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U2 Interview : les Oscars, l’album inachevé et la crainte d’être dépassé (Part II)

samedi 15 février 2014 / par Corine/Dead / Tags:

Le plus grand groupe au monde tacle la politique, la technologie et à présent avec un titre nommé à l’oscar, Hollywood : "Nous ne voulons jamais devenir artiste patrimonial. Ça pourrait arriver mais nous nous battrons et hurlerons contre ce modèle."

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par Hal Espen

"Lorsque Harvey a appelé pour nous dire, ’Ça se fait, vous êtes partants ?,’ c’était un peu comme : ’Oh man, vraiment ? Maintenant ?’ ", précise The Edge, le guitariste de U2 dont le nom sur son passeport est David Howell Evans. "Mais nous nous devions de le faire, avec le passé que nous avons avec cet homme et sa cause."

"C’était dur d’interrompre ce que nous faisions", de renchérir le batteur Larry Mullen Jr. "Nous étions sur notre lancée — nous savions clairement vers quoi nous nous dirigions. Et la décision a été prise d’abandonner le navire, plus ou moins, pour se concentrer sur ceci."

Malgré l’angoisse, les quatre membres n’expriment aucun regret d’avoir fait ce titre (la nomination à l’Oscar aide un peu), et ils ont hâte de détailler l’engagement de longue date de U2 dans le mouvement anti-apartheid des années 1970 et 1980, des premiers pas du groupe jusqu’à la libération de Mandela en 1990 et l’émergence d’une Afrique du sud libre. Rejoindre Amnesty International a été l’engagement politique international de la première heure de U2. "Le seul projet auquel il est impossible de dire non", de poursuivre Adam Clayton, le bassiste de U2. "Pour notre génération, l’Afrique du sud était la véritable illustration de la façon dont la musique pouvait affecter les changements dans le monde, et c’était un rite de passage en termes de conscience politique pour nous."

Pour créer "Ordinary Love," U2 a été typiquement hanté, a bidouillé et bafouillé. "Nous avons dû nous y reprendre à trois ou quatre fois avant d’y parvenir", de souligner Bono. "Les paroles ont changé de trajectoire après que j’ai eu lu ses lettres d’amour adressées à Winnie. Peut-être est-ce la raison pour laquelle ils nous ont demandé de faire quelque chose dans l’esprit de ’Pride (In the Name of Love)’, mais cela ne semblait tout simplement pas correct. Il avait le sentiment que la seule place dans sa vie était dans son mariage, il était perdant dans ce conflit et ses ennemis étaient plus forts. Il ne pouvait tout simplement pas faire fonctionner cela, et la partie la plus importante de ce film est l’histoire d’amour."

Selon Weinstein : "Edge est dur envers la musique comme j’ai rarement vu. Nous n’avions pas la chanson en temps pour la projection du film pour le Festival du film de Toronto [en septembre]. Ils perfectionnaient la chanson et au diable les deadlines. Et ce n’est pas parce qu’ils voulaient faire les difficiles — mais tout simplement parce qu’ils voulaient que les choses soient bien faites."

La question de savoir jusqu’à quel point le détour "Ordinary Love" avait méchamment ralenti l’élan de l’album toujours sans nom qui aurait dû être livré il y a pas mal de temps n’est pas facile à répondre à l’extérieur du très opaque cercle interne de U2, mais les nombreuses distractions étaient composées des obligations de promotion du film, la pause pour faire le deuil de Mandela et de tout le tremblement autour des nominations. La piste d’enregistrement en studio du groupe est pleine de preuves que U2 est parfaitement en mesure de s’y languir sans aucune aide extérieure. (Bono a plaisanté à propos du titre de l’album en cours qui pourrait tout autant s’intituler Insecurity.) Comme toujours, lorsqu’il s’agit de U2, les informations et rumeurs tourbillonnent autour des producteurs et collaborateurs allant et venant : Danger Mouse (le nom de scène de Brian Burton), Paul Epworth, Ryan Tedder ...

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"Nous avons toujours eu besoin de collaborateurs pour nous stimuler", de confier Mullen. "Nous sommes longs à la détente. Il nous faut être créatifs, être à la pointe, nous remettre en question, et c’est très dur d’avancer, c’est sans répit et nous sommes implacables, et nous avons la réputation de briser les ingénieurs, les producteurs. Je veux dire que les personnes qui ont fini de bosser avec U2, disent toutes : ’je ne comprends pas ce qui s’est passé ; c’est comme si une vie entière y avait été consacrée.’ Et c’est tout simplement notre manière de travailler."

Et Bono d’ajouter : "Cet album ne sera pas prêt avant qu’il le soit. Mais dans l’immédiat, les gens marchent un peu différemment — bon, ils ne marchent pas, ils courent comme s’ils allaient vers la ligne d’arrivée. Il y a une ou deux chansons qui font partie de l’histoire que nous n’avons pas complètement terminées. Nous savons qu’il va nous falloir passer une à deux années pour présenter ces chansons dans le monde, alors il vaut mieux qu’elles soient bonnes."

Lorsqu’on est fan (le rédacteur lève la main), avoir la chance d’observer les membres de U2 traverser les rythmes d’un shooting pour une couverture, d’étudier les interactions et le langage des corps, de renifler l’air psychique qui les entourent et pouvoir bavarder avec eux est une sorte de réalisation d’un rêve rock ’n rollesque, avec les signes des Fab Fours, Glimmer Twins, Zimmermans, The Boss et The Clash. Étant donné qu’ils sont aujourd’hui quatre hommes à la cinquantaine passée qui ont joué les rock stars pendant quelque trent-sept années, est une preuve impressionnante. Ils sont en forme, et manifestement se développent les uns avec les autres. "À ce stade, c’est une sorte d’ESP", m’expliquera plus tard Weinstein lorsque je lui demanderai de me parler de l’alchimie de U2. "Je ne crois pas qu’ils aient besoin de parler, un simple regard suffit."

Bono en compagnie de ses trois camarades de jeu est une créature totalement différente du Bono en solo — plus léger, détendu, empli de réjouissances. Alors que la station T. Rex de Spotify pulse dans ce hangar en forme d’espace, et que la plupart de l’entourage féminin vêtu de noir de U2 volète ça et là, la styliste consultante créative de la garde robe, Sharon Blankson, amie des membres du groupe depuis l’enfance, recule, rebondit et regarde d’un côté et de l’autre pour surveiller comment les gars s’en tirent alors que les flashs envoient leur lumière stroboscopique.

Au-dessus de toute cette puissance alpha-pop fabuleuse, certaines questions tenaces restent en suspens dont les membres de U2 sont les premiers à s’inquiéter ouvertement. À commencer par cette notion de groupe de rock superstar dominant les classements en grave danger de devenir un concept obsolète. Avoir vendu cent cinquante millions d’albums et remporté vingt-deux Grammys, tout ça c’est bien et bon, mais U2 commence à se sentir seul au sommet, entouré comme c’est le cas par des confectionneurs de pop, monarques du hip-hop, l’étrange chapeau de cowboy, Taylor et Adele et les places vides qu’occupaient de nombreux autres groupes de rock. Les vainqueurs de deux des trois plus grosses récompenses rock de l’édition des Grammys cette année un mix unique de Paul McCartney et des membres de Nirvana, et l’album concert de réunion de Led Zeppelin de 2007. Bien que mérité… ça fout tout de même les jetons.

Le dernier grand moment de U2 remonte environ au lancement de No Line on the Horizon en février 2009, suivi par une tournée à 360° de deux ans en trois parties, qui s’est jouée à guichets fermés. Lorsqu’elle s’est achevée en juillet 2011, plus de sept millions de places s’étaient vendues pour un montant de plus de sept cent trente-sept millions de dollars, faisant de U2 360° la plus grosse recette de tous les temps jamais engrangée dans cette industrie.

Ça été une réussite massive gargantuesque (et les spectacles étaient transcendants), mais No Line on the Horizon, unanimement salué par la profession comme faisant partie de l’un des meilleurs albums de U2, ne s’est vendu qu’à cinq petits millions d’exemplaires — une déception dans le contexte des ventes astronomiques de U2 avant l’implosion de l’industrie musicale. L’une des nombreuses choses effrayantes qui selon Bono a rendu son boulot plus difficile est qu’"être pertinent est bien plus dur qu’avoir du succès." Et U2 désire avec toujours autant d’ardeur l’intérêt et tremble à la pensée de "se transformer en jukebox", comme l’a dit un jour Mullen.

"Nous ne voulons jamais devenir un artiste patrimonial", d’insister Edge. "Ça pourrait arriver mais nous nous battrons pieds et poings et hurlerons pour échapper à ce modèle. Nous pensons que notre place est de faire partie du dialogue culturel contemporain, de la musique, du film et de tout le reste et nous ne voyons pas la raison pour laquelle cela ne se ferait pas puisque cela a été possible pour différents artistes sous différentes formes. Frank Lloyd Wright, jusqu’au jour de sa mort, a conçu les trucs les plus incroyables — nous voulons faire partie de cela plutôt que de vieillir avec grâce."

© Photos by Joe Pugliese

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Voir en ligne : The Hollywood Reporter

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