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U2 interview : Bono, la mort, l’évasion fiscale et Songs of Experience

lundi 27 novembre 2017 / par Corine/Dead / Tags:

par Jonathan Dean

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Des hommes d’expérience : Adam Clayton, Bono, Edge et Larry Mullen en tournée au Brésil par HELENA CHRISTENSEN

Récemment Bono s’est inquiété de la façon dont on se souviendra de lui lorsqu’il mourra. “La perte de David Bowie m’a profondément affecté”, explique-t-il. “Tout comme celle de Leonard Cohen, que je ne connaissais pas aussi bien que David, mais que je connaissais quand même.” Ces deux chanteurs ont eu droit à de vibrants hommages à 99 % positifs. Ce ne sera pas le cas pour Bono.

“Pour vos funérailles, personne ne parle de ce que vous avez accompli”, confie-t-il , quelque peu triste. “Ils parlent de ce que vous étiez drôle ou pas. Si vous étiez gentils avec vos enfants. Aussi, j’évite de trop m’en faire à propos de ce que je laisserai, pour ce qui est de U2 ou de ma propre œuvre pour me concentrer plus sur ce que penseront de moi mes gosses et mes amis.”

J’ai rencontré Bono le mois dernier à Sao Paulo, sur la terrasse de son hotel, le lendemain d’un concert de la tournée à guichets fermés du Joshua Tree. Une femme s’est évanouie. Des mannequins posent pour des selfies. Owen Wilson était là, il portait un audacieux pantalon à fleurs, chantant tristement With or Without You. Quatre hommes frappaient sourdement le ciel dès que U2 jouait l’un de ses tubes, ce qui était beaucoup.

Lorsque je mentionne ces hommes à Bono, il me demande si j’ai rencontré Javier Bardem. C’est ainsi que va sa conversation, un flot de mots sur le qui est qui. Bardem, explique-t-il est le “champion de la batterie invisible”. Il balance constamment des noms du “the Macca” (NDLT : Mac Cartney) à sa “plutôt proche amie” Lena Dunham. La photo au début de ce papier est du Top Model Helena Christensen. Il possède un répertoire téléphonique encombré, et une mémoire à l’identique : les réponses arrivent mais prennent une éternité pour ce faire. Vêtu de noir de pied en cape avec des lunettes teintées, un peu comme s’il avait préservé, non pas son premier look punk d’il y a 37 ans, mais plutôt son plastron de dieu du rock faiseur de bien des années 1990. Il est un peu la preuve vivante de la taxidermie qui respire.

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U2 en concert a Twickenham. Photo : DANNY NORTH

Deux semaines après que j’ai rencontré Bono, la bombe des paradis fiscaux est tombée. Il figurait sur la liste de ceux qui en avaient profité au titre d’une “société basée à Malte pour investir dans un centre commercial lituanien”. C’était là une accusation d’évasion fiscale contre le représentant même du moralisateur des super-riches.

Son porte-parole insista sur le fait qu’il n’y avait rien de mal à cela, mais il était toujours considéré comme un hypocrite. Je lui envoyais un email pour m’enquérir de son état d’âme. “Je crois profondémment en la transparence et je n’ai aucun intérêt à cacher mes investissements, en Lituanie, à Malte ou où que ce soit”, rétorqua-t-il. “Cet investissement a eu lieu en 2006, et mon nom figure sur les documents pour les autorités compétentes.” Et d’ajouter qu’il faisait partie de ceux qui en 2013 avaient poussé pour que la presse accède à qui possède quoi et où. “A l’époque et aujourd’hui encore, je ne voulais pas être complice d’un système qui échappait à tout contrôle en termes d’opacité. Je pense que l’on peut être et investisseur — il n’y a rien de mal à avoir une épine dans son propre flanc.”

Une tentative pour sauver la face, alors, mais c’est aussi pourquoi le legs de Bono est loin d’être assuré. Pour les non-fans, il représente le judas aux deux visages sanctimonieux. Les fans, eux, franchement, n’en ont rien à faire. U2 a joué face à plus de 2 million sept cent milles personnes, cette année en tournée, et sa popularité et sa mega opulence signifient pour le groupe (et moi) que nous avons été escortés depuis le stade de Sao Paulo par la police, jusqu’à un hôtel hyper luxueux qu’il a investi pour ses équipes de techniciens et entourage. Lorsque nous sommes arrivés, Adam Clayton, le bassiste faisait déjà les 100 pas dans le hall vêtu d’un élégant kimono.

Bono ne se facilite pas la tâche, mais on doit tout de même admettre que ses levees de fonds font le bien. Son entité (Red), par exemple, a produit plus de 465 millions de dollars au profit de la lutte contre le sida en Afrique. Bien sûr, d’un côté certains impôts ont échappé au fisc, mais de l’autre, il récolte des fonds pour des causes louables. Nous sommes en présence d’une équation de la bonne cause pour le plus grand nombre, n’en déplaise à Jeremy Bentham.

Pourtant, aussi ennuyeux que puisse être Bono, j’ai rencontré suffisamment de personnes suffisamment prêtes à tout pour balayer d’un geste toute son œuvre simplement parce qu’elles détestaient cette fois où un album de U2 non sollicité avait déboulé dans leur compte iTunes. “J’ai prétendu pendant longtemps que cela ne m’avait pas blessé, mais il se peut que cela m’ait blessé”, admet-il lorsque je m’enquiers de la perception publique de son groupe et de lui-même. “Mais je pense que cela n’embête plus personne aujourd’hui.”

Il faut dire que j’ai trouvé Bono, de près, fragile. Sur scène, il est tout sauf fragile, mais des fêlures dans sa voix jusqu’aux histoires incrustées dans sa peau, il ressent tout le poids de ses 57 ans. Notre rencontre s’est faite avant la sortie des papiers sur les paradis fiscaux, mais il semblait déjà apeuré. Cela ne m’avait pas surpris. Il y a des indices sur son état d’esprit dans Songs of Experience, l’imminent album de U2, son 14e, qui comprend des titres écrits pour ceux qui comptent le plus pour lui : son épouse, Ali, ses quatre enfants, Jesus. Ce sont ces paroles sombres, pleines d’allusions à la mort qui rodent.

“J’ai eu quelques coups durs”, admet Bono, aussi silencieux qu’un murmure durant la majeure partie de notre entretien. Un grave accident de vélo en 2014, largement abordé dans la presse, suivi par les décès Bowie et Cohen. Seraient-ce les coups durs évoqués ?

“Non, il y a d’autres choses mais je ne veux pas en parler”, dit-il avant de s’interrompre, réfléchir et poursuivre. Quelque chose qu’il fait beaucoup. “Tout le monde est confronté à la mortalité, et je ne veux pas me la jouer soap-opera, mais je me suis dit : ‘OK, peut-être que je ne suis pas indestructible.’” Il aquiesce de la tête quand je lui dis que ça a été un déclencheur. “Un moment sur lequel s’arrêter et, sur cette pause, je me suis dit : ‘Je vais regarder de plus près la mortalité et comment elle affecte la manière dont je vois ma famille, mes amis et ma foi.’”

A cet effet, cette ligne frappante dans la fantastique Lights of Home — “Oh Jesus, if I’m still your friend” (Oh Jesus, si je suis encore ton ami)— est dure à ignorer. L’expérience de Bono avec la mort l’a-t-elle éloigné de Dieu ? “Ma curiosité m’emmène dans des endroits dangereux et j’ai été nonchalant sur ce point”, reconnaît-il. “En partie, en raison de ma foi, mais c’est alors que j’ai senti que la foi devenait hors d’atteinte. C’était à Noël dernier, et cela m’a surpris. La croyance est absurde mais je l’ai et je me suis dis : ‘J’ai peur !’

“C’était nouveau pour moi et j’ai compris que je ne voulais pas mourir. Je veux passer plus de temps avec mes gosees. Il y a des chansons que je veux écrire, des trucs pour lesquels je peux être utile. Et lorsque j’ai reconnu que j’avais peur, ma foi est revenue.”

U2 n’a jamais été un groupe subtile et ne s’en est jamais caché. La rafale et la furie de ses tubes des années 1980, tells que I Will Follow, ne sont toujours pas ébranlés bien que son pouvoir musical ait pris un coup : Achtung Baby (1991), avec son ambiance lourde et son expérimentation sonore. Mais avec le vaste son, en 2004, de Vertigo, nos quatre Dublinois sont devenus le plus grand groupe de la planète, mais leur musique est devenue plus vague, pleine d’épopées. Songs of Experience est un retour en force. Grâce à la glissade classique de la guitare de Edge, c’est le plus simple qu’ils aient fait depuis des années.

Il faut observer la crève du rock progressif”, sourit Bono, alors qu’il cite Tapestry de Carole King et chante l’une de ses nouvelles chansons, comme si c’était une ballade au piano, de cet album. Le son actuel du groupe est enjoué, mais Bono semble souvent perdu. Tristement, à un moment, il chante : “The end is here.” (la fin est là).

Ce n’est pas seulement de son apocalypse personnelle dont il parle après tout, et son tacle envers la récente apocalypse libérale, on prend vraiment son franc-parler en pleine figure. Prenons, The Blackout, un swing militaire avec la phrase “Democracy is flat on its back” (la democracie est à plat sur le dos), suivie par “Is this an extinction event ?” (est-ce une manifestation de l’extinction). C’est aussi subtil que de bruler une effigie de Trump. L’été dernier, un concert de U2 à St Louis avait été annulé en raison d’émeutes raciales. A quel point pense Bono, en partie new-yorkais, que ce pays qui l’a accroché enfant à Dublin, a changé en 2016 ?

“Les gens ont agi comme si quelque chose était mort”, dit-il. “C’est le deuil. La mort de l’innocence. Et mon angle est : ‘Bien !’ A présent on peut commencer. Car nous vivions avec cette idée que les choses s’amélioreraient. Le droit des femmes, celui des gays. Ca commençait à peine. Puis ça s’est arrêté.”

Etait-ce de la complaisance ? “Oui,” appuie-t-il. “Les gens croyaient en l’évolution spirituelle d’elle-même, mais il n’y a aucune preuve que ce soit bien le cas.”

En février dernier, pour son second boulot de philanthrope, Bono a été critiqué en raison d’une photo prise au côté du vice-président Mike Pence. Le fait qu’il ait fait des louanges sur cet homme politique n’a pas arrangé les choses : “toucher le sol en courant”, même si Bono a insisté en expliquant qu’il voulait parler qu’il soit arrivé en courant à peine vol de nuit atterri, et non des activités de sa nouvelle administration, en général. Quoi qu’il en soit, cette rencontre était bizarre. La poussée de Pence pour un “baillon mondial” a coupé les fonds à toutes les femmes dans la misère de la campagne de Bono, Poverty Is Sexist (la pauvreté est sexiste) qu’il cherchait à aider. Pourquoi diable cette rencontre ?

“Mike Pence est, quelqu’un je crois, avec qui nous pouvons travailler”, de répondre Bono. “Je ne suis peut-être pas d’accord avec lui mais je le crois lorsqu’il parle. J’éprouve de la sympathie envers les idéalistes — ce que vous et moi-même considérer comme des fondamentalistes idéologiques étroits d’esprit comme Pence. Si vous parvenez à élargir l’ouverture de cet idéalisme, ils seront capables d’être passionnés disons au sujet de l’environnement ou des pauvres. Et les libéraux doivent se méfier de ce rejet affreux des personnes qui ont des opinions complètement conservatrices.”

Une rencontre avec Trump, cependant, n’est pas dans les cartes. “Je ne peux pas le rencontrer car il ne dit pas la vérité. J’ai de bons amis au Parti républicain... Ca va finir en larmes, et les gens seront embarrassés de voir que le bureau oval aura été transformé en Fédération mondiale de lutte.” (NDLT : WWF peut être lutle ou vie sauvage), il veut dire les lutteurs et pas les protecteurs de la vie animale.

Tel un Forrest Gump avec du bon sens, Bono a rencontré la plupart des politiciens importants de son époque. De solides relations perdurent. Cependant, pour ce qui est de Aung San Suu Kyi — pour laquelle U2 a écrit une chanson — il m’a confié : “Tant que je ne lui aurais pas parlé, je ne veux pas m’étendre sur le sujet [la crise du Rohingya].” Il espérait l’appeller et revenir vers moi avec un résumé de sa position, mais elle a rejeté sa demande d’appel, ce qui a conduit le groupe à une déclaration sur son esprit choqué et son cœur brisé. Lorsqu’il parle d’elle, pourtant, ou de l’Amérique, ou de ses espoirs foutus sur le printemps arabe, il est clair que tout ce pour quoi il a lutté s’écroule autour de lui.

Il cite le militant Wael Ghonim : “Le pouvoir du people est bien plus fort que les gens au pouvoir.” C’est beau, souligne-t-il, des tremolos dans la voix. “Il s’avère que c’est faux.”

Le lendemain, dans la pièce de Edge, le second homme célèbre de U2, portant son traditionnel bonnet et jouant sur une guitare électrique face à la TV. Il s’agit d’un studio portable. Alerte et solide, est-il inquiet pour Bono ces derniers temps ?

“Ouais,” répond-il solennel. “Quand ton ami est confronté à un traumatisme qui aurait pu lui être fatal, bien sûr que tu t’inquiètes. A l’évidence, nous sommes à un page où il nous faut penser à notre bien-être, parce que quand tu vois tellement de personnes — guère plus âgées — mourir, c’est un peu comme si tu te disais : OK...” il marque un temps de pause. “Tu commences à mettre ta ceinture de sécurité pour la première fois.”

Pour ce qui est de Songs of Experience, Edge confie : “la simplicité c’est là qu’est notre musique” à présent, et il s’appuie sur l’album rare de Rihanna, Anti comme source d’inspiration. “C’est concis”, dit-il à propos de ce nouvel opus. “Pas d’idées inachevées.” Il a raison : les airs sont plus probants que programmés. Ce qui explique pourquoi les textes aboutissent à être plus examinés à la loupe. La chanson, You’re the Best Thing About Me, Ali, la femme de Bono depuis 1982, en est la source et comporte ce douloureux coda : “Why am I walking away ?” (pourquoi je m’éloigne)

Ça va avoir pour conséquence des gros titres ! S’y est-il préparé ? “Oui”, de répondre notre chanteur. “Mais je n’ai jamais voulu desservir Ali au travers d’une chanson sentimentale, aussi ai-je composé une chanson sur la crise de la cinquantaine. C’est le portrait d’un idiot.” Il poursuit, expliquant qu’il a fait un cauchemar dans lequel il quittait sa famille. “Je me suis réveillé en larmes. Je suis allé à la cuisine et j’ai eu droit à : ‘Ah, mon pauvre ami. Et tu es parti, c’est bien ça ?’ On se moque beaucoup de moi, à la maison.”

Bono, je dois reconnaître, est mignon quand il parle de son foyer, peut-être parce que personne ne ponctue sa pomposité comme ceux que l’on aime. C’est là, dans ses filles, Eve et Jordan, qu’il voit l’espoir pour le monde. “Foutez-moi le camp !”, grommèle-t-il d’approbation face à un front unifié qu’il voit das les femmes aujourd’hui, avec de récents mouvements et marches. “C’est la bascule la plus importante, la marée montante jusqu’aux canots de sauvetage — les femmes.”

Comme signe de changement des mentalités, l’Irlande s’apprête à un référendum sur l’avortement. “Mes filles sont dedans à fond”, explique-t-il à propos de ce vote prévu pour l’an prochain. “Mais dire aux femmes ce qu’elles doivent faire de leur corps est inacceptable, et je pense que les Irlandais le savent.” Fera-t-il entendre sa voix à l’approche de ce vote ? “Je ne sais pas. Peut-être qu’elles ne voudront pas de moi et me diront c’est OK Bono. On gère !’”

Il rit. Il est bien plus conscient que le credit que lui accordent les critiques et les satiristes. Sur l’album des débuts de U2, Boy, Bono chantait : “I felt the world could go far/If they listened/To what I said.” (J’ai senti que le monde pouvait aller loin, s’il écoutait ce que j’avais a dire). Je suppose qu’il est arrogant depuis qu’il a eu 20 ans. Il trouve cela drôle, disant que cette phrase est “adorable, pleine d’humour — c’est l’un des meilleurs albums de début que nous ayons fait... que nous ayons jamais fait”. Il sourit, repensant à cette phrase prophétique prétentieuse. “Ouais,” poursuit-il, fronçant le sourcil : “Comment avançons-nous sur ce projet ?”

La terrasse est pleine de personnes bien intentionnées. Certaines essaient de donner à Bono un panier de produits laitiers fabriqués par des Brésiliennes opprimées, tandis qu’une fan arobrant un tatouage de U2, tient absolument a lui montrer son bras. Ces personnes pleureront lorsqu’il mourra, mais que sera sa plus large contribution ? La star remplissant les stades pour aider à lutter contre la misère et la maladie dans le monde ou “cet hypocrite” qui disait à tous comment se comporter ? Un artiste divisé dans des temps divisés.

Noel contre Bono

Le mois dernier, Noel Gallagher m’a raconté une histoire géniale de l’une de ses sorties avec Bono. Elle comprenait la maison du chanteur de U2, un discours par un Taoiseach irlandais, un avion privé, Paris et Gallagher allumant sa télévision pour y voir Bono discuter avec le Président Macron. “Je l’ai lue,” de sourire Bono. Gallagher dit que ses 3 jours l’avaient anéanti. “Bon,” de poursuivre Bono, ”Noel est irlandais de toutes les façons dont on peut l’être en s’inspirant, mais il lui manqué ce truc que nous appellons le ‘hollow leg’. Il ne boit pas tellement que ça. J’ai trouvé que c’était plutôt une journée pépère !” A toi Gallagher : Que penses-tu d’être qualifié de petit joueur lorsqu’il s’agit de boire ?

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