18/07/1987, Montpellier

Petits souvenirs de Montpellier… j'avais même pas encore fêté mes 16 ans, à 3 jours près. Ce dont je me souviens avant tout, c'est d'avoir pris un car spécial au départ de Marseille, et d'être furieux d'être arrivés si tard au (feu) Stade Richter. Les premières parties venaient juste de commencer, heureusement que les Pretenders étaient encore à suivre, sinon bonjour les boules. Étonnant, d'ailleurs, vu l'heure à laquelle je suis arrivé, que j'aie réussi à me faufiler jusqu'à deux trois mètres de la scène. Le stade à l'époque n'était pas encore bétonné, il y avait une espèce de terre battue qui s'est rapidement transformée en champ de boue, tout ça grâce aux pompiers qui nous balançaient de l'eau via des lances à incendie histoire de faire baisser la température de la véritable fournaise qui faisait office de fosse. Résultat, baskets qui collent au sol, et qu'on risque de perdre à tout moment pour peu qu'on saute comme un taré (j'y reviendrai sur Streets !). Je n'ai pas gardé un souvenir impérissable de BAD II, ni de UB40, par contre Chrissie Hynde et les Pretenders ont carrément assuré, il faut dire que j'étais un fan de longue date. 'Don't Get Me Wrong', 'My Baby', 'Back On The Chain Gang', 'Kid', 'Brass In Pocket', et évidemment l'incontournable 'I Got You Babe' version reggae avec le retour des UB40. Chrissie Hynde quitte la scène, les baches 'Pretenders' gigantesques s'abaissent pour dévoiler un immense Joshua Tree. On arrive clairement aux choses sérieuses !

Je ne sais plus vers quelle heure U2 sont arrivés sur scène… Assez tard je pense, puisque la nuit commençait à tomber, suffisamment pour que l'entrée théatrale du groupe sur Streets, désormais connue de tous, me fasse sont premier petit effet ! Pour moi à l'époque, c'était surprise totale, vu que U2 avaient ouvert sur “C'mon Everybody” (merci Antenne 2) à Vincennes 15 jours plus tôt, et que je n'avais absolument aucun pirate de la tournée en cours. En fait, je n'avais pour ainsi dire aucune idée de la setlist à venir, si ce n'est la certitude d'avoir Bullet The Blue Sky et Running To Stand Still, puisqu'elles avaient été retransmises en direct aux Enfants du Rock.

“Bonsouaaar !”… Premier mot de Bono dans mon oreille…Et comme je le disais plus haut, sur Streets se pose donc le problème de la fameuse boue, vu que tout le monde saute à l'unisson après le flash aveuglant, les pompes restent collés au sol, super pratique ! Pour la petite histoire, sur mon premier bootleg du concert, une fille criait 'c'est pas possible je vais tomber les baskets !!! oh arretez derrière !!!' avant de pousser son dernier cri d'agonie juste après le 'I Want to run'… Mythique ! De mémoire, Streets en ouverture en stade reste ma plus belle entrée en scène, tous concerts confondus. Stade+Intro+Streets, c'est d'ailleurs la seule et unique fois que la France y aura droit, le Zenith de Paris et Bercy ne comptant pas comme un stade, et U2 ne l'ayant plus jamais jouée en intro après 89-90… Vous avez dit privilégié ?

Impossible pour moi de raconter tout le concert, puisqu'il ne m'en reste plus des flash que de réels souvenirs, heureusement revigorés par les bootlegs qui circulaient dans mon sac de lycéen. Je me souviens très bien des lumières rouges sur 'Welcome…. To The Unforgettable Fire', des bracelets brésiliens que portait Bono, je me rappelle aussi avoir pris pendant quelques secondes, l'intro d'Exit pour celle de With Or Without You, les stroboscopes hallucinants sur ce même Exit, un certain Mark Hutchinson choisit pour grimper sur scène et jouer “People Get Ready”, un Bad phénoménal, un New Year's Day, et un Pride en forme d'énergie pure, quand on voit ce que c'est devenu maintenant, oui c'était mieux avant !!! Sans oublier les classiques With Or Without You, Sunday Bloody Sunday, et en prime, la Party Girl célébrée avec du champagne, avant un magnifique 40” où le groupe quitte la scène un à un. Ca n'a duré qu'un peu plus d'1h40, mais que c'était bon… Le son n'était certes pas au top, les enceintes au niveau du sol (on ne les suspendait pas encore à l'époque, bien trop risqué !) vous tapaient dans les tripes, Bono avait la voix saturée et nasillarde sur une bonne partie de ses speechs, mais que ne donnerais je pas pour revivre le même concert avec cette même énergie.

Steph

 

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