The Joshua Tree Tour

Généralités sur la tournée

The Joshua Tree Tour

Tournée de l'album The Joshua Tree
leg 1 : Amérique du Nord. Du 02/04/1987 au 16/05/1987. 29 concerts
leg 2 : Europe. Du 27/05/1987 au 08/08/1987. 30 concerts
leg 3 : Amérique du Nord. Du 10/09/1987 au 20/12/1987. 51 concerts
Nombre de concerts : 110 concerts
Seule chanson de l'album non jouée : Red Hill Mining Town

La scène type du Joshua Tree Tour

U2 entre dans l'histoire du rock : la tournée de la consécration

Lorsque paraît The Joshua Tree, le 29 mars 1987, U2 est un groupe qui a déjà construit une solide réputation sur scène. Des shows exceptionnels, tels par exemple que celui du Live Aid en 1985 sont encore dans toutes les mémoires. Mais la légende scénique de U2, si elle est déjà née, va prendre toute son ampleur en deux tournées géantes. Le Joshua Tree Tour est la première.

Concert d'ouverture à Tempe, Arizona, le 2 avril 1987

Elle commence le 2 avril 1987 à Tempe, en Arizona, pour se terminer au même endroit le 20 décembre de la même année. Ce « bouclage » de la tournée par des lieux d'ouverture et de clôture identiques participe sans doute à sa forte lisibilité dans la carrière live du groupe, d'autant plus qu'elle ne comprend que 3 legs, dont deux au même endroit : unité de temps, de lieu et d'action, le Joshua Tree tour est un classique, sans aucun doute …

Les trois legs successifs constituent une sorte de crescendo dans le gigantisme.

Première partie : des salles en Amérique du Nord

Le premier leg de la tournée est de facture classique. Des concerts dans des salles, avec un public de connaisseurs, voire de fans. Ce premier leg est marqué par une performance remarquable, annonciatrice du succès à venir : à deux reprises (Los Angeles et East Rutherford dans la banlieu de New York), le groupe enchaine 5 concerts de suite au même endroit, tous complets. Un seul des concerts de ce leg n'était pas complet, celui de Las Vegas le 12 avril.
Le 30 avril, La tournée s'arrète au Silverdome de Pontiac. C'est une date importante car c'est le seul concert en stade de ce leg. Il est annonciateur de la suite, et marque un événement car c'est le tout premier concert de U2 dans un stade américain.

Les concerts marquants du leg 1

02 avril > Tempe, Arizona State University
12 avril > Las Vegas, Thomas and Mack Arena.
14 avril > San Diego, Sports Arena
29 avril > Rosemont (Chicago), Horizon.
30 avril > Pontiac, Silverdome.

Deuxième partie : la tournée des stades européens

mi-juin, Londres, stade de Wembley

Pendant le deuxième leg, on change de dimension. A quelques très rares exceptions près (Zenith de Paris le 15 juin par exemple), les concerts se font dans des stades. C'est la première tournée géante du groupe. En Europe, elle donne définitivement à U2 le statut de groupe superstar. D'autant qu'à une seule exception près (le concert de Bâle), tous les concerts sont complets, et battent des records de fréquentation dans plusieurs pays. A Londres, deux concerts à Wembley réunissent 144.000 personnes. A Madrid, le stade prévu pour 100.000 personnes en a vu affluer 120.000, des gens sont entrés en franchissant les barrières de sécurité à l'arrache … En fait, les ventes de tickets se traduisent par des troubles publics dans pratiquement tous les pays. Lorsque les billets sont à vendre le samedi, il est fréquent que les gens commencent à faire la queue le vendredi, ce qui à l'époque était plutôt exceptionnel. Lorque les guichets ouvrent, il y a généralement une telle foule que les gens deviennent rapidement exités, conduisant à des scènes où la police doit intervenir dans des opérations de retour au calme quasi-militaires. Aux Pays-Bas, les 92.000 billets à vendre partent en une heure, avec de tels entassements dans les rues que des dizaines de personnes se retrouvent poussées dans les vitrines des magasins voisins. A Glasgow, 12.000 personnes font la queue à l'ouverture de la vente des places pour le concert d'Edimbourg. Quand les gens apprennent qu'il n'y aura que 2500 places à vendre, des bagarres éclatent. La police doit utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Mais les gens en colère retournent et incendient le car de police !! Plus de 250 personnes sont arrêtées par la police …
A noter que le concert de l'Arms Park de Cardiff du 25 juillet est un cas particulier dans l'histoire de U2. Il n'était pas prévu dans le déroulé initial de la tournée et a été ajouté suite à une pétition de fans (10000 signatures environ)

Les concerts marquants du leg 2

27 mai > Rome, Stadio Flaminio

Troisième partie : la tournée triomphale des stades géants d'Amérique du Nord.

La troisième partie de la tournée a été immortalisée par les images de le film Rattle & Hum, aussi bien sur scène que pendant les déplacements (voir les images célèbres dans la résidence d'Elvis, qui ont contribué à renforcer l'idée que U2 aspirait à entrer dans la légende du Rock'n Roll). Ce troisième leg s'est déroulé dans certains des plus prestigieux stades d'Amérique du Nord (stade olympique de Montréal, Giants Stadium d'East Rutherford, Orange Bowl de Miami …) et a même connu deux soirées au Madison Square Garden de New York. Parmi ces concerts géants, s'est glissé un mini concert gratuit, à San Francisco, sur la Justin Herman Plaza. Ce concert, destiné à railler les traiders ruinés par un crack boursier, était intitulé « Save the Yuppies free concert ».
les Dalton Brothers Dernier élément à signaler concernant ce leg. Il est arrivé à U2 de faire sa propre première partie, sous le nom de « Dalton Brothers » (Bono : Alton Dalton ; The Edge : Luke Dalton ; Adam Clayton : Betty Dalton ; Larry Mullen : Duke Dalton). La première fois que cette « blague » a été faite au public, c'était à Indianapolis le 1e novembre. Affublés de minables costumes de cow-boys, lls ont joué deux titres, Lucille et Lost Highway. Le public s'est laissé bluffer, jusqu'à ce que le groupe reprenne Lucille dans son « propre concert ». Le public a alors compris à quoi il venait d'assister. Ils ont refait le même coup le 18 novembre à Los Angeles.

C'est pendant ce troisième leg que sont prises les images qui seront utilisées pour construire le film Rattle & Hum, et que sont enregistrés les live qui figureront sur le double album du même nom. Les concerts “shoutés” par la caméra ont été ceux de Boston, garden, le 18 septembre, de Denver, McNichols Arena le 8 novembre, et les coulisses de Fort Worth, Tarrant County Convention Center le 24 novembre, avec B.B. King en invité.

Enfin, il est à noter que la tournée suivante, le LoveTown Tour, est parfois considérée comme un prolongement du Joshua Tree Tour. Plus courte, elle évite consciencieusement les Etats-Unis pour se concentrer sur l'Europe et les parties du monde dans lesquelles le Joshua Tree Tour n'était pas passé (Océanie notamment).

les concerts marquants du leg 3

11 novembre > San Francisco, Justin Herman Plaza

U2 et ses mauvais jours : « malédiction » ou « source du génie » ?

Le Joshua Tree Tour a été un calvaire pour Bono. Entre les blessures, la voix qui flanche et les menaces de mort, rien ne lui aura été épargné.

La tournée commence très mal, puisque pendant les répétitions, avant même le concert d'ouverture, Bono tombe sur un projecteur et s'ouvre le menton. Bono affirme encore aujourd'hui avoir une toute petite cicatrice sur le menton, témoin de cet accident. Le 20 septembre, à Washington, il tombe une seconde fois. Pendant Exit, à cause de la pluie, il glisse et se déboîte l'épaule. Il continue le concert avec une douleur énorme, et dira plus tard que c'est resté l'un des pires concerts de sa carrière. Les concerts suivants voient un Bono le bras en écharpe … qui n'a pas pourtant perdu de sa hargne, bien au contraire !

Bono le bras en écharpe pendant le concert de Rochester le 11 octobre

La voix de Bono a également posé quelques problèmes. Certes, comme souvent, les concerts de fin de tournée se caractérisent par une voix éraillée, très fatiguée. Toutefois, le dernier concert, celui de Tempe le 20 décembre a dû être un véritable calvaire compte tenu de ce que l'on peut entendre sur l'enregistrement !! La voix a par ailleurs joué des tours à Bono dès le début de la tournée, puisque le concert du 4 avril (2e concert seulement !) aurait dû avoir lieu le 3, mais il n'aurait pas réussi à chanter ce soir là.

Enfin, lors du passage de la tournée dans les Etats du Sud, Bono a été menacé de mort par des extrémistes qui lui reprochaient ses positions trop progressistes, et notamment son engagement pour la cause des Noirs. Lors des deux derniers concerts, à Tempe, en Arizona, le FBI avait été informé d'une sérieuse menace qui pesait sur Bono. Il était menacé d'être abattu sur scène par un tireur embusqué s'il osait chanter Pride. Il a chanté Pride, a fermé les yeux pendant le couplet « Early Morning, April 4, a shot rings out in the Memphis sky ». lorsqu'il a rouvert les yeux, Adam se tenait devant lui. Ce geste a été interprété comme une volonté du bassiste de protéger Bono en lui servant de bouclier humain, au cas où. C'est sans nul doute un des gestes fondateurs de l'amitié indestructible qui unit les membres du groupe.

Pourtant, dans U2 by U2, Bono explique que cette mauvaise passe qui a caractérisé certaines périodes de la tournée l'a littéralement transcendé. Il avait besoin d'évacuer sa hargne, et il le faisait sur scène. Notamment, explique-t-il, en se lançant à fond dans Bullet the Blue Sky … ou dans Exit. Quiconque a vu dans Rattle & Hum – The movie l'extraordinaire prestation d'Exit au McNichols Arena de Denver pourra se faire une idée de ce que pouvaient donner ces explosions de sentiments …

U2 et ses racines : la tournée des reprises

Même si la plupart des tournées de U2 comprennent un certain nombre de reprises dans leur setlist, le Joshua Tree tour est la plus importante tournée du groupe en ce qui concerne le nombre et la qualité de ses reprises :

  • The Beatles : Help !, Helter Skelter,
  • Neil Young : Southern Man
  • Bob Dylan : Maggie's Farm, I Shall Be Released, Knockin' on Heaven's Door
  • Elvis Presley : Can't Help Falling in Love
  • Eddie Cochran : C'mon Everybody
  • Curtis Mayfield : People Get Ready
  • Ben E, King : Stand By Me
  • Peggy Seeger : The Ballad of Springhill, rebaptisée Springhill Mining Disaster
  • Darlene Love : Chrismas (baby Please come Home)
  • Joséito Fernandez : Guantanamera
  • The Velvet Underground : Sweet Jane
  • The Eagles : Tequila Sunrise

A noter également la « fausse reprise » Lucille, chanson écrite par Bono en s'inspirant du nom de la guitare de BB King. Ce n'est pas, comme on le lit parfois, la chanson de Little Richard qui porte le même nom, mais une création originale de Bono.

En fait, la plupart des reprises se trouvent insérées dans d'autres titres sous forme d'extraits (snippets). Il y en a 48 en tout, qui vont de passages de la Bible (Isaiah 40) à des hymnes de l'histoire du rock (comme certains titres des Rolling Stones, notamment Sympathy for the Devil ou Ruby Tuesday, ou encore des chansons de Bob Marley (Exodus), Van Morrison (Gloria), Bob Dylan (All Along the Watchtower), Bruce Springsteen (Because the Night), Lou Reed (Street Hassle), Joy Division (Love Will Tear Us Apart), etc.) en passant par des chansons relativement méconnues (par exemple Lady in Red de Chris de Burg, ou We'll Meet again de Vera Linn).

Ces reprises ont en fait deux fonctions.

Parfois elles servent d'engagement politique. La plus connue est le Maggie's Farm de Dylan et son couplet « I ain't work on Maggie's farm no more », à replacer dans le contexte de la réélection récente de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne. Ce même contexte explique la reprise de Help !, notamment lors du concert de Wembley : le titre est assez explicite ! L'engagement peut également être social et civique. C'est le cas de la reprise de Helter Skelter, dont Bono clame que « Charles Manson l'a volée aux Beatles, nous la lui reprenons ».

Mais la plupart du temps, ces reprises ont pour fonction de montrer que U2 entend s'inscrire désormais dans la « cour des grands ». Le Joshua Tree Tour est ainsi placé sous les auspices de tous les monstres sacrés que le rock a engendrés jusqu'à présent. Pour U2, c'est à la fois la revendication d'une appartenance à la « grand histoire du rock'n roll » et une façon de rendre hommage aux pionniers.

La setlist « type »

La setlist est encore relativement variée en comparaison de ce que proposeront les tournées suivantes. Certains titres ont notamment une certaine tendance à se promener (trip through your Wires, Gloria, One Tree Hill …) Néanmoins il est possible de dégager quelques lignes générales.

15 juillet, Madrid, Santiago Bernabeu, "I Will Follow"

Parenthèse covers (People Get Ready, Helter Skelter, Help ! … souvent par deux)

Notre sélection de Bootlegs

Annexes

 

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