Bono en interview dans Rolling Stone (II) - U2 France

Bono en interview dans Rolling Stone (II)

samedi 11 octobre 2008 / par Corine/Dead

Source : Rolling Stone magazine

Auteur : JANN S. WENNER

II. Une éducation musicale

Quels ont été les premiers disques que vous ayez écouté ?

Bono A 4 ans, j’écoutais I Want to Hold Your Hand des Beatles. Je suppose que c’était en 1964. Je me souviens que je regardais les Beatles avec mon frangin le jour de la saint Stephane, le lendemain de Noël. Le sens de la bande qu’ils avaient en eux, simplement à partir de ce que je vous disais, vous pouviez dire qu’ils étaient liés, aussi bien par le pouvoir de leur mélodie, que par leur coupe de cheveux ou leur sexualité. Ce qui était le processus par lequel je passais simplement.

Et puis des artistes comme Tom Jones. J’avais vu Tom Jones au Saturday night lors d’une émission de variétés — je devais avoir quelque chose comme 8 ans — et il transpirait, il est comme un animal et sans inhibition. Il s’abandonne dans le chant. Il possède cette voix puissante d’un noir, sauf qu’il est blanc. Et puis, bien évidemment, Elvis.

Je me suis dit : c’est quoi ? Car ça changeait le température de la pièce. Et les gens cessaient de parler.

Quand avez-vous découvert Elvis ?

Bono Il se peut que j’ai déjà entendu les chansons, mais c’est le concert Comeback Special, celui où il chantait debout — car il ne pouvait s’asseoir. Le truc c’est que : il ne contrôlait rien, il était contrôlé. L’abandon était vraiment séduisant.

Qui d’autre a eu un gros impact sur vous musicalement parlant, à cet âge ?

Bono Avant que je n’en arrive aux Who, aux Rolling Stones à Led Zeppelin, et ce genre de choses — je me souviens parfaitement d’Imagine par John Lennon. Je devais avoir douze ans ; c’était l’un de mes tous premiers albums. Ca m’a vraiment enflammé. C’était comme s’il murmurait à mon oreille — ses idées ou ce qui était possible. Diverses façons de voir le monde. Quand j’ai eu 14 ans et que j’ai perdu ma mère, je suis retourné au Plastic Ono Band.

Bob Dylan aussi. J’ai écouté ses albums en acoustique. Puis j’ai commencé à penser à jouer ces chansons acoustiques. Mon frère avait un recueil des chansons des Beatles — aussi j’essayais d’apprendre la guitare et lui m’aidait en quelque sorte.

Et cette chanson — qui en fait est une chanson de génie, maintenant que j’y repense, vous met mal à l’aise le lendemain où vous l’avez apprise - If I Had a Hammer. C’est un tatouage cette chanson.

Quelle est la première chanson que vous ayez appris à jouer ?

Bono "If I had a hammer, I’d hammer in the morning/I’d hammer in the evening/All over this land/I’d hammer out justice/I’d hammer out freedom/Love between my brothers and my sisters/All over this land." Fantastique Un manifeste, juste là.

Vous faites toujours les mêmes chansons.

Bono [Rires] C’est ça.

Et ainsi tous ces trucs se passaient à Londres dans les années 60 : les Beatles, les Stones, les Who, les Kinks. Quelle genre d’influence cela a-t-il eu sur vous ?

Les Who : vers l’âge de 15 ans, je me sentais vraiment connecté avec eux. A la fois dans vacarme, le bruit, la puissance des cordes et la rage, il y a une autre voix. "Nobody knows what it’s like behind blue eyes…." Et le début de ce que j’allais découvrir est l’un des aspects essentiels selon moi — et pourquoi je suis attiré vers ce morceau de musique — ce qui a à voir avec une quête. La sensation qu’il existe un autre monde à explorer. J’ai ressenti ça avec Pete Townshend ; avec Bob Dylan.

"Imagine" est-elle la chose la plus puissante pour vous ?

Bono Imagine et Blowin’ in the Wind de Bob Dylan — tout ça — et les choses du folklore. Ce qui, je suppose m’a piégé avec John Lennon.

Dylan vous a piégé avec John Lennon ?

Bono Car c’est du folk. Si vous vous intéressez au folk, aux mots et au murmure, ce genre de truc silencieux. J’étais dans ma chambre mon casque sur les oreilles à écouter mon mini K7. C’est très intime. C’est un peu comme parler à quelqu’un au téléphone, comme parler au téléphone avec John Lennon. Je n’exagère pas lorsque je dis ça. Cette musique a changé la forme de ma chambre. Ca a changé la forme du monde à l’extérieur de cette chambre ; la façon dont vous regardiez par la fenêtre et ce que vous regardiez.

Je me souviens de John chantant Oh My Love. C’est un peu comme un hymne. C’est vraisemblablement une prière d’une certaine forme — même s’il était athée. "Oh, my love/For the first time in my life/My eyes can see/I see the wind/Oh, I see the trees/Everything is clear in our world." Pour moi, c’était un peu comme s’il parlait du voile qui se soulevait, les marches tombant de ses yeux. Voir à l’extérieur avec une nouvelle clarté que vous donnait l’amour. Je me souviens de ce sentiment.

Yoko je suis allée vers elle vers la 20aine et elle a posé sa main sur moi et m’a dit : "Tu es le fils de John." Quel compliment étonnant !

A propos de votre groupe, vous dites : nous sommes venus du punk. Que voulez-vous dire exactement ?

Bono Nous sommes en 1976, j’allais au collège. J’étais dans ma phase d’ado odieux. Les études étaient merdiques, j’étais en colère et je vivais à la maison avec deux hommes. Mes amis vont avoir un avenir doré parce qu’ils sont très intelligents. Je ne vais probablement pas être suffisamment concentré pour être aussi intelligent.

J’ai toujours eu ces mélodies en tête. Dans les moments paisibles — dans un club du coin, dans la nef d’une église — si je suis au piano, je mets mon doigt sur une touche. Je m’imagine que si je presse la pédale après ça — boom — cette note peut emplir tout l’espace. La réverbération, vous savez. Elle transforme une église en cathédrale. J’entends une rime à cette note dans ma tête — pour de bon. Je peux trouver une autre note qui s’accorde avec elle — mais je n’ai pas de moyen pour l’exprimer.

Puis une note apparaît de ce gosse il y a de cela 29 ans le dernier samedi. Vraiment comme un gosse — il a 14 ans et j’en ai 16. Il veut monter un groupe. Il joue de la batterie. Aussi mon ami Reggie Manuel me dit, "Tu dois y aller." Il me met sur le porte bagage de sa mob et m’emmène dans cette maison de banlieue où vit Larry Mullen . Larry est dans cette cuisine minuscule, il a installé sa batterie. Et il y a quelques autres mecs. Il y a là Dave Evans — un gosse du genre intello — qui a 15 ans. Et son frère Dick — encore plus intello — qui a fabriqué sa propre guitare. C’est un scientifique fusée — une carte transportant un génie.

Larry commence à jouer de la batterie — le son est étonnant, il frappe simplement la cymbale. Edge pince une corde de sa guitare, un son que je n’avais jamais entendu provenant d’une guitare. je veux dire, la voie est ouverte. Les gosses venaient de partout à la fois — toutes des filles. Elles savaient que Larry vivait là. Déjà elles hurlaient, déjà, elles escaladaient la porte. Il avait l’habitude de tout ça, allions-nous découvrir et il leur tendait le tuyau déjà. Littéralement le tuyau d’arrosage du jardin. Et c’est ainsi que ça a commencé. Un mois plus tard, je commençais à sortir avec Ali. Je veux dire je la connaissais déjà, mais là je lui demandais de sortir avec moi.

C’était un bon mois.

Bono Oui, un très bon mois. Ce qui est intéressant c’est que dans les mois qui ont amené à ceci, j’étais au plus mal dans ma vie. Je ressentais cette colère propre à l’adolescence. je ne savais pas si je voulais continuer à vivre — ce genre de désespoir. je priais un Dieu qui j’ignorais m’écoutait.

Avez-vous été influencé par le punk rock ensuite ?

Bono Non, ça n’avait rien à voir avec le punk. Nous étions en septembre 1976. Cet été là, la musique punk venait à peine de débouler à Londres. Adam [Clayton] est allé à Londres l’été suivant. Londres brûlait littéralement. Et il en revint avec les Stranglers, les Jam, Clash. Suffisamment bizarre, cependant, lors de nos toutes premières répètes, nous discutions du genre de musique que nous devrions faire. Tout le mode faisait des suggestions. Je voulais qu’on joue les Stones, leur période qui va de High Tide à Green Grass, et les Beach Boys. J’en avais marre de ce truc hard rock.

Par Hard-rock vous voulez dire. . .

Bono Les cheveux longs et les solos de guitare interminables. je disais : revenons donc à ce truc qu’on appelle le rock & roll." Puis des personnes disaient : "Oh, vous avez entendu les Clash ?" Et puis voir les Jam à Top of the Pops en 1976, qui passait, "Ils ont notre âge ! C’est possible." Et puis les Radiators From Space — notre groupe punk du coin — avait une chanson qui s’appelait . . . "Telecaster" ou quelque chose du genre : "Gonna push my Telecaster through the television screen/’Cause I don’t like what’s going down." Et c’est un truc avec douze barres — de façon à ce que vous puissiez le jouer.

A quel point êtes-vous à présent impliqué dans le groupe ?

Bono Nous faisons simplement des répètes à l’occase. Nous jouons les Eagles. Nous jouons Moody Blues. Mais, il s’avère que nous sommes vraiment nuls pour ça. En fait, nous sommes totalement incapables de jouer les chansons des autres. La seule chanson des Stones que nous ayons essayé de jouer était Jumpin’ Jack Flash. C’était vraiment mauvais. Aussi avons-nous commencer à écrire nos propres textes — c’était plus facile.

Les Ramones ont ils eu une influence punk capitale sur vous ? Ou diriez-vous plutôt que c’étaient Clash ?

Bono Plus les Ramones que Clash — bien que nous ayons vu Clash d’abord, en 1977, à Dublin, et c’était phénoménal. Il flottait un air de violence, on aurait pu croire que quelqu’un aller mourir. mais leur musique ne nous accrochait pas autant que celle des Ramones.

Qu’est-ce qui vous liait aux Ramones ?

Bono Je n’avais pas la voix graveleuse de Joe Strummer. Joey Ramone chantait un peu comme Dusty Springfield… Il avait une voix mélodieuse comme la mienne.

David Bowie a-t-il eu une influence considérable ?

Bono Gigantesque, l’Elvis anglais. Bowie était bien plus responsable de l’aspect esthétique du punk rock que ce pour quoi on l’on a crédité, en fait, les choses les plus intéressantes des années 70 et 80. J’accrochais ses photos dans ma chambre. Nous jouions Suffragette City dans notre toute première phase de groupe qui faisait les mariages.

Nous avons commencé à écouter Patti Smith ; Edge a commencé lui à écouter Tom Verlaine. Et, tout à coup, ces cordes punk n’était plus seulement alternatives. A présent, nous possédions une sorte de langage différent et nous commencions à trouver des couleurs différentes, autres que les primaires.

(à suivre)

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