Bono parle … parle … parle… - U2 France

Bono parle … parle … parle…

vendredi 15 avril 2005 / par Allblue

Source : The State

C’est un interlocuteur remarquable, un activiste politique passionné, un sectateur de Dieu, un copain des topmodels et des leaders du monde, et une célébrité millionnaire à l’ego démesuré qui clame ne pas être une célébrité.

Oh ouais, il chante dans un groupe aussi.

Qui d’autre cela peut-il être à part Bono, l’égotiste, le leader bon vivant, le showman et shaman absolu de U2 ?

Quiconque a vu son discours au Rock and Roll Hall of Fame sait que le barde irlandais aime parler. Donc ce ne devrait pas être une surprise qu’il se lâche dans "Bono in Conversation " de Michka Assayas, un long mais très intelligent livre des dialogues.

Appelez-le Bono : Chroniques, volume 1 sous forme de questions/réponses.

Il admet librement que c’est un produit de remplacement bon marché à une thérapie introspective. Bono n’est pas le genre de type tourné vers la nostalgie, et c’est facile de voir pourquoi. Aujourd’hui, il mène une vie charmante de jet-setteur, mais ce livre montre clairement quelle distance il a parcouru depuis les rues chaotiques de Dublin et son enfance turbulente et agitée.

La mort très tôt de sa mère est encore difficile pour lui. Et son père c’est encore autre chose : Bob Hewson avait l’esprit irlandais, il avait même rêvé d’être chanteur d’opéra, mais il était également dur, amer, incapable d’exprimer sa douleur ou de montrer à son jeune fils beaucoup d’affection. Leur maison bruissait comme l’enfer.

Même après que Bono soit devenu une superstar qui remplit des stades énormes, le plus grand compliment que son père lui faisait était qu’il était "très professionnel."

"Le conseil que m’a toujours donné mon père, mais sans jamais l’exprimer c’était : Ne rèves pas ! Les rêves ça déçoit toujours" se souvient Bono. "Et naturellement c’est de là qu’a du naître ma mégalomanie. Ne jamais avoir des idées immenses c’était son truc. C’est la seule chose qui m’intéresse."

Et une grande partie du livre porte sur les grandes idées que Bono soutient, particulièrement ses efforts pour soulager la dette des pays africains, d’obtenir des médicaments pour les victimes du SIDA et d’obtenir le libre échange pour les pays en voie de développement.

Bono, dont le nom a été cité dans la course à la présidence de la Banque Mondiale, est très, très futé. Il détient un savoir faire politique en utilisant sa célébrité pour manœuvrer à travers les bureaucraties étouffantes.

Dans des conversations avec des hommes d’affaires et des membres du Congrès, il est profondément pragmatique. Il demande toujours : "Qui est l’Elvis ici ? Qui est le type qui est à la tête et qui peut obtenir que des choses soient faites ?"

Cela a mené à l’image que la plupart des vedettes du rock libérales chercheraient à éviter. Il est en désaccord avec le Président Bush sur l’Irak, pourtant aime l’homme et leur intérêt partagé pour la religion fournit une voie à la discussion sur l’aide accrue vers l’Afrique.

Le chanteur a même des mots aimables pour l’ancien sénateur des Etats-Unis Jesse Helms et le leader du Sinn Fein Gerry Adams. Sa capacité de voir les "ennemis" politiques comme multidimensionnels, comme des gens avec qui vous peuvez être en désaccord mais travailler avec, est une approche rafraîchissante.

Mais quand ça arrive à l’épidémie de SIDA en Afrique, il est tout naturellement furieux et il adopte un ton moralisateur, en même temps qu’il admet sous les nombreuses questions d’Assayas que l’aide au continent a été gaspillé par des régimes corrompus.

"6500 Africains meurent chaque jour d’une maladie traitable et qu’on peut prévenir" dit-il. "Et ce n’est pas une priorité pour l’Occident : deux 11 septembre par jour, 18 avions de pères, mères, familles tombant hors du ciel et aucune larme, aucune lettre de condoléances. Pourquoi ? Parce que nous n’attribuons pas la même valeur à une vie africaine qu’une européenne ou une vie américaine. Dieu ne nous laissera pas partir avec ceci. L’histoire certainement ne nous laissera pas partir avec nos excuses"

Dieu en est un sujet qui serpente ces conversations, ce qui n’étonnera pas tout amateur de la musique de U2. Bono étudie les Ecritures. Il parle à Dieu chaque matin et dit que Dieu entend son appel. Malgré sa vision de la religion organisée comme un barrage sur la route de la foi, il trouve réconfort dans les rituels du Catholicisme. Il se rappelle rencontrer le défunt pape Jean Paul II (le pontife a admiré ses lunettes branchées)

Entre les souvenirs pontifes et ceux politiciens de Nelson Mandela à Bill Clinton, Bono et Assayas parlent de U2 aussi.

Bono parle des profils intimes, des personnalité de The Edge, Larry Mullen et Adam Clayton, avec un bon nombre de souvenirs de leurs débuts, de leurs années de lutte, des mauvaises coupes de cheveux et des fantaisies arty (tels que Paul Hewson changeant son nom en Bono Vox). D’avoir survécu comme groupe tout ce temps exige un lien presque famillial. Et ils ont survécu à des désaccords, aux dysfonctionnement et à quelques blessures.

La plus grande déception de ce livre ? C’est qu’il n’y a pas beaucoup d’emphase sur l’écriture et l’inspiration des chansons et des albums. Bono note combien Achtung Baby ("Une beauté noire" comme il l’appelle) a été marqué par le divorce de The Edge.

Le plus intéressant ? Peut être particulièrement dans la lumière jetée sur son enfance, c’est le côté fanfaron de Bono très tôt, sa détermination pleine d’assurance à réussir. Il n’a jamais quitté des yeux le but : il décrit les groupes tendance comme cherchant provisoire à être cool, alors que U2 voulait du long terme. "Etre pertinent c’est beaucoup plus dur que d’avoir du succès" note-t-il.

Assayas est douée pour dégonfler soigneusement le moi de Bono et déjouer ses déclarations toutes faites (particulièrement celle au sujet de ne pas être une célébrité). Bono montre également un sens de l’humour marqué … un vrai amour pour Monty Python, bien que vous ne le devineriez jamais d’un groupe aussi sérieux aux musiques parfois mélodramatiques.

Entre ses activités politiques, Bono erre dans les paysage et ces passages qui font finalement chanter le livre. Il explique sa longue relation monogame avec son épouse Ali, ses ennuis avec la boisson, ses aventures au Nicaragua, son amour pour Neil Diamond et les chansons de R. Kelly, sa colère après le suicide de Michael Hutchence, l’intelligence des toprmodels et son sentiment que Prince est un génie mais a besoin d’un bon éditeur. Il parle même immobilier avec RZA de Wu-Tang Clan !

Au final : Bono n’est jamais terne. C’est un devoir pour tout fan de U2 que de lire ces conversations.

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