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U2 : Songs of Innocence critique – Blake doit se retourner dans sa tombe

jeudi 18 septembre 2014 / par Corine/Dead / Tags:
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U2 at Apple’s product launch last week : ‘Can you imagine them trying to sound punk now ? Neither can they.’ Photograph : Marcio Jose Sanchez/AP

L’idée du rock’n’roll en tant que force contre culturelle est plutôt discréditée de nos jours. L’expérience nous a montré que la musique est l’accoutrement d’un style de vie et non l’élément vital du changement social tel qu’il a pu l’être dans les années 1970, lorsque U2 était très jeune.

Alors, le rock’n’roll devait sembler un moyen génial pour s’extirper de cette intense monotonie dans laquelle l’Irlande avec ses guerres religieuses et ses tabous sexuelles semblait enlisée. Le treizième opus de la formation rock irlandaise U2 explore les débuts du groupe, ses influences et ses souvenirs de jeunesse. “Pendant mes années d’adolescence, c’était une zone de guerre,” chante Bono dans Cedarwood Road, son quartier d’enfance, sur un riff arrogant. Avec une sortie choc sur iTunes la semaine dernière (tous les utilisateurs d’iTunes y ont eu droit, qu’ils le voulaient ou non), Songs of Innocence est vendu comme l’album le plus personnel qu’ai jamais signé U2, bourré d’une biographie sous forme de confession plutôt que d’agitateur de drapeau, ou de tentative de jeu sous la forme d’un stade, comme l’avait fait U2 dans ses années Zooropa.

Tant avec le rock qu’avance la technologie. Cette idée du secteur technologique faisant tomber le statuquo avec son jeune et habile libéralisme intérieur, cependant, est presque creusé. Ceux qui pourraient être des animateurs révolutionnaires ont supervisé un régime dans lequel le secret est un souvenir lointain et la surveillance quotidienne des citoyens par les entités commerciales une réalité. Il n’est plus question du rêve de California chante par les Beach Boys – un son qui redonne dans le lointain sur California (There Is No End to Love), avec sa petite répétition de “Santa Barbara”, renvoyant subtilement à l’autre chanson des Beach Boys, Barbara Ann.

C’est à la fois ironique et approprié, alors, que Songs of Innocence soit sorti avec célérité par le géant de la technologie de Californie qu’est Apple, un nom qui autrefois signifiait innovation extrême par opposition à l’establishments gris et fonctionnel de Microsoft. A présent Apple et U2 sont le statuquo, produisant le produit de notre style de vie (en l’occurrence, montre et iPhone 6, dont le lancement coïncidait avec la sortie de cet album). L’on pourrait argumenter que le chanteur leader de U2, Bono, s’est sincèrement engagé à sauver des vies et à fournir un attirail de mode de vie. Mais l’histoire des déclarations fiscales de U2 ont fait du tort aux bonnes œuvres de Bono’.

Songs of Innocence – une référence à William Blake – décrit avec justesse ces coups d’œil dans le rétroviseur, dans la mesure où ils évoquent la jeunesse des membres de U2. L’album débute avec The Miracle (of Joey Ramone), pour laquelle Bono trouve sa propre voix dans celle, mélodieuse, de Joey, le “storm in me” renvoie à l’urgence du punk. Mais l’air ressemble toujours à du U2, malgré ce riff mou bizarre. Peut-on imaginer U2 tentant de sonner punk aujourd’hui ? Lui non plus.

D’autres titres sont encore plus intimes. Iris (Hold Me Close) parle de la mère de Bono, décédée alors qu’il n’avait que quatorze ans. De même, l’on peut déduire sans trop se tromper que Song for Someone – a l’eau de rose, dans l’air du temps de l’iPhone – parle d’Ali, la chérie de Bono de son adolescence, et épouse aujourd’hui. Plus saisissant, Raised By Wolves s’inspire des explosions de bombes et du doute, à la fois laïque et religieux. Musicalement, il se passe beaucoup de choses sur ce titre : clavier tendu, souffles de percussion et chœur gospel lointains, en faisant aisément le plus intriguant de cet album. (Les femmes veulent écrire sur Bono avec des aiguilles pour tatouages, mais son corps n’est pas du papier toilette, conte-t-il.) Pained Swede Lykke Li débarque dans les chœurs sur le dernier morceau de l’album The Troubles, qui a la bonne idée de ne pas porter sur les ennuis, à proprement parler, mais sur la lutte avec soi-meme.

Mais dans les faits, cette sortie ressemble plus à une Song of Experience, telle qu’imaginée par Blake – une déclaration de l’existence après coup de Dieu, de l’être humain teintée de sophistication. Par opposition, Infant Joy, d’après le Songs of Innocence de Blake, sur le thème de la joie débridée d’une nouvelle vie, avec Infant Sorrow, dans Songs of Experience, avec sa description d’un truculent nouveau-né manipulateur, “sulk[ing] upon [his] mother’s breast”, calculant malicieusement ses meilleurs gestesly. La pochette tel un brouillon d’un vinyle à l’âge de pierre respire particulièrement l’hypocrisie. L’accouchement de cet album s’est fait dans une série de 1 et 0 (NDLT : je pense qu’il fait référence au langage binaire informatique, sinon je ne vois pas trop !)

Le but de U2, présume-t-on est l’intérêt renouvelé, plutôt qu’un retour immédiat, et un meilleur accueil critique que celui de leur dernier opus, reçu de manière mitigée, No Line on the Horizon. Tout comme pour Brian Burton, ou Danger Mouse, qui aurait pu aider U2 à ressembler plus aux Black Keys, U2 a bosse avec un paquet de producteurs en vue de la pop pour que sa musique soit correcte sur un marché domine par Maroon 5 – des personnes telles que le collaborateur américain d’Adele et de Maroon 5, Ryan Tedder, et le super producteur britannique Paul Epworth. Aussi y a-t-il ici un effet de chambre d’écho, dans laquelle U2 renvoie l’air du temps tout en le réfractant pour qu’il sonne comme U2. Le doux amer Every Breaking Wave crée un petit pli dans le continuum espèce temps, en ressemblant à Coldplay copiant U2. L’intégralité de cet album débute par des “woah-oh-oh”s, langue maternelle du rock en stade, un chœur utilise bien trop fréquemment par Coldplay.

Avec Songs of Innocence, U2 se retrouve en bonne compagnie, explorant sa lointaine jeunesse pour le matériel, la tactique employée par Paul McCartney pour son dernier album. Quel fan ne voudrait pas entendre l’album le plus personnel jamais réalisé par son groupe préfère ? Mais bien que Songs of Innocence soit plus succinct, glace et vif que les récentes sorties de U2, l’on y trouve très peu de matière à l’état brut, du franc-parler et de la spontanéité de la jeunesse – et de cette précieuse petite innocence.

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