la possibilité de saisir cette innocence, de l’écrire dans nos chansons, de parvenir à cette créativité. Mais le seul mode d’écriture est un peu celui de la candeur, rester à ce stade de l’innocence et de la découverte, et agir d’une manière professionnelle. C’est, quelque part, cette innocence, notre seule façon de créer de la musique. Disons des professionnels innocents. »

Fabio Fazio : Bono, tu es d’accord avec ce qu’il dit… car tu es le chef ?

Bono : « Oui, mais je dirais plutôt qu’il y a quatre chefs dans ce groupe. Je crois vraiment que dans la vie, il y a cette possibilité de recommencer, et vraiment nous le faisons tous les jours et, que, de fait le monde s’abat sur toi, un peu comme une douche. Et donc, je pense qu’il est possible de retourner à cet état d’innocence quand tu réfléchis à ta vie, à tes erreurs et avec l’aide de Dieu en qui tu crois. »

Fabio Fazio : Certaines chansons, plus on les écoute, plus elles ont de sens, le recommencement est l’une des possibilités de cette chanson que nous allons écouter en avant-première mondiale, une autre serait la mélancolie du temps qui passe, une autre encore l’impossibilité des rapports entre le rêve, les personnes, les amis. Nous allons donc écouter Every Breaking Wave extraite de Songs of Innocence. Tiens Bono, bois ton eau pendant que Felipa présente la chanson. T’as vu, je n’ai absolument pas parlé du mariage de George Clooney ;-))



Pour information, l’émission de la RAI3 a enregistré un record d’audience avec 3 434 000 spectateurs. Par ailleurs la rédaction a fait état de demandes de participation à l’émission estimées entre 6 000 et 7000 !

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