10/08/2010 - Francfort
Revue de concert par Lionel
En route pour Francfort
Pour ce qui me concerne, départ de la maison à 6h30 du matin, retour le lendemain à 17 heures. Pratiquement 35 heures de déplacement pour un concert … qui les valait largement !!
La formation de notre petit groupe est prévue par étapes. Mon train arrive à 10h en gare de Lille, où je retrouve Benco. Direction les environs de Valencienne pour récupérer Chris. Nous partons ensuite tous les trois pour la Belgique, direction la gare de Mons. Sophie, et Cendrine, arrivée la veille de son Limousin lointain, nous y retrouvent. Le groupe est au complet, on peut y aller. Environ 4 heures de route nous attendent, à travers la Belgique et une partie de l'Allemagne. Autoroutes gratuites, c'est pas plus mal, même si du coup, elles ont un peu tendance à transformer la voiture en tape-cul. Dedans, on écoute du U2 … what else !? Aux abords de Francfort, premiers ralentissements. Dans certaines voitures, on repère des T-Shirt U2, notamment du Vertigo Tour. Les ralentissements deviennent un beau et massif bouchon, la police régule les abords du stade comme elle peut : c'est à dire qu'elle laisse les gens se garer grosso-modo où ils veulent, et le plus souvent où ils peuvent. Une fois arrivés au bout de la file de voitures mal garées sur un trottoir interdit de stationnement, nous nous garons. Direction le stade, à travers un bois tout ce qu'il y a de banal, avec des arbres, des éclairages publics (hum … comle ça, ce sera pratique, ce soir,de retrouver la voiture au milieu de tous ces arbres !), et des fans de U2, partout, qui vont tous ou presque dans la même direction. En stratèges rompus aux tactiques d'approche des stades, nous les suivons sans nous poser de questions. Bonne idée, nous arrivons au stade sans encombres, après une marche à allure soutenue d'une bonne dizaine de minutes. Sophie et Cendrine commencent à ressentir les premiers signes d'impatience, sautent de joie à la vue … d'un stade. C'est un bon début, et je pressent que j'ai trouvé là des camarades de déconne pendant le concert. Ca me plait.
Première surprise (qui n'en est pas vraiment une pour ceux qui ont pris le temps de se rencarder), l'entrée s'effectue par un seul et même endroit, un passage relativement étroit, surveillé très serré par des vigiles attentifs. Nous sommes séparés, les filles à gauche fouillées par des femmes, les hommes à droite fouillés par des hommes. Enfin, « fouillés », ça dépend. Pour ma part, je montre mon appareil photo au vigile, qui me laisse passer. Chris, qui a un sac et sans doute une tête de tueur de Bono potentiel, passe nettement plus difficilement, fouille du sac, ouverture de ceci, de cela. Benco passe lui aussi sans encombres. On reforme le groupe de l'autre côté du contrôle. Les abords d'un stade un jour de concert, tout le monde ou presque connait, je ne m'y attarde pas. Des stands pour acheter (pas trop cher) de la bière ou du Coca ou de la bouffe, et (très cher) des T-shirts, casquettes et autres produits dérivés de notre groupe préféré adoré. J'ai pas vu de commerce parallèle sur ce concert. Faut dire que j'ai pas trop cherché non plus …
Dans notre groupe, la pression commence à monter. Nous entrons dans le stade proprement dit, et nous reprenons contact avec la scène, désormais familière à la plupart d'entre nous (il faut dire qu'avec mon 3e concert de cette tournée, je suis le moins assidu du groupe, les autres en étant ce soir à leur 4e concert voire plus). L'émotion est intacte, les filles sautent de joie à l'idée de revoir cette scène, leur joie est communicative. On a tous des dizaines de photos chez nous, on est à contre-jour, mais pas grave … on est venus voir, alors on regarde, on photographie, on se fait prendre en photo, ambiance bon-enfant très plaisante. La soirée promet d'être sympa.
Nos places (dont un certain nombre d'entre nous n'avaient même pas eu l'idée de chercher la localisation) sont en face de nous, dans la tribune haute du stade, derrière la scène. On contourne le stade, on cherche nos places, on s'installe. Constat immédiat (le même qu'à tous les concerts à ce moment de la journée) : le public du voisinage proche craint. On va s'emmerder si on reste là . Mais on est en Allemagne, pas en Écosse, donc pas question de faire les malins, les stadiers sont attentifs : nous resterons à nos places, on verra bien. Je tente quand même une reconnaissance des environs et nous trouve des places de remplacement au cas où nos comportements « un peu agités » pendant le concert nous contraignent à un repli stratégique. On a des jumelles, on en profite pour cherche Boli, qu'on sait être dans la fosse avec un drapeau irlandais. SMS, on le voit (plus ou moins selon les cas et selon les moments), il nous fait signe, nous aussi, on est contents.
Kasabian me semble un groupe convenable, qui joue de la jolie musique rock très académique … très très académique !! Le 72e groupe environ à se prendre pour les Beatles ces dernières années : convenable mais pas novateur pour un rond, on n'accroche pas.
Le concert commence à peu près à l'heure (mais en fait je ne sais pas à quelle heure il est prévu, et quand le groupe arrive, j'ai autre chose à faire qu'à chercher l'heure qu'il est …)
Fumigènes, Space Odity : même en ayant gardé les spoilers sur le forum, on devinne que ça commence …
Le concert que j'attendais depuis plus de 15 ans : U2 is back
Je ne vais pas nécessairement résumer titre à titre ce concert, l'information sur la setlist est disponible partout, et d'autres font ça mieux que moi. Je vais juste dire ce que j'ai pensé du concert dans son ensemble, m'appuyer sur certains titres, et laisser parler l'émotion, parce que – croyez-moi – il y en a eu à revendre !!
Le concert commence fort. Un instrumental inédit, excellent, très entraînant, qui s'appelle Return of the Stingray Guitar… tout un programme. En tout cas le décor est planté : on est à un concert e rock'n roll. Confirmation avec le titre suivant. Version classique, mais efficace. Une surprise pour ceux qui n'ont pas suivi Turin : Beautiful Day ouvre le concert, en violation de tous les usages qui consistent à ouvrir avec un titre de l'album le plus récent. Mais là aussi je crois qu'il y a un message : on va faire du rock'n roll et vous donner du plaisir… on y croit ! Et on a raison… ici, l'émotion parle. New Year's Day. On avait eu un SMS de Saibe pour nous dire que le titre avait été répété dans l'après-midi. Donc je savais qu'il serait joué. En plus, étant en Allemagne, et compte tenu de la charge symbolique de cette chanson, je m'y attendais depuis quelques jours. Mais ça !! Est-ce qu'on peut s'attendre à ça !?! D'abord, le public ovationne encore Beautiful Day quand New Year's Day commence. Donc je crois reconnaître, mais j'ai encore un doute … et quand ça se confirme, je perd littéralement le contrôle de moi même (ce que mes voisins de rangée vous confirmeront facilement !). Je danse, je saute, je trépigne, je hurle, je suis en dehors de moi même. Et là , surprise… les larmes montent, incontrôlables. Je me met en retrait pour que les autres ne voient pas ça. Mais c'est trop tard, pour la première fois dans ma vie de fan, pourtant longue, un concert me fait pleurer. Et oui, c'est comme ça ! D'ailleurs, j'y ai eu droit une deuxième fois avec Where the Streets Have no Name, dans le rappel. Une version si belle, si bien amenée, si bien relancée par Larry, qu'elle m'a elle aussi submergé et arraché une larme ou deux, notamment à la fin d'Amazing Grace et à l'arrivé du mythique synthé d'ouverture. De nouveau je pleure sur ce titre pourtant tant entendu, censé être sans surprise. Mais chut, vous ne le répéterez pas, je suis pudique…
Pour le reste, un concert que je trouve assez exceptionnel. Beaucoup de titres dansants, beaucoup. Et donc beaucoup de sauts, de cris, de sueur, de plaisir – partagés avec les 4 autres, je le vois bien – et de fatigue. Relancer l'ambiance sur Sunday Bloody Sunday ce n'est pas évident, physiquement, quand vous venez d'enchaîner Beautiful Day, New Year's Day, Get On Your Boots, Until the End of the World (avec un jeu de lumières sur la pince totalement indescriptible tant il est beau et majestueux. Aucune video ne le rendra tel que je l'ai vu. Une déflagration d'émotion dans un concert qui en comptait tant !!), City of Blinding Lights, Vertigo (énorme version, énorme !), I'll Go Crazy if I Don't go Crazy Tonight. Et qu'il vous reste à trouver des ressources pour Hold Me, thrill Me, Kiss Me, Kill Me (allez dont me dire que quand on entend ça on se dit de suite « U2 ne fait que des tubes faciles, la setlist est sans surprises » !! osez le dire pour voir !) et Where the Streets Have no Name. Des titres plus calmes aussi, comme In a Little While. Miss Sarajevo me surprend, ici et maintenant. Je ne sais pas pourquoi ils ont voulu la jouer. Ou alors si, pour montrer au monde entier que la voix de Bono Vox est revenue. Et le monde je ne sais pas, mais nous on a entendu !! le passage où Bono doit se substituer à Pavarotti est très difficile à chanter. Or Bono s'en sort. Il m'a impressionné, recroquevillé sur une des passerelles, concentré, manifestement loin du public et de ce qui l'entoure. Il récite ses gammes, il fait un exercice de style … et il le réussit. Bravo a lui. Bravo d'avoir osé en public, sachant les critiques qui se font jour depuis quelques années sur la qualité de sa voix. Bono qui m'impressionne, après 25 années de fréquentation assidue de U2. Voilà aussi ce qui a fait le sel de ce concert.
C'est d'ailleurs là dessus que je terminerai : la voix de Bono est revenue. Comme est revenue l'envie de communier avec le public, comme est revenue l'envie de faire du rock'n roll, du vrai. Bravo et merci à U2 pour ce concert, qui restera à jamais dans ma mémoire, à l'égal des grands moments de ma vie de fan que furent Vincennes en 1987 ou Bercy en 1989. Un moment magique. Mais plus encore qu'en 1987 ou 1989, car contrairement à mes concerts de jeunesse, je n'étais pas seul. Être entouré de vrais fans quand ça bouscule en tribune, être « bien entouré » comme on dit pudiquement, quand des titres lents et envoutants sont joués … ça change tout !! Cendrine, Sophie, Chris, Benco, vous avez contribué à faire de ce concert un des meilleurs que j'ai connu. C'est ça aussi faire le compte-rendu d'un concert sur le plan des émotions.
Mais déjà …. déjà ! Moment of Surrender retentit, se déroule, majestueuse, puis s'achève. Il nous faut penser à rentrer. Pas de soucis, on sait où est la voiture, on connait la route et on a de l'essence. Donc tout ira bien ! Tiens, on va même biser Boli, 5 minutes… juste 5 minutes, ça ne gênera pas un retour qui s'annonce sans surprises.
Un retour - comme toujours - mouvementé
Tu parles d'un retour sans problèmes !! C'est très particulier, un retour de concert à l'étranger. A la fois un moment décevant parce que « ça y est, le concert est passé ; le groupe a joué « ça » et j'aimerai encore y être, le groupe a oublié de jouer « ça » et je suis un peu déçu ; le concert était nul, j'ai claqué de l'argent pour rien ; le concert était génial, pourquoi est-il déjà terminé ?? vivement un ordinateur que je réserve une place pour un autre concert … ». Mais c'est aussi un moment génial, parce que c'est l'instant qu'on aimerait prolonger … et pour le coup, je vais être servi !!
Une fois les lumières rallumées, on se dirige assez rapidement vers la sortie. On a fixé rendez-vous à Boli porte 31, on n'est pas tout à côté, et apparemment lui non plus. On a bien conscience qu'il a un train à prendre : si on veut le voir, faut pas trainer. Donc on traine pas. Et c'était pas la peine …. pas de Boli en vue. On change le lieu du rendez-vous, pas mieux. On lui décrit le lieu … il se pointe à l'autre bout du stade. Finalement on le voit arriver en courant, avec un joli drapeau irlandais … bises, commentaires sur le concert, sur tout, sur rien. Un moment très sympa, pendant que peu à peu le stade se vide. On croise Silvi et quelques amis, qui rentrent à Strasbourg, pas loin, les veinards. On voit arriver le staff de démontage, ça traine pas … Le temps de causer, de se prendre en photo, de partir pour s'arrêter quelques mètres plus loin, et il n'y a plus que nous, pratiquement, dans l'enceinte du stade. Je ne sais plus l'heure qu'il était, mais je me souviens qu'il était très tard, qu'on était déjà loin du concert. Boli réalise alors qu'il a un train à prendre. Il part en courant, dans une direction qui doit être la bonne. On n'aura plus de ses nouvelles pendant 24 heures. On se retrouve à nouveau tous les 5, on va vers la sortie, sans stress … portes fermées ! Ah, faut trouver autre chose. On avise un gardien, de l'autre côté, on lui demande d'ouvrir, il nous dit de faire demi tour et de suivre le chemin sur notre droite. Peu à peu la lumière s'estompe, le chemin se poursuit … en s'éloignant de la voiture. On fait demi-tour à nouveau, pour prendre un autre chemin, puis un autre. Finalement on revient sur le stade et on sort par l'issue des camions de la tournée et des taxis. C'est la seule porte encore ouverte. En Allemagne, on ferme les stades sans regarder s'il y a encore du monde dedans … faut le savoir !
Une fois sortis du stade, il ne nous reste « plus qu'à » retourner à la voiture. Sauf qu'on n'est pas sur le même chemin qu'à l'aller et qu'on ne connait pas vraiment les lieux. On longe l'autoroute, on prend des chemins improbables, et finalement, au bout de quelques minutes, on se retrouve sur la passerelle de l'aller. C'est bon, on connait le chemin du retour. Autre caractéristique de la rigoureuse Allemagne, la nuit, les lampadaires des chemins sont éteints. Utile … du coup, il fait noir comme dans un four, sauf une vague bande blanchâtre devant nous, qui doit être le chemin, enfin du moins on espère. C'est étonnant comme certaines personnes peuvent stresser, la nuit, dans un bois non éclairé, dans un pays étranger … franchement, quelle idée !! Alors on n'y va pas comme des Indiana Jones de bazar. Tout le monde ou presque a une vague appréhension. Certains font les fanfarons, d'autres stressent ouvertement. On choisit de les rassurer. Une chaine se forme, et nous voilà tous les 5, bras-dessus, bras-dessous, à avancer dans le noir sur ce que nous espérons être le bon chemin. Et croyez moi, soudés comme on était, on ne risquait pas de se perdre, ou alors tous les 5 en même temps. Pas question de se séparer, on a tous en tête ces films ou un groupe s'émiette dans les hurlements, chaque membre disparaissant à tour de rôle. Le projet Blair-Witch est dans toutes les têtes. Surtout quand on est suivis … deux cyclistes, qui nous semblent prendre un temps interminable pour nous dépasser. Donc on ne court pas, pas du tout. Les cyclistes finissent pas nous dépasser. Ouf, ce ne sont pas des psychopathes. A un embranchement, ils prennent à gauche, nous à droite. Il fallait prendre à gauche. Pas grave, j'adore prolonger les moments sympas. Peu après, l'idée me vient de nous servir de nos téléphones comme des lampes-torche. Ça éclaire à quelques centimètres, mais c'est mieux que rien. On retrouve une route. Pas la bonne, mais logiquement , en la suivant, on doit retrouver la voiture. Ça fonctionne, on y arrive, et on se détend, on prend à nouveau notre temps. Un couple passe, manifestement stressé comme des fans perdus dans un bois après un concert. On ne comprend pas ce qu'ils nous disent mais on comprend qu'ils sont perdus, ou qu'ils ont perdu quelque chose (leur voiture sans doute). Ils avisent un taxi, disparaissent, au soulagement de Sophie, qui commençait à s'inquiéter de leur sort, à avoir de la peine pour eux.
Le retour en voiture est calme, parfois un peu moins. Mais dans l'ensemble les choses se passent bien, et calmement. Il pleut, on est content que Benco ait une grande expérience de la conduite … par contre, le GPS de Chris a une expérience très très limitée de l'Allemagne. Pour nous ramener en Belgique, ça avait l'air de lui poser problème. A un moment, quelqu'un pose la question rituelle : « on est où ?». Réponde de Cris : en Hollande. Normal ! Mais personne ne bronche, Cendrine se rendort plus ou moins. Alors l'idée me vient de poser une question stupide (il en faut toujours une pour relancer la conversation) : « qu'est-ce qu'on fout en Hollande ?? ». Et là effectivement, la stupidité de la situation saute aux yeux de tout le monde. En fait, sur l'autoroute, on a loupé la bifurcation vers Bruxelles, et les panneaux nous envoient droit sur Maastricht et Amsterdam. Heureusement que cette partie de l'Europe est truffée d'autoroutes en tous sens, on retrouve rapidement une route acceptable … jusqu'à une centaine de km de Bruxelles, où nous devons faire étape. Commentaire sans stress ni émotion de Benco : « j'ai plus d'essence ». Ohhhh … un coup de la panne collectif, fallait y penser, à 5 heures du mat sur les routes de Belgique !! Bon, le GPS de Chris a une fonction pour trouver les stations service, mais il est pas au courant. Je programme le machin pour l'aider, il nous dit de sortir de l'autoroute … dans 300 mètres. Juste à temps, le coup de la panne ne marchera pas, on pourra rentrer.
Nous arrivons sans encombre à Bruxelles, où Sophie a l'immense gentillesse de nous accueillir pour un petit déjeuner tout en équilibre alimentaire, à base de bonbons, de gâteaux, de bonbons, de tuiles Côte d'Or et de bonbons. Premier réflexe de tout le monde : « Y'a Internet, on va sur le forum ». Normal … on prend des nouvelles de comment les autres ont vécu le concert. On ne trouve pas grand chose, en fin de compte. On comate un peu, on évite les divans, qui ont l'air si confortables, on se débarbouille pour certains, on n'a pas vraiment envie de partir, je crois, parce qu'on n'a pas envie de séparer le groupe. Pourtant il faut bien rentrer. On laisse Sophie chez elle, persuadés qu'elle va dormir avant que nous ayons quitté son garage. Direction la France, pour déposer Chris, puis pour reprendre le train à Lille. Benco assure comme un pro, jusqu'au bout, le service « taxi », malgré une fatigue évidente. Sympa, Cendrine et moi sommes dans le même train jusqu'à Paris. Le périple est terminé … ah non, « suite à la panne du train qui nous précède, nous subirons un retard d'1h20 ». Cendrine est contente, sa correspondance est foutue … Décidément, ce qu'il y a de bien avec les retours de concerts, c'est que ça ne s'arrête jamais. On doit vraiment aimer ça !!
~~DISCUSSION~~
