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Plus de baby, baby – interview de U2 tout droit sortie de nos coffres

vendredi 4 novembre 2011 / par Corine/Dead / Tags:

U2 (re)ressort son classique Achtung Baby à l’occasion de son 20e anniversaire. Lors de notre dernière visite dans les archives de Rock’s Backpages – la plus importante compilation de papiers vintage sur le journalisme musical – nous vous proposons de retrouver une interview menée par le regretté Robert Sandall auprès de la formation rock irlandaise, parue pour la première fois en mai 1992.

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Manipulateurs des médias … U2 en 1992. Photo : Al Pereira/Michael Ochs Archives

Pour avoir, ce sont ses propos, passé la majeure partie des années 1980, à "tenter d’éviter d’être une rock star", Bono (à savoir Paul Hewson, le chanteur et le plus omniprésent des membres du super groupe irlandais U2) ressemble aujourd’hui à la caricature de l’homme essayant de rattraper le temps perdu.

Son arrivée soudaine, mercredi dernier, dans les salons du Dolder Park Hotel de Zurich a autant de glamour que son entrée, plus tôt ce soir-là, sur la scène de l’Hallenstadion de Zurich. Vêtu d’un costume de cuir noir moulant d’un designer, des lunettes noires masquant son regard tel celui d’une mouche, et un petit cigare parfait sont les preuves du tout nouveau U2 : un peu criard, beaucoup plus drôle. Plus lourd sur le style, plus léger sur le contenu.

Le guitariste du groupe, connu sous le pseudo de the Edge mais baptisé sous celui de David Evans, est perché sunr un autre des énormes sofas du Dolder, portant un costume toiut aussi frivole se composant d’une veste de cuir avec sequins, des jeans rayés orange pale ainsi qu’un bonnet noir en laine sur lequel figure une tête de mort.

Evans d’expliquer d’une voix douce : "Nous voulions être plus lourds parce qu’à l’époque ça semblait justifié. Nous nous sommes opposés à toute l’ironie de la musique rock dans les années 1980, mais à présent cette attitude ironique nous paraît justifiée. Notre meilleure réaction à ce qui se passe dans le monde en ce moment, est d’en rire", conclut-il, expirant brièvement sur le U2 original, un mode plus pompeux.

Bien qu’interprétant toujours quelques uns de ses tubes inspirés sur sa tournée actuelle – notamment Pride, une chanson dédiée à Martin Luther King, et I Still Haven’t Found What I’m Looking For, une sorte d’hymne pour les agnostiques du rock – son dernier opus, Achtung Baby, constitue une pause dans cet air sérieux et moralisateur qui a fait entrer U2 dans la catégorie des groupes de rock à l’époque du Live Aid (40 millions d’albums vendus dans le monde entier).

Enregistré, l’an dernier aux studios Hansa de Berlin, Achtung Baby met en veilleuse le son signature de U2, ballades celtes mélodieuses, refrains épiques et montées de guitare avec écho. A leur place, un son plus impénétrable lavé qui mêle voix et instruments en une turbulence opaque de cliquetis et fracas électroniques. Il est plus difficile de les chanter à l’unisson, mais ils sont plus gratifiants à écouter que leur éminemment fredonnable blockbuster de 1987, The Joshua Tree.

L’on peut, danser dessus. "Et c’est bien moins intense à jouer en live", de confier the Edge.

Malgré tout, subsistent quelques petits indices précieux audibles de ces Dublinois punks qui ont débuté à la fin des années 1970, sonnant tel une esquisse très brute des Who. L’influence de Brian Eno, apparente pour la première fois sur l’album sorti en 1984, The Unforgettable Fire, auquel le groupe avait demandé de coproduire avec Daniel Lanois, a établi U2 comme le premier groupe au monde véritablement populaire dans l’art de la guitare. Et son alignement au côté d’un gars créatif d’époques au-delà de la sienne, plutôt que de simplement trainer avec d’autres rock stars, a stimulé son appétit pour l’innovation. Le réalisateur allemand, Wim Wenders, est un ami proche du groupe. The Edge a collaboré avec le compositeur britannique Michael Berkeley et composé la bande son de la production théâtrale de A Clockwork Orange (Orange mécanique). Bono prend très au sérieux l’œuvre de jeunes artistes irlandais.

Le nouveau spectacle, deux heures audiovisuelles somptueuses a fait ses débuts en avril dernier aux États-Unis et déboule à l’Earl’s Court Arena ce soir : de loin, c’est l’initiative la plus artistique de U2 à ce jour. Bien que je n’ai jamais entendu le groupe avec un son aussi affûté, particulièrement au cours de la première heure avec l’interprétation des nouvelles chansons, cela ressemblait plus à une installation vidéo qu’à un concert rock. Il peut s’enorgueillir de bien plus d’écrans que d’ampli., sur lesquels étaient projetés une combinaison hallucinante, interpelant l’esprit, de séquences par Brian Eno, un blizzard de slogans, manchettes et mottos racoleurs tout autant. Le soir où j’ai assisté à ce spectacle, un clip réalisé par une femme dans le public invitée sur scène par Bono, s’est vu offrir un caméscope et une étreinte d’encouragement avant de repartir à son quotidien !

Au-dessus de la scène, se balançaient sept Trabants repeintes, mementos de la ville où a été enregistré Achtung Baby, à présent recyclées en pods lumineux volants. e qui donnait au spectacle un air de salon de l’auto et incidemment a valu à cette tournée de figurer dans un magazine consacré aux voitures aux États-Unis. Et la liste des caméos et autres coups de théâtre : une danseuse du ventre ondulant et présentant son art (NDLT : la future Mme The Edge, Morleigh Steinberg) pour Mysterious Ways, un appel en direct par téléphone à l’horloge parlante suisse avant Light My Way, et le groupe interprétant Angel of Harlem sous la forme d’un quartet acoustique sur une petite scène secondaire au milieu de la place.

L’aspect le plus impressionnant de cette production, (en dehors du fait qu’elle ne sera pas rentable financièrement avant de se jouer en extérieur dans de grands endroits lorsqu’elle repartira aux États-Unis, cet été), est qu’elle est en perpétuelle évolution : à Zurich nous avons assisté à la première d’une "pub" hilarante pour quelques tubes qui ont conclu cette performance. Ce soir, à Londres, plus de surprises sont promises, bien qu’il y ait peu de chance qu’elles soient tout aussi ahurissantes que les coups montés de U2 aux États-Unis : livraison de 100 pizzas depuis la scène jusque dans le public, communication avec un astronaute russe faisant le tour de la terre à bord de son vaisseau spatial, appel vers une ligne de téléphone rose. Le sens du spontané au beau milieu de cette technologie compliquée est remarquable.

Malgré, si l’on devait s’interroger sur ce que cela signifie, c’est une bonne question à laquelle Bono ne répond pas. Sens et messages, a-t-on l’impression, font partie du passé aux yeux de U2, bons, peut-être, pour être projetés sur un écran. "Rock’n’roll is mystery and mischief," (le rock est mystère et malice)

Et Bono de déclarer avec un accent bourru du terroir de Dublin : "Nous étions terriblement austères en tant que groupe mais une partie de toute cette daube rock’n’roll est plutôt cool. J’essaie de m’apprendre à comment en faire partie, tu vois, en portant des lunettes noires à l’intérieur, en me saoulant …" Il me décoche un large sourire et ôte ses lunettes de soleil, commande une tasse de thé et sourit à nouveau de toutes es dents. "Van Morrison a commencé à chanter en ayant pour sujet les filles et a fini par Dieu. Pour nous, je suppose que nous avons fait tout le contraire."

U2, comprend-on, est extrêmement rôdé pour ce qui de l’auto-présentation, et également familier des études médias. pour un groupe de rock si souvent considéré comme le dernier bastion de l’authenticité, est désormais parfaitement conscient de la façon dont il est perçu. Son manager, Paul McGuinness, attribue ce changement d’orientation vers Achtung Baby à un rebond envers les critiques modérées qui avaient accueilli son documentaire pour le grand écran de 1989, Rattle and Hum. Bien que l’album éponyme se voit vendu à un séduisant onze millions d’exemplaires dans le monde, ce long métrage, selon McGuinness, "a contrarié les gens. Son esthétique a été anéanti par la taille de la campagne."

Ce nouvel album, et une tournée qui refuse de rester plus d’une nuit par ville, distance prudemment le groupe de toute accusation de grandiloquence. Mais le piège repose dans sa présentation. Le u2 n’est réellement que "désinformation", selon Bono. "Nous avons créé, ce que je pense être notre album au son le plus lord et tout le monde pense que c’est assez drôle parce qu’il y a une photo d’Adam (Clayton, bassiste) sur la pochette sans fringues. Alors nous avions pris ces photos dans le désert pour The Joshua Tree, qui a toujours été considéré comme notre œuvre la plus grave, et nous pouvions à peine garder notre sérieux."

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