Au nom de l’Amour - U2 France

Au nom de l’Amour

jeudi 8 novembre 2001 / par K-ro

On LA retrouve dans toutes les familles. Vous savez, cette personne qui finit toujours par prendre la tête du cortège funéraire dès qu’elle se déplace pour l’enterrement de quelqu’un. Si le défunt est un cousin éloigné de ses voisins, elle finit, d’une manière ou d’une autre, par porter le cercueil, puis s’effondre, pleure toutes les larmes de son corps et accepte les condoléances. Si elle est très douée, la famille du disparu finit même parfois par lui témoigner sa sympathie : « Nous sommes vraiment désolés. Vous étiez vraiment très proches tous les deux ».

En général, cette personne est une femme, mais pour nous, c’est un homme. Bono est notre ‘chef de file national’ dès que l’on parle de deuil. Il est présent dans tous les cimetières du pays, (…) donnant dans l’émotion pour l’Irlande (NDLT : C’est çà…et comme dans ‘In a Lifetime’, c’est Guggi (if I’m right) qui conduit le corbillard ;-)).
Quelqu’un, sur un site internet américain, a d’ailleurs remarqué, désabusé, après le récent concert de U2 à New York que « Personne n’éprouv(ait) la tristesse comme les Irlandais ».

La signification du récent concert de U2 à New York était très importante, et çà, Bono l’avait bien compris. La semaine dernière, New York tentait d’amorcer une possible guérison par la rock ‘à la sauce Bono’, c’est à dire avec de vagues speechs à propos de la paix sur la Terre, de l’annulation de la dette du Tiers Monde et du bien être des baleines.
Introduisant ‘One’, chanson qui dit que nous sommes tous…euh…‘un’, Bono exhorta la foule de « changer cette chanson en prière ».

L’homme est au-delà de toute parodie.

Au cours du concert, il donna dans l’émotion, parlant des morts :Américains et Afghans. Il s’est même « réjoui » et à malheureusement « salué » les membres de l’IRA qui ont récemment déposé leurs armes.
Mais voilà, il était bien sûr largement responsable de cette grande décision. Tout comme le mauvais groupe de soft-rock The Scorpions ont fait s’écrouler le mur de Berlin avec « Winds Of Change », c’est très probablement « Sunday Bloody Sunday » qui a amené la paix dans le Nord du pays.

Et bien entendu, le répertoire de Bono a été écrit pour des occasions floues ou épiques, comme par exemple pour que le peuple en deuil de New York se réunisse à l’occasion d’une chanson.
Ainsi, en trifouillant quelque peu les paroles de « New York », celles-ci pouvaient facilement usurper la douleur d’une nation. « Sunday Bloody Sunday » a elle pris un sens nouveau depuis le dépôt d’armes par l’IRA, tandis que « One » continue encore et toujours à s’accorder parfaitement à toute occasion empreinte d’émotions fortes.

Les chansons de U2 sont de toute façon tellement vagues et dénuées de sens qu’elles peuvent facilement être modifiées pour devenir encore plus poignantes. « Il a dit que c’était « a beautiful day » (une journée magnifique). C’est vraiment approprié après les événements qui viennent de se passer ».

Le moment culminant du service fut lorsque les noms des morts sont apparus sur les écrans pendant le ‘rappel’ du groupe sur scène.

New York a eu la dignité de subir cet affront. Le lundi, un article de Dan Aquilante est paru dans le New York Post. Le titre : « Hey Bono, tu ne pourrais pas simplement te contenter de chanter ». Dans cet article, Aquilante nous dit que le sens de la justesse politique du chanteur lui avait donner envie de gerber. Mais ce qui l’a surtout chagriné, ça a été de constater qu’ « étant étranger, son audace l’amenait à penser que le fait qu’il soit célèbre lui donnait le droit de (leur) dicter comment et à quel moment laisser exploser (leur) colère. C’est çà qui (l)’a mis dans une rage folle. Vraiment, çà (lui) donnait envie de le frapper ».

Le journal a surtout tenu à faire savoir à Bono que c’était bien beau de parler, mais ce dont ils avaient besoin en ces temps difficiles, c’étaient d’actions.
Pour toute forme de compassion, U2 n’a en effet pas participer au concert organisé en mémoire aux disparus, à New York, le weekend avant leurs shows (payants) dans cette même ville. Bono et The Edge ont invoqués des « raisons familiales » pour justifier leur absence. Ces raisons familiales ne les ont pourtant pas empêché de jouer un concert (payant) à Baltimore la veille du concert de NY et les deux concerts de Slane, juste après l’enterrement du père de Bono.

On peut comprendre la colère des américains. C’est l’Amérique qui a fait de U2 ce qu’ils sont aujourd’hui (America made U2). A la fin de leur tournée, ils auront empoché 100 million de dollars, rien qu’en Amérique. Ajoutez à cela le fait que U2 a très ‘professionnellement’ choisi de s’associer à la douleur du peuple américain et vous comprendrez alors que le fait que le groupe ne soit pas venu à ce concert les ait blessés.

Mais voilà, ce n’est pas facile de plaire à tout le monde. Bono a par le passé critiqué la politique étrangère mené par le pays, mais, conscient de l’esprit patriotique qui anime les citoyens américains en ce moment, et conscient aussi d’avoir considérablement rempli le tiroir caisse du groupe avec ces 100 millions de dollars, il n’a pas trop poussé le bouchon à New York la semaine dernière.
Il a fait part de sa compassion pour les disparus et leurs familles, tout en déclarant (prudemment) que « Le Coran (était) un livre admirable et que les gens qui le suiv(ait) (étaient) eux aussi admirables ». Il n’a cependant pas évoqué de position ferme, quant à la guerre menée actuellement contre le terrorisme.

On connaît les badinages (plaisanteries ?) de Bono dans le Nord, mais voilà, la vie et les décisions politiques sont tellement complexes, que tout cela ne s’accorde pas avec sa personnalité. C’est un artiste qui travaille par de larges coups de pinceau. En gros, il est pour la paix, l’amour et la compréhension, tout en étant également du côté de l’Amérique. Mais voilà mon gars, Bono n’est pas un politicien. C’est juste un mec qui nous a été envoyé ici il y a environ 33 ans pour prêcher un message simple, à savoir que si nous nous réunissons tous pour chanter des chansons de U2, tout irait pour le mieux.

Bono débordait tellement de compassion pour le peuple américain, avec son T-shirt de la brigade des pompiers de NY et l’intérieur de sa veste en cuir représentant la bannière étoilée, qu’il a sans aucun doute eu tout autant de compassion pour le journaliste du NY POST qui a déclaré que ce dernier ferait bien de réaliser qu’ il n’était « pas prêtre, mais simplement chanteur ».

La seule bonne nouvelle est que Bono contrôle tout de même la compassion qu’il éprouve envers les autres.

Son dernier slogan en date (dénué de sens) : « Les Irlandais ne sont en fait que des Jamaicains qui ne savent pas danser ». C’est le syndrome inverse du ‘Michael Jackson syndrome’ : l’artiste devient de plus en plus noir, tout en clamant haut et fort que tout ceci est dû à une maladie de peau.

Mais voilà, dans le dernier numéro du magazine Details, Bono a dit : « Je n’ai aucun problème avec le fait que je ne sois pas noir ». Je t’ai entendu Bono Baby. Je ressens ta douleur. Je suis persuadé que tu souhaiterais que nous soyons tous deux des femmes, de manière à vraiment ressentir la douleur qui accompagne la mise au monde d’un enfant.

C’est tout autant notre douleur que la tienne chérie !

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