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Le chanteur songwriter de légende Leonard Cohen, décède à 82 ans

vendredi 11 novembre 2016 / par Corine/Dead / Tags:
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Leonard, Main dans la poche, photo par Michelle Clement->https://fivethingsseenandheard.com/...]

par Richard Cromelin

Leonard Cohen, le chanteur et songwriter dont la sensibilité littéraire et les élégantes analyses du désir avaient fait l’une des figures les plus admirées et respectées de la musique, pendant plus de quatre décennies, est décédé, à l’âge de 82 ans.

“Inégalé dans sa créativité, sa vision et sa candeur, Leonard Cohen était un véritable visionnaire dont la voix nous manquera cruellement”, de souligner son manager, Robert Kory, dans une déclaration confirmant le décès de l’icône canadienne.

“Il laisse derrière lui une œuvre qui apportera vision, inspiration et guérison aux générations à venir.”

La cause de son décés n’a pas été révélée.

Avec des chansons, comme “Suzanne,” “Bird on the Wire” et “Hallelujah,”, ses poèmes et deux romans, notre artiste né à Montréal a fourni une alternative raréfiée aux troubadours plus accessibles, employant un vocabulaire méticuleux pour sonder les caprices de la condition humaine.





Sa voix sèche et monotone, devenue plus grave au cours des années par l’usage de la cigarette, a contribué à l’image populaire de Cohen, artiste déprimé et déprimant. Il faisait allusion, en plaisantant, à ce stereotype dans l’une de ses chansons, en se référant au "Saint patron de l’envie et marchand du désespoir".





Le dernier album de Cohen, sorti, le mois dernier, “You Want It Darker”, était une réflexion sur une profonde connaissance de sa mortalité.

Il avait enregistré la majeure partie de cet album dans sa maison de Hancock Park, où il avait résidé, au cours des derniers mois de sa vie. Comme le “Blackstar” de David Bowie, “Darker” était une méditation sur la mort qui survient avec un troublant pressentiment. L’album s’ouvre sur le titre éponyme et ses paroles sont une acceptation proclamée du mystère essentiel de la mort. Avec les chœurs d’un chantre de Montréal, Cohen cite Abraham qui s’apprête à sacrifier son fils : “I’m ready, my Lord.” (Je suis prêt, Seigneur).

[…]

Malgré sa stature parmi les critiques et autres artistes, Cohen a souffert pour trouver son public pendant, pratiquement, toute sa carrière. Mais il a profité d’une renaissance tardive, alors qu’une jeune génération de musiciens incluant Nick Cave, Rufus Wainwright, R.E.M. et la formation rock irlandaise U2, le découvrait dans les années 1990.

[…]

Si ses fans étaient fascinés par les rebondissements dramatiques de sa carrière, ils étaient également intrigués par la dichotomie présente dans sa vie privée — hommes à femmes sophistiquées et ascète bouddhiste Zen.

Bien que jamais marié, Cohen était réputé pour sa succession de liaisons avec des femmes en vue dont les chanteuses Joni Mitchell et Janis Joplin, l’artiste Suzanne Elrod (et mère de ses deux enfants), l’actrice Rebecca De Mornay et, plus récemment, la chanteuse Anjani Thomas.





Il existe très peu de personnes sur le sol que foule Leonard Cohen. C’est un talent très rare.

— le chanteur leader de la formation rock irlandaise U2, Bono

Au milieu des années 1990, il met sa carrière en suspens pour vivre dans un monastère bouddhiste où il deviendra moine.

Cohen a été induit au Rock and Roll Hall of Fame, en 2008, et était membre du Canadian Songwriters Hall of Fame — l’un des nombreux honneurs décernés par les institutions de son pays natal. Il a remporté le Grammy, en tant que chanteur invité sur l’album d’Herbie Hancock de 2007, “River : The Joni Letters.”

“Très très peu de personnes sont capables d’occuper le sol que foule Leonard Cohen. C’est un talent très rare.… Il est notre Shelley, notre Byron. Il y avait une altérité au langage. C’était simplement l’abondance sensorielle du langage qui m’est d’abord apparue.”

Cohen était un poète à part de la génération des années 1960 qui l’avait d’abord adopté. Star établie au firmament littéraire canadien, il est bien plus âgé - il a, alors, une trentaine d’années - que ses homologues pop lorsqu’il déboule dans l’arène musicale. Il passe également la plupart de cette décennie sur une île grecque, isolé des tendances musicales de l’époque et de toute activité sociale.

[…]

Adieu, Leonard Cohen. Nous avons, aujourd’hui, plus que jamais besoin de toi

Malgré un prestige grandissant, Cohen a du mal à gagner sa croûte, aussi se met-il à écrire des chansons. Il envisage de s’installer à Nashville, mais de passage à New York, il est séduit par scène folk musicale de la ville.

Lorsque ses chansons, dont “Suzanne,” “Sisters of Mercy” et “Hey, That’s No Way to Say Goodbye” commencent à circuler, d’abord, grâce aux enregistrements de la star de la folk Judy Collins, Cohen est soudainement adulé et crédité d’avoir élevé le vocabulaire du genre folk-pop.

Collins l’encourage à monter sur scène, ce qu’il fait, en dépit d’une frayeur quasi paralysante de la scène et, c’est alors que le célèbre producteur de Columbia Records, John Hammond le remarque et le fait signer pour sa maison de disques.

L’album de ses débuts, en 1967, “The Songs of Leonard Cohen”, ne cartonne pas au niveau des ventes mais il a un impact considérable sur sa base de fans et d’autres musiciens. De ses pairs, seuls Mitchell et Bob Dylan peuvent l’égaler en matière d’ambition littéraire. Les couplets de Cohen ont tendance à être économiques, austères même, avec la grâce et la résonance réminiscente des saintes écritures.

“Et tu veux voyager avec elle / Tu veux voyager ébloui / Et tu sais qu’elle peut te faire confiance / Car elle a touché ton corps parfait avec son esprit”, chante-t-il dans la chanson qui porte sa griffe, “Suzanne”, qui présente certains de ses thèmes tenaces — la femme mystérieuse qui se nourrit de l’âme, une relation ambigüe, l’abandon du sensuel et du religieux étroitement liés.





“Nous ne contrôlons pas l’entreprise”, déclare un jour Cohen au sujet du songwriting. “ ... Souvent, on ne comprend pas ce qu’on a fait… [Les chansons] parlent avec une vérité dure à localiser mais qui opère avec une certaine force dans notre vie.

“C’est souvent ce que je ressens pour une chanson de Dylan ou ... d’Edith Piaf.... On a l’impression qu’ils parlent de quelque chose de vrai mais qu’on ne peut trouver par soi-même ... et on a, simplement, l’impression d’avoir trouvé la dernière pièce du puzzle à ce moment-là. Comme si ce moment avait été clarifié.”

Les inconditionnels de la première heure comprennent Mitchell et le réalisateur Robert Altman, qui a utilisé ses chansons en les mettant au premier plan dans son film de 1971, “McCabe and Mrs. Miller.”





Son 2d album, “Songs from a Room”, comprend deux tubes “Bird on the Wire” et “The Story of Isaac”, mais le public de Cohen commence à se réduire à un noyau d’initiés. Et, comme il œuvre longuement et intensément à ses chansons, luttant pour trouver les mots parfaits, de longs intervalles séparent ses sorties.





Viennent ensuite “Live Songs”, en 1973, “Death of a Ladies Man”, en 1977. Une collaboration avec Jennifer Warnes, “Famous Blue Raincoat” saluée par la critique, en 1987.

De nouveau Cohen avec “I’m Your Man”, en 1988 qui se voit faire l’objet d’albums hommages et d’effusions de louanges de la part de cette nouvelle génération, particulièrement en Europe, où son personnage colle à la peau du chanteur de cabaret romantique et blasé par le monde.

En 1993, Cohen s’éloigne du showbiz pour se retirer au Mt. Baldy Zen Center, près de Los Angeles, pour plusieurs années. Disciple de longue date du bouddhisme Rinzai Zen, il est ordonné moine, en 1997.

Cohen continue de sortir des albums, au début des années 2000, mais ses projets de retraite en prennent un coup, lorsqu’il découvre que son ancienne manager, Kelley Lynch, a détourné 5 millions de ses dollars. Cohen la met devant les tribunaux et obtient de la cour supérieure de Los Angeles un jugement en sa faveur de 9 millions de dollars qu’il n’obtiendra jamais de Lynch.

Le manque de finances le force à reprendre la route, à l’âge de 73 ans, en Europe et aux États-Unis, respectivement, en 2008, et 2009. La fatigue se voit, parfois — Cohen perd connaissance, sur scène, à Barcelone, en 2009 — son album de 2009, “Live in London”, a, d’ailleurs, été enregistré durant cette tournée.

Malgré ses fardeaux, Cohen avait, de toute évidence, abandonné au passé, le marchand de désespoir, heureux dans sa relation avec la chanteuse Anjani Thomas, commencée en 1999.

“Je ne sais pas ce qui s’est passé”, déclare-t-il dans une interview en 2007. “ ... Ce contexte de détresse s’est dissout. J’ai peur qu’à présent mes chansons ne soient trop gaies parce que je me sens bien. Je pense que, très bientôt, je ne serai plus à la page.”

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