U2, l'histoire
Les débuts
L’histoire commence fin 1976, à la Dublin’s Mount Temple School, où Larry Mullen, alors adolescent, passe une petite annonce pour former un groupe de rock. Parmi les membres qu’il recrute, on compte Dave Evans (rebaptisé plus tard The Edge), Adam Clayton, et Paul Hewson (rebaptisé Bono Vox, puis Bono). Dick Evans, le frère de The Edge, fera une courte apparition dans le groupe, avant de tenter sa propre aventure musicale au sein des Virgin Prunes, aux cotés de Gavin Friday et de Guggi.
Dick et Dave sont guitaristes, d’un genre assez expérimental, puisque Dick joue sur une guitare qu’il a fabriquée lui-même. Adam est bassiste, c’est le plus âgé de tous, il sèche régulièrement les cours, se retrouve très souvent chez le proviseur de la Mount Temple à cause de ses tenues plus qu’excentriques, mais il n’a pas mauvais fond. C’est lui qui va convaincre Larry de recruter un certain Paul Hewson, rêveur romantique qui collectionne les petites amies, et qui n’hésite pas à se présenter en tant que guitariste. En réalité Paul ne sait absolument pas jouer, et s’oriente vite vers l’écriture et le chant.
Le groupe s’appelle d’abord Feedback, puis The Hype, et adopte finalement le nom de U2 après le départ de Dick, plus dans un esprit de communion avec son public qu’une référence à l’avion espion américain, qui selon la légende aurait été abattu en Union Soviétique le jour de la naissance de Bono.
La formation initiale est restée intacte jusqu’à aujourd’hui, y compris sur scène où U2 préfère avoir recours à des bandes enregistrées plutôt qu’à des musiciens additionnels.
Après un an de répétitions dans la cuisine des Mullen, Feedback donne son tout premier concert dans le gymnase de la Mount Temple à l’automne 1977, à l’occasion d’un concours organisé par l’école. Dick est absent, et c’est donc le futur U2 dans sa formation finale qui se lance. Ils y reprennent des standards des Rolling Stones, des Beach Boys et des Eagles, mais c’est avec une reprise de Show Me the Way de Peter Frampton qu’ils conquièrent le public. Ce soir-là, ils remportent le premier prix. Feedback change de nom une première fois et devient The Hype.
Adam s’occupe désormais de la gestion du groupe à temps complet puisqu’il est viré du lycée. Début 1978, The Hype ouvre pour Revolver dans l’un des plus grands clubs de Dublin, reprenant les Sex Pistols et les Stranglers. En mars, Larry insiste pour que The Hype participe à un nouveau concours, sponsorisé par Harp Lager, Evening Press et CBS, et doté d’un prix de 500 livres. The Hype arrive en finale et remporte le premier prix, devant un groupe plus expérimenté, les East Coast Angels. Ils obtiennent également une séance d’enregistrement gratuite aux Keystones Studios de Dublin.
C’est à cette époque que le groupe rencontre la division irlandaise de CBS en la personne de Jackie Hayden, mais aussi Phil Lynott de Thin Lizzy, qui persuade Adam de trouver un manager, et surtout Bill Graham de Hot Press, qui présentera le groupe deux mois plus tard à un certain Paul McGuinness. Quelques jours plus tard, à la fin d’un concert au Community Centre de Howth, Dick Evans quitte le groupe : The Hype devient U2 sur la suggestion de Steve Averill.
Convaincu du potentiel du groupe Paul McGuinness accepte le poste de manager à la suite d’un concert donné en mai 1978 au Project Arts Center, où ils partagent l’affiche avec les Virgin Prunes. Il est encore leur manager aujourd’hui, et souvent considéré comme leur 5ème membre. U2 commence alors à enregistrer des démos, continue à donner de petits concerts dans les lycées et les clubs de la région, afin de décrocher un contrat avec une maison de disques.
Dans la grande tradition des groupes formés dans les années 1970, U2 était donc un groupe avant même que ses membres sachent vraiment jouer. Seul Adam avait un peu d’expérience, ainsi que Larry qui jouait dans une fanfare locale. Malgré une absence totale de technique, ils vont rapidement se distinguer par leur fraîcheur, leur force scénique, et un son mélangeant les sonorités du punk, de la new-wave naissante, et bien sûr du rock et de la pop. Durant ses concerts, le groupe joue de nombreuses reprises, de Peter Frampton à Thin Lizzy, sans négliger ses propres compositions. Lors d’une session d’enregistrement en décembre 78 aux Keystones Studios de Dublin, ils enregistrent leurs trois premiers morceaux : The Fool, Street Mission et Shadows and Tall Trees. McGuinness se rend à Londres avec la démo, afin de démarcher les maisons de disques.
10 mai 1978 : Cher Monsieur Hewson - Merci d’avoir soumis votre cassette de ‘U2’ à RSO, nous l’avons écoutée avec la plus grande considération, mais nous avons le sentiment qu’elle ne nous correspond pas pour le moment. Nous vous souhaitons bonne chance pour votre future carrière - Cordialement, Alexander Sainclair.
Malgré les réticences des grandes compagnies de disque à signer le groupe, U2 connaît un certain succès sur scène, qui les amène à enregistrer en 1979, sur le label CBS Irlande, un EP trois titres intitulé U2-3, où figurent les versions démo de Out of Controlet de Stories for Boys ainsi que le titre Boy-Girl. Lors d’un show sur RTE présenté par Dave Fanning, le groupe fait choisir aux auditeurs le titre qui sortira en face A. Leur choix se porte sur Out of Control. Three sort donc en septembre 79, en tirage limité et uniquement en Irlande. Les mille exemplaires pressés sont numérotés à la main.
Pourtant, la partie est loin d’être gagnée. Lors d’un concert au Baggott Inn, des responsables du label EMI, invités pour écouter le groupe, quittent la salle en plein milieu du spectacle. U2 décident de tenter le tout pour le tout. Ils raclent les fonds de tiroir, empruntent à leur famille et leurs amis, et embarquent pour Londres. Les échecs sont retentissants, si bien que les membres de U2 repartent en Irlande sans contrat en poche.
McGuinness ne renonce pas, et organise une mini-tournée en Irlande, qui connaît un très grand succès, et qui culminera par un concert à guichets fermés devant 2 000 personnes à Dublin, chose extrêmement rare pour un groupe non signé. C’est aussi à cette époque que sort Another Day, devenu depuis un collector.
En janvier 1980, le magazine Hot Press effectue un sondage auprès de ses lecteurs, et U2 remporte la première place dans cinq catégories. En avril, ils signent avec Island Records et enregistrent le mois suivant leur second single 11 O’clock Tick Tock, produit par Martin Hannett.
Premiers albums
U2 continue à faire de la scène pendant l’été 1980 au Royaume-Uni, et se forge une réputation, en particulier Bono qui approfondit le contact avec le public en le faisant participer. Parfois en grimpant sur les amplis et les échafaudages de scène (sans filet, bien sûr), d’autres fois en se mettant dos au public pour finalement tomber à la renverse dans une marée de mains tendues. En octobre 1980, le groupe enregistre son premier album studio, Boy, produit par Steve Lillywhite. Pour la petite histoire, il faut savoir que U2 a eu du mal à imposer Boy aux États-Unis, les Américains ayant interprété l'enfant sur la pochette (Peter Rowen) comme un appel à la pédophilie. Une pochette différente sera en conséquence créée pour la vente outre-atlantique.
Juste après la sortie du single I Will Follow, U2 embarque pour une tournée britannique, puis européenne, notamment en Hollande et en Belgique. En novembre, c’est au tour des États-Unis, ou ils jouent leurs premiers concerts sur la côte Est. En janvier de l’année suivante, ce n’est plus cinq, mais neuf catégories que le groupe remporte dans le magazine Hot Press. Les concerts continuent tout le long de l’année 1981, en Europe et aux États-Unis. En juin, Bruce Springsteen reporte son retour aux États-Unis pour pouvoir assister au concert du groupe à l’Hammersmith Palais.
Le single Fire précède de trois mois la sortie d’October, le deuxième album du groupe, sorti en octobre 1981, qui se veut beaucoup plus intimiste, et moins accessible que l’album précédent. On y retrouve néanmoins le single Gloria, qui sera le support du premier vidéo-clip officiel. Le groupe repart en tournée, pour 18 dates au Royaume-Uni, à guichet fermé. En mars 1982 sort le single A Celebration. Quelques mois plus tard, en août, Bono épouse Alison Stewart.
Le troisième album War sort en mars 1983. Le groupe connaît un changement de direction radical, prenant ouvertement position sur des sujets politiques, comme les évènements en Irlande du Nord dans Sunday Bloody Sunday, ou la situation en Pologne dans New Year’s Day. Le disque est également un succès commercial, il se classe n°1 au Royaume-Uni. En juillet 1983, The Edge épouse Aisleen O’Sullivan à Enniskerry. Ce dernier devient également le premier membre à participer à un projet en dehors de U2, pour l’album Snake Charmer de Jah Wobble.
U2 avait déjà livré quelques extraits de concert sur des maxi-singles comme Fire, mais l’apparition des bootlegs ou albums pirates amena naturellement le groupe a réaliser un album en public. Under a Blood Red Sky est édité en novembre 1983. Le disque est produit par Jimmy Iovine et composé de huit titres live tirés des concerts de Lorelei et de Denver, pour beaucoup il constitue alors le meilleur album du quatuor. Du concert de Denver sera d’ailleurs tirée une vidéo live, Under A Blood Red Sky - Live at Red Rocks. U2 est élu groupe de l’année par le magazine Rolling Stone.
La seconde trilogie
La fin du War Tour marqua une période creuse pour le groupe, une stérilité et un manque d’inspiration qui aurait bien pu les mener à la séparation. Steve Lilywhite refusant de travailler sur plus de trois album pour chaque groupe, Bono fait donc appel à Brian Eno, d’après lui le seul capable de leur donner un nouveau souffle. La nouvelle surprit tout le monde, Brian Eno étant surtout connu pour sa musique expérimentale et son travail avec David Bowie et les Talking Heads, si éloigné du rock de U2, qualifié à l’époque d’« héroïque ».
U2, Brian Eno et Daniel Lanoiss’installèrent à Slane Castle, en Irlande, pour travailler sur le quatrième album studio, The Unforgettable Fire. Le titre du disque a été emprunté à une exposition réalisée par des survivants d’Hiroshima, auxquels il est dédié. Les titres M.L.K. et surtout Pride (In The Name Of love), qui deviendra le single les plus vendu du groupe à ce stade, sont les morceau phares de leurs concerts et rendent hommage au révérend Martin Luther King.
L’album sort en octobre 1984. La voix de Bono y est beaucoup plus chaleureuse, et les synthétiseurs y prennent une place importante, sans pour autant nuire aux parties de guitare de The Edge. Entré dans les charts britanniques directement à la première place, il est suivi d’une tournée de plusieurs mois durant laquelle Bono ne se prive pas de commenter l’actualité politique : le projet d’initiative de défense stratégique, rebaptisé Star Wars par ses détracteurs, et la course aux armements en général, l’apartheid en Afrique du Sud, les conflits au Salvador et au Nicaragua…
On peut noter également la création par U2, en juillet 1984, du label Mother Records, qui signera plus tard Hothouse Flowers, An Emotional Fish et Cactus World News. Des concerts de la tournée de The Unforgettable Fire sera issu un EP de 4 titres, dont deux en studio, intitulé Wide Awake in America, qui ne sera réellement disponible qu’aux États-Unis jusqu’en 1987.
Le tournant
Le 13 juillet 1985, Jack Nicholson présente au public de Philadelphie un groupe irlandais qui va rentrer sur scène, à des milliers de kilomètres de là, au Wembley Stadium de Londres. Nous sommes au Live Aid, deux concerts donnés simultanément en Europe et aux States, organisés par Bob Geldof, pour soulager la famine en Afrique. U2 arrive sur scène dans l'après-midi, et ne vont rester qu'une quinzaine de minutes, mais tout ceux qui y ont assisté en direct s'en souviennent encore. D'abord pour la puissance de Sunday Bloody Sunday, puis pour le charisme de Bono sur Bad, qui n'hésite pas à franchir la fosse de deux mètres pour aller à la rencontre de son public. Un troisième titre aurait du être joué ce jour là, mais le temps que Bono remonte sur scène, les 20 minutes accordées au groupe pour effectuer leur set étaient écoulées. Selon la biographie officielle du groupe d'Eamon Dunphy, c'est New year's Day qui était incluse dans la setlist originale, mais selon la U2 Encyclopaedia de Mark Chatterton, c'était Pride. Peu importe, U2 a déjà laissé leur empreinte, indélébile. Quelque chose s'est passé ce jour là. La semaine suivante, les ventes d'album triplent, et le monde entier réalise le potentiel évident du groupe.
Bono travaille ensuite sur un album avec Little Steven, intitulé 'Sun City'. Avec d'autres rock stars, il participe au projet Artists Against Apartheid, et enregistre avec Keith Richards la version initiale acoustique de Silver and Gold. L'été 1986 marque une année de concerts de charité, puisque U2 embarque avec Peter Gabriel, Sting et Joan Baez pour la tournée d'Amnesty International 'A Conspiracy Of Hope'. Bono profite de cet élan humanitaire pour séjourner dans un désert éthiopien et dans un village du Salvador. Nul ne se doutait que de ces voyages naîtraient deux des thèmes principaux du plus bel album de la décennie.
L'irrésistible ascension d'un cactus gigantesque
Le 9 mars 1987, sort dans le monde entier The Joshua Tree, cinquième album studio. U2 y approfondit son nouveau style musical annoncé dans The Unforgettable Fire, et propose des compositions qui n'ont rien à voir avec les trois premiers albums, si bien que si on écoute à la suite War et The Joshua Tree, on peut se demander s’il s'agit bien du même groupe, alors que 4 ans à peine les séparent. Le son y est étonnamment clair, la plupart des morceaux ayant été enregistré chez Adam, puis mixés de main de maître par Brian Eno et Daniel Lanois, aidés dans les dernières semaines par le retour de Steve Lillywhite. Chacun des morceaux est une pièce unique, qui s'amorce calmement pour finir avec une ardeur à la limite de l'essoufflement.
Pas moins de 5 singles (en comptant ceux qui ne sont pas sortis en France) en seront extraits, dont With Or Without You qui devient le tube planétaire de l'été 87. L'album suit la même tendance, puisqu'il devient l'album le plus rapidement vendu au monde, en étant certifié platine moins de 48 heures après sa sortie. N°1 dans 22 pays dont la France, il s'en vend plus de 15 millions d'exemplaires. Une tournée marathon débute début avril aux États-Unis, atteint l'Europe juste avant l'été, dont la France (Le Zénith de Paris en juin, puis l'hippodrome de Vincennes et le Stade Richter de Montpellier en juillet), pour finalement s'achever aux États-Unis de septembre à décembre. Près de 9 mois de tournée, avec plus de 100 concerts, le 'Joshua Tree World Tour' ne fait que consolider le succès du groupe, et le conduit au rang du plus grand groupe de rock du monde. Deux Grammy Award (Album of the year, Best Rock Performance), un Best International Group Award aux BPI Awards, des milliers de couvertures de journaux dont celle, chose rare, de Time Magazine, qui titre 'U2 Rock's Hottest Ticket' et qui consacre au groupe 6 pages intérieures. Un privilège qui n'avait été accordé jusque là qu'aux Rolling Stones.
Tout ceci aurait bien pu suffire, et U2 aurait pu tranquillement savourer sa réussite en se reposant à la fin de l'année 1987. Mais d'autres projets étaient en cours. En particulier celui de réaliser un documentaire en format cinéma sur l'extraordinaire tournée du Joshua Tour. Bono et le groupe rencontrent à ce sujet Phil Joanou courant 1987, et attaquent le tournage lors des concerts américains à l'automne. Des kilomètres de pellicule capturent le groupe au sommet de sa forme, lors de shows parfaitement rodés par 6 mois de tournée, si bien que certains soirs, on se demande si Bono joue pour le public ou pour les caméras.
La tournée (et donc le tournage des séquences live) s'achève un soir de décembre 87, à Tempe en Arizona, dans la ville ou le Joshua Tour avait commencé. Le projet prend de l'ampleur en 1988, puisque U2 retourne, sans s'arrêter, en studio pour compléter le film par des morceaux studio. Plusieurs mois de travail seront nécessaires pour achever la production du film avec Paramount, et c'est finalement un double album qui accompagne sa sortie en octobre 88. Le long-métrage comme l'album s'intitule Rattle And Hum. On y retrouve le single Desire, ainsi que diverses collaborations avec BB King, Bob Dylan, Cowboy Jack Clements ou même les New Voices of Freedom, une chorale gospel de New York, avec qui Bono chante I Still Haven't Found What I'm Looking For.
Rattle And Hum, bien qu'étant un gros succès commercial, est pourtant le premier faux-pas du groupe. Bien sur, le projet était ambitieux, se mettre Hollywood à ses pieds, explorer les racines de la musique américaine fut une formidable expérience, mais rétrospectivement, Paul Mc Guinness en garde un souvenir amer, tout comme les membres du groupe. Ils étaient allés trop loin. Faire découvrir les racines du blues aux Américains était comme d'essayer de leur apprendre à parler anglais. Pour U2, ces sonorités étaient nouvelles, mais outre-atlantique, cela faisait partie de leur culture. Voila pourquoi le film s'est fait démolir par la critique US, qui les jugea bien prétentieux pour un groupe dont le plus vieux membre n'avait même pas 30 ans. Peu importent les critiques, les fans sont ravis, et en demandent encore. Même si le film ne rentre pas au box-office de cette année-la, à cause d'un faible nombre de copies en exploitation, la vidéo sortie six mois plus tard fera un carton.
Début aout 89, Adam Clayton est arrêté pour possession de cannabis. Le juge chargé de l'affaire lui reprochera non pas la détention de drogue, mais plutôt le mauvais exemple qu'il peut donner, considérant l'influence de U2 sur ses fans. Aucune peine de prison ne sera cependant prononcée, il écopera juste d'une amende.
À l'automne 1989, U2 embraye sur une tournée de 5 mois, afin de jouer en Australie, au Japon et en Nouvelle-Zélande, chose qui aurait dû se faire lors du Joshua Tour. L'Argentine et l'Océanie devaient être visitées début 1988, mais la tournée est reportée à plusieurs reprises. On voit U2 revenir prématurément à Dublin fin 1987, exténués par la tournée Joshua Tree qui a duré neuf mois. Le break s'imposait donc, et le groupe organise donc sa nouvelle tournée presque deux ans plus tard.
L'attente des fans étant à son maximum, les concerts sont complets instantanément et de nombreuses dates doivent être ajoutées au fur et à mesure que la mention 'Sold Out' s'affiche sur la liste des villes qui ont la chance de recevoir U2 sur cette mini-tournée. Il y a finalement 8 concerts à Sydney et 7 à Melbourne. Le « Lovetown Tour » débute le 21 septembre 1989 à Perth dans l'ouest australien et pendant plus de deux mois, le groupe parcourt l'Australie, la Nouvelle-Zélande ainsi que le Japon, pour le dernier concert, le 1er décembre. C'est une tournée en salles avec de multiples concerts dans chaque ville, sauf en Nouvelle-Zélande où les concerts ont lieu en stades. En prime, U2 se paye le luxe d'embarquer BB King, qui joue en première partie, et qui revient jouer quelques titres avec eux lors des rappels.
Après le Japon, U2 décident d'ajouter quelques concerts en Europe. Seules quatre villes européennes sont choisies pour recevoir U2 et finir en beauté la décennie, qui fut celle des 4 irlandais : Paris, Dortmund, Amsterdam et Dublin. Londres est laissée de côté malgré des rumeurs de concerts au Wembley Arena. Seulement 12 concerts sont donc prévus en Europe : deux à Paris, trois à Dortmund ainsi qu'à Amsterdam et quatre à Dublin. C'est Paris qui ouvre le bal, au Palais Omnisports de Bercy les 11 et 12 décembre. Bien évidemment ces deux concerts sont rapidement complets. Les 32 000 places s'arrachent en quelques jours seulement.
La tournée LoveTown se poursuit ensuite de façon chaotique. U2 écourtent deux concerts à Dortmund et à Amsterdam avant de finalement annuler les deux autres concerts suivants. Bono a attrapé un virus à la gorge, et n'arrive même plus à sortir un son après une heure de concert. Mis au repos forcé, le groupe est quand même au complet pour célébrer sa grand-messe, chez lui, à Dublin. Les quatre dates dans la capitale irlandaise ont lieu au Point Depot, une ancienne gare où a été enregistrée une partie de Rattle And Hum. Le dernier concert a lieu le soir du 31 décembre, à la transition entre les années 80 et les années 90. U2 arrivent sur scène aux douze coups de minuit, non pas sur New Year's Day comme on aurait pu s'y attendre, mais sur Where The Streets Have No Name, précédée du Auld Lang Syne. Le concert est retransmis dans une vingtaine de pays et écouté par 500 000 000 de personnes.
Vers la fin de la tournée, Bono laisse échapper une phrase qui en effraiera plus d'un au sujet de l'avenir du groupe : « Nous faisons une tournée d'au revoir. Nous avons passé dix années formidables. Cette tournée est une fête pour nous, pour le public, et pour ceux qui nous ont soutenus. Nous ferons autre chose la prochaine fois et il nous faut nous éloigner… Nous avons eu beaucoup de plaisir à découvrir la musique que nous ne connaissions pas. C'est la fin d'une époque pour U2. Ce n'est rien, c'est juste que nous avons besoin de nous arrêter pour recommencer a rêver ». Le rideau tombe. Fin des années 1980… Place aux années 1990. Avec ou sans U2 ?
Prêts pour le gaz hilarant ?
De janvier 1990 à l'automne 1991, on pouvait se demander si le groupe existait toujours. En effet, les quatre Irlandais s'éloignèrent de la scène médiatique comme jamais il ne l'avaient fait auparavant. Les rumeurs allaient bon train sur leur séparation, surtout après ce qu'avait déclaré Bono. Pourtant, ils n'étaient jamais très loin.
En 1990, Le groupe participa au projet Red Hot and Blue, un album hommage à Cole Porter dont les bénéfices allèrent à la recherche sur le sida. U2 y côtoient d'autres pointures pop/rock, tels David Byrne, Annie Lennox, Iggy Pop, Sinead O'Connor, Les négresses vertes, Neneh Cherry, Salif Keïta ainsi qu'Erasure. C'est une version très synthé de 'Night and day', portée par la superbe voix de Bono, qui figure sur ce disque.
C'est pendant l'été 1991 que tout se précisa. Les rumeurs circulaient que le nouveau U2 serait très différent, d'abord dance, puis avec du sampler, puis carrément techno, on a rarement autant spéculé sur un album que sur celui-la, et on a rarement dit autant de bétises. Il faut dire qu'à cette période, U2 se remettent en question, aussi bien personnellement que musicalement. Après une large période tournée vers l'Amérique, Berlin semble être devenu leur nouvelle source d'inspiration. Et après la découverte du blues et de la musique ancrée dans les racines américaines, les quatre irlandais sont maintenant baignés dans des influences musicales beaucoup plus industrielles et beaucoup plus variées, qui va de Massive Attack à Sly And The Family Stones. Il fallut qu'une femme de ménage finisse par voler une copie de travail dans une chambre d'hôtel de Berlin, pour qu'on constate que les directions musicales du groupe avaient certes, radicalement changé une nouvelle fois, mais pas au point de ce qu'on avait annoncé.
U2 avait donc été piraté. Ce n'était pas la première fois, les concerts pirates de U2 se comptent aujourd'hui par centaines, mais jamais le groupe n'avait été bootlégué pendant ses sessions studio. De ces copies volées, trois vinyls seront tirés, vendus sous le manteau dans une pochette noire, avec simplement écrit 'The New U2 - Rehearsels And Full Versions' dessus. Plus tard, un coffret de 3 CD sous le nom de 'Salomé' sera également en vente, dans l'illégalité la plus totale.
En novembre 1991, U2 mettent dans les bacs leur nouveau LP, Achtung Baby, précédé de quelques semaines du très déroutant single The Fly. Enregistré à Berlin, par volonté de s'éloigner des États-Unis et regarder un peu ce qu'il se passe chez eux en Europe, il est produit par Brian Eno et Daniel Lanois, il se vendra à 10 millions d'exemplaires. Les sonorités du groupe sont nouvelles, plus agressives, et résolument modernes. L'utilisation du phasing sur la voix de Bono, et d'effets de distorsion sur la batterie ajoutent à ce nouvel opus plus de distance entre le U2 traditionnel et le U2 des années 1990. Bono l'admet lui-même, pour lui, The Fly c'est l'histoire de 4 types en train de scier le Joshua Tree. Jolie métaphore pour expliquer la volonté de rupture avec le passé.
Oublié l'homme au drapeau, il est temps de se moquer du business autour du RockN'Roll, de montrer que cet univers n'est qu'une illusion ou une grande farce, et qu'après tout, tout ça n'est que de la musique. Se moquer de soi même, également, puisque Bono déclare qu'ils ne sont finalement que 'quatre imbéciles escortés par la police', 'bien trop payés pour ce qu'ils font', et qu'il est 'vraiment incroyable qu'un groupe aussi mauvais qu'eux ait pu réussir'. Prêts pour les gazs hilarants donc, oubliez tout ce que vous savez, car de toute façon, tout ce que vous savez est faux. Certains découvriront U2 sur cet album. D'autres, souvent fans de la première heure, le prenant trop au sérieux et dégoûtés de voir Bono s'acharner à détruire le passé, boycotteront carrément l'album, et laisseront tomber leurs idoles, jugeant que le meilleur du groupe est derrière eux. D'autres, bien que puristes des premiers albums, donneront une chance à cet album hors-normes. Normes ? Mais qui a dit que U2 étaient dans la norme ? Bono avait dit un jour qu'un groupe était fini lorsqu'il commencait à se répéter. U2 avait prouvé qu'il était capable d'autre chose, de changer de style à volonté, et surtout de s'adapter. S'adapter à son époque, faire de la musique avec les dernières technologies, plutôt que de s'enfermer dans un style classique 'à la U2', avec les mêmes riffs de guitare pendant des années. Une formule facile, qui certes, aurait marché commercialement (les Stones y parviennent bien), mais qui aurait été si monotone. Au lieu de ça, U2 tente un pari très périlleux et très simple : se remettre constamment en question. Certes Achtung Baby n'est pas considéré par tous comme faisant partie des meilleurs albums du groupe, mais on s'accorde généralement pour dire que c'est le plus audacieux.
Qui dit album dit nouvelle tournée, car c'est commme cela que fonctionnent U2 depuis leurs débuts. Les quatre Irlandais sont bien décidés à marquer les esprits et faire de la tournée promotionnelle d'Achtung Baby la plus technologique de son histoire. U2 songe d'abord à engager la troupe française Archaos, une sorte de cirque techno et underground, qui fait un peu penser à l'univers torturé de Jean-Paul Goude. Le projet est abandonné, et revient sur la base développée lors de la sortie de l'album.
En même temps que The Fly, naît en effet le concept de Zoo Tv. Une sorte de dénonciation de la puissance des medias, qui est probablement née pendant la guerre du Golfe, où tout le monde zappait sur CNN pour voir la guerre en direct comme une bonne sitcom. U2 se rend alors compte du potentiel de toute cette 'foutue technologie' : faire un concert avec une station de télévision embarquée, ou U2 pourrait envoyer les images de ses propres concerts n'importe où dans le monde, et recevoir toutes les images qu'il désire. Un show totalement interactif, où Bono pourra faire intervenir n'importe qui pendant le concert.
Ainsi est né le Zoo Tv, tournée promotionnelle d'Achtung Baby, qui débute à Lakeland fin février 1992. U2, ses dizaines d'écrans TV aux messages subliminaux, et les Trabants suspendues en l'air vont sillonner l'Amérique, à guichets fermés, puis atteindre l'Europe, le tout pour une tournée en salles. Bono reste dans la toute première partie des concerts distant du public, vêtu de cuir et affublé de ses lunettes de mouche, refusant de chanter autre chose que des titres du dernier album. Il incarne également le Mirror Ball man, un business-man américain à mi-chemin entre JR et Elvis Presley.
Côté oldies, il faudra presque attendre les rappels pour que le vieux U2 renaisse, avec tous les clichés qui ravissent tant les vieux fans. La tournée ne s'arrête pas là, et repart de plus belle aux États-Unis, pour cette fois des concerts en plein air. Le 'Outside Broadcast Tour' se veut encore plus fou que le Zoo Tv. Des écrans TV gigantesques, une scène immense où 50 semi-remorques sont nécéssaires à son transport, 1 million de watts déployés, le record du monde de décibels, ce qui leur vaudra quelques plaintes pour acouphènes, voire surdités.
U2 prend position à l'élection présidentielle américaine, lors de la 'Vote Baby Campaign', où ils soutiennent ouvertement Bill Clinton. Bill Clinton qui les invitera a l'Inaugural Ball, fête de son investiture, ou Adam et Larry joueront 'One' avec Michael Stipes et Mike Mills de R.E.M. Bono tourne George W. Bush en dérision, n'hésitant pas à appeler la Maison Blanche tous les soirs de concert. Ces coups de fil étaient authentiques, malgré ce que diront les mauvaises langues, Bush l'a même mentionné dans une interview. En mars, U2 rafle 17 categories dans le magazine Rolling Stone et le magazine Q magazine les juge meilleur groupe du monde et 'Best Songwriters'.
La tournée prévoit le retour en Europe à l'été 1993, pour la tournée de Zooropa, alors que le groupe continue à explorer de nouvelles directions studio. En plein spring-break de leur tournée, les 4 Irlandais profitent de soundchecks pour composer de nouveaux morceaux, dopés par l'énergie que leur procure leur rythme effréné de concerts. De quelques séances de répétition naîtra un single, puis un deux titres, puis un mini-album, et c'est finalement un nouvel album à part entière qui sort pendant la deuxième tournée européenne. L'album s'intitule donc Zooropa, et continue dans la voie frayée par Achtung Baby. Plus de technologie, des titres comme Lemon sont résolument dance. L'album, sorti pendant l'été, n'est pas un gros succès commercial, et est probablement à ce jour l'album le moins réussi du groupe, laissant tout de même une impression de travail inachevé, selon ses détracteurs, qui lui reconnaissent cependant d'être remarquable étant donné le peu de temps qu'il a fallu pour le concevoir.
Pendant ce 'Zooropa' tour, Bono crée un nouveau personnage, MacPhisto, un bien étrange et diabolique individu, vétu d'un habit rouge et or, et portant des cornes. MacPhisto va, chaque fin de concert, prendre le téléphone, et appeler différentes personnalités en direct, de préférence des personnalités corrompues, ou politiques. Parmi les plus remarquées, la nièce de Mussolini, le manager de football très controversé Graham Taylor, Jean-Marie Le Pen… Il invitera aussi sur scène Salman Rushdie, dont ce sera la première apparition en public depuis sa condamnation à mort par les intégristes.
La tournée s'attaque enfin à l'Asie et à l'Océanie, pour le 'Zoomerang' tour. D'un concert à Sydney sera tirée la vidéo U2 Live from Sydney. Ce sera le point final de près de 2 ans de tournée. En 1993, Q magazine élit U2 'Best Act in the World Today' et Zooropa leur apporte le 'Best Production Award' pour la troisième fois en 4 ans. U2 gagne son 4e Brit Award (Best Live Act).
New York, London, Paris, Munich, everybody's talkin' about mmmh… Pop muzik
Après deux années de tournées effrénées U2 prend une année sabbatique en 1994. Le groupe enregistre ensuite le titre Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me, qui figurera dans la bande originale du film Batman Forever. Ils participent avec Luciano Pavarotti, Howie B et bien sûr Brian Eno à l’enregistrement de l’album Passenger Original Soundtracks Volume One, bande originale de films imaginaires. Le maxi single Miss Sarajevo présente en face B une version symphonique de One enregistrée à Modène à l’occasion d’un concert Pavarotti and Friends. Adam et Larry participent à la bande originale du film Mission Impossible, alors que Edge et Bono écrivent pour Tina Turner le morceau GoldenEye, chanson titre du vingtième film de la série James Bond. Le quatuor entre finalement en studio afin d’enregistrer son 9ème album.
Début 1997 sortent le très déroutant single Discothèque ainsi que son clip dans lequel U2 joue les Village People. Ils précèdent de quelques jours l’album Pop. Le label Island craignait que le disque ne soit pas prêt pour le début de la tournée, prévu pour le printemps. Le 12 février, au K-mart de New York, U2 lance officiellement la tournée Popmart qui débutera à Las Vegas le 25 avril. Cette tournée doit durer un an, et était conçue uniquement pour les stades. Dotée du plus grand écran à cristaux liquides jamais construit (700m²), la scène dispose notamment d’une arche géante de 30m de haut. Tout y est conçu pour donner l’illusion d’être dans une discothèque, The Edge y organise même un karaoké. Les effets de lumières sont déployés en grande batterie, lors des essais la veille de la première à Las Vegas le standard de la police a d’ailleurs été submergé d’appels, des riverains ayant cru assister à l’atterrissage d’un OVNI. Après les États-Unis, vient l’Europe, dans des stades toujours archi-combles. U2 profite de son concert à Rotterdam pour y enregistrer le mini-album PopHeart. La tournée passe par Sarajevo avant d’atteindre le Mexique, où U2 filme le concert pour la chaîne Showtime (concert qui sortira en vidéo), et s’achève à Johannesburg en Afrique du Sud, le jour anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
U2, parmi une pléiade d’artistes, participe en 1998 à l’enregistrement du single caritatif Perfect day à l’instigation de Lou Reed, puis fait une apparition dans le 200ème épisode des Simpsons, intitulé Trash Of The Titans. Quelques mois plus tard sort la première compilation U2 The Best Of 1980-1990 et une version réenregistrée de Sweetest Thing. L’édition limitée du Best of est accompagnée d’un second CD entièrement constitué de faces B. Une cassette vidéo de clips accompagne sa sortie.
U2000
La fin du millénaire approchant, Bono réalise un projet vieux de treize ans : voir le scénario qu’il a écrit, intitulé The Million Dollar Hotel, réalisé par son ami Wim Wenders, avec Mel Gibson dans le rôle principal. Le film sort le 24 décembre 1999, et raconte l’univers tranquille de quelques simples d’esprit résidant dans le Million Dollar Hotel, qui va être bouleversé par la mort de l’un d’entre eux. La chanson The Ground Beneath Her Feet, dont les paroles sont signées Salman Rushdie, figure sur la bande originale du film.
Bono s’investit dans la campagne du Jubilee 2000, qui milite en faveur de l’annulation de la dette des pays du tiers-monde. Il n’hésite pas à interpeller les chefs d’états du monde entier à ce sujet lors de ses apparitions en public.
Le site officiel de U2 est mis en ligne au début de l’été, et livre bientôt des extraits d’un nouvel album alors en préparation, intitulé All That You Can’t Leave Behind. En septembre sort le single Beautiful Day. Avant même la sortie de l’album U2 démarre à la surprise générale une mini-tournée promo qui passe par Paris (un show très V.I.P.), puis l’Irving Plaza de New York, et enfin l’Astoria de Londres.
L’album devient numéro un en Europe et aux États-Unis, et c’est avec la volonté de « redevenir le plus grand groupe de rock du monde » que démarre l’Elevation Tour. La tournée se déroule en salles, sans artifices, et de nouveau à guichets fermés. De nouvelles dates seront constamment ajoutées pour satisfaire la demande du public.
En avril, U2 participe à la bande originale du film inspiré du jeu vidéo Tomb Raider, avec le titre Elevation. Bono, Gavin Friday et Maurice Seezer, le trio gagnant de la B.O. du film In The Name Of The Father (Au nom du père), enregistrent également Children of the Revolution, une reprise de T-Rex, pour le film de Baz Luhrman Moulin Rouge !.
La tournée traverse les États-Unis (50 dates), puis l’Europe (33 dates). Chacun des concerts donnés à Paris Bercy puis à Slane se déroulent devant 80 000 personnes. U2 retourne aux États-Unis en octobre (30 dates), en plein conflit contre le terrorisme. l’Elevation Tour devient la deuxième tournée la plus lucrative de tous les temps (109,7 millions de dollars), juste derrière le Voodoo Lounge Tour des Rolling Stones en 1994 (121,2 millions de dollars).
À peine la tournée achevée, et juste après la sortie de la vidéo Elevation Live From Boston, Bono et Paul McGuinness annoncent plus ou moins officiellement que U2 repartira pour une deuxième tournée européenne dès l’été suivant. Dès lors, le planning du groupe est des plus serrés : ils apparaissent aux Grammys, aux Meteor Irish Awards, et surtout se produisent à la mi-temps du Super Bowl. Bono s’investissant de plus en plus dans des initiatives telles que le Jubilee 2000, le besoin de gagner l’opinion américaine à sa cause est nécessaire. Il fait la couverture de l’hebdomadaire Time Magazine, qui à cette occasion titre « Can Bono save the world? » (Bono peut-il sauver le monde ?).
Cet investissement personnel commence à peser lourdement sur le groupe, qui souffre des absences répétées de son chanteur. L’arrêt de la parution du magazine du fan club, et le démenti de Principle Management au sujet d’une seconde tournée européenne, relancent de nouvelles rumeurs de séparation.
Courant juin, U2.com met en ligne quelques extraits de la nouvelle chanson de The Hands That Built America, écrite pour le film Gangs of New York de Martin Scorsese. Le 22, The Edge épouse l’ex-danseuse du ventre du Zoo TV Tour - Morleigh Steinberg à Eze, tout près de la résidence d’été de Bono. L’implication de ce dernier dans les causes humanitaires ne se dément pas. Il profite du sommet du G8 pour affirmer sa position et rencontrer les chefs d’états du monde entier afin d’aider financièrement les pays endettés et victimes du Sida. Il est nominé un mois plus tard pour le Mother Africa Award.
Le 25 août, la station BBC Radio 1 diffuse le single Electrical Storm presque deux mois avant sa sortie. Le morceau est immédiatement mis en ligne sur le net, et repris par des radios du monde entier. Ce n’est que quatre jours plus tard que 2FM diffuse officiellement le nouveau single, dans une version différente de celle de la BBC, qui n’était qu’une démo.
Bono participe en septembre à la BO du film de Neil Jordan, The Good Thief. En novembre, un programme de cinquante minutes proposant neuf titres live enregistrés à Slane les 25 août et 1er septembre 2003 est diffusé sur plusieurs chaînes européennes. Une pétition est lancée par le site de fans U2Place.com pour que le DVD du concert voit le jour. Pour les faire patienter, Universal publie le Best Of 1990-2000, en novembre pour le double CD, et en décembre pour la version DVD.
En 2003 le single The Hands That Built America est nominé pour les Oscars, Bono reçoit la Légion d’honneur, mais l’activité du groupe est réduite. Le chanteur apparaît plus souvent en compagnie de personnalités politiques ou de VIP qu’aux côtés des trois autres membres de U2. Le groupe prépare pourtant un nouvel album, afin de faire patienter les fans l’intégralité du concert de http:Slane 2 sort en DVD au mois de novembre.
La bombe atomique
Une version piratée de How To Dismantle An Atomic Bomb, 11ème album studio de U2, est en téléchargement sur plusieurs sites deux semaines avant la sortie officielle du disque, le 22 novembre 2004. Cela n’empêche pas le disque de se hisser dès la première semaine en tête des ventes partout dans le monde. Parallèlement à cette sortie, U2 s’associe à Apple pour sortir une série de baladeurs iPod siglés U2, ainsi que le premier coffret collector numérique, téléchargeable sur l’iTunes Music Store. The Complete Digital Box regroupe 446 titres dont des extraits de concerts, des démos, des remix, etc. En février 2005 sortent les singles Sometimes You Can't Make It on Your Own en Europe et All Because of You en Amérique du Nord.
Le coup d'envoi de la tournée Vertigo 2005 est donné le 28 mars 2005 au Sports Arena de San Diego (Californie). Ils passent dans toute l'Amérique du Nord en reprenant des titres de leur premier album, Boy, qu'ils n'avaient pas joués depuis des années, et de toute leur discographie, en faisant toutefois l'impasse sur Pop. Ils tournent le clip vidéo de City of Blinding Lights le 27 avril, à Vancouver (Canada), au General Motors Place. Le 10 mai, jour de l'anniversaire de Bono, le groupe est filmé en concert à Chicago pour un DVD. Le 2 juillet sont organisés par Bono et Bob Geldof les concerts du Live 8, à Washington DC, Londres, Paris, Berlin, Rome, Moscou, Johannesbourg et Tôkyô afin de mobiliser le public sur les problèmes de l'Afrique et faire réagir les dirigeants des pays membres du G8. Ils obtiennent l'annulation de la dette des 18 pays les plus pauvres. The Edge cofonde le projet Music Rising.
Alors que la tournée continue pour son second leg américain, sort en octobre le single All Because of You, et en novembre Original of the Species. Le 14 novembre sort le DVD U2Vertigo2005 Live from Chicago. La seconde tournée nord-américaine s'achève à Portland, le 19 décembre. Début novembre 2006, le dernier leg du Vertigo Tour reprend en Australie. Le 9 décembre 2006, U2 joue le dernier concert de sa tournée mondiale Vertigo à l'Aloha Stadium (Honolulu, Hawaii), devant 45 815 spectateurs. Au cours de cette tournée, le groupe irlandais a donné 131 concerts à travers le monde, tous complets, devant 4,6 millions de spectateurs, pour une recette totale de 389 millions de dollars.
Après un voyage en Afrique où il a encore une fois constaté la misère et travaillé sur de nouveaux textes, Bono retrouve ses acolytes pour travailler sur leur album suivant pendant l'été et l'automne 2006 avec le producteur Rick Rubin (qui a notamment travaillé avec Run DMC, Slayer, Johnny Cash, Red Hot Chili Peppers, System of a Down, AC/DC, Rage Against the Machine ou encore Audioslave).
Côté finances, pour échapper à une réforme irlandaise qui est revenue fin 2006 sur le répit fiscal accordé aux royalties, le groupe a transféré le siège de “U2 Limited” aux Pays-Bas, où les royalties sont pratiquement exemptes de toute fiscalité.
En septembre 2006 sort en DVD le “Zoo TV Live from Sydney”, enregistré le 27 novembre 1993. U2 enregistre ensuite avec Green Day, une reprise de The Skids, The Saints Are Coming, dont les bénéfices seront reversés à Music Rising et qui sort en single le 6 novembre 2006. Le 25 septembre 2006, U2 participe à un mini-concert avec Green Day (avec qui ils interprètent the Saints Are Coming) pour célébrer la réouverture du Louisiana Superdome à la Nouvelle Orléans après les ravages causés par Katrina. Le même jour est publiée leur autobiographie, écrite en collaboration avec Neil McCormick, sous le titre U2 par U2. Un troisième best of, intitulé U218 Singles, comprenant 16 titres classiques de U2, en plus de l'inédit Window in the Skies et de The Saints Are Coming, sort le 21 novembre. Cette nouvelle compilation est réalisée pour marquer la séparation du groupe de son label de plus de 25 ans, Island Records : U218 Singles est produit sous le label Mercury.
Le 19 mai 2007, U2 présente au 60e Festival de Cannes un nouveau film portant sur leur dernière tournée : le Vertigo Tour. Ce film, réalisé par 3ality Digital, prend place dans des salles spéciales pour accueillir une nouvelle technologie 3D. Le concert est composé de chansons enregistrées au Mexique, Brésil, Chili et en Argentine en février 2006. La projection a lieu en présence du groupe, qui pour l'occasion interprète Vertigo et Where the Streets Have No Name sur les marches du Palais des Festivals avant la projection du film.
En juin 2007, le groupe est en plein travail à Fès, au Maroc, sur la réalisation de compositions qui pourraient servir à un nouvel album. Les producteurs historiques du groupe, Brian Eno et Daniel Lanois, participent à ces séances. U2 est également présent sur le disque “Make Some Noise, The Amnesty International Campaign To Save Darfur” avec une reprise de Instant Karma (John Lennon).
L'année 2008 est celle des rééditions : outre la sortie simultanée des trois premiers albums (Boy, October et War ) en versions remasterisées et remasterisées 'deluxe', - ces dernières contenant chacune un cd bonus de raretés et de lives, en majorité issues des faces-B des singles de l'époque -, le concert culte Under A Blood Red Sky - Live at Red Rocks est à son tour transféré sur DVD. Ce concert filmé était le premier concert en vidéo VHS pour le groupe. Sa sortie coïncide avec le 25e anniversaire de leur prestation à Red Rocks.
Et maintenant ?
De nombreuses infos et intox annonçant un nouvel album pour 2008 sont désormais clairement classées au rang des rumeurs. Après les commentaires de Bono, qui déclarait que 2009 sera l’année de U2, il se confirme qu’aucun nouvel album du groupe ne sortira cette année.
Un proche du groupe a confirmé à Hot Press que février 2009 sera la date probable de lancement du successeur de How To Dismantle An Atomic Bomb.
“Certains détails doivent encore être définis avant que la date ne soit absolument décidée, mais voilà les plans”, a confirmé la source.
Bono a déjà expliqué en quoi U2 espère faire de 2009 son année.
“C’est notre chance de défier une nouvelle fois les lois de la gravité”, souligne-t-il. “Nous avons ce qu’il faut, nous avons les chansons, la rythmique et un guitariste qui n’est pas encore prêt à revenir sur terre tant qu’il n’a pas eu sa part de la lune !”.
Vers de nouveaux horizons, 360 TOUR and more...
Le quatuor irlandais marque son retour sur la scène internationale en 2009 avec son nouvel opus “No Line On The Horizon”, sorti fin février. Ce douzième album studio regroupe des morceaux homogènes et percutants, on y retrouve les titres: Get On Your Boots, Magnificent, No line On The Horizon, I'll Go Crazy If I Don't Go Crazy Tonight et Moment of Surrender. Depuis sa sortie l'album connait un succès relatif, se classant numero 1 dans de nombreux pays dans les semaines suivant sa sortie, étant meilleure vente dans le monde en 2009, mais restant très loin des scores de son prédécesseur. Comme toujours avec U2 une sortie d'album est suivie d'une série de concert aux allures de tour du monde. U2 respecte son image de show band en innovant une fois de plus avec la création du U2 360 Tour. Cette série de concerts, uniquement présentés dans les plus grands stades du monde, crée la sensation avec une scène circulaire,et un écran géant à 360° dominés par une immense structure culminant à 52 mètres de haut, baptisée “The Claw” ou “Navette Spatiale” par Bono. Grâce à ce concept innovant le groupe se paye le luxe de remplir les stades dans leur intégralité, permettant ainsi d'accueillir des spectateurs dans le virage se trouvant derrière la scène. Chaque pied de la scène est doté de 72 subwoofers qui a eux seuls suffiraient à sonoriser une arène; l'ensemble de la structure, de la scène, et du pourtour des stades est équipé de très nombreux projecteurs lyre pour un lightshow très riche.. Une fois de plus le groupe confirme ses engagements politiques en accordant une place à l'organisation “One”, contre la famine et le Sida en Afrique. Bono rend également un fervent hommage en plein milieu du concert à la célèbre Aung San Suu Kyi, invitant les fans à porter un masque pour l'occasion afin de garder, dit-il, “son histoire en mémoire”. Cette tournée a débuté le 30 juin 2009 par trois concerts à Barcelone. En première partie on retrouve des groupes reconnus tels que Snow Patrol, Kaiser Chiefs, The Hours, Muse ou encore les Black Eyed Peas… Les 11 et 12 Juillet la “Space Station” a mis en orbite les spectateurs du Stade de France à Paris, puis une date à Nice le 15 a fini de combler les fans français.
En septembre la tournée continue aux Etats-Unis, le 25 Octobre le groupe créée à nouveau l'évènement à Pasadena, près de Los Angeles: dans un stade Rose Bowl rempli, avec de nombreuses caméras en prévision du tournage d'un Blu-Ray-DVD, le groupe joue devant une audience mondiale connectée en direct sur youtube, le concert est suivi par une dizaine de millions de personnes en direct, puis visionné par plus de cinquante millions au cours des heures qui suivent, un record. Après ce concert le groupe est tellement excité qu'il se rend directement en studio. Il finissent cette partie de la tournée à Vancouver et se mettent directement au travail pour le prochain album plutôt que de prendre du repos comme prévu initialement.
A suivre…
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